Pétrole/Energies : La mer d’huile et sa pente douce

Les énergies alternatives influencent l’interprétation du prix d’équilibre du pétrole.

La mer a beau être d’huile parfois, la pente au fonds ne change pas d’inclinaison. La stabilité inhabituelle des prix du pétrole Brent au comptant depuis quatre mois n’empêche donc pas un prix d’équilibre à long terme de se dessiner aux yeux des économistes de LBPAM, et de plus en plus bas. Les contrats futurs à cinq ans, qui en donnent une mesure, ont lentement mais sûrement baissé depuis 2015, pour passer sous les 50 dollars ces dernières semaines. L’offre pléthorique des producteurs de schiste devient moins pertinente pour l’expliquer. La baisse du coût de production de l’électricité solaire (-41 % sur 5 ans et -84 % sur 10 ans) et éolienne peut être un argument aussi important : « il existe de plus en plus une alternative économiquement viable au pétrole et cela constitue le plafond pour les prix pétroliers ».

Taxe Gafa : le G20 ne peut que constater l’échec politique

Réunis virtuellement ce mercredi, les ministres des Finances du G20 ont échoué à endosser les travaux techniques de l’OCDE sur la taxe numérique en raison du blocage américain. Ils ont, en revanche, prolongé de six mois le moratoire sur la dette des pays pauvres.

L’échec est patent. Même s’il ne constitue pas une surprise. Sur le sujet de la taxation des activités numériques des grandes multinationales, les ministres des Finances du G20, réunis virtuellement ce mercredi, n’ont pas réussi à surmonter le fossé politique.

« Je regrette que les avancées politiques n’aient pas été suffisantes pour endosser le travail technique de l’OCDE », a indiqué, mercredi lors d’un point presse téléphonique, Bruno Le Maire. Les Etats-Unis sont toujours opposés à l’idée de répartir différemment entre les pays les bénéfices générés par les activités numériques des multinationales (le pilier 1 de la réforme de l’OCDE), tout en étant d’accord pour instaurer un taux minimum d’imposition des bénéfices des entreprises au niveau mondial (pilier 2). Les propositions de l’OCDE , publiées lundi, risquent de rester lettre morte pour longtemps même si l’échéance d’un accord éventuel est repoussée à la fin du premier semestre 2021.

Bruno Le Maire se montre sceptique : « Il n’y aura pas d’accord en février, ni en mars ni en avril. Même en cas de changement à la présidence des Etats-Unis, il ne faut pas se faire d’illusions sur un changement radical de la position américaine. » Tout au plus peut-on espérer à ses yeux une attitude plus conciliante sur le plan des sanctions commerciales.

La France prélèvera la taxe Gafa

Aussi, pour faire bouger les lignes, la France milite pour accélérer les travaux d’une taxe numérique de l’Union européenne. « Je me félicite que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a demandé de travailler sur le sujet au premier semestre de l’année prochaine. L’Europe doit donner l’exemple afin que ces géants du numérique soient effectivement taxés. »

Le mieux, pour le ministre, est d’adopter un impôt sur le chiffre d’affaires, similaire à celui qui a été mis en place en France. C’est une solution qui a le mérite d’être simple. Constatant l’échec du G20 Finances, Bruno Le Maire a confirmé que la France au niveau national prélèverait mi-décembre un acompte de la taxe Gafa au titre de l’impôt 2020. Le solde sera prélevé au printemps prochain malgré les risques de représailles commerciales des Etats-Unis sur des produits français.

Répit pour les pays pauvres

Si les ministres ne se sont pas entendus sur ce sujet fiscal, ils ont trouvé un accord sur la dette des pays pauvres. Ces derniers vont bénéficier d’un nouveau répit.

Les grands argentiers du G20 ont décidé de prolonger de six mois, jusqu’en juin 2021, le moratoire sur le paiement des intérêts de leur dette. Au printemps prochain, en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, les ministres feront un point d’étape pour savoir s’il y a lieu de prolonger de nouveau ce moratoire.

Autre avancée majeure, soulignée par Bruno Le Maire, « nous avons établi un cadre commun dans lequel la Chine est partie prenante. C’est une première ». Lundi, le président de la Banque mondiale, David Malpass, avait fait état de sa frustration de ne pas voir la Chine jouer pleinement le jeu .

