PROXIMO Revue de presse 30/09/2019

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L'economiste

Pourquoi l’impôt agricole est un fiasco

  • Les seuils d’imposition excluent la majorité des exploitations du périmètre
  • 100 millions de DH de recettes en 2018 contre 700 millions prévus
  • Le fisc n’a pas accès au registre national agricole

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L’imposition des revenus agricoles a souvent fait partie des revendications de différentes catégories de contribuables par équité fiscale. Quatre ans après sa mise en œuvre, la fiscalisation de l’agriculture s’avère être un flop. En effet, les recettes au terme de la première année de taxation n’ont pas dépassé 65 millions de DH alors que le gouvernement tablait sur 360 millions de DH.

L’an dernier, (2018), elles ont atteint à peine 95 millions de DH, soit 7 fois moins que les prévisions malgré l’intégration de nouvelles exploitations agricoles conformément au calendrier prévu par l’article 247-XXIII du code général des impôts (voir échéancier).

A partir du 1er janvier 2020, les exploitations réalisant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 5 millions de DH seront taxées. A la fin de la période transitoire, les recettes agricoles devraient se stabiliser autour de 1,2 milliard de DH selon les prévisions gouvernementales.

L’entrée en vigueur de l’impôt agricole s’est effectuée sans que les conditions de son succès ne soient réunies. D’abord au niveau de l’identification des agriculteurs, il faut signaler que seuls les exportateurs sont systématiquement répertoriés. Les autres opérant sur le marché local, la majorité, préfèrent «faire le mort».

D’ailleurs, l’administration fiscale n’a pas accès au Registre national agricole qui recense les agriculteurs. La base de données relève du ministère de l’Agriculture. Sans l’accès au registre agricole, il est impossible d’identifier les agriculteurs imposables.

Le système renseigne sur l’identité des opérateurs, la superficie de leurs exploitations, la nature des cultures, le mode d’irrigation… Des éléments d’information permettant de déterminer la marge bénéficiaire par type de culture, le revenu par exploitation et l’impôt à payer.

Trop d'exploitations informelles dans le secteur

«Je pense que les seuils d’imposition restent trop élevés par rapport à la situation réelle des unités agricoles. Aux assises de la fiscalité, nous avons proposé de revoir les seuils car l’écrasante majorité des exploitations réalise un chiffre d’affaires en dessous de 5 millions de DH. A notre avis, un million de DHserait plus logique», suggère Brahim Bahmad, président du Cercle des fiscalistes du Maroc.

L’autre motif derrière le faible rendement de l’impôt agricole est attribué au caractère informel des exploitations. Rares sont celles organisées en société.

Le Plan Maroc Vert a prévu un soutien en faveur des agriculteurs. Sauf que ces aides n’ont pas été assorties de mesures structurantes pour les agriculteurs. Résultat: La surproduction a entraîné la saturation du marché et donc une baisse de revenus des agriculteurs. Des tonnes d’agrumes, par exemple, ont été déversées dans la nature faute d’acheteurs. Certains agriculteurs n’ont même pas procédé à la cueillette car elle nécessite des moyens qui ne seront pas amortis par les ventes.

Il faut également signaler le fait que ce sont les intermédiaires qui détournent les marges qui devraient revenir aux agriculteurs. Or, ils échappent à tout impôt. Les agriculteurs devraient être accompagnés pour exporter. Ce qui les pousserait de facto à s’identifier auprès de l’administration fiscale.

Par ailleurs, les exploitations agricoles qui rentrent dans le périmètre de l’impôt bénéficient pendant cinq ans d’une fiscalité réduite avant le basculement au droit commun: 20% d’IR et 17,5% d’IS. Ce qui explique en partie le faible rendement de l’impôt agricole.

Le calendrier d’imposition retient comme critère de taxation la notion de chiffre d’affaires et non pas le bénéfice net. Par ailleurs, le plan comptable agricole, qui apporte des réponses aux spécificités du secteur, n’est pas obligatoire parce qu’il n’est pas adossé à une loi. Par conséquent, les agriculteurs s’en tiennent au code général de normalisation agricole.

