Les syndicats du transport annoncent une grève de trois jours dès le 7 mars

Le dialogue entre le gouvernement et les professionnels du transport n’a pas abouti. Réunis hier à Casablanca, les syndicats du secteur, relevant de la CDT, de l’UMT, de l’UGTM, de la FDT et de l’UNTM, ont annoncé, par voie de communiqué, une première grève générale de trois jours qui prendra effet à partir du 7 mars prochain. Les syndicats, représentant les différentes filières (transport routier des voyageurs et des marchandises, les taxis et les services de remorquage et de dépannage), justifient cette nouvelle escalade par la politique de la «sourde oreille» adoptée par le gouvernement, malgré les multiples appels au dialogue lancés par les professionnels et devant une crise profonde impactant le secteur. Une crise engendrée par l’emballement des prix du carburant, expliquent-ils. Et de menacer que cette grève pourrait être prolongée en cas de non-satisfaction de leurs revendications.

Nouvelle Charte de l’investissement : la mobilisation commence

La nouvelle Charte de l’investissement est en voie de se préciser. Mercredi 16 février, ses grandes lignes ont été exposées devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Souverain avait donné Ses Hautes Instructions pour la préparation des détails de mise en œuvre de cette nouvelle Charte. Il avait également insisté sur le relais que devrait prendre le secteur privé national dans ce chantier, invitant le gouvernement à impliquer activement les opérateurs privés, notamment la CGEM et le GPBM, dans le processus de mise en œuvre de ce texte.

Après le plan anti-sécheresse, place au projet de la nouvelle Charte de l’investissement. Le mercredi 23 février, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a eu deux réunions entrant dans ce cadre : une réunion interministérielle et une autre avec des représentants du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) et de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Lors de la première réunion, M. Akhannouch a appelé les ministres en charge de l’Intérieur, de l’Économie et des finances, l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, de l’Industrie et du commerce, du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, ainsi que le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, et la ministre chargée de la Transition numérique et la réforme de l’administration, «à poursuivre la mise en place des mécanismes susceptibles d’encourager l’initiative entrepreneuriale et faciliter l’action d’entreprendre, accompagner l’investissement, renforcer le climat des affaires, en plus de la mise en œuvre optimale des différentes mesures à même de créer une dynamique d’investissement et l’accélération des projets de réforme y afférents, tout en veillant à suivre leur mise en place sur le terrain», selon un communiqué du département du Chef du gouvernement. Le Chef du gouvernement a également donné ses directives aux ministres pour «sensibiliser les différents intervenants en vue d’assurer leur adhésion et accélérer la mise en œuvre de ce chantier», ajoute la même source.

Lors de la seconde réunion tenue avec les deux vice-présidents du GPBM, Mohamed El Kettani et Mohamed Karim Mounir, le président de la CGEM, Chakib Alj, son vice-président et le président du groupe CGEM à la Chambre des conseillers, il a été notamment question pour M. Akhannouch d’insister sur l’adhésion des acteurs économiques et bancaires pour encourager l’investissement, ainsi que de se concerter avec eux sur les mesures à prendre pour implémenter la Vision Royale sur l’investissement, lit-on dans un autre communiqué du département du Chef du gouvernement. M. Akhannouch a également appelé les représentants du GPBM et de la CGEM à s’inscrire dans cette dynamique visant à faire passer la part de l’investissement privé à deux tiers du total des investissements à l’horizon 2035, et ce en finançant l’investissement et les activités productives créatrices d’emplois et de valeur ajoutée. Il les a exhortés également à communiquer autour des dispositions de la nouvelle Charte de l’investissement et à expliquer les mécanismes de soutien et d’accompagnement qui y sont contenus.

Le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Mohcine Jazouli, qui va mener les consultations autour du projet avant son introduction dans le circuit législatif, a souligné dans une déclaration à la presse que «cette rencontre tenue avec des représentants du GPBM et de la CGEM, en marge de la réunion interministérielle sur la nouvelle Charte de l’investissement, a pour objectif d’échanger sur les grandes orientations de cette nouvelle charte et d’interpeller le secteur privé pour sa mise en œuvre sur le terrain, de manière très effective, avec des rendez-vous précis dans les prochaines semaines». Pour sa part, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, a affirmé que «le gouvernement veillera également avec tous les partenaires à mettre en place un plan d’action clair pour concrétiser cette charte, tout en tenant compte de la conjoncture économique actuelle, et ce à travers une vision claire en faveur de la relance de l’économie nationale».

