Sécurité routière: 1,6 milliard DH pour le plan d’action de 2021

Un montant de 1,60 MMDH a été alloué à la mise en œuvre du plan d’action relatif à la sécurité routière pour l’année 2021.

C’est ce qu’a souligné jeudi à Rabat le ministre de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, Abdelkader Amara qui a présenté le bilan et des perspectives de la politique nationale en matière de sécurité routière au cours de la réunion du Conseil de gouvernement.

Le Ministre a indiqué que pour le programme d’action 2021 relatif aux piétons, il a été procédé à l’adoption d’un guide référentiel des aménagements de sécurité routière et à la réalisation de 50 opérations d’audit afin de s’assurer du respect de la compatibilité des véhicules avec les attestations de conformité délivrées. Concernant les cyclomoteurs de deux ou trois roues, il est question de déterminer les mécanismes nécessaires pour l’examen d’obtention du permis de conduire des cyclomoteurs cylindrés de plus de 50 cm3, conformément au décret en vigueur en la matière. Le responsable gouvernemental a précisé qu’il sera procédé à la révision des critères techniques d’approbation des casques en y ajoutant un code pour faciliter les opérations de contrôle. En plus, des plateformes interactives dédiées à l’éducation routière seront réalisées dans les villes de Temara, El Kelâa et Boujdour, au profit des enfants de moins de 14 ans, avec un budget de 16 MDH.

Le ministre a mis l’accent sur la poursuite de l’introduction des notions de la sécurité routière dans le milieu scolaire et la mise en place d’un certificat scolaire de sécurité routière dans le cycle collégial, en plus de clubs pour la sécurité routière dans les établissements d’enseignement primaire et universitaire (1 MDH). Concernant les accidents impliquant un seul véhicule, l’année 2021 verra la mise en application du projet pilote d’amélioration de la qualité de l’examen appliqué pour l’obtention du permis de conduire, dans le cadre d’une convention de partenariat avec l’Université Mohammed VI polytechnique de Benguerir, l’installation et l’exploitation de 552 radars fixes et l’acquisition de 140 radars mobiles au profit de la Gendarmerie royale (10 MDH).

Pour ce qui est du transport du personnel, il sera procédé à l’augmentation du nombre de points de contrôle et des seuils de contrôle technique pour les véhicules de transport professionnel et au renforcement du contrôle routier des véhicules de transport de marchandises, notamment en matière d’infractions relatives à la surcharge. Ainsi, le parc des bus du transport en commun sera contrôlé au moins deux fois par an.

Abdelkader Amara a aussi dévoilé que l’accent sera mis sur l’approbation du projet de loi relatif au transport médical et aux premiers secours, la promulgation de la loi relative aux urgences préhospitalières, l’élaboration d’une décision conjointe des ministères de la Santé et du Transport portant sur la nouvelle liste des maladies et empêchements sanitaires de conduite, ainsi que sur la publication d’une décision des ministres de la Santé et de l’Intérieur relative à l’organisation du transport médical. Notons que la présentation du bilan et des perspectives de la politique nationale dans le domaine de la sécurité routière coïncide avec la commémoration de la Journée nationale de la Sécurité routière qui se déroule le 18 février de chaque année.

Big Data : Le Maroc dans la course mondiale

Le plus puissant super calculateur sur le continent lancé à Benguerir

Le Maroc voit grand pour les Data Centers. En effet, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguerir a procédé, vendredi, à l’inauguration de son nouveau Data Center abritant le plus puissant «super calculateur» d’Afrique (African Supercomputing Center). Il s’agit d’un très grand pas du Royaume dans le domaine qui permettra à l’UM6P de se mettre au service de l’écosystème numérique national afin de contribuer à garantir la souveraineté digitale du Royaume et à développer de nouveaux services numériques 100% marocains. Situé au cœur de la ville verte de Benguerir et étalé sur une superficie de 2.000 m2, ce Data Center va élever les capacités d’expérimentation scientifique et permettre ainsi une plus grande maîtrise des données massives collectées.

Avec l’African Supercomputing Center, dont la capacité s’établit à 3 millions de milliards d’opérations par seconde, les horizons de la recherche scientifique et l’innovation pour l’UM6P et pour le Maroc s’élargissent. Concrètement, de nouveaux projets innovants majeurs de modélisation peuvent éclore dans des domaines aussi vastes et variés que le génome des plantes africaines à protéger, les données satellitaires pour une meilleure valorisation et gestion des terres agricoles, ou encore les données météorologiques pour une intégration plus efficace des énergies renouvelables dans les réseaux électriques.

Développé en partenariat avec la prestigieuse université de Cambridge, ce «super calculateur» occupe le 98e rang des superordinateurs les plus puissants au monde et hisse le Maroc à la 26e place mondiale et 1ère africaine en termes de puissance de calcul, précise-t-on. La cérémonie d’inauguration de ce Centre a connu la présence du ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saaïd Amzazi, du ministre de l’industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, du ministre délégué chargé de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, Driss Ouaouicha, et de l’ambassadeur du Royaume-Uni au Maroc, Simon Martin CMG. Il faut préciser que ce Data Center certifié Tier III et Tier IV par l’Ultime Institute, outre le fait de proposer aux entreprises et aux organismes publics une infrastructure pour organiser, traiter, stocker et entreposer de grandes quantités de données, abrite l’African Supercomputing Center, une plateforme essentielle pour analyser d’immenses quantités de données et résoudre des calculs d’une extrême complexité.

