Réforme fiscale. Les 10 mesures prioritaires

Après avoir défini 5 priorités en politique fiscale et 14 objectifs fondamentaux, le projet de loi cadre (PLC) a annoncé 10 mesures prioritaires à décliner dans les lois de finances dès les cinq prochaines années.

La première mesure phare concerne la TVA. Elle consiste à consacrer le principe de la neutralité fiscale, en matière de TVA, sous réserve de maintien de l’exonération des produits de base tels que le pain, la farine, les semoules, le lait, le sucre brut (…). Cette « neutralité fiscale » devra se réaliser aussi à travers l’élargissement du champ d’application de la TVA, en y intégrant des activités ou opérations actuellement hors champ telles que l’agriculture.

A cela s’ajoute la réduction du nombre de taux, actuellement au nombre de cinq (0%,7%,10%,14% et 20%) et la généralisation du droit au remboursement, ce qui doit permettre à certaines entreprises de mettre fin au calvaire du butoir (crédit TVA non remboursable). En matière d’IS, il sera question de converger progressivement vers un taux unifié, après avoir navigué, au cours des dix dernières années, autour de plusieurs taux. C’est aussi le cas des régimes bénéficiant de taux préférentiels.

Les établissements et entreprises publics et les sociétés exerçant des activités régulées ou en situation de monopole ou d’oligopole se verront taxés à un taux plus élevé, à l’instar du secteur financier. La cotisation minimale (CM), séquelle de l’ancien système fiscal, devra baisser pour ensuite disparaître. C’est une contradiction flagrante avec l’article 39 de la Constitution instituant le principe d’équité fiscale. En fait, le maintien de la CM est révélateur de la faiblesse structurelle du contrôle fiscal.

Les entreprises innovantes telles que les startups, les structures de soutien, dites incubateurs ou accélérateurs, et les entreprises regroupant les auto-entrepreneurs, pourront bénéficier d’incitations fiscales. Le barème de l’IR, non révisé depuis 2009, devra être réaménagé, surtout en faveur des petits et moyens revenus. La Contribution professionnelle unique, récemment instauré par la loi de finances de l’année 2021, sera adaptée et améliorée pour ne pas faire obstacle à l’intégration des activités informelles.

Par ailleurs, le Maroc étant une économie ouverte sur le monde, il est donc tout à fait normal d’intégrer, dans le système fiscal national, les règles de bonne gouvernance en matière de fiscalité internationale. Enfin, toutes les réformes, aussi belles soient-elles, ne peuvent réussir que si les droits des contribuables et ceux de l’administration sont garantis.

Ce qui impose un encadrement du pouvoir d’appréciation de l’administration fiscale, surtout en matière de contrôle fiscal, avec un renforcement des instances de recours, sans oublier la clarification et la simplification des procédures, aussi bien les procédures administratives internes de gestion que celles mettant en relation l’administration et les contribuables.

Paradoxalement, ne figure pas, parmi ces dix priorités, la réforme de la fiscalité locale, alors que la régionalisation est actuellement un chantier stratégique et urgent pour la réussite des politiques publiques.

CNSS. L’indemnité Covid-19 prolongée

La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) a annoncé une nouvelle prolongation de l’indemnité forfaitaire.  

Bonne nouvelle pour les propriétaires des crèches privées, les exploitants des salles de sport privées, les opérateurs du secteur des industries culturelles et créatives, ainsi qu’aux opérateurs du secteur du tourisme (agences de voyages agréées, transporteurs touristiques agréés, établissements d’hébergement classés, sociétés d’intérim ayant un contrat avec les opérateurs des sous-secteurs liés au tourisme et guides touristiques déclarés à la CNSS.

Le service de l’indemnité forfaitaire, financé par le fonds spécial de la gestion de la pandémie Covid-19 créé sur Hautes Instructions de S.M. le Roi, a été prorogé au 30 juin 2021. Les acteurs des secteurs précités, qui souhaitent que leurs travailleurs bénéficient de l’indemnité forfaitaire pour le mois de juin 2021, doivent les déclarer via le portail covid19.cnss.ma à partir du jeudi 8 juillet jusqu’au 3 août 2021. Les personnes déclarées sur le portail, avant le 11 juillet 2021, percevront l’indemnité forfaitaire à partir du 15 juillet 2021. En revanche, les employés déclarés après cette date recevront l’indemnité forfaitaire à partir du 10 août 2021. 

La CNSS invite donc les affiliés concernés à procéder à la déclaration de leur personnel avant le dimanche 11 juillet sur le portail susmentionné, opérationnel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, et ce afin de permettre à leurs employés de bénéficier du paiement de l’indemnité à partir du 15 juillet.  La Caisse précise que pour tout complément d’information, il faut contacter le centre « Allo Damane » au : 08 02 03 33 33 / 08 0200 72 00. 

Déclaration de la TVA : Plus de 90% des entreprises optent pour le « tout digital »

Sage, l’éditeur des solutions de comptabilité, de paie et de gestion commerciale dans le Cloud, a organisé mardi 15 juin à Casablanca, une table-ronde, sous le thème « Comment la dématérialisation fiscale peut-elle contribuer à la relance économique ?», en s’appuyant sur les résultats du baromètre TVA, une étude menée auprès de 165 PME marocaines.

Voici les principaux enseignements de ce Baromètre réalisé par SAGE :

Sur les 165 entreprises questionnées, 92% d’entre elles déclarent utiliser l’Echange des Données Informatisé. 88% de ces entreprises étant assujetties à un mode d’imposition mensuel, près de 30% d’entre elles estiment qu’une journée est le délai nécessaire pour réaliser la déclaration mensuelle de la TVA.

Par ailleurs, si 65% des entreprises n’ont pas eu de difficultés à s’adapter à la télé-déclaration fiscale, 60,6% des PME affirment que le système d’information interne a été le plus grand challenge de cette dématérialisation fiscale contre 16,5% qui estiment que le défi principal était la compétence en interne.

A noter également que 38% des entreprises sondées affirment que la productivité et le gain de temps sont les premiers avantages de cette digitalisation fiscale. Cela a aussi permis de réduire leurs charges fixes, tout en leur offrant une traçabilité de leurs opérations, une instantanéité de l’information et une sécurité garantie.

Cette conférence a été l’occasion pour Sage de réitérer son engagement envers les entreprises marocaines afin de les accompagner dans la transformation digitale et de mettre à leur disposition les outils nécessaires pour prendre le virage numérique de manière optimale.

Energie : l’ANRE entame le chantier de refonte du secteur électrique

L’ANRE a annoncé, ce 6 juillet, avoir entamé ses chantiers prévus par la loi 48.15 relative à la régulation du secteur de l’électricité. Ce premier projet concerne la séparation comptable entre les activités de transport et les autres activités de l’ONEE.Bas du formulaire

Moins d’une année après la tenue de son premier conseil d’administration, l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) lance son premier chantier pour la refonte du secteur électrique national. Selon un communiqué publié ce 6 juillet, l’autorité dirigée par Abdellatif Bardach a tenu une réunion avec une délégation de l’Office National de l’Electricité et de l’Eau potable (ONEE) conduite par son directeur général, Abderrahim El Hafidi. Cette rencontre avait pour objectif le lancement formel des différents chantiers prévus par la loi 48.15 relative à la régulation du secteur de l’électricité.

