Gazoduc Maroc-Nigeria: Le Roi s’entretient avec Buhari

Le Souverain a eu un entretien téléphonique, dimanche, avec le président nigérian Muhammadu Buhari, indique le Cabinet royal. Les deux Chefs d’Etat ont discuté du projet de gazoduc Maroc-Nigeria. Ils ont marqué leur détermination commune “à poursuivre et concrétiser, dans les meilleurs délais, les projets stratégiques entre les deux pays, particulièrement le Gazoduc Nigéria-Maroc et la création d’une usine de production d’engrais au Nigeria”, souligne le Cabinet royal. Au cours de cet entretien, les deux Chefs d’Etat se sont aussi félicités de la “dynamique positive” que connaissent les relations bilatérales dans tous les domaines, depuis la visite royale au Nigéria en décembre 2016 et celle du président Buhari au Maroc en juin 2018.

Le président nigérian a par ailleurs remercié Mohammed VI pour l’appui solidaire du Maroc dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, notamment à travers la formation des Imams nigérians à l’Institut Mohammed VI de Formation des Imams, Mourchidines et Mourchidates.

Les crédits bancaires ralentissent à fin 2020

Leur rythme de progression est passé de 5,2% en septembre à 4,5% en décembre

Les crédits bancaires affichent un ralentissement à fin décembre 2020. Leur rythme de progression est revenu à 4,5% contre 5,2% auparavant. Ce ralentissement est accompagné par une augmentation des prêts alloués au secteur non financier de 3,9% après 4,7%. C’est ce qu’on relève des dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. «Cette dernière évolution traduit la décélération de la croissance des prêts aux sociétés non financières privées de 5,9% à 4,7%, la baisse des concours aux sociétés non financières publiques de 0,5% après une hausse de 4,4% en novembre et l’accélération de la progression des crédits aux ménages de 2,7% à 3,4% en décembre», commente Bank Al-Maghrib dans ce sens.

L’encours global des crédits alloués à fin 2020 ressort à 958,14 milliards de dirhams. La ventilation par objet économique des crédits alloués au secteur non financier fait ressortir une accélération de la progression des crédits à l’immobilier passant de 2,1% à 2,5%. Leur encours a atteint les 283,69 milliards de dirhams. Les crédits à l’habitat ont ainsi atteint les 222,27 milliards de dirhams dont 11,32 milliards de dirhams de financement participatif. Les crédits alloués aux promoteurs immobiliers ressortent à 58,28 milliards de dirhams, en baisse de 1,8%.

Le repli a également été constaté au niveau des prêts à l’équipement. Ils ont en effet accusé une baisse de 3% après une hausse de 0,3% en novembre 2020. Leur encours a ainsi atteint les 178,53 milliards de dirhams à fin décembre. Par ailleurs, la banque centrale relève une accentuation de la baisse des crédits à la consommation de 3,3% à 4,2%, soit un encours de 54,22 milliards de dirhams.

La croissance des facilités de trésorerie s’est inscrite en quasi-stagnation, soit à 10,2%. S’agissant des créances en souffrance, leur rythme de progression annuelle a décéléré de 14,7% à 14,4% en décembre. Dans ces conditions, le taux des créances en souffrance s’est établi à 8,4% contre 8,5% le mois dernier. Par ailleurs l’évolution trimestrielle du rythme de progression du crédit bancaire reflète un repli de 13,3% après celui de 3% en septembre 2020 des crédits alloués aux entreprises relevant de la branche «Electricité, gaz et eau» et une décélération de la croissance des crédits aux entreprises des branches «Commerce, réparations automobiles et articles domestiques» (de 2,7% à 2,4%), «Bâtiment et travaux publics» (de 2,1% à 1%) et «Transports et communications» (de 2,8% à 0,7%).

En revanche, les prêts alloués aux entreprises opérant dans les «Industries manufacturières» ont progressé de 6,6% au lieu de 0,8% en septembre 2020.