La préparation du projet de loi de finances est une occasion idéale pour revoir de fond en comble la fiscalité agricole qui présente plusieurs anomalies en l’état actuel.

Discriminante et bizarre

La fiscalité des unités agricoles est entachée de plusieurs bizarreries. A commencer par son caractère inique. En effet, un agriculteur gagnant un revenu net annuel de 450.000 DH, par exemple et un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions de DH est exonéré d’impôt. Mais ses salariés, qui perçoivent un salaire annuel de 36.000 DH sont taxés. Ce qui est aberrant.
Par ailleurs, la fiscalité agricole reste restrictive dans la définition de l’élevage. Seuls les éleveurs de camélidés, de bovins, d’ovins et de caprins rentrent dans cette catégorie. L’élevage de chevaux, de volailles, d’autruches, de lapins, de chiens… est étrangement exclu malgré les doléances récurrentes des professionnels.

Investissement: Le cap sera maintenu par les entreprises publiques

  • Le ministère des Finances écarte toute baisse en 2020
  • Les partenariats public-privé seront encouragés
  • Le projet d'amendement de la loi sur les PPP au Parlement

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Le taux de réalisation des investissements des établissements publics a reculé de 5 points entre 2016 et 2017. En 2017, 61,2 milliards de DH  ont été réalisés contre 72,6 milliards en 2016. L'année dernière, plus de 60 milliards de DH d'investissements ont été effectués.

L'investissement des entreprises et établissements publics ne sera pas réduit. «Une forte progression n'est pas non plus prévue, mais l'effort restera soutenu», selon de hauts responsables au ministère des Finances.

Rien à voir donc avec 2019, année durant laquelle le montant programmé dans la loi de finances a reculé de 8%. Une baisse qui tiendrait plus à la volonté d'améliorer la préparation des projets. Le ministère des Finances et les entreprises publiques sont également plus regardants sur les délais de programmation des projets et sur certains préalables: l'apurement du foncier, les financements, les études...

Cette démarche permet de mettre de l'ordre dans les projets et surtout d'améliorer les taux de réalisation. Car les milliards de dirhams d'investissements inscrits chaque année dans la loi de finances ne sont jamais entièrement engagés.

En 2017 par exemple, le taux de réalisation n'a pas dépassé les 60%, reculant ainsi de 5 points par rapport à 2016. Une situation qui s'explique par l'ajournement de certains projets autoroutiers, la lenteur du processus de lancement des appels d'offres et de certaines études. S'y ajoute le retard des projets de step en relation avec le foncier des régies.

Le niveau de réalisation des investissements devrait atteindre 65% en 2018. Mais il faudra attendre le rapport sur les établissements publics joint au projet de loi de finances pour avoir le taux exact!

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Cette année, le montant des investissements a reculé de 8%. Le ministère des Finances a entamé un nouveau processus de priorisation des projets.

L'investissement des entreprises publiques est scruté par le monde des affaires. Il joue un rôle de locomotive, mais l'effort est fragilisé par les délais de paiement. Les délais moyens officiels relèvent certes une légère amélioration, mais ils cachent aussi de mauvaises surprises. Ils sont ainsi passés d’une moyenne de 78 jours à fin 2017 à 55 jours à fin juin 2019, a annoncé Mohamed Benchaaboun, lors de l'université d'été de la CGEM.

Le ministre a reconnu que «les établissements publics connaissent des situations différentes» et un traitement est aujourd'hui préconisé: suivi à court terme et des actions sur le moyen et long terme pour traiter les difficultés structurelles des établissements et entreprises publics dans le cadre d’une révision de leur modèle économique.

Des liquidités seraient également injectées dans les entreprises signataires de contrats-programmes, ce qui permettra de baisser les délais de paiement. L'Office national de l'eau et de l'électricité par exemple prépare un nouveau contrat-programme. L'office dispose d'une feuille de route 2019-2023 qui vise, entre autres, le développement de son «business model».