Dans ce sens, M. Amzazi a expliqué que l’African Supercomputing Center constitue une infrastructure de pointe de nature à renforcer les liens entre le monde de la recherche et celui de l’industrie. Cette réalisation témoigne de l’effervescence innovatrice de cette université marocaine pionnière dans la recherche, a fait savoir M. Amzazi, estimant que l’Africa Supercomputing Center, doté d’un super calculateur au nom très évocateur de «Toubkal», contribuera sans aucun doute à porter cette université vers les plus hauts sommets de l’écosystème de high performance computing régional et continental.

Session extraordinaire : Suspense autour de l’ordre du jour

Négociations dans les coulisses du Parlement pour inclure d’autres textes avec les lois électorales

Le président de la première Chambre avait déjà expliqué que la Chambre des représentants était disposée à tenir une session extraordinaire pour l’examen des projets de loi organiques relatifs aux élections et à la généralisation de la protection sociale.

Le scénario d’une session parlementaire extraordinaire se précise. Le gouvernement devait adopter ce jeudi les projets de lois électorales. En effet, le Conseil de gouvernement réuni jeudi à Rabat a programmé l’examen pour adoption, deux projets de loi dont le premier modifiant et complétant la loi relative aux listes électorales générales, aux opérations de référendums et à l’utilisation des moyens audiovisuels publics lors des campagnes électorales et référendaires, et le deuxième modifiant et complétant la loi relative au code électoral et l’organisation d’une révision exceptionnelle des listes électorales des Chambres professionnelles. Pour rappel, un Conseil des ministres avait adopté quatre projets de lois organiques régissant les prochaines échéances électorales.

Il s’agit notamment du projet de loi organique modifiant et complétant la loi organique relative à la Chambre des représentants, le projet de loi organique modifiant et complétant la loi organique relative à la Chambre des conseillers, le projet de loi organique modifiant et complétant la loi organique relative à l’élection des membres des Conseils des collectivités territoriales ainsi que le projet de loi organique modifiant la loi organique relative aux partis politiques. Après l’adoption de l’ensemble de ces textes par l’Exécutif, les regards se tournent vers l’institution législative. Dans ce sens, le président de la première Chambre, Habib El Malki, avait déjà expliqué que la Chambre des représentants était disposée à tenir une session extraordinaire pour l’examen des projets de loi organiques relatifs aux élections et à la généralisation de la protection sociale. Autrement, l’ordre du jour de la prochaine session extraordinaire pourrait statuer sur plusieurs textes de lois. Dans ce sens, des négociations dans les coulisses sont en cours pour inclure non seulement les projets de lois électorales mais également des textes se trouvant au Parlement. Des sources n’écartent pas un lobbying partisan pour cibler des textes en particulier.

Reste à savoir si ces tentatives vont aboutir sachant que certains projets ne font pas l’unanimité au sein de la majorité et l’opposition ni au Parlement. La balle est dans le camp du gouvernement. Selon la Constitution, notamment l’article 66, «le Parlement peut être réuni en session extraordinaire, soit par décret, soit à la demande du tiers des membres de la Chambre des représentants ou de la majorité de ceux de la Chambre des conseillers. Les sessions extraordinaires du Parlement se tiennent sur la base d’un ordre du jour déterminé. Lorsque ce dernier est épuisé, la session est close par décret». C’est aujourd’hui la fixation d’un ordre du jour qui capte l’attention. Qui sera chargé de fixer l’ordre du jour ? Y aura-t-il des concertations entre les parties concernées? L’ordre du jour sera-t-il limité aux textes électoraux ou bien plusieurs autres projets de lois seront effectivement inclus? Autant de questions qui restent pour le moment en suspens mais les prochains jours seront déterminants. Affaire à suivre.

Textes électoraux

Dans la perspective de préparer les prochaines élections générales, le Conseil des ministres avait adopté quatre projets de lois organiques régissant ces échéances, visant de manière générale à parfaire les règles du mode électoral, renforcer les garanties électorales, définir les règles régissant le soutien financier accordé aux partis politiques, moraliser les opérations électorales et renforcer la transparence financière des campagnes électorales des candidats. Il s’agit du projet de loi organique modifiant et complétant la loi organique relative à la Chambre des représentants.

Ce dernier vise notamment à développer le mécanisme législatif relatif à la représentativité des femmes, à travers le remplacement de la circonscription électorale nationale par des circonscriptions électorales régionales, eu égard à la place constitutionnelle de la Région dans l’organisation territoriale du Royaume, ainsi qu’à rationaliser les mandats électoraux en instituant l’incompatibilité entre le mandat de député et la fonction de président du Conseil de toute commune, dont la population dépasse 300.000 habitants.