Produits agricoles marocains: Une voie express vers l’Europe de l’Est

Des producteurs et opérateurs marocains de fruits et légumes ont rencontré des représentants des trois principales entreprises de logistique de Pologne

Tapis rouge pour les fruits et légumes marocains pour l’Europe de l’Est. En effet, 28 producteurs et opérateurs marocains de fruits et légumes ont rencontré des représentants des trois principales entreprises de logistique de Pologne pour explorer les moyens d’accroître les exportations de produits frais marocains vers l’Europe de l’Est. Il faut préciser dans ce sens que la Pologne est l’un des plus grands importateurs de petits agrumes au monde, qui s’approvisionne principalement des pays européens comme l’Espagne, l’Italie et la Grèce. Le pays est également un importateur important de fruits et légumes de contre-saison. Achour Daoudi de Moroccan Taste, un des participants à cette rencontre affirme qu’après «avoir rencontré des acheteurs potentiels en Pologne, il nous est paru évident que le principal obstacle à l’augmentation de notre part de marché est le manque d’accès direct aux acheteurs».

Les opérateurs marocains et Morocco Foodex ont travaillé avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) avec le soutien financier de l’Union Européenne pour développer des solutions qui permettraient d’acheminer directement les fruits et légumes marocains vers la Pologne à des prix compétitifs.

L’expert en agro-industrie de la FAO, Florent Tomatis, a déclaré qu’une étude récente a montré que « sans une plateforme agro-logistique établie en Pologne pour les produits marocains, il est très difficile de garantir aux acheteurs polonais la livraison d’un produit de bonne qualité, en bonne quantité et dans les délais.

Au cours de la réunion, les opérateurs marocains et les opérateurs agro-logistiques polonais ont discuté des scénarios possibles pour la mise en place de telles plates-formes, y compris les coûts et autres exigences.

Othman Tlemcani, banquier principal à la BERD, a précisé que ces efforts faisaient partie d’une initiative financée par l’Union européenne, la FAO et la BERD pour améliorer les débouchés commerciaux à haute valeur ajoutée pour le secteur horticole marocain.

« Grâce à ce projet, Morocco Foodex a pu organiser de nombreuses rencontres au cours de l’année dernière qui ont permis aux opérateurs marocains et polonais de se rencontrer et d’échanger des informations», a-t-il déclaré.

El Mehdi El Alami, directeur de la promotion et du développement de FOODEX, a ajouté que ces échanges leur ont donné « des idées très concrètes sur la manière de placer les produits frais marocains en Pologne, et de là éventuellement dans d’autres pays d’Europe de l’Est. Il appartient maintenant aux opérateurs de construire les consortiums nationaux et les partenariats en Pologne nécessaires pour que cela se concrétise ».

BTP : le check-up de la DEPF

Le secteur peine encore à retrouver la forme, à cause de l’impact de la crise sanitaire. Selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), les ventes de ciment, indicateur principal de la santé du secteur du bâtiment et travaux publics (BTP), ont enregistré un repli de 10,9% au terme des onze premiers mois de l’année 2020.

Selon la DEPF (ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration), les ventes de ciment, principal baromètre du secteur du bâtiment et travaux publics (BTP), ont reculé de 10,9% au terme des onze premiers mois de cette année, après -25,1% à fin mai et +3,1% un an auparavant. On apprend que ces ventes ont repris avec le déconfinement progressif (+33% en juin, +18,6% en août, +7,8% en septembre et +6,7% en novembre 2020), mais sans pour autant absorber la forte chute observée lors des mois de plein confinement (-44% courant les mois de mars à mai 2020).

 En ce qui concerne les crédits à l’immobilier, les statistiques de la DEPF montrent qu’ils préservent leur évolution positive, enregistrant une hausse de 1,8% à fin octobre 2020, après +3,2% il y a une année. Cette progression recouvre un accroissement des crédits à l’habitat de 2,6% après +2,2% à fin septembre 2020, allégé par le retrait de ceux accordés à la promotion immobilière de 0,3%

Agriculture : la Banque mondiale appuie la stratégie Génération Green

Bonne nouvelle pour le secteur agricole marocain. La Banque mondiale vient, en effet, d’allouer un financement de 250 millions de dollars pour soutenir la stratégie Génération Green portée par le Maroc.