L'année prochaine, les Finances comptent encourager les partenariats public-privé ainsi que la mutualisation des investissements publics. Au préalable, il faut que le projet, d'amendement de la loi sur les PPP soit adopté. Le projet, aujourd'hui au Parlement, permettra de dépasser la lourdeur et la complexité de certaines procédures.

DIGITALISATION DANS LE BÂTIMENT.

LE PARI DE LA QUALITÉ ET DE LA SÉCURITÉ

L’éditeur de logiciels pour les spécialistes de la conception du bâtiment Autodesk a invité les professionnels de la construction, à l’occasion de son Forum, tenu ce jeudi à Casablanca, à découvrir les nouvelles technologies innovantes et les dernières tendances pour mieux répondre aux besoins croissants de la population.

À l’instar de la fulgurante évolution enregistrée dans plusieurs secteurs grâce à un recours croissant aux solutions numériques, l’immobilier n’échappe pas à cette vague de transition. La digitalisation est en train de devenir une réalité dans ce domaine souvent perçu comme peu innovant. D’autant plus que ce sont plus de 5 milliards de personnes dans le monde qui pourraient être victimes des inondations d’ici 2050. En conséquence, il faut dès aujourd’hui bâtir 3.600 bâtiments de plus par jour par rapport à ce qui est déjà construit. Pour répondre à cette demande, il est temps de repenser notre façon de concevoir et de fabriquer le monde qui nous entoure ! Les solutions numériques s’imposent ainsi pour résoudre l’équation d’un besoin d’une qualité supérieure pour les bâtiments produits avec une forte nécessité d’économie de matériaux et de coûts.

«On observe un taux d’adoption considérable du processus Building Information Modeling (BIM) pour le secteur de l’architecture et du bâtiment. Le domaine des infrastructures n’est toutefois pas en reste puisque ce processus intelligent est de plus en plus utilisé sur les projets de type ponts, routes, voies ferrées…», a déclaré José Rael, directeur France et Afrique d’Autodesk.

Pour lui, ce processus révolutionne la façon dont les bâtiments, les infrastructures et les voiries et réseaux divers sont planifiés, conçus, créés et gérés.

Grand théâtre de Rabat, exemple phare du BIM

Le recours aux nouvelles technologiques numériques permet ainsi aux maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre de concevoir, visualiser, simuler et collaborer plus facilement tout au long du cycle de vie du projet. Elles rendent ainsi les informations liées au projet plus compréhensibles pour prendre de meilleures décisions afin d’exploiter de manière optimale les bâtiments une fois construits.

RedaKessanti, BIM Manager au cabinet ZahaHadidArchitects, chargé de la conception architecturale et du suivi des travaux de construction du Grand Théâtre de Rabat a affirmé à cette occasion que «cet ouvrage majestueux qui comprend un théâtre de 1.800 places, un amphithéâtre en plein air de 7.000 places, des espaces d’enseignement a dû, en raison des formes complexes du bâtiment et du programme aux besoins variés, avoir recours à l’utilisation du BIM et de la 3D».

La non utilisation de ce processus aurait provoqué avec certitude des erreurs de conception et de coordination sur le chantier. Cela aurait, en outre, entraîné des surcoûts liés à la démolition de certains éléments et à une mauvaise collaboration. Les solutions numériques contribuent également à augmenter la qualité de ces édifices construits, à maîtriser totalement les performances des bâtiments qu’elles soient énergétiques, structurelles ou liées à leurs coûts. Selon les experts, la préfabrication et l’impression 3D révolutionnent aussi la conception et la construction de bâtiments et d’infrastructures. Depuis quelques années déjà, ceci est rendu possible sur tout ou partie du bâtiment permettant ainsi une construction plus rapide à moindre coût, à l’image de Dubaï qui impose que d’ici 2025 25% de ses bâtiments soient imprimés en 3D.