Les grandes lignes de la nouvelle Charte de l’investissement

Cette nouvelle Charte de l’investissement a pour grands objectifs la création d’emplois, la promotion d’un développement équitable des territoires et la priorisation des secteurs porteurs pour l’économie nationale. À cet effet, le projet de la nouvelle Charte comprend notamment un dispositif de soutien principal composé :

• De primes communes, en soutien aux investissements en ligne avec les Hautes Orientations Royales, les objectifs du nouveau modèle de développement et les priorités fixées par le gouvernement.
• D’une prime territoriale additionnelle visant à encourager l’investissement dans les provinces les moins favorisées.

• D’une prime sectorielle additionnelle accordant des incitations en vue de dynamiser les secteurs porteurs.

Le projet prévoit également des mesures d’appui exclusives pour les projets à caractère stratégique, tels que les industries de la défense ou l’industrie pharmaceutique, dans le cadre de la Commission nationale des investissements, ainsi qu’un dispositif de soutien spécifique destiné aux très petites, petites et moyennes entreprises, en plus d’un dispositif pour le développement des investissements marocains à l’étranger.

L’Asmex adhère et prépare ses propositions

L’Association marocaine des exportateurs (Asmex) a exprimé son entière adhésion à cette nouvelle Charte de l’investissement. «L’Asmex, répondant à la Haute Sollicitude de Sa Majesté le Roi et, en tant que vecteur principal de l’internationalisation de l’offre marocaine, se tient à la disposition du gouvernement pour contribuer à l’enrichissement et à l’opérationnalisation de cette Charte», indique un communiqué de l’Association. Et pour venir alimenter ce projet, l’Asmex a déjà prévu un ensemble de mesures à soumettre au ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Mohcine Jazouli. Une première recommandation consiste à mettre en place le Copex (Comité paritaire de pilotage des exportations) et le Fodex (Fonds de développement des exportations) pour stimuler le potentiel de croissance des exportations et en garantir la qualité et la soutenabilité.

L’Asmex préconise également que des sites aménagés et dédiés aux entreprises actives dans l’exportation leur soient réservés dans chacune des douze régions du Royaume, et que ces unités bénéficient prioritairement d’un accès aux sources d’énergie renouvelables afin de se conformer aux normes internationales de décarbonation. En outre, et afin de percer de nouveaux marchés, l’Association plaide pour un remboursement d’un crédit d’impôt de 50% de la valeur des exportations à destination de ces nouveaux marchés. De même, l’Association des exportateurs appelle à doter les entreprises exportatrices de la qualification de Zone d’accélération virtuelle et de les faire bénéficier des mêmes avantages que les Zones d’accélération industrielle.

Promouvoir la TPME : les propositions de la CGEM

Pour favoriser le développement des petites et moyennes entreprises dans le tissu économique marocain, la CGEM compte mettre sur la table une proposition visant à doter le Maroc d’un Small Business Act (SBA) et à remodeler les structures institutionnelles et le cadre réglementaire applicables aux TPME. Ainsi, de nouvelles structures devraient être créées, dont la mission sera de promouvoir les TPME, leur consentir des mesures incitatives et leur simplifier l’accès aux marchés publics. La CGEM recommanderait également une mutation de la Société nationale de garantie et de financement de l’entreprise (ex-Caisse centrale de garantie) en une banque publique d’investissement tournée vers les TPME. Elle pourrait se servir des mécanismes existants pour fournir des solutions de financement adaptées aux diverses catégories de TPME, en plus d’un service d’accompagnement de proximité.