Parmi les chantiers prioritaires figure la séparation comptable entre les activités de transport et les autres activités de l’ONEE, le tarif d’accès aux réseaux et le Code réseau garantissant un accès équitable au réseau national de transport d’électricité. Dans ce cadre, un groupe de travail conjoint ANRE-ONEE sera mis en place. Ce comité sera chargé de suivre, entre autres, « le chantier de séparation comptable, prérequis fondamental, pour garantir l’ouverture progressive du marché dans le respect des exigences en matière de qualité et de sécurité d’approvisionnement en énergie électrique« , informe le communiqué.

Restructurer l’ONEE

La réforme de l’ONEE figure parmi les recommandations du rapport de la CSMD dans son volet énergie. L’office dirigé par Abderrahim El Hafidi devrait ainsi se défaire de ses activités de production et de distribution pour se concentrer sur le transport.

Dans les pratiques internationales, lorsqu’on veut un secteur compétitif, que ce soit pour les télécoms ou le réseau, on est obligé de séparer les activités historiques de l’institution qui gère le réseau. Dans notre cas, il y a une question de conflit d’intérêt : l’ONEE se retrouve en concurrence avec les producteurs privés. En recentrant l’Office sur le transport, on arrivera à la transparence en matière d’accès au réseau et de tarifs”, expliquait un haut cadre dans le secteur à TelQuel en juin dernier.

A terme, l’ONEE devrait aussi se transformer en Société Anonyme (SA), «avec une gouvernance permettant une gestion axée sur la performance et la transparence, répondant à des règles de fonctionnement claires, alignées sur les meilleures pratiques internationales, et autonome par rapport à la tutelle stratégique et au régulateur», recommande la commission Benmoussa.

Finances / Maroc – Le Comité de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques appelle à la vigilance

Le Comité de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques (CCSRS) a tenu sa treizième réunion ce mardi 6 juillet, au sujet de l’état d’avancement de la feuille de route de stabilité financière pour la période 2019-2021 et pour évaluer les risques du système financier marocain.

À l’issue de l’évaluation du secteur financier au regard des tendances économiques et financières, le Comité a relevé ce qui suit :

“Il a approuvé le rapport sur la stabilité financière au titre de l’exercice 2020 et examiné l’état d’avancement de la feuille de route de stabilité financière pour la période 2019-2021. Il s’est enquis, en particulier, des projets engagés par les régulateurs financiers pour la surveillance des risques émergents notamment les cyber-risques et ceux liés au changement climatique.

Il a également fait le point sur l’évolution des risques affectant le secteur financier national et a, dans ce cadre, passé en revue la synthèse des réunions régulières des représentants du Comité tenues depuis le début de la crise sanitaire. Les indicateurs de surveillance continuent à ce jour de faire ressortir une résilience avérée des secteurs bancaire, assurantiel, des infrastructures de marchés financiers et du marché des capitaux.”

À l’issue de l’évaluation du secteur financier au regard des tendances économiques et financières, observées et attendues, le Comité a relevé ce qui suit :

“- Si les signes d’amélioration des perspectives macroéconomiques commencent à s’éclaircir tant au plan national qu’international, les risques associés appellent toutefois à la vigilance en raison de la persistance des incertitudes entourant la maîtrise future de la pandémie (apparition de nouveaux variants du virus, efficacité des vaccins et leur généralisation).

– Après l’épisode de récession sans précédent de 2020, les perspectives de l’économie mondiale tablent sur une reprise de l’activité à 6,6% en 2021 et à 4% en 2022. Au plan national et selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, l’économie connaîtrait cette année un rebond à 5,3%, suivi d’une consolidation à 3,3% en 2022, bénéficiant des mesures de soutien budgétaire et monétaire, de l’allègement des restrictions sanitaires et de la reprise chez nos partenaires. Concernant la position extérieure, le déficit du compte courant devrait se creuser à 3,8% du PIB avant de s’atténuer à 2,6% en 2022, en lien notamment avec la reprise des flux du commerce extérieur. Dans ces conditions et considérant les tirages extérieurs du Trésor et l’allocation de DTS prévue par le FMI, les avoirs officiels de réserve ressortiraient à 328,5 milliards de dirhams en 2021 et à 338,6 milliards en 2022, permettant ainsi d’assurer la couverture de plus de 7 mois d’importations de biens et services. Pour ce qui est des finances publiques, le déficit budgétaire devrait s’atténuer graduellement à 7,1% du PIB en 2021 puis à 6,6% en 2022, tandis que la dette du Trésor poursuivrait sa progression à 77,8% du PIB en 2021 et 80% en 2022.

– En dépit d’une conjoncture difficile, le crédit bancaire destiné au secteur non financier poursuit son évolution positive, bien qu’à un rythme lent, tiré particulièrement par les crédits de trésorerie garantis par l’Etat en faveur des entreprises non financières et par le maintien de la politique monétaire accommodante de la Banque Centrale. Après s’être établie à 3,9% en 2020, cette évolution devrait, compte tenu des perspectives économiques, se situer à 3,5% en 2021 et 3,8% en 2022.

– La crise n’a pas manqué de se répercuter sur la rentabilité et la qualité des actifs du secteur bancaire. Au titre de l’exercice 2020, le résultat net agrégé des banques, sur base sociale, a connu une baisse de près de 43% à 6,8 milliards de dirhams, sous l’effet principalement de la montée significative du coût du risque de crédit et de la contribution au fonds Covid-19. De même, le taux des créances en souffrance s’est hissé à 10,8% pour les entreprises non financières et à 9,3% pour les ménages, contre respectivement 10,1% et 8% à fin 2019. Pour autant, le secteur bancaire continue d’afficher des fondamentaux solides en matière de solvabilité et de liquidité. Les ratios, sur base sociale, demeurent stables avec un ratio moyen de solvabilité de 15,7% et un ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 de 11,4% à fin 2020, supérieurs aux minimas réglementaires. Sur base consolidée, ces ratios ressortent respectivement à 13,6% et à 10,5%. Le coussin de liquidité s’établit, quant à lui, à 191% à fin mars 2021 bien au-delà du minimum réglementaire de 100%. Le risque de concentration sur les grands débiteurs continue, pour sa part, de faire l’objet d’une surveillance rapprochée.

– L’exercice de macro stress test effectué par Bank Al-Maghrib sur la base des projections économiques de juin 2021 continue de démontrer à cette date la capacité des banques à faire face au choc induit par la crise de la Covid-19 et à maintenir le respect des exigences réglementaires, grâce notamment aux matelas en fonds propres qu’elles ont constitués ces dernières années et à la mise en application par le secteur bancaire de la recommandation de Bank Al-Maghrib de non distribution des dividendes.