Il s’agit d’un financement alloué au titre d’une opération conjointe avec l’Agence française de développement (AFD). L’objectif de ce soutien financier est de renforcer les efforts du Maroc dans le secteur agricole. « En abandonnant le seul critère de la production au profit d’une approche englobant le renforcement du capital humain, le développement des moyens de subsistance et le déploiement de chaînes de valeur rurales respectueuses du climat, cette stratégie inédite va modifier radicalement la manière dont le Maroc envisage son développement agricole. Dans le même temps, le programme vient conforter la réponse économique du pays à la crise de la COVID-19», précise Jesko Hentschel, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb.

Dans le détail, le programme financera, dans le but d’attirer les jeunes dans l’agriculture, des programmes de création d’entreprises et de formation à destination des ruraux, notamment les femmes. On apprend aussi qu’il s’emploiera à attirer des investissements privés dans le secteur agroalimentaire en éliminant les freins réglementaires et financiers à la création d’emplois. « Les jeunes ruraux constituent une ressource inexploitée pour le développement agricole. Créer des débouchés est essentiel pour soutenir l’essor d’un secteur agroalimentaire moderne à même d’apporter emplois et prospérité dans les zones rurales. Le programme va promouvoir une culture de l’entrepreneuriat et équiper les jeunes ruraux avec les outils et les connaissances indispensables pour introduire des pratiques et des technologies plus durables et modernes et, ce faisant, bâtir un secteur agroalimentaire à l’épreuve du climat », explique David Treguer, agroéconomiste senior et co-chef d’équipe du projet.

La Banque mondiale fait remarquer que dans le but d’atténuer l’impact délétère du changement climatique sur des ressources en eau et en terres agricoles déjà fragiles, le Maroc va s’appuyer davantage sur la transformation numérique. Dans ce sens, le programme poursuivra les initiatives engagées au titre du Plan Maroc vert, la précédente stratégie de développement du Royaume, afin d’engager une transition vers une agriculture à l’épreuve du climat capable à terme de limiter les conséquences des sécheresses graves, à l’image de celle que connaît le pays actuellement. « Le passage aux technologies numériques favorisera l’abandon des pratiques agricoles gourmandes en ressources au profit d’une agriculture de précision, contribuant ainsi à répondre autant aux exigences d’un marché concurrentiel qu’aux défis de l’adaptation au changement climatique », conclut Maria Claudia Pachon, spécialiste senior du développement numérique et co-chef d’équipe du projet.

Textile : Une nouvelle vision pour la relance du secteur

TIRANT LES LEÇONS DE LA CRISE SANITAIRE, L’AMITH PRÉCONISE UNE VISION POUR ADAPTER L’OFFRE MAROCAINE À LA NOUVELLE CARTE DE SOURCING INTERNATIONAL.

Forte dépendance des marchés classiques, essentiellement européens, et importation d’une grande partie des matières premières. Deux contraintes qui limitent aujourd’hui la compétitivité du textile et habillement marocain. Selon les industriels, l’actuelle crise sanitaire a ainsi confirmé la vulnérabilité du secteur par rapport à ses concurrents étrangers. Partant de ce constat, l’association marocaine de l’industrie textile et de l’habillement (AMITH) a réalisé un diagnostic du secteur permettant d’élaborer une nouvelle vision sectorielle articulée autour de quatre axes: renforcement des capacités d’adaptation du secteur aux besoins de ses clients, innovation et créativité, la durabilité et enfin consolidation de l’offre via une technicité et une traçabilité des intrants.
Concernant le premier volet, Fatima Zahra Alaoui, directrice générale de l’AMITH, explique que «le secteur doit renforcer son niveau d’adaptation aux exigences des clients, ses capacités d’anticipation, ainsi que la qualité de ses prestations logistiques». Cela permettra à cette industrie de s’adapter aux changements opérés, suite à la crise sanitaire, dans la carte de sourcing mondial. Selon l’association, les donneurs d’ordre étrangers veulent aujourd’hui réduire leur dépendance vis-à-vis des pays asiatiques en vue d’un approvisionnement de proximité. Une opportunité pour le textile marocain.
La vision retient un deuxième axe lié à l’innovation avec l’introduction de la technologie dans le processus industriel, la créativité et la digitalisation. «Cela passera par une offre Made In Morocco intégrée avec un excellent rapport qualité-prix», précise Mme Alaoui.