Une contractualisation entre État et régions

Dans le cadre de cette nouvelle Charte des investissements, l’État marocain est appelé à proposer aux régions, surtout celles défavorisées, des contrats pour la mise à niveau de leurs infrastructures en vue de capter les investissements et tirer profit des investissements publics. L’essentiel

des investissements étant actuellement concentré sur l’axe Tanger-Casablanca, il s’agirait alors de favoriser l’émergence d’écosystèmes propices à l’investissement au sein de chaque région.

Emploi : la productivité a bondi de 40% à Casablanca

Grâce au rapport de la Banque mondiale sur la première phase d’un programme d’études sur l’emploi, on a désormais une meilleure idée sur l’évolution de la productivité du travail dans le Royaume. Entre 2010 et 2020, c’est la hausse de ce ratio qui a, par exemple, entraîné la baisse de l’emploi dans l’agriculture. Sur la même période, la croissance de ce ratio a atteint 40% à Casablanca, contre 65% de hausse de l’emploi à Tanger avec peu d’effet sur la productivité. Les détails.

Le Maroc cherche à mettre en place un modèle de croissance économique basé sur l’emploi. Cela veut dire qu’il doit s’intéresser à pratiquement tous les facteurs liés à l’emploi, dont la productivité du travail. Anticipant sur ce besoin, la banque s’est donc intéressée à la question dans son rapport portant sur la première phase du programme d’études sur l’emploi qu’elle mène au profit du Royaume, parce que la productivité du travail est un vrai indicateur d’attractivité et de bonne santé économique.

En effet, si la productivité progresse correctement dans un pays, sa croissance va aussi augmenter. Et comme la hausse de la productivité provient du progrès technique, pour qu’elle augmente, il faut qu’il y ait des innovations. Les innovations conduisent donc à une hausse de la productivité, qui, elle, conduit à une progression des salaires.

Ainsi, les citoyens voient leur pouvoir d’achat s’améliorer, ce qui favorise l’augmentation de la demande. Et quand la demande augmente, l’offre augmente également. Il y a donc une hausse d’emplois. Plus généralement, les innovations conduisent au développement de nouveaux marchés, donc de nouveaux emplois se libèrent sur le marché du travail. On peut également mentionner l’effet de la tertiarisation, qui se caractérise par le passage de la population active, sur le très long terme, du secteur primaire au secteur secondaire, puis au secteur tertiaire.

On parle alors de redéploiement. Au Maroc, en observant le mouvement de redéploiement, la Banque mondiale a remarqué que le déclin de l’emploi agricole est corrélé à une forte augmentation de la productivité. Grâce au progrès technique, la productivité agricole par habitant a au moins doublé dans toutes les régions, à l’exception de Tanger-Tétouan et du Grand Casablanca. Malheureusement, le redéploiement de l’emploi agricole vers l’industrie n’a pas été une réussite.

Légère hausse de la productivité dans l’industrie

En effet, dans l’industrie, la productivité a légèrement progressé, tandis que la croissance de l’emploi a été différente selon les régions. Il est important de noter que l’augmentation substantielle de l’emploi de plus de 65% depuis 2000 à Tanger est liée à une croissance relativement modeste de la productivité, tandis que Casablanca, qui accueille le plus grand nombre de travailleurs industriels (400.000), n’a connu qu’une croissance minime de l’emploi industriel, mais une hausse de la productivité du secteur d’environ 40%.

Dans le bâtiment, l’emploi a augmenté de manière significative, mais la productivité a stagné, voire diminué, dans la plupart des régions. En raison de la demande croissante de services d’hébergement (hôtels, centres de villégiature, centres commerciaux, logements pour touristes et travailleurs), l’emploi à Marrakech a connu une explosion de plus de 160% au cours des deux dernières décennies, alors que la croissance de la productivité est restée légèrement négative. Dans l’ensemble, le secteur du bâtiment au Maroc semble être à forte intensité de main-d’œuvre, l’emploi augmentant, mais la productivité n’enregistrant que des hausses limitées. Dans le secteur des services, l’emploi et la productivité se sont tous deux accrus au cours de la dernière décennie, Marrakech ayant connu la croissance la plus rapide en termes d’emploi dans le secteur des services, et Rabat-Salé-Kénitra ayant connu la plus forte croissance de la productivité.