Emmanuel Di Giacomo
Responsable des écosystèmes BIM en Europe chez Autodesk

L’adoption des solutions numériques est vitale

Quels sont les facteurs clés pour réussir la transition numérique dans le domaine de la construction ?
Le facteur clé, c’est que la direction de l’entreprise doit être consciente de l’importance du numérique, notamment en matière de retour sur investissement. Elle sera obligée au départ de réorganiser les équipes car lorsqu’on passe d’un processus classique à un processus BIM, il faut créer de nouveaux postes et adopter une organisation complètement différente. Les professionnels du secteur doivent aussi être conscients que les entreprises ont, plus que jamais, recours au numérique. Ce n’est plus un choix facultatif, c’est une question de survie. Si on ne passe pas par le digital, c’est la mort assurée en quelques années puisqu’on ne sera plus efficaces et on ne produira plus de bâtiments de qualité par rapport aux concurrents. Les professionnels ne pourront plus répondre aux appels d’offres au sein des autre pays où le BIM est rendu obligatoire et ils vont perdre ainsi plusieurs opportunités au niveau international. Donc les facteurs clés, c’est la prise de conscience, la mise à disposition des ressources et la structuration de ce qu’on va mettre en place.

Quelles sont les disciplines du secteur de la construction les plus concernées par les solutions numériques ?
L’architecture est la discipline la plus impactée par le numérique car les maquettes 3D sont indispensables. Le numérique concerne également la gestion du chantier, sa planification, les installations, la sécurité…Les nouvelles solutions impactent vraiment les pratiques puisqu’on a de moins en moins de papier et de plus en plus de boîtes numériques pour consulter les maquettes et les différents outils de travail. On peut gérer ainsi l’installation du chantier, la maîtrise des matériaux…et tous les facteurs secondaires comme la ventilation, l’électricité, la plomberie. Bref, les bureaux d’études qui font l’ingénierie du bâtiment seront directement impactés. D’ailleurs, les entreprises et les architectes confirment qu’ils veulent souvent réaliser des projets en BIM mais malheureusement les bureaux d’études ne sont pas encore au point.

Y a-t-il un vrai potentiel à exploiter au Maroc ?
L’immobilier est l’un des secteurs clés de l’économie marocaine et le domaine de la construction est assez dynamique. C’est le cas également pour le développement des infrastructures. Évidemment, il y a un grand potentiel. On remarque également qu’en France une grande majorité des spécialistes du BIM sont généralement d’origine des pays de l’Afrique du Nord, notamment le Maroc. Il y a donc un savoir-faire et un vrai potentiel à exploiter.

PROJET DE LOI SUR LES SYNDICATS. LA BATAILLE S’ANNONCE RUDE

Après des années de tergiversation, le projet de loi sur les syndicats vient enfin d’être soumis aux centrales syndicales qui sont divisées sur ce dossier. Le texte est très attendu pour réglementer l’échiquier syndical, notamment les volets de la démocratie interne et du contrôle financier.

Le gouvernement entend lancer incessamment des concertations avec les syndicats et le patronat autour du projet de loi relatif aux syndicats professionnels, qui tarde à voir le jour depuis 2009. On s’attend à une confrontation musclée entre l’Exécutif et les partenaires sociaux sur ce dossier. Il faut dire que certains syndicats, notamment l’UMT, se sont toujours prononcés contre l’adoption d’une loi réglementant l’échiquier syndical, estimant d’une part que l’action syndicale est déjà régie par le Code du travail et le dahir de 1957 et, d’autre part, qu’il faut en premier lieu assainir le climat social avant de mettre en place un nouveau texte. Des arguments qui ne sont pas partagés par l’Exécutif, qui brandit la nécessité d’implémenter les dispositions de la loi fondamentale. L’article 8 de la Constitution stipule en effet que la loi détermine les règles relatives notamment à la constitution des organisations syndicales, aux activités et aux critères d’octroi du soutien financier de l’État, ainsi qu’aux modalités de contrôle de leur financement.