Les exportations en baisse depuis novembre

En troisième lieu, la nouvelle vision met en avant la proposition de solutions répondant aux exigences des Objectifs de développement durable en vue d’une production écoresponsable nécessitant une traçabilité des intrants et conforme aux attentes des donneurs d’ordre. Enfin, le dernier axe vise la consolidation de la qualité de l’offre via une plus grande technicité.

Pour l’AMITH «l’heure est actuellement à la relance, parce que, d’une part, la crise sanitaire a été riche en enseignements pour notre industrie textile qui doit se repositionner face aux nouvelles opportunités de sourcing mondial et, d’autre part, parce que nos industriels n’ont aucune visibilité sur l’avenir. Les entreprises ont des difficultés à réagir à la conjoncture actuelle liée aux perturbations d’approvisionnements et à la baisse de la demande étrangère».

Les chiffres pour l’exercice 2020 ne sont pas encore arrêtés, mais l’association souligne une baisse de 11% depuis novembre dernier et une absence de visibilité sur les carnets de commandes. Le recul s’est même poursuivi durant le mois de décembre selon les professionnels. Il est dû à l’évolution de la pandémie et donc la détérioration de la situation sanitaire dans les pays européens, principaux débouchés des exportations marocaines. Pour les opérateurs, les éventuels reconfinements annoncés par plusieurs pays empêchent toute prévision sur les mois à venir. Dans le secteur, 80% des entreprises ne prévoient aucun investissement dans les mois à venir. Pour l’heure, les industriels s’inquiètent de l’impact que pourrait avoir un reconfinement dans les pays partenaires.

10e session du conseil d’orientation stratégique de l’agence millennium Challenge Account-Morocco

UN BILAN DES PLUS POSITIFS

Différentes réalisations ont été accomplies au niveau des plusieurs activités du Compact II allant des infrastructures à la gouvernance du foncier en passant par l’éducation secondaire, la formation professionnelle et l’ emploi

Des avancées substantielles ont été réalisées dans la mise en oeuvre des projets inscrits dans l’agenda du Compact II, le deuxième programme de coopération entre le Maroc et Millennium Challenge Corporation. «Ce progrès a été possible grâce à l’engagement actif des départements ministériels et établissements publics concernés, à l’implication inclusive du secteur privé et de la société civile et à la mobilisation du personnel de l’Agence MCA-Morocco », a assuré, mardi, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, Mohamed Benchaâboun, à l’occasion de 10e session du Conseil d’Orientation Stratégique (COS) de l’Agence Millennium Challenge Account- Morocco (MCA-Morocco). Session marquée, notamment, par la présence de Saaid Amzazi, ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

La session a été consacrée à la présentation du bilan d’exécution du programme de coopération objet du «Compact II» ainsi qu’au suivi de la mise en application des recommandations émises par les membres du COS pour impulser davantage de dynamique à la réalisation de ce programme, souligne le ministère dans un communiqué.

Formation professionnelle

Au terme de sa réunion, le COS de l’Agence MCA-Morocco a approuvé une série de résolutions, qui concernent essentiellement le rapport d’audit des fonds du Compact II pour la période allant du 5 mai 2015 au 30 septembre 2019, l’amendement au Plan d’audit de l’Agence MCA-Morocco et le Programme de passation des marchés de l’Agence tel qu’il a été mis à jour.

Outre la réallocation d’une partie des crédits dédiés initialement à certaines composantes des projets du Compact II en faveur du Fonds «Charaka» de la formation professionnelle, le COS a approuvé également des conventions de partenariat conclues par l’Agence dans le cadre de l’exécution du Compact II. Rappelons qu’en plus des avancées enregistrées au niveau de la réalisation des travaux d’infrastructures, des réalisations financières notables ont été accomplies par l’Agence, comme en témoignent les chiffres avancés par la Directrice Générale de l’Agence MCA-Morocco, Malika Laasri.

Dans son exposé sur l’état d’avancement de la mise en oeuvre du Compact II depuis la dernière session du COS, la responsable a ,en effet, annoncé un taux d’engagement des fonds s’élevant à 67,62%, l’équivalent de près de 304,3 millions de dollars, soit presque le double du niveau enregistré en juin 2020.