Pour ce qui est des infrastructures de marchés financiers, celles-ci continuent de faire preuve d’une forte résilience aussi bien sur le plan financier que sur le plan opérationnel et présentent toujours un niveau de risque faible pour la stabilité financière.

Malgré le contexte difficile lié à la crise sanitaire, le secteur des assurances a montré, dans l’ensemble, sa résilience et la solidité de ses fondamentaux techniques. Les primes émises ont affiché une croissance de 1% pour atteindre 45,1 milliards de dirhams, grâce notamment à l’entrée en vigueur du régime obligatoire de couverture des conséquences d’événements catastrophiques qui a généré un volume de primes de 476,7 millions de dirhams.
A contrario, l’activité financière du secteur a été durement impactée par la contraction du marché boursier. L’actif des entreprises d’assurances reste fortement exposé à la poche « actions » entraînant un recul du solde financier. Ainsi, malgré la bonne performance de la marge d’exploitation, le résultat net a cédé 21% pour se fixer à 2,9 milliards de dirhams. Dans le même sens, le rendement des capitaux propres (ROE) a baissé en 2020 pour s’établir à 7,3%.

Au niveau prudentiel, la marge de solvabilité a également subi une baisse, mais reste à des niveaux largement au-dessus du seuil réglementaire. Ne couvrant à ce jour que le risque de souscription, l’excédent de la marge devrait se replier de manière significative avec le passage vers le régime prudentiel de solvabilité basée sur les risques qui couvrira une plus large palette de risques auxquels le secteur des assurances est exposé.

Par ailleurs, les exercices de stress tests réalisés font ressortir une bonne résilience des entreprises d’assurances aux chocs sur le portefeuille actions et immobilier ainsi qu’aux conditions macroéconomiques et techniques défavorables.

Concernant le secteur de la retraite, les principaux régimes connaissent une situation financière difficile marquée globalement par l’importance de leurs dettes implicites et par l’épuisement de leurs réserves à divers horizons. La réforme systémique de la retraite, dont l’étude relative à la conception technique de scénarios dans le cadre d’un système à deux pôles (public et privé) est à un stade avancé, permettra d’instaurer une tarification équilibrée mais également de résorber, dans des proportions importantes, les engagements passés non couverts, et partant de rétablir les équilibres financiers dans le futur.

Le marché des capitaux a retrouvé au premier semestre 2021 sa situation d’avant crise et ce, suite à la baisse des tensions qui l’avaient marqué au cours du premier semestre 2020. La Bourse de Casablanca a maintenu au cours du premier semestre 2021 la tendance haussière qui a débuté à partir du quatrième trimestre 2020 et ce, avec une volatilité moyenne limitée à 7,18%. En effet, le MASI enregistre au 30 juin 2021 une hausse de 9,94% par rapport à fin 2020, effaçant ainsi la baisse de 7,27% enregistrée l’année précédente. Néanmoins, la valorisation globale de la Bourse reste à un niveau relativement élevé et sa liquidité a connu à fin mai une baisse à 7,3% contre 8,8% à fin 2020 et 9,7% à fin 2019. Les taux des Bons du Trésor ont maintenu une tendance baissière au cours du premier semestre 2021 avec un niveau de volatilité faible, proche des plus bas historiques. L’encours de la dette privée à fin avril 2021 s’élève à 240 milliards de dirhams, en hausse de 7,1% en glissement annuel. Il sert à hauteur des deux tiers au financement des établissements de crédit. Le paiement des échéances des titres de dette privée n’enregistre pas de défaut sur la période. S’agissant de l’endettement net des émetteurs non-financiers, il ressort à un niveau globalement maîtrisé et en légère baisse à 80% des capitaux propres en 2020 contre 81% en 2019. L’industrie des OPCVM continue de croître avec un actif net global à fin mai 2021 qui s’élève à 574,2 milliards de dirhams, en augmentation de 9,75% depuis le début de l’année. S’agissant de la titrisation, son encours global est en quasi-stagnation à 9,6 milliards de dirhams et ce, après sept années de croissance soutenue. L’activité des OPCI connait, pour sa part, un bon amorçage avec l’agrément de neuf sociétés de gestion et de huit fonds dont l’actif net global à fin mars 2021 est de 6,5 milliards de dirhams.

Quant au risque opérationnel des infrastructures de marché, le nombre d’incidents et le taux de suspens des transactions boursières restent à des niveaux très faibles et ce, grâce à des dispositifs de maitrise des risques globalement efficaces.

Le Comité a, par ailleurs, fait le point sur l’état d’avancement des actions inscrites dans la feuille de route relative à la mise en œuvre des recommandations du GAFI et du GAFIMOAN en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) dans le secteur financier. Il s’est enquis des avancées réalisées au premier semestre 2021 particulièrement en ce qui concerne le plan d’action du Groupe Conjoint de l’ICRG (The International Co-operation Review Group) relevant du GAFI. Lors de sa rencontre avec les autorités marocaines le 17 mai 2021, ce groupe et tout en soulignant l’engagement ferme du Maroc pour finaliser le plan d’action et les mesures entreprises dans les circonstances difficiles de la pandémie, a encouragé les autorités à poursuivre leurs efforts afin que ce plan puisse être pleinement réalisé dans les délais convenus.”

Pour rappel, le comité est composé des représentants de Bank Al-Maghrib, de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux, de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale et de la Direction du Trésor et des Finances Extérieures.

Actualité – Managem annonce la production du premier lingot d’or de la mine Tri-k en Guinée

Le Groupe marocain Managem a annoncé, jeudi, le démarrage de la mine Tri-k en Guinée et la production du premier lingot d’or.

Dans un communiqué sur site web, Managem a indiqué que « la mine d’or de Tri-K en Guinée, dans la région de Mandiana, a réalisé la première coulée le 23 juin 2021, suite à la finalisation des travaux de construction ».

« La mine de Tri-K consolide la présence du Groupe en République de Guinée et appuie sa détermination à se positionner parmi les plus importants producteurs d’or de taille intermédiaire en Afrique de l’Ouest », souligne le Groupe marocain.

« Cette concrétisation, témoin du savoir-faire, de l’expertise et résilience de nos équipes, renforce la position de Managem comme un acteur majeur de la dynamique économique locale avec plus de 800 emplois à terme, tout en créant de la valeur partagée et durable pour nos investisseurs et toutes nos parties prenantes », a ajouté Managem.

Le Groupe prévoit de produire 130.000 onces d’or par an pendant 12 ans, au cours desquels 800 emplois directs et 1 500 emplois indirects seront créés.

Situé dans la région de Mandiana en Guinée, une zone géologique à fort potentiel aurifère, Tri-K est un important projet d’or qui s’étend sur 490 km². Il est détenu à hauteur de 70 % par Managem et de 30% par son partenaire Avocet Mining.

Gaz naturel – Sound Energy rachète les parts de Schlumberger dans les permis de l’Est du Maroc

La compagnie gazière Sound Energy a annoncé lundi 14 juin qu’elle vient de conclure un accord avec son partenaire Schlumberger pour le rachat de la part de ce dernier dans les permis de l’Est du Maroc.