Polémique

Depuis quelques jours, Parlement et gouvernement se rejettent la responsabilité quant au retard d’adoption de certains projets. Il s’agit principalement des propositions de loi. Des centaines d’initiatives législatives dorment toujours dans les tiroirs du Parlement. Lors de la présentation du bilan marquant la fin de la session parlementaire d’automne, le président de la Chambre des représentants a fait savoir que le nombre des propositions de loi a atteint à ce jour 223 textes.

Certes, le responsable a rappelé l’approbation de cinq propositions de loi, portant ainsi à 40 le nombre de textes approuvés par l’institution législative, mettant en avant la réactivité positive du gouvernement vis-à-vis de ces initiatives, mais il n’en demeure pas moins que le volume des textes en stand-by reste important. Dans ce qui ressemble à une réponse du berger à la bergère, le ministre en charge des relations avec le Parlement a affirmé il y a quelques jours que le gouvernement interagit avec toutes les initiatives émanant du Parlement et qu’une petite dizaine de propositions de lois seulement est en attente actuellement.

Secteur minier. Explorations : l’ONHYM ne chôme pas

L’Office national des hydrocarbures et des mines passe au peigne fin tout le pays à la recherche de métaux précieux, métaux de base, roches et minéraux industriels. L’entreprise qui veut se positionner dans le marché des nouvelles filières autour des ressources du sous-sol national ne craint pas l’aventure.

En matière d’exploration minière, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) met le turbo. Le bilan des travaux réalisés par l’Office au cours des dernières années est éloquent et se décline autour de cinq axes principaux. En reconnaissance minière, dont l’objectif est de circonscrire de nouvelles cibles, des campagnes de recherche stratégique sur de larges superficies et des projets intégrés ont été réalisés sur l’Anti Atlas, les provinces du Sud et le Maroc central. Les nouvelles zones de métaux précieux et métaux de base identifiées font l’objet de contrôle et vont permettre d’alimenter le portefeuille des projets de l’Office. Pour les métaux précieux, situés dans les terrains les plus anciens de l’Anti-Atlas et des provinces du sud et qui occupent une part importante de l’activité de l’ONHYM, plusieurs gisements ont été découverts, développés et pour certains cédés.

Concernant les métaux de base, les travaux ont concerné la poursuite du développement des gisements polymétalliques des Jebilet-Guemassa en partenariat avec Managem, une province connue pour les gisements de Hajjar, Draa Sfar, Koudiat Aicha…découverts et cédés par l’ONHYM, des prospects polymétalliques à or-argent dans l’Anti Atlas oriental, des minéralisations cupro-cobaltifères du Haut Atlas occidental et cuprifères dans l’Anti Atlas, et les prospects à Zn-Pb de type MVT dans l’Oriental, où un prospect très prometteur vient d’être découvert dans la province de Jerada. Les travaux en partenariat ont porté sur le projet de Rhouiret Nhas (polymétallique) avec HSMM (Chine), le domaine Imilchil (Cu, Ni) avec NAN (Canada), les gisements de talc de Nkob et du fer d’Ait Amar avec MECTP (Maroc).

Roches et minéraux industriels

Pour les roches et minéraux industriels, les travaux propres ont permis de circonscrire des zones très potentielles pour les dolomies industrielles et de poursuivre le développement du nouveau prospect de sables siliceux de Toulal (province de Meknès), ainsi que la potasse dans le bassin de Boufekrane (province d’El Hajeb) et le lithium dans le massif de Rhamna. Les travaux en partenariat ont été menés : avec la société espagnole Tolsa sur les bentonites de la région de Nador (où plusieurs gisements cédés à cet opérateur sont en exploitation) et l’andalousite de Sidi Bou Othmane (province de Rehamna) ; avec l’OCP pour le développement du gisement de potasse de Khémisset et avec la société espagnole Inversiones Monte Olimpo pour celui de la magnésite de Boudkek (province de Chefchaouen). Dans le but de lancer de nouvelles filières autour des ressources du sous-sol national et tenant compte des tendances énergétiques et industrielles, l’ONHYM a entrepris des travaux et a identifié des zones favorables à la géothermie, le CO2, l’hydrogène naturel et l’hélium.

Un intérêt particulier pour les provinces du Sud

Les provinces du Sud où l’ONHYM a lancé les premiers travaux en 2002, captent aujourd’hui la majeure part des investissements en exploration minière de l’Office. Ces zones ont été, jusqu’à 2002, les moins explorées du pays et aucune donnée bien documentée et fiable sur leur géologie et leurs potentialités n’était disponible. Après une première phase stratégique par géophysique aéroportée, géochimie régionale, télédétection et cartographie géologique, plusieurs indices en métaux de base, métaux précieux et métaux stratégiques ont été découverts. Les provinces du sud ont fait également l’objet d’une étude sur leurs potentialités géothermiques, et qui a abouti, lors de la première phase, à identifier des zones très prometteuses dans le bassin de Tarfaya –Laayoune – Dakhla. En termes de perspectives, les axes de développement pour les trois prochaines années sont nombreux. Couvrant l’ensemble des régions du royaume , l’ONHYM va continuer le développement des projets jugés les plus potentiels dans le cadre d’une maximisation des chances de découverte, de l’optimisation du portefeuille et de la responsabilité sociale et environnementale. L’objectif étant de faire avancer ces projets à la phase du développement avant de passer à leur mise en exploitation, dans le cadre de partenariats, si les conclusions technico-économiques sont favorables.