Ce cadre commun accepté par les autorités chinoises lie également les créanciers publics et les créanciers privés. Ces derniers « ne pourront plus se dédouaner » s’est réjoui le ministre français qui a par ailleurs annoncé l’organisation, par la France au printemps, d’un sommet sur le développement des pays africains, laquelle permettra d’évoquer ce problème de l’endettement.

Maroc : pour relancer l’économie, Mohammed VI fixe une feuille de route en trois pôles

Intervenant dans un contexte toujours inédit, le discours du chef de l’Etat marocain de vendredi dernier dresse les grandes lignes d’un plan ambitieux de relance économique et d’un grand projet de couverture sociale universelle, auxquels seront associées les règles de bonne gouvernance et une réforme des établissements publiques.

Le traditionnel discours d’ouverture de la session parlementaire d’automne adressé par le roi Mohammed VI vendredi dernier revêt un caractère particulier cette année. Diffusé pour la première fois en direct à l’intérieur de l’enceinte du parlement, il acte l’ouverture de la session parlementaire selon les dispositions de la Constitution, tout en prenant en considération la situation sanitaire exceptionnelle. « En ces circonstances exceptionnelles, Nous ouvrons la présente année législative sous un format inédit », a rappelé le roi Mohammed VI.

Sur le fond, le discours royal de ce vendredi intervient dans la continuité de celui du 21 août dernier, mais en précisant cette fois-ci les contours de la feuille de route nationale pour les prochaines années. Si. la priorité absolue est donnée à la maitrise de la pandémie, le discours royal insiste parallèlement sur une action forte pour le redressement économique et social. Un discours qui n’est ni dans le « tout sanitaire » ni dans le « tout économique » : « Dans ces conditions, pour préserver la santé et la sécurité des citoyens, il est primordial de faire preuve d’une opiniâtre vigilance et d’un engagement résolu en apportant au secteur sanitaire un soutien indéfectible. Il importe d’œuvrer, concomitamment, à la stimulation de l’activité économique et au renforcement de la protection sociale », a annoncé le chef de l’Etat marocain.

La feuille de route royale, étayée ce vendredi par le roi Mohammed VI, s’articule désormais autour de trois principaux chantiers : la relance économique, une couverture social universelle, la réforme des établissements publics, le tout prenant en compte les règles de bonne gouvernance.

Relance économique, une priorité déjà en marche

« Cette crise a révélé un ensemble de dysfonctionnements, de déficits et elle a eu un impact négatif sur l’économie nationale et l’emploi. C’est pourquoi Nous avons lancé un plan ambitieux de relance économique et un grand projet de couverture sociale universelle. Nous avons également souligné l’impératif d’appliquer les règles de bonne gouvernance et la nécessité de réformer les établissements du secteur public […]. A cet égard, Nous plaçons le plan de relance économique en tête des priorités de l’étape actuelle ».

Le ton est donné. Le plan de relance économique sera la priorité de la feuille de route royale. En août dernier d’ailleurs, le chef de l’Etat marocain, dans son discours du Trône, demandait la mise en œuvre d’un plan ambitieux de relance économique. Evalué à 120 milliards de dirhams (11% du PIB), le plan comprend deux dispositifs principaux : un dispositif de prêts garantis par l’Etat et un Fonds d’investissement stratégique.

Dans le détail comme le précise le Roi, ce plan soutiendra les secteurs productifs, notamment le tissu des PME, avec l’objectif de rehausser leur capacité à investir, à créer des emplois et à préserver les sources de revenu.

En termes d’applicabilité, le plan devra être réalisé dans « un cadre contractuel national, impliquant l’État ainsi que les partenaires économiques et sociaux et se fondant sur le principe de corrélation entre droits et obligations », insiste le souverain marocain.

D’ailleurs, les entités ( 20 000) qui, à ce jour, ont bénéficié du dispositif des prêts garantis par l’Etat avec un montant avoisinant les 26 milliards de dirhams, ont prouvé leur résilience face à la crise dont elles sont parvenues à atténuer les effets en préservant les emplois.

Précision de taille, le plan de relance sera adossé à un instrument d’accompagnement et de financement : le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. « Le plan de relance économique repose sur le Fonds d’investissement stratégique dont Nous avons préconisé la création et auquel Nous avons décidé de donner le nom de « Fonds Mohammed VI pour l’Investissement. Nous souhaitons vivement que ce Fonds joue un rôle de premier plan dans la promotion de l’investissement et le relèvement des capacités de l’économie nationale. Il interviendra pour doter les secteurs productifs du soutien nécessaire et pour financer et accompagner les grands projets envisagés, dans le cadre de partenariats public-privé », a annoncé le Roi dans son discours de vendredi dernier.