Selon le site Energy Voice, pour un dollar américain, Sound Energy augmentera de 27,5% à 75% sa participation dans les permis d’exploration d’Anoual et du Grand Tendrara au Maroc ainsi que le contrôle total de sa participation de 75 % dans la concession de Tendrara.

La même source a ajouté que Sound Energy a conclu un accord avec Schlumberger Holdings II, achetant l’intégralité de Schlumberger Silk Route Services.

+ Sound Energy augmente sa participation dans les principaux actifs dans l’Est du Maroc +

La société mère Schlumberger conservera certains droits futurs aux bénéfices, en vertu d’un acte de participation aux bénéfices. Sound paiera 8 à 11 % du total des bénéfices nets de la concession pendant 12 ans.

Si Sound Energy vendrait l’actif avant mars 2023, Schlumberger aurait droit à 27,5% de la trésorerie nette. Si un accord de vente de l’actif intervient avant la fin de 2021, Schlumberger obtiendrait 55% du produit.

« Nous sommes ravis d’avoir augmenté notre participation dans nos principaux actifs dans l’Est du Maroc à des conditions très attractives », a déclaré Graham Lyon, président exécutif de Sound.

« Cette transaction évolutive, une fois réalisée, consolidera la position de Sound Energy en tant que principal développeur de gaz au Maroc et nous positionnera pour générer des rendements, des flux de trésorerie et de la valeur améliorés à mesure que nous progressons dans le développement par phases du TE-5 Horst », a-t-il ajouté.

Sound travaille avec Afriquia Gaz sur le projet gazier marocain. TE-5 Horst détient 18,4 milliards de mètres cubes de gaz.

La compagnie a l’intention de le développer dans un premier temps à travers un plan de micro GNL (mLNG). L’acheteur transportera le gaz par camion jusqu’aux consommateurs, comme les usines.

Établissements publics : le statut de l’agence de gestion stratégique finalisé

À l’ordre du jour du Conseil du gouvernement prévu aujourd’hui, figure le projet de loi 82-20 portant création de l’agence de gestion stratégique des participations de l’État et du suivi de la performance des établissements publics. Cette entité à naître devra assurer une plus grande visibilité pour le repositionnement du portefeuille public.

Parallèlement à l’approbation du projet de loi-cadre sur les établissements publics, par les deux chambres du parlement, le gouvernement prépare la mise en place de l’entité devant prendre en charge la gestion stratégique des participations de l’État. Le projet de statut de cette agence qui se chargera de gérer les participations de l’État et de suivre la performance des établissements publics est à présent finalisé. L’objectif étant de mettre en place ledit organe dans les plus brefs délais. Le projet de loi souligne que la nouvelle agence aura pour mission de veiller aux intérêts patrimoniaux de l’État actionnaire dans les établissements publics et les sociétés anonymes dont le capital est détenu totalement ou partiellement par l’Etat. Notons que la philosophie de la nouvelle politique actionnariale de l’État a pour base, l’encouragement des modèles sectoriels qui entrent dans le domaine d’action des établissements publics. La législation projetée a placé la nouvelle agence au sommet de la pyramide de prise des décisions en matière d’investissements publics et leur implantation, tout en tenant compte de la nécessité de revoir les modalités d’intervention du capital public.

Les enjeux de la nouvelle stratégie actionnariale publique

Le timing de mise sur pied de la nouvelle agence sous-entend qu’elle supervisera les processus de recentrage du portefeuille public sur ses prérogatives de base, ainsi que celui de liquidation des établissements publics non stratégiques ou non pérennes. Un délai de cinq ans sera accordé par la nouvelle loi en vue de permettre à l’agence nationale de réaliser les objectifs qui lui ont été assignés. Un décret d’application de la loi projetée viendra, quant à lui, lister les entreprises publiques qui entreront dans le domaine de compétences de l’agence. La transformation attendue concernera principalement la restructuration des entreprises publiques pour s’orienter vers un système de gestion des SA. Il s’agira de gérer les montants qui sont annuellement accordés aux établissements et aux organismes publics qui dépendent du budget de l’État, des fonds composés de taxes parafiscales affectées.

La feuille de route que préconise le gouvernement prenne également en compte les versements effectués, sous forme de dividendes, des parts de bénéfices, des produits de monopole et des redevances d’occupation du domaine public. Quant à l’épineuse question des dépenses, le nouveau dispositif a pour priorité la rationalisation des dépenses des établissements publics et «leur corrélation à la réalisation des résultats», souligne la nouvelle législation, qui préconise aussi la mise en place d’une programmation pluriannuelle des contributions et le versement en trois tranches (mars, juin et septembre) des contributions nettes de tout prélèvement fiscal. Pour ce qui est de la gouvernance des entreprises publiques, les rapports entre l’État et les entreprises publiques marchandes et non marchandes obéiront à de nouvelles exigences en vue d’ un contrôle plus efficient les sociétés de l’État, ainsi que pour mieux gérer le réseau des prises de participation. L’alignement aux stratégies sectorielles et à la régionalisation est, par ailleurs, une grande priorité pour l’État. Outre le recentrage sur le cœur de métier, l’action de l’État devra porter sur l’amélioration du processus de restructuration de ces organismes. En ligne de mire, figure «la refonte du modèle économique de certains d’entre eux, l’optimisation de leurs programmes d’investissement et la recherche de modalités de financement innovantes». La relation de l’État avec les entreprises publiques reposera désormais sur des visions stratégiques à moyen et long termes.

Une importante contribution budgétaire au portefeuille public

La mission de gestion stratégique qui sera confiée à l’agence prend en compte l’appui budgétaire de l’État en faveur de son portefeuille d’établissements, qui connait une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 4,8 %, avec plus de 56 % des déblocages du budget qui sont destinés à couvrir les dépenses de fonctionnement. Pour le contrôle financier, la nouvelle orientation consiste à se focaliser sur l’appréciation des performances et la prévention des risques à travers la vérification de la qualité des procédures internes et leur capacité à optimiser l’efficacité de la gestion de l’établissement public concerné. Par rubrique, ce sont les dépenses de fonctionnement qui accaparent 56 % des subventions, et 40 % pour couvrir les charges d’équipement. Le pôle social vient en tête des bénéficiaires des transferts publics, suivi de l’agriculture et du financement des infrastructures.

Port Tanger Med: hausse de plus de 25% du chiffre d’affaires du pôle portuaire

1,46 milliard de dirhams. C’est le montant du chiffre d’affaires réalisé par le pôle portuaire Tanger Med à fin juin 2021, soit une hausse de de 25% par rapport à la même période durant l’année dernière.

D’après un communiqué de sa direction, le chiffre d’affaires (CA) de ce pôle qui englobe Tanger Med Port Authority (TMPA), chargée de l’exploitation du Port Tanger Med 1 et du Port passagers et rouliers, et Port Tanger Med 2 (TM2), s’est élevé à 720 millions de dirhams durant le deuxième trimestre 2021, après les 536 millions de dirhams enregistrés lors du deuxième trimestre de 2020.