Dans sa planification, l’ONHYM tient compte des transformations et des mutations induites par les tendances nationale et internationale, comme la transformation digitale, la transition énergétique, la croissance des TIC et l’intégration des données géoscientifiques. L’ONHYM va poursuivre la réalisation des campagnes sur de larges superficies afin de continuer à alimenter son portefeuille des projets.

Légère hausse de l’inflation en janvier

Une légère hausse de l’inflation a été notée en janvier dernier comparé au même mois de l’année écoulée. D’après le HCP, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et les produits à tarifs publics, aurait connu au cours du mois de janvier 2021 une hausse de 0,2% par rapport au mois de décembre 2020 et de 0,4% par rapport au mois de janvier 2020. Ainsi, l’indice des prix à la consommation a connu, au cours du mois de janvier 2021, une hausse de 0,1% par rapport au mois précédent. Cela résulte de la stagnation de l’indice des produits alimentaires et de la hausse de 0,2% de l’indice des produits non alimentaires.

Entre décembre 2020 et janvier 2021, les hausses des produits alimentaires ont touché principalement les “Poissons et fruits de mer” (+2,1%), les huiles/graisses (+1,5%), les “eaux minérales, boissons rafraichissantes, jus de fruits et de légumes” (+0,3%). En revanche, les prix des légumes ont diminué de 1%, et 0,6% pour les fruits et viandes. Pour les produits non alimentaires, la hausse a concerné principalement les prix des tabacs(+2,3%) et des carburants (+2,5%).

Réserves internationales: Près de 313 milliards de DH

Le dirham s’est apprécié de 0,22% par rapport à l’euro et s’est déprécié de 0,28% vis-à-vis du dollar américain, durant la période allant du 11 au 17 février 2021, selon Bank Al-Maghrib (BAM). Au 12 février dernier, l’encours des avoirs officiels de réserve a atteint 312,9 milliards de DH, en hausse de 0,1% d’une semaine à l’autre et de 25,9% en glissement annuel, précise la Banque centrale.

HCP : Légère hausse des prix à la consommation en janvier 2021

L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION (IPC) A CONNU, AU COURS DU MOIS DE JANVIER 2021, UNE HAUSSE DE 0,1% PAR RAPPORT AU MOIS PRÉCÉDENT, INDIQUE LE HAUT-COMMISSARIAT AU PLAN (HCP).

Cette variation est le résultat de la stagnation de l’indice des produits alimentaires et de la hausse de 0,2% de l’indice des produits non alimentaires, explique le HCP dans une note d’information relative à l’IPC du mois de janvier 2021.

Les hausses des produits alimentaires observées entre décembre 2020 et janvier 2021 concernent principalement les « Poissons et fruits de mer » avec 2,1%, les « Huiles et graisses » avec 1,5% et les « Eaux minérales, boissons rafraichissantes, jus de fruits et de légume » avec 0,3%.
En revanche les prix ont diminué de 1,0% pour les « Légumes » et de 0,6% pour les « Fruits » et pour les « viandes ». Pour les produits non alimentaires, la hausse a concerné principalement les prix des «Tabacs» avec 2,3% et des «Carburants» avec 2,5%.

Par villes, les hausses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Kénitra avec 0,7%, à Safi avec 0,6%, à Tétouan et Errachidia avec 0,4%, à Meknès avec 0,3% et à Casablanca et Tanger avec 0,2%. En revanche, des baisses ont été enregistrées à Dakhla avec 0,6%, à Laâyoune avec 0,5% et à Guelmim et Beni-Mellal avec 0,4%.

Comparé au même mois de l’année précédente, l’indice des prix à la consommation a enregistré une stagnation au cours du mois de janvier 2021, conséquence de la baisse de l’indice des produits alimentaires de 0,8% et de la hausse de celui des produits non alimentaires de 0,6%, souligne le HCP, notant que les variations enregistrées pour les produits non alimentaires vont d’une baisse de 0,4% pour les « loisirs et culture » à une hausse de 1,7% pour l’ »Enseignement ».

Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatiles et les produits à tarifs publics, aurait connu au cours du mois de janvier 2021 une hausse de 0,2% par rapport au mois de décembre 2020 et de 0,4% par rapport au mois de janvier 2020, conclut le HCP.

BTP et Immobilier : le secteur semble s’enfoncer en ce début d’année

  • LA CONSOMMATION NATIONALE DU CIMENT A RÉGRESSÉ DE 10% À FIN JANVIER
  • L’INFRASTRUCTURE RESTE LA BRANCHE LA PLUS DYNAMIQUE
  • LE HCP PRÉVOIT UNE REPRISE DE CES DEUX SECTEURS AU COURS MÊME DE CETTE ANNÉE

La consommation nationale du ciment peine à se remettre sur pied. A fin janvier, les ventes ressortent en recul de 12,3% par rapport à janvier 2020. Ce qui correspond à un volume de 1 037 005 tonnes. Le principal baromètre du BTP s’enfonce, après une année au bout de laquelle il a essayé tant bien que mal de rattraper sa contre-performance affichée au 1er semestre, pour finir l’année sur une baisse de 10%. Une année auparavant, les livraisons ont clôturé en 2019 sur une hausse de 2,6%.