Désormais instrument central de la relance post-Covid, le fonds portant le nom du souverain, avec toute la symbolique que cela implique sur le plan de l’exécution, sera orienté vers l’investissement, et sera d’une enveloppe de 15 milliards de dirhams à partir du budget de l’Etat. « Nous avons également donné Nos Directives pour que ce fonds soit doté de 15 milliards de dirhams provenant du budget de l’État. L’allocation de ces crédits incitera les partenaires marocains et internationaux à accompagner les interventions du fonds et à contribuer aux projets d’investissement à venir. Ainsi, l’appui apporté au Plan de relance permettra d’en amplifier l’impact économique, social et environnemental », a annoncé le roi Mohammed VI.

Par ailleurs, les chantiers prioritaires sur lesquelles porteront les « investissements de la relance » comprennent la restructuration industrielle ; les secteurs émergents et à forte valeur ; la relance de la PME ; les infrastructures ; l’agriculture ; et le tourisme.

Généralisation de la couverture sociale d’ici 2021

« Notre souci a toujours été que la dynamique de développement économique soit articulée à la promotion du secteur social, à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Aussi avons-Nous appelé à la généralisation de la couverture sociale au profit de tous les Marocains ».

Second chantier majeur de la feuille de route royale pour les prochaines années, le projet de généralisation de la couverture sociale pour tous les Marocains s’articule autour de principaux axes : étendre, d’ici la fin 2022 au plus tard, la couverture médicale obligatoire, de sorte que 22 millions de bénéficiaires additionnels accèdent à l’Assurance maladie de base qui couvre les frais de soins, de médicaments, d’hospitalisation et de traitement. Puis, la généraliser les allocations familiales qui bénéficieront ainsi à près de sept millions d’enfants en âge de scolarité, au profit de trois millions de familles. Ensuit l’élargissement de la base d’adhérents au système de retraite en y incorporant quelques cinq millions de Marocains parmi la population active non titulaire d’un droit à une pension. Et enfin, la généralisation de l’accès à l’indemnité pour perte d’emploi au profit des Marocains ayant un emploi régulier.

Réformer le secteur public pour réussir la relance

« Indépendamment de ses objectifs, la réussite de tout plan ou projet est tributaire de l’adoption des principes de bonne gouvernance et de reddition des comptes ». Plusieurs fois évoquée par le chef de l’Etat marocain, la bonne gouvernance, la réédition des comptes, la performance de la sphère publique et l’attractivité pour les talents et les compétences restent des conditions sine qua none pour la réussite de tout projet, surtout stratégique ou à envergure nationale. A cet égard, « les institutions de l’Etat et les entreprises publiques doivent montrer une attitude exemplaire et agir comme un levier de développement, et non comme un frein », rappelle le roi Mohammed VI. Pour le souverain marocain, « le succès du plan de relance économique et la mise en place d’un nouveau contrat social nécessitent une évolution réelle des mentalités et un véritable changement dans le niveau de performance des établissements publics ». D’ailleurs, c’est dans ce contexte que doit intervenir l’Agence nationale des participations, que le Roi a demandé de mettre en place dans son discours du Trône et qui aura Cette agence aura désormais une double mission : la gestion stratégique du portefeuille de l’Etat et le pilotage des performances des entreprises publiques.

Le tournant imposé par la crise actuelle impose en effet un nouvel élan, davantage d’engagement et des profils à la hauteur des enjeux dans tous les secteurs. Parce que la réussite du plan de relance se fera par l’intervention du secteur public qui a aujourd’hui grandement besoin de hauts cadres alliant compétence technique et managériale et un grand sens d’éthique et de responsabilité

LafargeHolcim se démarque !

Le groupe LafargeHolcim Maroc a été désigné Top Performers RSE 2020 par Vigeo Eiris, l’agence indépendante de notation dans les domaines de l’environnement, du social et de la gouvernance. Dans les détails, le score du groupe a progressé de 23 points par rapport à 2019. C’est la seconde plus forte hausse du classement Top Performers 2020 Maroc. Dans le classement Vigeo Eiris 2020, LafargeHolcim Maroc est également n°1 du secteur cimentier des marchés émergents. Notons que l’évaluation de l’entreprise par Vigeo Eiris se base sur sa conformité aux 38 critères et plus de 330 indicateurs de responsabilité environnementale de gouvernance, sociale et sociétale appliqués par l’agence de notation. Rappelons qu’en 2018, le chiffre d’affaire de l’entreprise s’était établi à 7 milliards de dirhams soit une baisse de 2,5% par rapport à 2017, occupant ainsi le 181e rang du classement 2019-2020 des 500 plus grandes entreprises marocaines. Le résultat net du groupe quant à lui est passé à près de 1 milliard de dirhams. Retrouver l’intégralité du classement des 500 et ses analyses chez votre marchand de journaux