Le gouvernement ne compte pas, cette fois-ci, lâcher du lest face aux réticences syndicales, selon une source gouvernementale. L’urgence de l’adoption de cette loi pour réglementer l’échiquier syndical s’impose afin d’instaurer la démocratie interne, favoriser le renouvellement de l’élite et garantir la transparence financière, comme l’a souligné à plusieurs reprises le chef de gouvernement. Le moment choisi par le gouvernement pour sortir ce dossier des tiroirs est pointé du doigt par nombre de syndicalistes, même certains qui sont pour la nécessité de réglementer le secteur. Le bras de fer s’annonce serré tant sur la forme que sur le fond.  Globalement, le texte, qui est en cours d’examen par les syndicats, est jugé lacunaire et en deçà des dispositions du Code du travail et de la Constitution. Quelques-unes de ses dispositions sont considérées par certains syndicalistes comme une ingérence dans les affaires internes des syndicats. Quoi qu’il en soit, il s’avère nécessaire de restaurer la confiance dans l’action syndicale face à la situation actuelle marquée par la perte de vitesse du syndicalisme. Il est en effet grand temps de s’atteler à la question de la démocratie interne qui est de plus en plus malmenée dans certains syndicats.

À l’instar de ce qui se passe sur l’échiquier politique, le pouvoir au sein des syndicats est très largement confisqué par les aînés. Le système est globalement gérontocratique alors que d’aucuns soulignent la nécessité d’insuffler une nouvelle dynamique à la vie syndicale pour rétablir la confiance et régler la crise de médiation qui risque d’avoir des conséquences dangereuses sur la paix sociale.

À cet égard, la disposition sur la limitation d’âge pour les chefs de file des syndicats ayant fait objet d’une discorde a été supprimée de la mouture actuelle. Le projet de 2010 accordait un délai de cinq ans pour les retraités avant de quitter les instances du syndicat.  Cette disposition pourrait être de nouveau proposée par certains syndicats qui sont pour la limitation d’âge. Khadija Zoumi, parlementaire à la Chambre des conseillers et membre du bureau exécutif de l’UGTM, estime nécessaire de fixer un seuil pour l’âge après la retraite, tout en veillant à assurer la relève et à conserver l’esprit de sagesse dans la gestion des dossiers.

S’agissant du contrôle financier, l’un des points les plus importants du texte concerne la transparence, qu’il est temps d’instaurer. Actuellement, seules les dépenses relatives aux élections sont assujetties au contrôle de la Cour des comptes. La subvention publique annuelle n’est soumise à aucun contrôle bien que, théoriquement, la Cour des comptes soit habilitée à assurer cette mission nécessaire à la garantie de la transparence et la crédibilité du champ syndical. Le Code du travail prévoit un contrôle sur les subventions publiques octroyées aux organisations syndicales qui ne se fait pas. Il est à préciser que le soutien financier aux syndicats varie en fonction de leur représentativité dont les modalités sont revues par la mouture actuelle du texte. En somme, la subvention étatique est jugée dérisoire par les syndicats car elle ne permet de couvrir qu’une partie des dépenses. Les centrales syndicales ayant du mal à recruter ne peuvent compter sur leur financement par le biais des adhésions.

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La croissance a ralenti à 2,5% au deuxième trimestre 2019 (HCP)

L’arrêté des comptes nationaux fait ressortir une croissance de l’économie nationale, se situant à 2,5% au deuxième trimestre 2019 au lieu de 2,6% durant le même trimestre de l’année précédente.

Cette croissance a été tirée par la consommation finale et l’investissement dans le contexte d’une baisse d’inflation et du besoin de financement de l’économie nationale en amélioration, indique le HCP dans sa dernière note d’information relative à la situation de l’économie nationale au deuxième trimestre 2019.