L’on peut mettre cette contre-performance sur le volume exceptionnel de pluviométrie qu’a connue le pays. «En effet, les dernières conditions climatiques n’étaient pas favorables et ont donc pousser à suspendre les chantiers déjà entamés, jusqu’à assèchement complet du chantier lui-même. Ce qui n’était pas chose aisée, puisque les précipitations ont duré plusieurs jours successifs», explique notre source. Ce qui réconforte davantage ce constat, c’est l’évolution de la matière au même mois les deux précédentes années, où les précipitations faisaient grand défaut. Les ventes avaient dès lors affiché une hausse de 5,3% en 2019 et de 2,7% en 2020.

Même si la répartition de la consommation n’est pas disponible pour le mois passé, les professionnels assurent que la situation reste inchangée, dans le sens où c’est le segment de l’infrastructure qui accapare le gros des ventes, le reste des branches dont le BPE et le préfa restent en retrait. «Et heureusement d’ailleurs, autrement, les ventes se seraient creusées à des niveaux jamais atteints auparavant», assure un professionnel du secteur.
En tout cas, les chantiers de l’Etat se maintiennent, même si ce n’est pas avec la même cadence que les années passées. Entre ouvrages d’art, mise à niveau de routes et d’autoroutes, aménagement urbain, projets publics, bâtiments…, la commande publique reste solide. En revanche, le secteur immobilier passe toujours par une mauvaise passe. Les mises en chantier redémarrent de façon légère et les promoteurs immobiliers ne veulent pas s’aventurer sur de nouveaux projets tant que le manque de visibilité continue de persister. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux souffrent toujours de problèmes de trésorerie. D’où un recours massif au produit Damane relance destiné à la promotion immobilière. Comme un problème ne vient jamais seul, la situation s’est aggravée davantage avec les derniers changements introduits dans les demandes d’autorisation de construire qui devront contenir, en plus de la notice de sécurité, une fiche d’efficacité énergétique. «Les professionnels compétents en la matière ne manquent pas. Mais, il s’agit de documents qui augmentent le coût de quelques milliers de DH. D’autant qu’il faut un temps d’adaptation pour intégrer ces nouveautés dans la manière de faire», estime un spécialiste de l’immobilier. Quoi qu’il en soit, ces conditions ont conduit donc à une baisse de la consommation du ciment, qui, elle, a entraîné sur son passage une régression des ventes du préfa, surtout que 70% de la production vont vers ce secteur.

Une situation qui risque de durer encore, selon certains professionnels, puisque l’immobilier, dont l’offre est riche et abondante, reste confrontée à un problème de demande et de pouvoir d’achat inadapté aux prix proposés.
Toutefois, le HCP prévoit une croissance de 5,1% en cette année du secteur du BTP, après une chute de 9,8% en 2020. Cela serait redevable au dynamisme que devra afficher l’activité des travaux d’infrastructure favorisée en cela par la hausse de l’investissement public. Hormis les projets publics, les professionnels espèrent un accompagnement étatique en vue de permettre à certaines entreprises, au bout du gouffre, de se ressaisir et de poursuivre leur rôle premier qui est la contribution à la relance de l’économie nationale.

L’institution réserve de bons présages pour la branche du bâtiment également. Elle pronostique ainsi une reprise de la demande grâce à la politique publique et à la mise en place d’une nouvelle politique axée sur la digitalisation.

Environ 20% des importations peuvent être produits localement

LES MAROCAINS ONT DEMANDÉ 18 MILLIARDS DE DH DE MOINS EN PRODUITS FINIS DE CONSOMMATION IMPORTÉS : 95 MILLIARDS EN 2020 CONTRE 113 MILLIARDS EN 2019 !

Contexte oblige, la structure du commerce extérieur a changé de visage en 2020. Sous l’effet de la crise sanitaire, l’année 2020 étant marquée par un ralentissement de l’activité économique aussi bien au niveau national qu’au niveau international, les principaux indicateurs des échanges extérieurs du Maroc ont affiché des résultats contrastés. De façon générale, tant les importations que les exportations de marchandises ont enregistré, en glissement annuel (comparaison entre janvier-décembre 2020 et janvier-décembre 2019), des baisses respectives de 14,1% et de 7,5%.