Concrètement, les CA de la société TMPA et TM2 ont respectivement atteint 985 MDH (+11%) et 474 MDH (+71%), indique-t-elle, non sans préciser que 52 millions de tonnes de marchandises ont été traitées à fin juin 2021, dont 28 millions de tonnes au cours du deuxième trimestre de l’année en cours.

Note du HCP sur la situation économique au premier trimestre 2021

La croissance fait du surplace

Au moment où le secteur de l’industrie et celui des services connaissent un repli, le secteur agricole, lui, tire son épingle du jeu.

L’arrêté des comptes nationaux fait ressortir une croissance de l’économie nationale à 1% au premier trimestre 2021, au lieu de 0,9% durant le même trimestre de l’année précédente, indique le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Cette évolution est le résultat d’une forte hausse de l’activité agricole de 20,5% et d’une contraction de 1,4% des activités non agricoles, explique le HCP qui vient de publier une note d’information sur la situation économique nationale au cours du premier trimestre 2021.

La croissance a été ainsi tirée par la demande intérieure dans le contexte d’une inflation maîtrisée et d’une amélioration du besoin de financement de l’économie nationale, relève la même source.

Variations saisonnières
Au détail, le HCP fait savoir qu’après une baisse de 4,3% durant le premier trimestre 2020, la valeur ajoutée du secteur primaire en volume, corrigée des variations saisonnières, a augmenté de 18,7% durant la même période en 2021. Cette évolution est attribuable à la hausse de l’activité de l’agriculture de 20,5% et de celle de la pêche de 1%.

La valeur ajoutée du secteur secondaire, de son côté, a réalisé une augmentation moindre au premier trimestre 2021(de 1,5%) par rapport à celle (de 1,8%) du premier trimestre de l’année précédente. Ceci a été, surtout, le résultat de l’amélioration des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 5,2%, des industries de transformation (1,6%), de l’électricité et eau (0,6%), du bâtiment et travaux publics (0,2%).

En revanche, la valeur ajoutée du secteur tertiaire, s’est contractée de 2,9% au 1er trimestre de cette année après avoir enregistré un accroissement de 1,5% le même trimestre de 2020. Cette baisse a résulté de l’effet conjugué du repli des valeurs ajoutées des hôtels et restaurants de 50,3%, des transports (10,9%), des postes et télécommunications (4%), des services financiers et assurances (3,2%) et du commerce (0,5%), ainsi que de la hausse de celles des services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale de 2,1%, des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (1%) et des services rendus aux ménages et aux entreprises (0,6%).

Aux prix courants, le PIB a connu une augmentation de 1,8% durant le premier trimestre 2021. De ce fait, la hausse du niveau général des prix a été de 0,8% au lieu de 0,7% une année auparavant.

Direction générale des impôts: 144,8 milliards de dh de recettes fiscales nettes en 2020

La contribution sociale de solidarité sur les bénéfices a enregistré un taux de réalisation de 102,3% pour un montant de 2,2 milliards de dirhams, fait savoir la DGI dans son rapport d’activité 2020.

Les recettes fiscales globales nettes se sont élevées au titre de l’exercice 2020 à 144,8 milliards de dirhams, en repli de 5,4% par rapport à 2019, selon la Direction générale des impôts (DGI). Cette performance correspond à un taux de réalisation de 106,5% de l’objectif cible actualisé de la Loi de Finances Rectificative 2020, précise la DGI qui vient de publier son rapport d’activité 2020.

«En dépit du contexte de crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19, les recettes fiscales brutes ont atteint près de 156 milliards de dirhams durant l’année écoulée, dont 52,13 milliards relatives à l’impôt sur les sociétés, représentant un taux de réalisation de 113,5% des prévisions de la Loi de Finances Rectificative», détaille la DGI. Concernant la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices, elle a enregistré un taux de réalisation de 102,3% pour un montant de 2,2 milliards de dirhams, fait savoir la DGI. Pour ce qui est des recettes brutes de l’impôt sur le revenu, elles ont atteint 42,38 milliards de dirhams, avec un taux de réalisation de 100%.

Mesures spécifiques
En outre, la DGI indique que les recettes brutes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à l’intérieur se sont établies à 41,52 milliards de dirhams en 2020, soit un taux de réalisation des prévisions de la LFR de l’ordre de 117,9%. Les recettes nettes de cette taxe ont, quant à elles, dépassé 31,11 milliards de DH. «Face à l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises, les ménages et le pouvoir d’achat, des mesures spécifiques ont été adoptées par le Comité de veille économique et mise en oeuvre par la DGI. Dans ce contexte, l’administration fiscale a su exploiter son agilité et s’adapter en capitalisant sur les acquis importants en matière de digitalisation, permettant, ainsi, la sécurisation des recettes fiscales», indique le rapport de la DGI.

Par ailleurs, près de 14,25 millions d’opérations ont été dématérialisées par la Direction générale des impôts en 2020, soit plus de 5,3 fois le volume enregistré en 2016. «En 2020, la DGI a poursuivi le déploiement de sa stratégie de digitalisation en redoublant d’efforts pour renforcer le bouquet des services dématérialisés offerts aux usagers et aux partenaires de la DGI», souligne la Direction. Cette dématérialisation a, par ailleurs, permis d’assurer la continuité des services et des prestations offertes dans le contexte d’urgence sanitaire », ajoute la DGI.

Le rapport fait aussi état d’une concentration, par les télépaiements et les télédéclarations, de près de 75% des opérations réalisées de manière dématérialisée en 2020, ainsi qu’une hausse de 139% du nombre des services en ligne liés aux déclarations sur la période 2017-2020. En outre, la DGI relève que le nombre de déclarations Impôt sur les sociétés (IS), Impôt sur le revenu (IR) et taxe sur la valeur ajoutée (TVA) déposées en ligne en 2020 s’est chiffré à 3,36 millions, en augmentation de 21% par rapport au volume enregistré en 2017.

Souss-Massa: les grands barrages toujours déficitaires

Malgré l’évolution du taux de remplissage des barrages à 32,1%, avec des apports de 148 millions de m3, ceux qui disposent de capacités de stockage conséquentes, notamment Youssef Ben Tachfine à Tiznit, avec 298 millions de m3, et Abdelmoumen à Taroudant, avec 198 Mm3, ne sont remplis qu’à hauteur de 24% et 16,9%.