La valeur ajoutée du secteur primaire en volume, corrigée des variations saisonnières, a enregistré une baisse de 2,2% en volume au cours du deuxième trimestre de l’année 2019, au lieu d’une hausse de 2,8% réalisée durant la même période en 2018. Cette évolution s’explique par la baisse de 2,8% de l’activité de l’agriculture au lieu d’une hausse de 4,5% une année auparavant et par une augmentation de celle de la pêche de 5,1% au lieu d’une baisse de 16,3%.

La valeur ajoutée du secteur secondaire, en revanche, a réalisé une augmentation de 3,6% au lieu de 2% durant le deuxième trimestre de l’année précédente.

La valeur ajoutée du secteur tertiaire, de son côté, a marqué une augmentation de 3% au lieu de 2,6% le même trimestre de l’année 2018.

Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu, ainsi, une hausse de 3,3% au lieu de 2,1% le deuxième trimestre de l’année 2018.

Dans ces conditions, avec le net ralentissement de l’accroissement des impôts sur les produits nets des subventions à 2,5% au lieu de 4,3%, le Produit Intérieur Brut (PIB) en volume s’est accru de 2,5% durant le deuxième trimestre 2019 au lieu de 2,6% une année auparavant.

Une croissance freinée par les échanges extérieurs

La demande intérieure a affiché un taux d’accroissement de 3,1% durant le deuxième trimestre de l’année 2019 au lieu de 2,4% durant la même période de l’année précédente, contribuant ainsi pour 3,4 points à la croissance économique nationale au lieu de 2,6 points une année auparavant.

Dans ce cadre, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 3,7% au lieu de 3,1%, contribuant pour 2,1 points à la croissance au lieu de 1,8 point. De même, la consommation finale des administrations publiques a connu une augmentation de 3,3% au lieu de 0,4% au deuxième trimestre de l’année précédente, avec une contribution à la croissance de 0,6 point au lieu de 0,1 point.

De son côté, la formation brute de capital fixe a enregistré une hausse de 3,6% au deuxième trimestre 2019 au lieu de 0,6% une année auparavant, avec une contribution à la croissance de un point au lieu de  0,2 point, durant le même trimestre de l’année précédente.

Les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé une contribution négative à la croissance, se situant à (-0,9) point au lieu de (0,04) point le même trimestre de l’année précédente. Les exportations de biens et services ont affiché une hausse de 3,6% durant le deuxième trimestre 2019 au lieu de 8,3%, avec une contribution à la croissance de 1,4 point au lieu de 3 points. Les importations, de leur côté, ont connu un accroissement de 4,7% au lieu de 6,4%, avec une contribution négative de (-2,3) point au lieu de (-3) points une année passée.

Economie nationale : Ça ira (un peu) mieux en 2020

Après une année 2019 médiocre sur le plan de l’activité économique, 2020 devrait connaître un «rebond».

11 Mds de dirhams seront injectés dans le circuit bancaire suite à la baisse de la réserve monétaire de 4% à 2%.

Avec une campagne agricole très médiocre de 52 millions de quintaux et une croissance qui ne devrait guère dépasser 2,7% selon Bank Al-Maghrib, qui tenait mardi son Conseil, 2019 est définitivement une année à oublier. Un chiffre pour s’en convaincre : entre les deuxièmes trimestres de 2018 et de 2019, ce sont 176.000 emplois qui ont été perdus.

Visiblement, 2020 devrait être meilleure. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, évoque un «rebond» de la croissance l’année prochaine. Celle-ci devrait se situer autour de 3,8%, sous l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne de 80 millions de quintaux et des activités non agricoles dont la croissance devrait se stabiliser à 3,6% (après 2,8% en 2018).

La bonne nouvelle viendrait surtout des comptes extérieurs. Après un creusement en 2018 à 5,5%, le déficit du compte courant s’améliorerait légèrement à 5,1% en 2019, et s’allégerait sensiblement à 3,6% en 2020, selon les projections de la Banque centrale.

Ces projections intègrent notamment le démarrage de la production de l’usine PSA de Kénitra, qui devrait donner un coup de fouet aux ventes de la production automobile et relancer fortement les exportations. Celles-ci passeraient alors d’une croissance de 3,9% en 2019 à 8,4% en 2020.