Plus particulièrement, la baisse des importations de biens s’explique par le recul des importations de la quasi-totalité des groupes de produits, en l’occurrence des produits énergétiques (-26,5 MMDH), des produits finis de consommation (-17,9MMDH), des biens d’équipement (-17,2MMDH), des demi produits (-11,4 MMDH) et des produits bruts (-3,1MMDH). En revanche, les achats des produits alimentaires augmentent de 7,5 MMDH. La facture énergétique s’est établie à 49832MDH à fin décembre 2020 contre 76,3 MMDH à fin décembre 2019, soit -26,5MMDH. Le recul de la facture énergétique (-34,7%) est dû principalement à la baisse des approvisionnements en gas-oils et fueloils (-15,5 MMDH). Cette évolution s’explique par la baisse des prix de 33,5% (3 742 DH/T en 2020 contre 5626DH/T un an auparavant), conjuguée à la baisse des quantités importées (-9,8%) : 6 220 MT en 2020 contre 6 892 MT en 2019. S’agissant des importations des produits alimentaires, celles-ci se situent à 55,3 MMDH en 2020 contre 47,8 MMDH l’année précédente, soit une augmentation de 15,7%. Cette hausse se justifie de façon principale par l’accroissement des achats de blé (+4,2 MMDH) et ceux de l’orge (+1,5 MMDH) sur fond d’une mauvaise campagne agricole.

Un grand potentiel de substitution des importations

Plus en détail, et en se basant sur la liste des produits remarquables de l’Office des changes à fin 2020, les Marocains ont importé moins qu’en 2019 sur toutes les classes de produits confondus. Ainsi, les produits d’origine animale et végétale ont vu leur montant baisser de 12,5 milliards de DH à moins de 12,3 milliards. Idem pour les énergies et lubrifiants dont les importations ont dévissé lourdement de 76,3 à 49,8 milliards de DH. Les produits d’origine minérale n’ont pas dérogé à la règle : leurs importations ont reculé de 9,6 milliards de DH à 6,6 milliards. Signe de l’attentisme qui règne chez les patrons du privé et du public, les importations des produits finis d’équipement industriel ont baissé de 125 milliards de DH à 108 milliards à peine. La même tendance est observée au volet des produits finis de consommation. Selon le traitement des données des tableaux des produits remarquables de l’OC, la baisse a concerné tous les produits : ameublement (-500 MDH), voitures (-8 MMDH), téléviseurs et récepteurs (-100 MDH), réfrigérateurs et articles domestiques (-90 MDH), produits de beauté et parfumerie (-120 MDH), vêtements et chaussures (-732 MDH), jouets, jeux et articles de divertissement (143 MDH)..et d’autres rubriques.

Dans la nouvelle stratégie de relance industrielle, le Maroc aspire désormais à substituer près de 83 milliards de DH d’importations, au lieu des 34 milliards annoncés initialement en septembre dernier par le ministre de l’industrie, Moulay Hafid Elalamy. 8 filières stratégiques, qui concentrent 92% des 34 milliards, sont déjà identifiés : textile (10,6 milliards), transports (5,1 milliards), industries mécaniques et métallurgiques (5 milliards), plasturgie (3,3 milliards), électrique-électronique (2,1 milliards), agroalimentaire (2 milliards), parachimie (2 milliards) et cuir (1,1 milliard). La révision à la hausse de la production locale en substitution aux importations est due essentiellement aux bons résultats affichés jusqu’ici par la banque de projets, un des piliers de la stratégie de relance industrielle post-Covid-19. Rappelons que dans le cadre de cette initiative lancée par le ministère de l’industrie, 100 projets d’investissement ont été mis en ligne, avec un objectif d’atteindre 500 d’ici le 4e trimestre 2021pour couvrir les 34 milliards de DH ciblés dans un premier temps. Cette initiative a pour objectif d’encourager l’entrepreneuriat industriel et le made in Morocco afin de satisfaire les besoins du marché local dans le cadre du plan de relance industrielle 2021-2023. Après le lancement, le 25 septembre dernier, de la banque de projets en ligne, le ministère a mis en place «la war-room», cellule chargée d’accompagner les porteurs de projets. Cette cellule a été contactée par 524 porteurs de projets dont elle a retenu 238, représentant un potentiel de substitution de 15,1 milliards de DH sur les 34 milliards fixés comme premier objectif. Pour les responsables du ministère du commerce et de l’industrie, ces résultats démontrent la mobilisation du secteur industriel marocain dans un contexte marqué par la crise sanitaire. À souligner que la stratégie de relance industrielle 2021-2023 ne vise pas la promotion du made in Morocco pour le marché local uniquement. Cette stratégie, déclinée en 5 axes et 3 chantiers prioritaires, devra permettre un impact brut sur la balance commerciale de 51 milliards de DH dans un premier temps : 34 milliards de DH par la substitution aux importations et 17 milliards via la concrétisation du potentiel additionnel à l’export.