Le CESE plaide pour une politique d’innovation qui libère les énergies

S’engager dans une trajectoire industrielle, fondée sur l’innovation technologique

Le Conseil économique social et environnemental propose une série de recommandations stratégiques et opérationnelles en vue de lever les obstacles à une politique ambitieuse d’innovation pour la prospérité économique et l’inclusion sociale.

Dans son avis intitulé «Pour une politique d’innovation qui libère les énergies au service d’un nouveau modèle industriel », le Conseil économique social et environnemental (CESE), que dirige Mohamed Reda Chami, propose une série de recommandations stratégiques et opérationnelles en vue de lever les obstacles à ce qu’il appelle «une politique ambitieuse d’innovation pour la prospérité économique et l’inclusion sociale, et en assoir le développement sur des dispositifs adaptés».

En effet, le Conseil constate que la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a mis en exergue la capacité d’innovation et de résilience citoyenne, sanitaire et industrielle, qu’un pays doit pouvoir déployer dans ces situations. Partant de ce constat, le Conseil considère que dans cette épreuve, se sont clairement révélés tous les atouts potentiels du pays qui lui permettraient de s’engager résolument dans une trajectoire industrielle, fondée sur l’innovation technologique.

De même, le Conseil considère que la capacité d’innovation d’un pays exige aujourd’hui des écosystèmes appropriés ainsi que des processus collectifs dans lesquels de nombreux acteurs publics et privés, nationaux et régionaux, ainsi que les universités et les entreprises, doivent collaborer et jouer pleinement leur rôle.

Instance de coordination

Sur le plan stratégique, le CESE appelle, ainsi, à mettre en place un environnement institutionnel, juridique et financier susceptible de soutenir l’innovation au Maroc et d’augmenter significativement son impact. À cet égard, il est recommandé, d’abord, de mettre en place un organe de gouvernance stratégique qui définirait la stratégie nationale de l’innovation et allouerait les fonds publics destinés à cet effet ainsi que des fonds issus de différents bailleurs nationaux ou internationaux publics ou privés.

Sans oublier de tenir des assises nationales sous l’égide du chef du gouvernement avec l’implication de tous les acteurs concernés dans deux ou trois domaines prometteurs d’innovation technologique. Parmi ces recommandations, le CESE demande de définir, au niveau de chaque stratégie sectorielle, un volet recherche, développement et innovation.

Il préconise également la promotion, au niveau du système éducatif, d’ une pédagogie adaptée à l’innovation et intégrer le travail de conception et la conduite de projet. Au niveau opérationnel, le CESE préconise, par ailleurs, de créer pour les startups marocaines un véritable environnement qui leur permette de se développer et de devenir des entreprises viables et rentables.

Le tout dans le cadre de repenser un cadre de relation entre universités et environnement socio-économique qui soit simplifié et réaliste et qui aurait pour principal objectif de développer une relation win-win. Ce qui nécessite de procéder au changement du statut de l’université d’un établissement public à caractère administratif à une institution jouissant d’une autonomie efficiente favorisant la recherche et l’innovation.

Lutte anticorruption : le Maroc toujours aussi mauvais élève

Chaque année, l’économie marocaine paie un lourd tribut à la corruption. Malgré des efforts, le Maroc a perdu six places en 2020 dans le classement de Transparency International.

Cette année encore, le Maroc poursuit sa tendance rétrograde dans le classement de l’indice de perception de la corruption de Transparency. Dans le dernier rapport de l’ONG, publié le 28 janvier, le classement du royaume a dégringolé de six places et un point en 2020 par rapport à l’année précédente, avec un score de 40 sur 100, passant à la 86e place sur 180 pays. C’est peu dire que la stratégie nationale de lutte contre la corruption lancée en 2016 n’a pas porté ses fruits.

Pour “une volonté politique réelle”

Selon un communiqué de Transparency Maroc, cette stagnation résulte avant tout de “l’absence de la part de l’État de signes et d’une volonté de lutter sérieusement contre la corruption”. Pour l’association, la sortie du Maroc de la corruption endémique nécessite de manifester “une volonté politique réelle, non limitée aux discours”, à travers notamment la mise en œuvre effective de la stratégie nationale de lutte anticorruption.