Chaabi Bank, une affaire à suivre

Le 6 octobre courant, dans le cadre d’une enquête ordonnée par un juge d’instruction, des perquisitions et auditions ont été́ effectuées au niveau la Banque Chaabi du Maroc (BCDM), la succursale belge du groupe BCP. Des saisies de matériel et de documents ont également été́ menées dans le cadre de cette enquête et des collaborateurs ont été́ entendus en qualité́ de témoin, fait savoir la Banque Centrale Populaire. Alors que l’enquête suit son cours, les activités de la banque n’ont connu aucune perturbation. «Les quatre agences de la succursale continuent à servir la clientèle dans les conditions normales», a rassuré la banque du cheval dans un communiqué. Il faut d’ailleurs notifier que le management de la banque Chaabi n’a pas encore eu accès aux éléments du dossier d’enquête, et ne dispose pas à ce jour, d’informations précises à ce sujet. «Les activités de la filiale marocaine en Belgique sont connues des autorités de tutelle et ses collaborateurs travaillent dans un cadre juridique et opérationnel clair, transparent et encadré par des procédures strictes, dans le respect de la loi et des bonnes pratiques du système bancaire belge », explique la BCDM. Rappelons que la Banque Centrale Populaire, maison-mère de la banque Chaabi, avait été condamnée à payer  4,2 millions d’euros à 18 de ses anciens salariés pour n’avoir pas versé leurs cotisations de retraite pendant des années en France.

Le 6 octobre courant, dans le cadre d’une enquête ordonnée par un juge d’instruction, des perquisitions et auditions ont été́ effectuées au niveau la Banque Chaabi du Maroc (BCDM), la succursale belge du groupe BCP. Des saisies de matériel et de documents ont également été́ menées dans le cadre de cette enquête et des collaborateurs ont été́ entendus en qualité́ de témoin, fait savoir la Banque Centrale Populaire. Alors que l’enquête suit son cours, les activités de la banque n’ont connu aucune perturbation. «Les quatre agences de la succursale continuent à servir la clientèle dans les conditions normales», a rassuré la banque du cheval dans un communiqué. Il faut d’ailleurs notifier que le management de la banque Chaabi n’a pas encore eu accès aux éléments du dossier d’enquête, et ne dispose pas à ce jour, d’informations précises à ce sujet. «Les activités de la filiale marocaine en Belgique sont connues des autorités de tutelle et ses collaborateurs travaillent dans un cadre juridique et opérationnel clair, transparent et encadré par des procédures strictes, dans le respect de la loi et des bonnes pratiques du système bancaire belge », explique la BCDM. Rappelons que la Banque Centrale Populaire, maison-mère de la banque Chaabi, avait été condamnée à payer  4,2 millions d’euros à 18 de ses anciens salariés pour n’avoir pas versé leurs cotisations de retraite pendant des années en France.

Maroc : Hausse du déficit budgétaire à 42,8 milliards de dirhams à fin septembre 2020

LE DÉFICIT BUDGÉTAIRE S’EST ÉTABLI, À FIN SEPTEMBRE 2020, À 42,8 MILLIARDS DE DIRHAMS (MMDH), CONTRE 28,5 MMDH À LA MÊME DATE DE L’ANNÉE DERNIÈRE, SELON LA SITUATION DES CHARGES ET RESSOURCES DU TRÉSOR (SCRT), PUBLIÉE JEUDI PAR LE MINISTÈRE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA RÉFORME DE L’ADMINISTRATION.

Par rapport au mois d’août, ce déficit est en amélioration de 3,7 MMDH, résultant principalement de l’amélioration du solde ordinaire (+6,7 MMDH par rapport à août 2020), précise la même source.

Si l’on exclut l’excédent enregistré par le Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, le déficit s’élève à près de 50,8 MMDH, en aggravation de près de 22,3 MMDH par rapport à la même période de 2019, fait observer le ministère, notant que l’évolution des recettes et dépenses ordinaires fait ressortir un solde ordinaire négatif de près de 9,3 MMDH, contre 16 MMDH à fin août, traduisant une amélioration de la couverture des dépenses ordinaires par les recettes ordinaires.