À l’instar du scénario de novembre 2014, les pluies survenues du 4 au 10 janvier dans la Région Souss-Massa ont permis à ce territoire d’éviter la catastrophe de l’épuisement de ses retenues d’eau stockées dans les principaux barrages. Comment se portent les retenues après les récentes précipitations ? En se référant à la situation journalière des principaux barrages de la région, arrêtée mardi 12 janvier à 8h00, le taux de remplissage s’est élevé à 32,1%. Autrement dit, 67% de la capacité totale de stockage demeure vide en raison de la problématique structurelle du stress hydrique (déficit critique de pluviométrie et succession annuelle de sécheresse). C’est pourquoi les apports actuels ne sont salutaires qu’à court et à moyen termes pour la région, en attendant la mise en service prévue, en mars ou avril 2021, de l’unité mutualisée de dessalement d’eau de mer destinée à l’approvisionnement en eau potable du Grand Agadir, mais aussi à l’irrigation agricole. La capacité de production initiale de cette station est de 275.000 m3/j à raison d’un débit 150.000 m3/j pour satisfaire les besoins en eau potable et d’un autre de 125.000 m3/j pour satisfaire les besoins en eau d’irrigation. À noter aussi qu’aucune donnée n’est pour le moment disponible sur l’épuisement des nappes phréatiques ou sur leur niveau de récupération suite aux dernières précipitations.

La demande en eau en hausse

Parallèlement, la demande en eau devrait connaître une augmentation après la levée des différentes restrictions. Pour ce qui est des limitations ménagères, la pénurie d’eau a entraîné la programmation d’une coupure quotidienne d’eau potable, depuis plus de trois mois, au niveau des communes formant le grand Agadir entre autres de 22h à 6h. Concernant les restrictions agricoles, l’irrigation est à l’arrêt depuis décembre 2019 et juillet 2017 au niveau des barrages de Youssef Ben Tachfine à Tiznit et de Abdelmoumen à Taroudant, tandis que la dotation en eau à usage agricole consacrée au périmètre de Sebt El Guerdane (Taroudant) a été réduite de plus des deux tiers, soit environ 70%, au départ du barrage d’Aoulouz. À cela s’ajoute la reprise attendue de l’activité touristique à Agadir d’ici la prochaine saison estivale puisqu’actuellement la majorité de la capacité litière, estimée à plus de 30.908 lits, de la destination est hors service en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Deux grands barrages toujours en déficit

Aujourd’hui, sur les 730 millions de m3 (Mm3) de capacité totale des barrages de la région, le volume actuel de réserves d’eau se situe à 234 Mm3 après l’épisode pluviométrique enregistré du 6 au 12 janvier 2021. De ce fait, les apports totaux ont cumulé 148 Mm3 durant cette période alors que les plus grands apports ont été respectivement enregistrés au niveau du barrage d’Aoulouz avec 37 Mm3, suivi du barrage Mokhtar Soussi avec 32 Mm3, Youssef Ben Tachfine avec 29 Mm3, Abdelmoumen avec 28 Mm3 et Prince Moulay Abdellah avec 12,9 Mm3. Le reste est réparti entre les petits barrages d’Imi El Kheng et Dkhila. Malgré cette évolution de 14% à 33% du taux de remplissage durant ce mois de janvier, les barrages disposant de capacités conséquentes de stockage, allusion faite au barrage de Youssef Ben Tachfine à Tiznit, d’une capacité de 298 Mm3, et Abdelmoumen sur Oued Issen (Taroudant), d’une capacité de 198 Mm3 où l’ONEE a lancé la réalisation d’une station de transfert d’énergie par pompage (STEP)- ne sont actuellement remplis qu’à hauteur de 24% et 16,9%. À noter que le taux de remplissage de ces deux barrages était de respectivement 14,2% et 3,6% au début du mois.

Le stockage évoluera de 730 à 1.040 Mm3

Pour le reste, le barrage Prince Moulay Abdellah, classé troisième en termes de capacité de stockage, est rempli à hauteur de 32%. Il est suivi par celui d’Aoulouz, dont le taux de remplissage est arrivé à 56,9%. Ce barrage est actuellement sous pression en raison de la sécurisation des besoins en eau potable du Grand Agadir depuis celui-ci, et des besoins d’irrigation agricole en faveur du périmètre agricole de Sebt El Guerdane à Taroudant. Le barrage Mokhtar Soussi est rempli à hauteur de 86,7%. Par ailleurs, la capacité de stockage, qui est actuellement de 730 Mm3 grâce à la réalisation de 8 barrages, est appelée à évoluer pour se situer à 1.040 Mm3. C’est dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 que cette capacité augmentera après la mise en service du barrage Sidi Abdellah, qui offre une capacité de 10 Mm3, de la surélévation du barrage Mokhtar Soussi, qui permettra d’augmenter sa capacité à 200 Mm3, et de la construction du barrage Tamri, d’une capacité de 150 Mm3.

Relance touristique au Maroc: les trois marchés « très porteurs »

Pour préparer la reprise du tourisme, l’Office national marocain du tourisme étudie toutes les niches porteuses. Entre autres, trois marchés émetteurs bénéficient d’un

grand intérêt. Il s’agit de l’Afrique subsaharienne, d’Israël et du Portugal. Les raisons de ce choix.

L’Office national marocain du tourisme (ONMT) prépare activement la relance du secteur touristique, l’un des plus affectés par les effets collatéraux de la pandémie de la Covid-19. Pour se donner les moyens d’une reprise rapide, l’Office entend étudier de près trois marchés émetteurs qu’il juge «très porteurs». Une étude devrait être menée dans ce sens par un prestataire externe, pour se pencher sur les potentialités de l’Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d’Ivoire, Nigéria, Afrique du Sud et Guinée), d’Israël et du Portugal. «Des marchés internationaux jeunes, qui ont des affinités culturelles, historiques et politiques avec le Maroc, mais également des potentialités à l’export et une proximité géographique qui permettent d’y conquérir rapidement des parts de marché », est-il considéré par l’Office. Pour ce qui est de l’Afrique, par exemple, l’ONMT a décidé de s’y positionner parce que le continent se profile comme le moteur de la croissance au cours du siècle à venir. Avec plus d’un milliard d’habitants, soit le 2e continent le plus peuplé au monde, ainsi qu’un pouvoir d’achat en hausse constante, une population jeune et des actifs de plus en plus nombreux, l’Afrique soutiendra inéluctablement la croissance démographique et économique du monde, surtout qu’elle dispose d’une classe moyenne importante et en constante hausse, constate l’Office. Au niveau touristique, le potentiel est énorme.

500.000 touristes Africains par an

En effet, l’Afrique ne représente actuellement que 500.000 arrivées touristiques au Maroc et l’Afrique subsaharienne que 2% de ces arrivées, sur 10 millions de touristes que reçoit annuellement le royaume. Selon l’Office, ce niveau pourra facilement être relevé en raison des efforts d’intégration et de co-développement récemment opérés par le royaume qui ont mené à la levée ou à l’amélioration des conditions d’obtention de visas et du lancement de la Zone de libre échange du continent africain (ZLECA) . Pour ce qui est du marché portugais, même s’il figure parmi les marchés émetteurs classiques de touristes internationaux, l’Office estime qu’«il est nécessaire d’affiner la connaissance et la compréhension du comportement des touristes portugais afin d’aller y glaner plus de part de marché». Concernant le marché israélien, l’Office souligne que c’est un pays qui représente un potentiel considérable à saisir. En effet, en 2019 sur une population de 9,136 millions d’habitants 8,473 millions sont partis en voyages touristiques a l’étranger et ont dépensé 9,765 millions de US$ (environ 100 MDH). Ce nombre de voyages a connu un taux de croissance annuel moyen de 13% sur les 5 dernières années et les cinq premières destinations touristiques préférées des voyageurs israéliens sont I’Italie, la Turquie, la Thaïlande, les États-Unis et l’Égypte. «Si la Turquie et l’Égypte, deux des principaux concurrents du Maroc, reçoivent chacun une moyenne de 400 000 voyageurs israéliens par an, c’est que le royaume peut également y arriver», relève l’ONMT.