Le secrétaire général de Transparency Maroc nous expliquait en octobre 2020 déjà que la principale cause de la faiblesse des résultats de la lutte anticorruption au royaume était le manque de volonté politique quant à sa mise en œuvre, citant l’exemple des tergiversations des groupes politiques au Parlement au sujet du projet de loi sur l’enrichissement illicite qui traîne depuis près de cinq ans, ou encore de la régulation du conflit d’intérêts prévue dans la Constitution de juillet 2011 et encore non traitée à ce jour.

Entre résilience et choc exceptionnel, l’économie africaine face à la pandémie de Covid-19

Le continent a plutôt bien résisté sur le plan sanitaire souligne un nouvel ouvrage de l’Agence française de développement.

Une Afrique résiliente face à la pandémie de Covid-19. C’est l’image que défendent les auteurs de l’ouvrage L’Economie africaine en 2021 (ed. La Découverte), tout juste publié par l’Agence française de développement (AFD). Le continent, soulignent les auteurs, a plutôt bien résisté sur le plan sanitaire : il représente 17 % de la population planétaire et comptabilisait officiellement, en octobre 2020, 4,7 % des cas de contaminations dans le monde et moins de 87 000 morts au 27 janvier. Sur le front économique, l’activité a également moins reculé en Afrique (-2,6 %) qu’à l’échelle mondiale (-4,4 %).

« Frappé d’une présomption de fragilité, le continent a pourtant fait la preuve de sa résilience, fort de la jeunesse de sa population, de la réactivité de ses dirigeants et de son expérience des pandémies », estime Rémy Rioux, directeur général de l’AFD, l’opérateur qui orchestre le déploiement de l’aide publique au développement.

Mais, si la récession a été moins marquée en Afrique que dans les autres régions du monde – à l’exception de l’Asie –, la déflagration économique provoquée par la pandémie n’en est pas moins exceptionnelle. Comme le rappelle Yasmine Osman, économiste au sein du département Afrique de l’AFD, aucun des chocs de ces trente dernières années, y compris la crise financière mondiale de 2008 et l’effondrement des cours du pétrole en 2015-2016, n’avait à ce point impacté le produit intérieur brut (PIB) régional. Au total, plus de quarante pays sont en récession simultanément sur le continent, du jamais-vu.

Sévérité de la crise

La sévérité de la crise s’explique par une série de facteurs désormais bien connus. Il y a d’abord eu la chute des prix des matières premières dont de nombreux pays africains demeurent tributaires pour leur croissance et leurs recettes. Pétrole, charbon, zinc, plomb… Les cours comme les volumes exportés se sont brutalement contractés, affectant les grands producteurs. La fermeture des frontières a également affecté en profondeur les économies africaines en pénalisant notamment le tourisme, un secteur clé dans près d’une quinzaine de pays du continent. Le recul des transferts de fonds opérés par les migrants (-20 %, selon le Fonds monétaire international), les mesures de confinement, le manque de marge de manœuvre budgétaire des Etats pour élaborer une riposte, l’absence de filets sociaux, ont contribué à cette récession d’une ampleur inédite.

La pandémie a ainsi déclenché une « crise en poupées russes », le fléau sanitaire entraînant une dégradation économique et sociale. D’après le FMI, la baisse du revenu par tête pourrait effacer dix ans de progrès sur le front du développement. Au total, près de 43 millions de personnes sont menacées de retomber dans l’extrême pauvreté. L’éducation, la santé, la sécurité alimentaire risquent d’être durablement affectées dans les pays les plus pauvres.

L’ouvrage de l’AFD rappelle toutefois que le continent n’a pas été touché de façon uniforme. Le choc a été violent pour les principales économies africaines, souvent très dépendantes de l’exportation des matières premières, comme le Nigeria, l’Angola ou l’Afrique du Sud. Cette dernière cumulait déjà plusieurs années de croissance faible et, très touchée par l’épidémie, a décrété un confinement strict, qui a ravagé l’activité. La violence de sa récession (-8 %) a pénalisé les performances de toute la région. En Afrique du Nord, dont la croissance est liée à la demande européenne en tourisme ou en pétrole, la décélération a aussi été notable, contribuant à la hausse des taux d’endettement. En Tunisie, la dette représente désormais 85 % du PIB.