Rabat: des services à haute valeur ajoutée en locomotive

Par région, à Casablanca, l’industrie manufacturière est devenue à forte intensité de capital tandis que les services se sont surtout développés dans des activités à forte intensité de main-d’œuvre, mais à faible valeur ajoutée. Au lendemain de la crise financière de 2008, le secteur manufacturier a perdu environ 50.000 emplois, ce qui a été associé à une hausse de la productivité du travail. En effet, après avoir soustrait la réduction de l’emploi et les transferts intersectoriels, la variation de la production par travailleur représente 83% de la croissance totale de la valeur ajoutée. À Tanger, la productivité montre une contribution plus équilibrée de chaque secteur. La croissance a été plus soutenue qu’à Casablanca, avec 14% pour Tanger contre 6% pour Casablanca, l’industrie manufacturière et les services ayant contribué pour environ 30%.

De même, l’industrie manufacturière a augmenté sur le plan de la production par travailleur et de taille. Partie d’un niveau bien inférieur à celui de Casablanca, la croissance de Tanger a été principalement tirée par le secteur manufacturier et par l’augmentation des emplois dans le secteur des services, accompagnée d’une modeste augmentation de la productivité. À Rabat, le secteur économique s’articule autour des services à haute valeur ajoutée et de l’administration publique. La croissance impressionnante enregistrée par cette région au cours de la dernière décennie s’explique presque entièrement par les performances de ces deux secteurs. La croissance du secteur public représente 42% de la croissance régionale totale, qui a dû être obtenue par une augmentation de la production par travailleur puisque l’emploi dans le secteur public a diminué.

Impôt. Le suivi des réclamations désormais possible via l’application Daribati [DGI]

Selon la Direction générale des impôts (DGI), le suivi des réclamations est désormais disponible sur l’application mobile Daribati.

 « Dans le cadre de la poursuite de sa stratégie de digitalisation et d’amélioration continue des services offerts aux contribuables, et en application des dispositions de la loi n° 55-19 relative à la simplification des procédures et des formalités administratives, la DGI a enrichi l’application mobile Daribati par l’ajout d’une nouvelle fonctionnalité permettant de procéder au suivi des réclamations », souligne la DGI.

La même source précise, à cet égard, qu’à travers une interface simple et conviviale, les adhérents aux services des Impôts en ligne « SIMPL » ont la possibilité d’effectuer des réclamations en ligne en sélectionnant l’impôt ou la taxe concernée (IS, IR, TVA…) et en précisant l’année et la référence de l’article contesté.

« Ils peuvent ensuite télécharger le récépissé de dépôt de leurs réclamations. La nouvelle fonctionnalité de suivi des réclamations vient compléter la panoplie des services offerts au niveau de l’application mobile Daribati qui est téléchargeable gratuitement sur les plateformes Play Store (Android) et App Store (IOS) », ajoute la DGI.

Stellar AfricaGold annonce un troisième réservoir d’or au Maroc

La société canadienne d’exploration de métaux précieux Stellar AfricaGold a annoncé la découverte d’une troisième structure aurifère lors de son opération d’exploration dans la région de Tichka Est au Maroc, située dans un col de montagne à 80 kilomètres au sud-est de Marrakech.

Il s’agit d’une troisième structure minéralisée en or avec plus d’un kilomètre de longueur et des tranchées titrant jusqu’à 5,81 g/t Au sur 4 mètres dans le quatrième programme de tranchées au projet aurifère Tichka Est au Maroc.

Maurice Giroux, vice-président à l’exploration et directeur de l’exploitation de Stellar a déclaré :  » Je suis ravi de constater que le potentiel du projet Tichka s’épanouit avec la découverte d’une autre nouvelle structure au sein des permis de Tichka Est. Cette troisième structure, appelée Zone C, est située à l’est de la Zone B et présente une minéralogie, des teneurs en or et une largeur de structure similaires à celles des Zones B et A précédemment rapportées. La structure de la Zone C ajoute 1 000 mètres de minéralisation aurifère aux 1 200 mètres déjà annoncés des Structures A et B, pour un total combiné de 2 200 mètres. Cette nouvelle structure importante reste ouverte vers l’est et en profondeur. Stellar dispose d’une équipe géologique permanente au Maroc et l’exploration de la zone C est en cours. Les résultats seront publiés au fur et à mesure que les analyses seront reçues et analysées. »