Allègement remarquable du déficit commercial en 2020

Le déficit commercial du Maroc s’est allégé de manière importante en 2020 selon l’Office des changes (-23%). Cet allègement s’explique par les baisses respectives des importations et des exportations de marchandises respectivement de 15,9% à 378 MMDH et de 8,4% à 239,22 MMDH, précise l’office dans son bulletin sur les indicateurs des échanges extérieurs, notant que le taux de couverture a enregistré une amélioration de 4,5 points à 62,4%.
En glissement trimestriel, les exportations ont affiché une hausse de 29,3%, supérieure à celle des importations (+6,7%). Le repli des importations de biens s’explique par le recul des importations de la quasi-totalité des groupes de produits, en l’occurrence des produits énergétiques (-24,92 MMDH), des produits finis de consommation (-19,99 MMDH), des biens d’équipement (-19,02 MMDH), des demi-produits (-11,22 MMDH) et des produits bruts (-2,75 MMDH). En revanche, les achats des produits alimentaires ont augmenté de 7,15 MMDH. S’agissant des exportations, leur baisse fait suite à la diminution des ventes des secteurs de l’automobile (-10,8% à 66,29 MMDH), du textile et cuir (-18% à 28,6 MMDH), de l’aéronautique (-30,1% à 11,05 MMDH), des autres extractions minières (-21,7% à 2,88 MMDH), de l’électronique et l’électricité (-1,1% à 9,21 MMDH) et des autres industries (-12,8% à 19,15 MMDH). Ce recul est atténué, toutefois, par la hausse des ventes des secteurs de l’agriculture et agroalimentaire (+1% à 56,84 MMDH) et des phosphates et dérivés (+0,3% à 45,53 MMDH). Au titre des onze premiers mois de l’année dernière, la balance des échanges de services a affiché un excédent en baisse de 35,7% à 53,54 MMDH, indique l’office, ajoutant que les exportations ont reculé de 32,5% à 115,47 MMDH et les importations de 29,6% à 61,93 MMDH.

Certificat de dépôt, billets de trésorerie…, ces titres qui perdent leur dynamisme

  • L’ENCOURS DES CD A BAISSÉ, ALORS QUE CELUI DES BSF ET DES BT A AUGMENTÉ.
  • LES BANQUES PRÉFÈRENT S’ADRESSER À BAM PLUTÔT QUE D’ÉMETTRE CES TITRES.
  • LA HAUSSE DES CRÉANCES EN SOUFFRANCE CONTRAINT LES INVESTISSEURS À SOUSCRIRE AUX BSF.

Le marché des titres des créances négociables (TCN) poursuit sa baisse, sachant qu’il était déjà sur une pente descendante depuis plusieurs années. Ces titres de la dette privée ont atteint au terme de 2020 un encours global de 86,4 milliards de DH, en baisse de 5,8% par rapport à 2019. Tous les segments n’ont pas évolué de la même manière. Au moment où l’encours des certificats de dépôts (CD) a enregistré une diminution de 11% à 57 milliards de DH, celui des bons des sociétés de financement (BSF) et des billets de trésorerie (BT) est ressorti en croissance ; le 1er de 5,8% à près de 27 milliards de DH et le second de 19,5% à 2,3 milliards de DH.

Le gros des levées sur le segment des CD est accaparé, à l’instar de l’année dernière, par Attijariwafa bank avec 11 milliards de DH, suivi de la SGMA avec 10,8 milliards et de la BOA avec 7,8 milliards de DH.

En dépit du resserrement des liquidités bancaires, avec ce contexte actuel, le recours des banques au marché de la dette privée ne s’est pas fait beaucoup sentir. C’est en raison notamment de la politique accommodante de Bank Al-Maghrib. «Le taux de satisfaction sur le marché des adjudications est de 100% depuis le mois d’avril. L’institut d’émission s’est dit prêt à répondre à toutes les demandes de refinancement des banques, sans exception», explique un analyste du marché. En dépit d’une aggravation du déficit des liquidités bancaires qui dépasse les 80 milliards de DH actuellement, les banques n’ont pas eu besoin de solliciter le marché de la dette privée. D’autant que le coût des ressources auprès de la banque centrale s’avère plus intéressant que sur le marché des titres de créances négociables, spécialement après l’abaissement du taux directeur à 1,5%.
Le segment des BSF, en revanche, n’a pas connu la même tendance (+5,8% à 27 milliards de DH). Il ne s’agit pas d’un recours plus accru au marché des TCN par les sociétés de financement, mais seulement de remboursements non encore échus qui s’ajoutent à quelques émissions.

Comme en 2019, c’est Maghrebail qui a le plus animé le marché, puisqu’elle a levé des fonds de l’ordre de 6,7 milliards de DH, suivie de Wafasalaf avec 5,4 milliards de DH. Ces deux sociétés dominent 45% de l’encours total des BSF. Ce segment a connu un fort essoufflement en raison de la baisse de la demande sur les crédits des sociétés de financement. «L’activité des sociétés de financement ayant connu un certain ralentissement, surtout pendant la période du confinement, les sociétés de crédit spécialisées n’ont pas vu la nécessité de recourir massivement aux BSF», ajoute notre source. Cela d’un côté. D’un autre, la demande n’y est pas significative non plus. «Compte tenu de la montée des impayés, les investisseurs sont devenus plus méfiants vis-à-vis des sociétés de financement. Certaines émissions ont même été annulées par leurs émetteurs, vu le manque de souscripteurs à l’opération», souligne notre analyste. Si l’on prend le crédit bancaire de façon globale (banques et sociétés de financement comprises), son encours s’est établi à 958 milliards de DH contre un encours des créances en souffrance de 80 milliards de DH. Alors que le premier n’a augmenté que de 4%, le second, lui, s’est propulsé de 15%. Le taux des créances en souffrance global est aux alentours de 8,5%, alors que celui des sociétés de financement tourne autour de 13%. Ceci est de nature à décourager les souscripteurs à investir dans les BSF, cela, en dépit d’une rémunération plus intéressante que celle de l’année 2019, comprise en 10 et 15 pbs supplémentaires.