Pourtant, certains pays ont mieux résisté économiquement. C’est le cas par exemple de l’Egypte, l’une des rares nations du continent à avoir su maintenir une croissance positive (3,5 %) grâce à la taille de son marché intérieur et à la réponse – monétaire et budgétaire – des autorités. Les Etats peu tributaires des matières premières extractives, comme en Afrique de l’Est ou dans le golfe de Guinée, ont aussi réussi à déjouer les pronostics les plus sombres. Quant au Sahel, la récession y a été deux fois moindre que dans le reste de l’Afrique. En proie à des difficultés sécuritaires, climatiques et alimentaires persistantes, cette région est peu dépendante du tourisme ou des capitaux étrangers, et a pu bénéficier de la remontée des cours de l’or.

Reprise rapide

« Résiliente » donc, mais très fragilisée, l’Afrique aurait besoin de voir l’économie redémarrer vite et fort pour pouvoir se remettre sur le chemin de l’émergence. Pour l’heure, le FMI prédit une reprise rapide, dite en « V », avec une croissance qui pourrait atteindre +3,7 % en 2021. Mais comme le rappelle la publication de l’AFD, ce scénario reste soumis à de multiples inconnues, à commencer par l’évolution de la pandémie qui semble rattraper le continent avec plus de vigueur depuis quelques semaines.

Au-delà de ces incertitudes, la crise a remis en perspective des enjeux de long terme dont les pays africains sont invités à se saisir. La nécessité d’une intégration régionale par exemple, pour se prémunir des risques de rupture d’approvisionnement ou de la montée du protectionnisme. Cela tombe bien, souligne l’AFD, car l’Afrique « dispose d’un atout important », avec un marché intérieur de 1,2 milliard de personnes, et s’est déjà lancée dans la mise en place d’une zone de libre-échange continentale, la Zlecaf.

Une autre priorité est celle de la diversification des économies, un chantier sans cesse invoqué mais toujours remis à plus tard. Pour Thomas Mélonio, directeur exécutif chargé de la recherche et de l’innovation à l’AFD, « le développement africain ne se fera pas par pure extraction des ressources, ce serait un modèle non durable ». Les experts de l’Agence appellent à mettre l’accent sur l’agriculture et le développement du secteur privé pour favoriser encore davantage la « résilience économique » du continent.

Comment la dette publique augmente la richesse des milliardaires en période de crise

En Europe, la fortune des milliardaires a augmenté de 14% en 2020 (1). Oxfam révèle que les « 7 premiers milliardaires français possèdent plus que les 30% les plus pauvres » (2). Pourquoi « la France se distingue-t-elle en se présentant comme la championne d’Europe de la rémunération de ses actionnaires » ? (*) Par Gaspard Gabriel, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.

Avec la crise de la Covid, la France, par son endettement extérieur, a injecté beaucoup d’argent dans les marchés. L’augmentation des Bourses est tout simplement l’évolution de la quantité d’argent et du volume de dépenses dans l’économie. L’indice boursier suit en réalité l’évolution de la masse monétaire.

Non, la Bourse “ne monte pas parce que les boursicoteurs parient qu’elle va monter“. Pour comprendre, il faut s’autoriser quelques explications.

En France, l’État alimente son budget principalement par des emprunts. La dette française est principalement financée par des obligations émises par l’État. En effet, la dette de la France est composée en majorité d’OAT (Obligations Assimilables du Trésor) d’une durée de 7 à 30 ans. Les OAT sont des titres financiers qui ont en majorité un taux fixe et sont remboursés à leur valeur nominale d’émission à une échéance fixée dès le départ. L’État Français émet les obligations auprès de banques privées chargées de distribuer les titres sur le marché national et international.

Les obligations du trésor sont cotées en bourse secondaire pendant leur durée de vie. C’est le prix de l’obligation qui va décider les acquéreurs. La valeur de l’obligation va fluctuer en fonction du niveau des taux d’intérêt en suivant l’offre et la demande.