Comparativement aux prévisions de la loi de finances rectificative 2020, le taux de réalisation des recettes ordinaires, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, s’est situé à 74,7%, contre 73,8% un an auparavant, ajoute la même source, notant que par rapport à la même période de l’année 2019, ces recettes ont enregistré une baisse de 15,3 MMDH, dont 11,6 MMDH au titre des recettes fiscales et 3,5 MMDH au titre des recettes non fiscales.

Le ministère souligne en outre que les dépenses ordinaires ont enregistré un taux d’exécution de 73,9% par rapport aux prévisions de la loi de finances rectificative et se sont inscrites en hausse de près de 9,3 MMDH (+5,6 %) par rapport à la même période de l’année 2019.

Concernant les dépenses d’investissement, les émissions se sont situées à 43,9 MMDH, soit un taux de réalisation de 62% par rapport aux prévisions de la LFR et une baisse de 6,7% (-3,1 MMDH) par rapport à la même période de 2019, ajoute la même source, expliquant cette évolution principalement par la baisse des dépenses au titre des budgets ministériels.

Quant aux comptes spéciaux du Trésor, ils ont dégagé un excédent de 10,4 MMDH, contre 3,2 MMDH un an auparavant. Cette hausse s’explique principalement par l’excédent de 8 MMDH dégagé par le Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, les autres comptes spéciaux du Trésor ayant enregistré globalement un flux positif de 2,4 MMDH, contre 3,2 MMDH à fin septembre2019

L’exécution de la loi de finances à fin septembre 2020 est intervenue, depuis le mois de juin, dans un contexte caractérisé par la levée progressive du confinement et l’apparition, en conséquence, de signes de reprise dans certains secteurs d’activité économique. Elle reflète également l’impact des mesures adoptées par le Comité de veille économique pour contrer les effets socioéconomiques de la pandémie Covid-19

Entrepreneuriat : l’AECID aux petits soins pour les femmes et jeunes porteurs de projets

Le coup de pouce de 600.000 euros de l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement va bénéficier à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans quatre régions du Maroc.

Le plan de relance du secteur de l’Économie sociale et solidaire (ESS) se concrétise. Axé sur la recherche de nouvelles solutions afin de lutter contre les effets de la Covid-19 et ciblant 3.000 femmes et jeunes porteurs de projets innovants, le programme vient de bénéficier d’une jolie enveloppe de 600.000 euros. Fruit d’un protocole administratif de coopération entre le ministère du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale (MTATAES) et l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID), il devra donner une nouvelle impulsion à l’autonomisation des femmes et des jeunes, via l’entrepreneuriat. Étalé sur trois ans, et couvrant les régions Casablanca-Settat, Souss-Massa, l’Oriental et Tanger-Tétouan-Al-Hoceima, le protocole, signé ce mardi à Rabat par Nadia Fettah Alaoui et Ricardo Diez-Hochleitner Rodriguez, ambassadeur d’Espagne au Maroc et représentant de l’AECID, vise concrètement trois objectifs majeurs. Outre l’amélioration des capacités techniques, managériales et organisationnelles des femmes et des jeunes œuvrant dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, dans les quatre régions ciblées par le projet, il devra aussi permettre la mise en place de structures améliorées de production et de rentabilité pour la pérennisation des activités, au sein d’un écosystème collaboratif, associant les différentes structures de l’ESS. À cela, poursuit le communiqué de presse du ministère du Tourisme, il faut ajouter l’amélioration de l’environnement économique et social de l’entrepreneuriat en économie sociale et solidaire, au bénéfice des personnes cibles. Il faut noter que ce partenariat, qui permettra de fédérer les capacités des deux parties pour accompagner le processus de développement inclusif des femmes et des jeunes, par la promotion de l’entrepreneuriat social et collectif, est venu à son heure.

En effet, le taux de chômage s’est accru de 4,2 points à 12,3% au deuxième trimestre 2020, contre 8,1% durant la même période un an auparavant, selon le Haut-commissariat au Plan (HCP). Ce dernier souligne que ce taux, qui a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 3% à 7,2% et de 11,7% à 15,6%, est le plus grand taux de chômage enregistré au Maroc ces vingt dernières années. Si globalement les jeunes ont été durement touchés par ce fléau, aggravé par la crise liée au coronavirus, les femmes ont particulièrement payé un lourd tribut. En effet, l’emploi féminin au Maroc a sensiblement reculé au deuxième semestre 2020, passant à 17,5% contre 19,5% une année auparavant.