De même pour le segment des billets de trésorerie. L’encours a augmenté de 19,5% à 2,3 milliards de DH. Les émetteurs les plus dynamiques sur ce segment sont notamment Managem avec 1 milliard de DH, talonné de loin par Addoha avec près de 600 MDH et Résidences Dar Saada avec près de 400 MDH. Notons que ce segment a accueilli un nouvel entrant, Aradei Capital, avec un volume de 100 MDH. Ce segment accapare une partie infime des TCN globales, avec une part de 2,2% seulement. Il s’agit d’opérations ponctuelles réalisées par des opérateurs habituels dont Managem, Résidences Dar Saada, Addoha et Label’vie…et qui donc n’ont pas d’impact significatif sur le marché des TCN. Généralement, les souscripteurs suivent les opérations de ces sociétés et ne rechignent donc pas sur les moyens pour investir dans leurs billets de trésorerie.
En tout cas, que ce soit sur le marché des CD, des BSF ou des BT, ce sont les OPCVM qui répondent le plus présent. Ils dominent les souscriptions à plus de 60%, suivis des établissements de crédit et des assurances et organismes de prévoyance.
Il faut souligner que «l’année 2020 a été marquée par nombre d’opérations de placements privés d’obligations ; autrement dit, sans forcément passer par les étapes consistant en la publication de notes d’informations et de placement à travers la banque conseil…», note l’analyste. Des montants conséquents ont été levés, à l’instar de l’ANP qui a levé 1 milliard de DH et Al Omrane avec 2 milliards de DH. D’autres sociétés ont également investi le marché, comme Label’vie, Afriquia Gaz, Maghreb Oxygène…

Pas de grands changements prévus en 2021

Du côté des perspectives, l’année en cours devrait s’inscrire dans la continuité de la précédente. En effet, la politique monétaire de la banque centrale devra rester aussi accommodante qu’avant. D’ailleurs, elle continue de servir l’intégralité des demandes de refinancement sur le mois de janvier. Du coup, le recours des banques au marché des certificats de dépôts ne devrait pas connaître de grands changements tant au niveau des taux, que des montants demandés.

En revanche, l’étau devrait se resserrer davantage sur les sociétés de financement. «Les retombées de la crise sanitaire devraient se faire ressentir en 2021 et 2022, avec notamment une montée des impayés. Il est prévu qu’ils atteignent jusqu’à 14%. Ce qui devrait refroidir les investisseurs et accroître leur méfiance à l’égard des bons émis par les sociétés de financement», prévoit notre source. Toutefois, la tendance baissière des taux pourrait inciter quelques émetteurs à revenir sur le marché des TCN ou des obligations pour se refinancer, au lieu du recours aux dettes bancaires, plus coûteuses et dont les conditions d’octroi sont plus serrées.

Renault/Air France-KLM : Histoires parallèles

Renault et Air France-KLM ont plus mal traversé cette crise que leur secteur.

Il y a des coïncidences qui ne tiennent pas au hasard. Aussi hétéroclites qu’aient été les impacts de la pandémie sur l’industrie automobile et sur les compagnies aériennes, il est difficile de ne pas rapprocher les pertes abyssales de Renault (8 milliards d’euros) et d’Air France-KLM (7,1 milliards) en 2020. Leurs accablants records se tiennent respectivement sur la première et la troisième marche de ce triste podium de la cote parisienne. Ils seront probablement les lanternes rouges mondiales de leur secteur l’an dernier. Renault pourrait toujours blâmer Nissan, responsable aux deux tiers de son déficit avant impôts. Mais ce serait oublier les 25 milliards d’euros de profits reçus en 18 ans de l’allié japonais, dont moins du quart a été effacé. Lufthansa et IAG n’ont certes guère fait mieux qu’Air France-KLM. L’empennage tricolore est cependant le seul qu’aucun courtier ne recommande à l’achat en Bourse. Clairement, l’ex-Régie et l’ancien monopole traversent plus mal la crise sanitaire que leurs pairs. La gangrène d’une gouvernance défaillante qu’a laissée s’installer, par le passé, leur premier actionnaire, l’Etat, les a rendus extrêmement vulnérables aux chocs. Luca de Meo et Ben Smith, les deux « pompiers » professionnels auxquels il a fait appel, se retrouvent confrontés à l’éternelle problématique de l’endettement dont ils n’ont pas la clé. Il va leur falloir faire mentir le destin.

L’endettement net d’Air France-KLM s’est creusé de 4,9 milliards d’euros en un an pour atteindre 11 milliards d’euros à fin 2020, à rapporter à une capitalisation boursière de 2,1 milliards.