Le programme de tranchées de la zone C consistait en un programme de surface de six tranchées creusées à la main d’un mètre de profondeur à travers une structure de sulfures de quartz-ankerite orientée EW avec des sulfures apparents, de la pyrite, de l’arsénopyrite, de la chalcopyrite et de l’oxyde de fer dans une unité de schiste très brisée et déformée découverte lors du programme initial d’échantillonnage des sédiments de ruisseau sur le nouveau permis.

Crise russo-ukrainienne : aucun impact sur l’approvisionnement du marché national

Le stock national de blé tendre et dur a été renforcé et le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour réduire l’impact de l’augmentation des prix de certains produits de consommation.

La crise russo-ukrainienne n’aura aucun impact sur l’approvisionnement du marché national, a assuré, jeudi à Rabat, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas. « Ce conflit n’aura pas d’impact sur l’approvisionnement du marché marocain et la fourniture des denrées nécessaires », a déclaré M. Baitas lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement, notant dans ce contexte que le gouvernement a pris l’initiative durant les mois de janvier et février d’importer des quantités importantes de blé.
Le responsable a déclaré que le stock national de blé tendre et dur a été renforcé, ajoutant que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour réduire l’impact de l’augmentation des prix de certains produits de consommation.
Concernant la possibilité de promulguer une loi de finances rectificative en lien avec le contexte géopolitique international, M. Baitas a écarté cette hypothèse. « Il n’y a pas lieu de modifier la loi de finances, le gouvernement disposant d’une marge de manœuvre pour faire face à un ensemble de contraintes imposées par le contexte international et suivre de près les prix des denrées alimentaires ».

Généralisation de la protection sociale : Le Conseil de gouvernement adopte deux projets de décrets

Le Conseil de gouvernement réuni jeudi par visioconférence a approuvé deux projets de décrets concernant le chantier de généralisation de la protection sociale, lancé par SM le Roi Mohammed VI.

Le Conseil a adopté deux projets de décrets, présentés par le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Aït Taleb, relatifs à l’application de la loi n° 98-15 portant sur le régime de l’assurance maladie obligatoire et la loi N°99-15 instituant un régime de pensions pour les catégories des professionnels, des travailleurs indépendants et des personnes non salariées exerçant une activité libérale, a indiqué le ministre délégué chargé des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors d’un point de presse à l’issue du Conseil.

Il s’agit du projet de décret n° 2.22.138 qui complète l’annexe du décret N° 2.18.622 du 10 Joumada I 1440 (17 janvier 2019) portant application des lois précitées n° 98-15 et n° 99-15, et ce dans le but d’inclure des catégories d’artistes indépendants, telles que définies par la législation en vigueur, dans la liste des catégories et sous-catégories des personnes assujetties à l’assurance obligatoire de base précitée en matière de maladie et de pension.

Quant au deuxième texte, il porte sur le projet de décret n° 2.22.139 portant application de la loi n° 98.15 et de la loi n° 99.15, relatives aux artistes indépendants, élaboré conformément aux réunions consultatives tenues par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la communication avec les représentants des artistes, et qui vise à déterminer les modalités d’application du régime de base d’assurance maladie obligatoire et du régime de retraite sur ces catégories travaillant pour leur compte.

Ledit projet prévoit de définir les catégories d’artistes soumis aux deux systèmes susmentionnés, de déterminer le revenu forfaitaire résultant du dépassement de la limite légale du salaire, et de charger le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication de désigner une autorité de liaison pour fournir à la CNSS les informations nécessaires à l’immatriculation de cette catégorie à la Caisse, et de permettre aux artistes concernés de déposer leur propre demande d’affiliation à la Caisse, et payer les cotisations mensuelles.

MAMDA : un dispositif spécifique pour soutenir les agriculteurs face à la sécheresse

Report des échéances de paiement des primes, accélération du processus d’indemnisation, Distribution de ristournes de mutualité exceptionnelles au profit des agriculteurs sociétaires et Encouragement de l’assurance multirisque climatique pour l’arboriculture fruitière sont les 4 mesures de ce dispositif.