Conseil de gouvernement à Rabat: le PLF et trois projets de décret

Un Conseil de gouvernement se tiendra vendredi sous la présidence du chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani.

Le Conseil examinera le projet de loi de finances au titre de l’exercice 2021 et trois projets de décret l’accompagnant, indique jeudi un communiqué du département du chef du gouvernement.

Les projets de décret portent sur la délégation du pouvoir au ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration en ce qui concerne les emprunts internes et le recours aux autres moyens de paiement et les financements étrangers, ajoute la même source.

Il s’agit aussi de la conclusion de contrats d’emprunts pour le remboursement de la dette extérieure et des accords de garantie des risques des taux d’intérêt et de change, conclut le communiqué.

LES PROJECTIONS AUSTÈRES DU FMI

À en croire l’institution de Bretton Woods, l’économie nationale ne devrait retrouver son niveau d’avant la Covid que d’ici deux ans.

Qu’il semble y avoir loin désormais des prévisions de décroissance se limitant à -5%, comme l’énonce notamment le projet de loi des finances rectificative (PLFR) adopté le 20 juillet 2020 par le parlement. Le Fonds monétaire international (FMI), qui lui-même avait avancé le chiffre de -3,7% le 14 avril dans ses “perspectives de l’économie mondiale”, table désormais sur presque le double, à savoir -7%. Et c’est justement dans ses nouvelles “perspectives de l’économie mondiale”, celles-là comptant pour le mois d’octobre, qu’on trouve les nouvelles projections.

Le Royaume se trouve, ainsi, dans le sillage des pays arabes, dont aucun, en dehors de l’Égypte (+3,5% de croissance), ne devrait voir, selon le FMI, son produit intérieur brut (PIB) évoluer positivement. Au plan strictement maghrébin, l’Algérie et la Tunisie devraient respectivement connaître une décroissance de -5,5% et -7%, tandis que la moyenne régionale devrait se situer aux alentours de -8,1%. On trouve aussi, dans la colonne réservée au Maroc, des pronostics regardant les prix à la consommation, qui devrait connaître une hausse similaire à celle de 2019, à savoir de 0,2%, et ce un peu plus que ce que le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, annonçait au moment de procéder, le 16 juin, à la baisse de 50 points de base du taux directeur de la banque centrale, en l’occurrence une inflation de 0,1%. Ce qui présuppose que le FMI n’est pas tout-à-fait confiant quant à la relance, d’ici la fin de l’année, de la consommation.

Réserves de change

Cela va de pair, ceci dit, avec le taux de chômage qu’il évalue, pour l’année 2020, à 12,5%, résultante directe des mesures de confinement décrétées depuis le mois de mars pour stopper la propagation de la pandémie de Covid-19. Car sans travail, difficile de concevoir que les ménages repassent à la caisse. Le FMI est, néanmoins, un peu plus optimiste pour 2021 et voit la croissance s’établir à 4,9%, ce qui, en même temps, laisse entendre que, pour lui, l’économie nationale ne saurait reprendre son niveau d’avant la Covid-19 qu’en 2022, année qui, toutefois, n’a pas été prise en compte dans ses perspectives. Suffisant, ceci étant, pour réduire le taux de chômage à 10,5% et, par là même, permettre à la consommation de reprendre des couleurs, comme l’indique le chiffre de 0,8% d’augmentation des prix à la consommation dont elle fait mention pour l’année prochaine.

Aussi, cela se répercuterait, toujours d’après le FMI, par la réduction du déficit courant à -5,2%, contre -7,3 pour 2020, ce qui sous-entend que les exportations seraient relancées, avec surtout, on peut l’imaginer, la reprise dans la zone euro qui, pour rappel, constitue à près des deux tiers le principal marché pour le Maroc. Une bonne nouvelle, pour ainsi dire, pour les réserves de change, qui avaient été particulièrement mises sous tension fin mars au point de pousser le ministre de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, et M. Jouahri à tirer sur la ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 2,97 milliards de dollars qu’ils avaient contractée auprès du FMI en décembre 2018. Une deuxième LPL a été, un temps, également discutée, mais M. Jouahri l’avait, ceci étant, balayée d’un revers de main lors de la conférence qu’il avait donnée au siège de BAM à Rabat le 22 septembre.