Fort potentiel du marché israélien

En tous cas, les dernières évolutions dans la relation diplomatique et économique entre les deux pays permettront certainement d’activer la demande touristique du marché israélien qui montre dores et déjà un grand intérêt pour les destinations ayant des attributs proches du Maroc. Il devient donc primordial d’étudier ce marché pour y activer les segments les plus porteurs dans le cadre de la relance de l’industrie touristique nationale, souligne l’Office. Sur ces trois marchés, le prestataire de service choisi aura pour mission de réaliser une enquête de terrain qui permettra de fournir un profil détaillé des touristes, d’expliquer et d’illustrer clairement leur comportement d’achat et de voyage et de réaliser une segmentation opérationnelle à laquelle s’adjoindra un focus sur l’analyse des perceptions de la destination et de son portefeuille produit.

90 jours pour mener l’étude

L’étude devant être menée autour de ces trois marchés, sur une période estimée à priori à trois mois, devrait permettre d’évaluer la position de la destination par rapport à la concurrence dans le pourtour méditerranéen, à travers une analyse concurrentielle. Elle déterminerait de même le couple produit/destination, afin d’orienter les investissements marketing à opérer. Du côté de l’accueil, c’est-à-dire de l’incoming, les destinations touristiques marocaines à étudier par le prestataire sont Tanger, Saïdia, Fès, Meknès, Rabat, Casablanca, Marrakech, Essaouira, Ouarzazate, Agadir, Dakhla et Azilal. Et les produits ciblés sont le golf, le bien-être, les sports nautiques, la nature, l’aventure, le tourisme religieux et le shopping.

Leconomiste.com - Le premier quotidien économique du Maroc

 

Maroc: Baisse de 7% de la croissance économique en 2020

L’économie marocaine a été rudement malmenée par la crise sanitaire en 2020. Elle a en effet connu un repli de 7% l’année dernière contre une hausse de 2,5% en 2019, indique le HCP dans une note sur la situation économique en 2020 et ses perspectives en 2021.

Dans le détail, au niveau du secteur non agricole, les activités profondément touchées par la pandémie auraient été celles fortement dépendantes de la demande extérieure, notamment des pays européens, souligne le HCP. Il s’agit essentiellement du secteur touristique et de ses activités annexes, des industries mécaniques, métallurgiques et électriques (IMME), des industries du textile et habillement, du commerce et du transport.

Concernant les activités industrielles, un repli de 7% de leur valeur ajoutée a été noté en 2020 contre une hausse de 2,8% un an auparavant. En revanche, la valeur ajoutée du secteur de l’industrie agroalimentaire, aurait connu en 2020 une amélioration, en enregistrant une modeste croissance de l’ordre de 0,6% en 2020 contre une évolution de 1,1% l’année précédente.

Globalement, la valeur ajoutée du secteur primaire a accusé une baisse plus prononcée en 2020 (-7,1%) qu’en 2019 (-4,6%), contribuant encore une fois négativement à la croissance du PIB (-0,9 point).

Croissance : Les projections du HCP pour 2021

Après une année 2020 difficile, la croissance devrait être de retour au Maroc. C’est ce qu’indique le HCP dans une note sur Budget économique prévisionnel 2021.

L’économie nationale devrait enregistrer une croissance de 4,6% en 2021, après une récession de 7% au cours de l’année écoulée, prévoit ainsi le HCP. “Tenant compte d’une évolution de 4,7% prévue des impôts et taxes sur produits nets de subventions, le produit intérieur brut (PIB) devrait enregistrer une croissance de l’ordre de 4,6% en 2021”, précise le HCP.

Les perspectives économiques nationales en 2021 tiennent compte, en plus de l’évolution économique nationale et internationale, des hypothèses portant sur l’évolution de la campagne agricole 2020-2021 et sur les nouvelles mesures et dispositions annoncées dans la Loi des Finances 2021. Pour la campagne agricole 2020/2021, le HCP se base sur un scénario d’une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux.

Challenge.ma

La Banque mondiale apporte son appui à la région Rabat-Salé-Kénitra dans la conception de son 1er Schéma régional côtier

Bonne nouvelle pour les autorités de la région de Rabat-Salé-Kénitra. La Banque mondiale apporte, en effet, son soutien à la région Rabat-Salé-Kénitra dans la conception de son 1er Schéma régional côtier.

La Banque mondiale poursuit son soutien en faveur du développement du royaume. Dans ce sens, l’institution financière internationale apporte son appui à la région Rabat-Salé-Kénitra dans la conception de son 1er Schéma régional côtier. Notons que le gouvernement a lancé plusieurs stratégies nationales, dont le Plan national de gestion intégrée du littoral (PNL), qui vise à réconcilier protection de l’environnement et activités économiques, dans le but de promouvoir un développement résilient, inclusif, durable et efficace du littoral du pays. « Pour permettre le déploiement de cette stratégie à l’échelle régionale, la Banque mondiale apporte depuis 2019, avec le soutien du gouvernement italien, une assistance analytique et technique en appui à l’élaboration du premier schéma régional du littoral dans la région Rabat-Salé-Kénitra. Ce dispositif porte une vision régionale dans le but de promouvoir le développement durable des côtes et couvre un certain nombre d’activités, de secteurs et de modes d’utilisation du territoire (gestion des ressources naturelles, ports, tourisme, urbanisme, pêche…) », souligne la Banque mondiale.

Jesko Hentschel, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb, fait remarquer que la gestion durable du littoral est l’un des piliers du développement territorial du Maroc. « Dans le même temps, il faut impérativement identifier les sources potentielles de création d’emplois et de revenus encore inexploitées, surtout dans le contexte post-COVID, afin d’enrichir les stratégies de promotion d’activités économiques durables le long des côtes », poursuit-il. On apprend que pour concevoir ce schéma régional et affiner sa portée et ses objectifs, la Banque mondiale a travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement et les autorités régionales du Maroc dans le but d’organiser de vastes consultations avec différentes parties prenantes de la mise en valeur du littoral, notamment des pêcheurs, des associations professionnelles, des organisations de la société civile, des scientifiques et des agriculteurs.