Dans le même temps, sous l’effet de la baisse attendue de la facture énergétique et d’un ralentissement des achats de biens d’équipement, les importations devraient connaitre un petit coup d’arrêt, avec une croissance qui passerait de 3,9% en 2019 à 2,6% en 2020.

Les comptes extérieurs devraient également profiter des deux sorties à l’international programmées par le Trésor, dont une avant la fin de l’année 2019, pour un montant de 11 milliards de dirhams chacune, et des rentrées des dons des pays du Conseil de coopération du golfe (CCG) pour 3,8 milliards de DH d’ici la fin de 2020.

Une ombre au tableau : le déficit budgétaire qui continue de se creuser. Selon les prévisions de BAM, et tenant compte de l’impact de l’accord conclu dans le cadre du dialogue social, le déficit budgétaire devrait se situer autour de 4% fin 2019, au lieu des 3,7% inscrits dans la Loi de Finances 2019.

Interpellé sur cette question, Abdellatif Jouahri affirme que les 3,7% sont possibles à condition de maîtriser la dépense et d’augmenter les recettes.

«La volonté du ministre (Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances, ndlr) est là. Il est décidé à respecter les chiffres de référence retenus dans le cadre de la Ligne de précaution et de liquidité», affirme le gouverneur. Il y a la possibilité pour l’Etat de ne plus faire certains investissements et de se reposer soit sur les partenariats publics privés (PPP), soit sur d’autres mécanismes de financement sur lesquels réfléchit le ministère.

Toujours est-il qu’en attendant de redresser la barre, la dette du Trésor devrait passer de 65,3% en 2018 à 66,2% du PIB en 2019. Pour ce qui est de la dette publique totale, son ratio au PIB passerait de 81,4% en 2018 à 82,1% en 2019.

 11 Mds de DH injectés dans le circuit bancaire

Sur le plan de la politique monétaire, le Conseil de BAM n’a pas jugé utile de toucher au taux directeur, le maintenant à 2,25%, un niveau jugé approprié.

Une baisse supplémentaire des taux aurait un effet néfaste sur l’épargne et sa rémunération déjà très faible, suggère le gouverneur de la Banque centrale.

Jouahri a en revanche sorti la carte de la réserve monétaire en baissant le taux de la réserve obligatoire de 4 à 2%.

Une décision justifiée par la persistance des besoins importants de liquidité bancaire, causée par le ralentissement marqué des dépôts et la hausse de circulation de monnaie fiduciaire.

Cette décision permettra une injection permanente d’un peu plus de 11 milliards de dirhams.

Une manne que Jouahri espère voir redistribuée en crédit à l’économie. «Nous sommes prêts à fournir toutes les liquidités dont les banques ont besoin pour financer l’économie», martèle le gouverneur. «Pas plus tard qu’hier, nous avons initié une opération de swap devises-dirhams avec les banques pour 4 milliards de dirhams», ajoute-t-il.

«Sur le collatéral direct des banques, nous avons encore au moins 50 Mds de DH, prêts à être fournis en cas de besoin», conclut le gouverneur.


Flexibilité du Dirham : Quel timing ?


La question de la deuxième phase de la réforme du régime de change s’est encore invitée dans les questions-réponses avec le wali de Bank Al-Maghrib. Ce dernier dit avoir jaugé les opérateurs économiques et la CGEM pour s’assurer qu’ils avaient assimilé les principes de la réforme et qu'ils ont recours aux outils mis à leur disposition. «Nous avons senti qu’il y a encore un effort à faire auprès d’eux en matière de pédagogie, de formation, etc.», précise Jouahri.

Une rencontre entre le ministre des Finances et le gouverneur de BAM devait avoir lieu au moment où ne mettions sous presse, pour décider du moment opportun pour passer à la seconde phase de la flexibilité du Dirham, précisément l’élargissement de la bande de fluctuation.

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