Suite aux instructions Royales, la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA) a annoncé mercredi la mise en œuvre d’un dispositif spécifique pour accompagner et soutenir les agriculteurs face à la sécheresse de la campagne agricole 2021-2022.

La première mesure du dispositif concerne le report des échéances de paiement des primes d’assurance agricoles dues au titre de 2021, fait savoir la MAMDA dans un communiqué.

Ainsi, la Mutuelle agricole accordera aux agriculteurs impactés par la sécheresse des facilités de paiement afin de leur permettre d’aborder, avec plus de sérénité, la campagne agricole prochaine, note le communiqué.

La deuxième mesure porte sur l’accélération du processus d’indemnisation, relève la même source, qui souligne que compte tenu de la situation critique des agriculteurs et afin de pouvoir indemniser dans un délai optimal les agriculteurs des zones défavorables, la MAMDA a d’ores et déjà initié le processus d’expertise alors que ce process n’est usuellement enclenché qu’au mois d’avril. Ceci permettra de raccourcir le délai d’indemnisation d’environ 3 mois.

Et de noter que le capital assuré représente plus d’1 milliard de dirhams pour 1.000.000 d’hectares assurés au titre de la campagne agricole en cours.

Aussi, la MAMDA assurera la mise en paiement exceptionnelle de ristournes de mutualité au profit de ses agriculteurs sociétaires au cours du second trimestre 2022.

De même et afin de permettre aux agriculteurs de faire face à la sécheresse, la MAMDA mettra en œuvre un dispositif spécifique pour encourager et développer l’assurance multirisque climatique pour l’arboriculture fruitière.

Et de rappeler que ce produit couvre contre la grêle, gel, vents violents, chergui, excès d’eau et hautes températures.

La campagne agricole 2021-2022 est la troisième sécheresse sévère après celle de 2015-2016 et 2019-2020. Au total, la MAMDA aura indemnisé 3,8 milliards de dirhams aux agriculteurs.

La mise en œuvre rapide et efficiente du dispositif d’indemnisation est possible grâce à l’investissement régulier consenti par la MAMDA dans le monde agricole : développement du réseau de distribution dans le monde rural, accroissement du réseau d’expert (200 experts déployés par campagne), digitalisation des processus (rapport d’expertise, règlement à distance, …) et investissement dans des systèmes d’informations dédiés (images satellitaires de données végétales, progiciel de souscription et d’indemnisation), conclut la même source.

Abdellatif Jouahri met le doigt sur la situation d’inefficacité de l’investissement

Un investissement faiblement créateur de richesses

Aussi bien les fragilités structurelles du tissu productif que la crise de la pandémie ont mis en exergue l’étendue du chômage et la vulnérabilité de larges franges de la population.

Dans son exposé, le mardi 15 février 2002, devant les parlementaires de la Commission des finances, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib n’a pas manqué de mettre le doigt sur la situation d’inefficacité, notamment de l’investissement public.

Ainsi, en dépit de la persistance de l’incertitude, l’économie nationale qui avait enregistré un taux de croissance de 7% en 2021,et qui même si elle devrait retrouver son rythme de croissance autour de 3,5% d’avant la crise, il n’en reste pas moins que «ce niveau reste largement insuffisant pour l’amélioration des conditions de vie de la population et la création d’un nombre suffisant d’emplois de qualité». Et ce pour cause de faible rendement de l’investissement. Investissement dont l’impact sur la création d’emplois reste structurellement faible.

Revenu intermédiaire

Certes, le Maroc a enregistré un taux d’investissement élevé, de pas moins de 32,2% en pourcentage de Produit Intérieur Brut (PIB) si on le compare aux autres pays à revenu intermédiaire- tranche inférieure tels que la Corée du Sud, la Turquie, la Tunisie, les Philippines, et d’autres (selon la classification de la Banque mondiale). Un taux qui reste en principe suffisant pour espérer un rattrapage économique. Rattrapage qui, malheureusement, n’a pas eu lieu. L’explication qu’en donne M. Jouahri dans son exposé devant la commission des finances se base de la présentation de certains chiffres et calculs, et surtout sur la mesure du rendement de l’investissement par ce qu’on appelle le taux marginal de capital ou ICOR (Incremental capital output ratio). Ce coefficient représente le nombre d’unités d’investissement ( en % du PIB) nécessaires pour réaliser un point de croissance du PIB. Plus l’ICOR est faible, plus l’investissement est rentable.