A qui profite l’inflation de la masse monétaire ?

A chaque émission d’une OAT, les banques commerciales créent de la monnaie. A la base du processus de création de cette monnaie il y a un agent économique (ménage, entreprise, etc.). Ici c’est l’État qui souhaite se financer pour soutenir l’activité. Pour ce faire, les banques commerciales vont créditer le compte courant de l’État du montant de l’OAT accordée. Par un simple jeu d’écriture, elles vont ainsi créer de la monnaie. Dans ce cas, “les crédits font les dépôts” puisque le montant du crédit octroyé vient alimenter le compte courant du client de la banque commerciale. C’est grâce à ce processus que le stock de monnaie en circulation croît en liaison avec les besoins de monnaie du système économique. Seules les banques commerciales ont ce pouvoir de création monétaire.

A cause de la pandémie, il y a inflation de la masse monétaire. Le 10 mars 2020, face à la crise mondiale de la Covid, la Commission Européenne assouplie les règles de déficit, le fameux plafond de 3%, pour faciliter l’aide aux entreprises en difficulté des États membres. Le Président de la République française met alors en place une enveloppe de 300 milliards d’euros pour garantir les prêts sollicités par les entreprises à leurs banques. Dans la même période, le 09 Avril 2020, l’union Européenne prévoit 240 milliards d’euros de prêts du fonds de secours de la zone euro et un fonds de garantie de 200 milliards d’euros pour prêts aux entreprises. Enfin le 21 juillet 2020, la France et l’Allemagne arrachent un accord historique. Les 27 pays de l’Union Européenne sont parvenus à une entente sur le budget de relance. Il s’agit de 390 milliards d’euros de subventions directes aux États après un emprunt commun et 390 milliards d’euros de prêts aux états à rembourser par chacun. La France seule à emprunter directement 200 milliards d’euros en 2020.

Les actions grimpent lorsqu’il y a inflation de la masse monétaire (masse monétaire : mesures de l’ensemble des valeurs convertibles en liquidités au sein d’un pays)Pour appréhender cette analyse, il faut commencer par regarder l’impact de la Covid sur le CAC 40 (le CAC 40 est le principal indice boursier de la Bourse de Paris). Le 24 janvier 2020, date de la déclaration du premier cas de coronavirus en France, l’indice CAC 40 était à 6024,26 points. La plus forte baisse a été enregistrée le 18 mars 2020 avec un indice de 3754,84 points. Le 11 décembre de la même année, l’indice CAC 40 s’élevait à 5.507,55 points (3). On constate une augmentation d’environ 47% entre la première réaction de la Commission Européenne le 10 mars 2020 et celle du 11 décembre 2020.

L’argent de l’État pousse les marchés d’actions

La masse monétaire devient fébrile. D’après la situation mensuelle monétaire de la Banque de France, l’encours fin du mois de février 2020 est de 1.142,6 milliards d’euros. Le dernier encours connu fin octobre 2020 est de 1.693,5 milliards d’euros (4). La masse monétaire croit bien d’environ 48% pendant cette période. C’est quasiment la même chose que le CAC 40.

De l’argent de l’État qui pousse la Bourse à tourner de plus en plus vite mais avec une économie qui va mal. L’Insee maintient sa prévision, établie début juillet, d’un recul de 9% du produit intérieur brut (PIB) pour l’ensemble de l’année 2020(5). Depuis mars, la Covid a coûté 200 milliards d’euros à la France. La dette est attendue à plus de 120% du PIB (6). Cette situation génère une injustice dans la distribution des richesses. La classe moyenne prend du retard et les pauvres deviennent plus pauvres.

Le piège à éviter. Plus la France emprunte sur les marchés financiers via des banques privées plus il y a création de monnaiesPlus il y a d’argent circulant dans l’économie plus il y a d’argent disponible pour investir dans des actions. Ce corolaire rend également les instruments d’investissement alternatifs, tels que les obligations, moins attractifs. Ainsi, la possibilité de l’État à emprunter à long terme est réduite (7).

Il faut éviter l’accélération de la masse monétaire qui provoquerait une envolée de la Bourse qui profiterait uniquement aux plus grosses capitalisations boursières.