Ainsi, avec un ICOR de 9,4% en moyenne durant la période 2000-2019, l’investissement au Maroc reste relativement peu rentable en comparaison, notamment, avec les pays de la catégorie à revenu intermédiaire-tranche inférieure où il atteint 5,7 (Tunisie: 8,3%; Turquie: 6,5%; Chine: 4,9%, Philippines: 4,2%, pour ne citer que ces quatre pays). Ce résultat attribuable au faible rendement de l’investissement a un impact faible sur la création d’emplois.

Baisse du chômage

En effet, selon M. Jouahri, entre 1999 et 2019, même si l’ICOR est resté quasi stable, le contenu en emplois de la croissance a reculé de manière sensible. Chaque point de croissance générerait moins de 21.000 emplois entre 2010 et 2019 contre plus de 30.000 emplois entre 2000 et 2019.

Et d’ajouter: l’économie nationale a généré près de 144.000 postes annuellement entre 1999 et 2009 et près de 72.000 emplois entre 2010 et 2019, soit l’équivalent de 108.000 emplois en moyenne sur l’ensemble de la période 1999 et 2019. Ce rythme, dit-il, «reste insuffisant pour induire une baisse tangible du chômage ». De plus, face à la création de 108.000 emplois, la population active s’est accrue annuellement de 89.000 et en conséquence, le nombre de chômeurs n’a baissé que légèrement, revenant de 1,5 million à 1,1 million au cours des deux dernières décennies. En outre, le taux de chômage aurait été largement plus élevé si le taux d’activité n’était pas faible.

Cette situation de l‘inefficacité de l’investissement est d’autant plus problématique qu’elle renvoie à un tissu productif caractérisé par une structuration fragmentée, une dominance des TPE et un nombre relativement faible d’entreprises exportatrices. Par ailleurs, le financement des entreprises marocaines est caractérisé par la dominance de l’autofinancement et un recours limité au financement externe.

Par ailleurs, M. Jouahri a relevé que la capacité d’investissement chez les très petites entreprises (TPE) demeure faible, notant que 29,4% de celles-ci ont affirmé réaliser des investissements entre 2016 et 2018, contre 49,5% pour les PME et 50% pour les grandes entreprises, notamment à cause des délais de paiement «asphyxiants». «L’allongement des délais de paiement constitue encore un frein majeur au développement des entreprises au Maroc et continue d’affecter leur santé, en plus de réduire les liquidités et d’accroître le niveau des créances douteuses de celles-ci», a-t-il fait observer, soulignant à cet égard l’impératif de renforcer les moyens de paiement en faveur d’une meilleure maîtrise des délais de paiement.

Accès au crédit

En plus de ces caractéristiques structurelles, la fragilité du tissu productif national aurait été largement accentuée par la crise de la pandémie. Heureusement, nous dit M. Jouahri, que Bank Al-Maghrib n’a pas lésiné sur les moyens pour faire face à la crise du Covid- 19, en se mettant au service de l’investissement, en mettant, surtout, en oeuvre des mesures pour accompagner et soutenir le tissu productif, notamment à travers la création de Crédit bureau visant à faire un suivi du comportement des emprunteurs, à prévenir contre l’endettement croisé et le surendettement et à assurer un accès au crédit plus large, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME).

Il a été également question de créer l’Observatoire marocain de la TPME, le Fonds de soutien financier aux TPME ainsi que la mise en place de services dédiés aux commerçants et aux entreprises visant la vérification de la régularité des chèques et plein d’autres mesures ayant fait leurs preuves durant les dernières années. Résultat de ces mesures et d’autres: le crédit bancaire au secteur non financier a continué à maintenir un rythme de croissance soutenu.