De même, les documents relatifs à l’utilisation et à l’aménagement du territoire ont été examinés pour identifier les zones de la région les plus exposées à la pollution et au changement climatique le long du littoral et dans l’arrière-pays proche. La Banque mondiale indique que la phase de diagnostic, achevée en janvier 2020, a abouti à un certain nombre de constats assez convaincants : la concentration croissante d’habitants le long du littoral (les deux tiers de la population régionale) et les activités connexes qui en découlent menacent l’écosystème côtier et appellent à des mesures urgentes pour atténuer l’empreinte de l’homme et renforcer la résilience des côtes. Par ailleurs, plusieurs sources potentielles de développement, notamment dans le tourisme vert, restent inexploitées.

« Forte de ces observations et des remontées d’information des différentes parties prenantes, l’équipe de la Banque mondiale a défini une feuille de route jusqu’en 2040 pour atteindre les objectifs de long terme de mise en valeur du littoral régional », apprend-t-on. Dans le détail, l’introduction d’un modèle de gouvernance intégrée des côtes, conforme aux stratégies nationales, ainsi que la préservation et la réhabilitation des écosystèmes par des investissements majeurs sont des moyens qui sont envisagés actuellement.

« À cette fin, des mesures complémentaires seront introduites, pour mieux sensibiliser les différents acteurs à la menace environnementale ou pour intégrer des mesures de sauvegarde dans les plans d’urbanisme afin de prévenir la dégradation des côtes. Des investissements initiaux prioritaires sont également prévus pour promouvoir des activités vertes et durables le long du littoral au titre du schéma pour la région Rabat-Salé-Kénitra. Ces investissements couvriront un large éventail d’activités, dont l’organisation de la pêche artisanale et la formation des pêcheurs aux meilleures pratiques, la réhabilitation écologique des zones humides côtières, la construction d’usines de traitement des eaux usées dans certaines localités, la stabilisation biologique des dunes ou encore le recyclage et la valorisation des déchets en plastique », précise la Banque mondiale.

On apprend aussi qu’avec le gouvernement, la Banque mondiale a conçu un guide méthodologique pour la définition de schémas régionaux du littoral afin d’étendre cette approche innovante et intégrée de la gestion des côtes à d’autres régions. Ce guide, mis à la disposition des autorités et des décideurs locaux, permet de normaliser le processus d’élaboration de ces schémas régionaux en respectant les principes de la gestion intégrée des zones côtières tout en tenant compte des spécificités et des contraintes locales.

LVE

Pêche maritime : ONP poursuivra la modernisation de la commercialisation en 2021

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’OFFICE NATIONAL DES PÊCHES (ONP), RÉUNI MARDI, A APPROUVÉ LE PLAN D’ACTION 2021 QUI VISE À POURSUIVRE L’AMÉLIORATION ET LA MODERNISATION DE LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS DE LA PÊCHE MARITIME.

Tenu sous la présidence du ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, le Conseil a également approuvé le budget afférent à ce plan d’action dans lequel l’Office prévoit le déploiement de la feuille de route portant sur la refonte du processus de commercialisation.

Il s’agit notamment, du renforcement du cadre réglementaire, d’une offre de services à terre plus pointue, de la restructuration de l’activité du mareyage et de la digitalisation de la criée, précise l’ONP dans un communiqué.

L’Office poursuivra aussi le programme de mise à niveau et de maintenance des équipements et infrastructures de commercialisation afin qu’ils continuent de répondre aux meilleurs standards, fait savoir la même source.

Pour développer le réseau de commercialisation, il est prévu de procéder à l’achèvement de la construction de la halle d’Essaouira, de construire une nouvelle halle au port de Lamhiriz et de réaliser l’extension de la halle au poisson de Tarfaya.

Le réseau relatif à la deuxième vente sera renforcé à travers l’extension du marché de gros au poisson de Casablanca afin qu’il puisse accompagner le développement de l’activité.

Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie d’efficacité énergétique engagée par l’ONP, il est prévu d’équiper certains villages de pêcheurs (VDP) et points de débarquement aménagés (PDA) du Sud en centrales photovoltaïques.

Le Conseil d’administration s’est également penché sur le déploiement de la démarche « Qualité-Sécurité-Environnement » prévu en 2021 à travers la généralisation de l’agrément sanitaire des halles et marchés de gros au poisson et le maintien des agréments existants.

En outre, une réflexion sur le repositionnement stratégique de l’ONP a été entamée afin de donner à l’institution une nouvelle impulsion et lui permettre de remplir au mieux la mission qui lui est dévolue en tant que bras opérationnel des pouvoirs publics pour le développement de la filière pêche.

Impacts Macro-économiques du « Pacte national pour la relance économique et l’emploi de 120 MMDH »

LE PACTE NATIONAL POUR LA RELANCE ÉCONOMIQUE ET L’EMPLOI A PEU D’IMPACT SUR L’INFLATION, PARTICULIÈREMENT SUR LE COURT TERME, ESTIME CDG CAPITAL INSIGHT.

« Les risques inflationnistes restent contenus sur le court terme, et pourraient se limiter à la formation potentielle de bulles inflationnistes sur certaines catégories d’actifs sur le moyen et le long terme », explique CDG Capital Insight dans sa récente note d’analyse intitulée « Impacts macro-économiques du Pacte national pour la relance économique et l’emploi de 120 milliards de dirhams (MMDH) ».

Le comportement de l’inflation par rapport aux impulsions monétaires dépend de deux principaux facteurs, la composition du panier qui reflète le mode de consommation de la population cible, notamment la population urbaine pour le cas du Maroc et la confrontation offre/demande et son évolution à moyen terme.

Selon la note d’analyse, l’évolution de l’inflation au Maroc, suivie par l’Indice des Prix à la Consommation (IPC), dépend dans une large mesure du comportement de la composante alimentaire, aussi bien de par son poids prépondérant dans la structure du panier (44,8%) que de sa volatilité tributaire aux résultats de la campagne agricole.

Par conséquent, l’inflation est plus exposée, sur le court terme à des chocs d’offre alimentaire qu’à la demande ou bien à une impulsion monétaire, souligne la même source, notant que l’ensemble des facteurs déterminants de la consommation intérieure seraient toujours impactés par la crise en 2021, notamment la hausse prévue du chômage, le faible recul des transferts des MRE et la lenteur de la reprise des crédits à la consommation.

La conjonction de ces éléments oriente vers un scenario qui exclut une surchauffe des prix émanant de la confrontation offre/demande. Toutefois, la stimulation de la distribution des crédits, associée à des niveaux bas des taux débiteurs, pourrait générer une hausse des prix de certaines composantes de l’inflation non alimentaire, notamment l’habitat et les services (éducation et santé), induisant ainsi, une pression inflationniste à moyen et long terme, dont l’impact serait limité sur l’inflation globale compte tenu de la structure du panier de l’IPC.

De surcroit, cette orientation expansionniste de la politique monétaire pourrait également générer, à moyen et long terme, un renchérissement des prix de certaines catégories d’actifs, particulièrement immobiliers, et ce suite à une reprise de la demande sur cette catégorie de biens et un assouplissement des taux de crédit. Cette situation pourrait se traduire par l’activation du canal de richesse en résultat de la hausse de la valeur des biens détenus par les ménages.

Légalisation du cannabis : Argument démagogique ou réel combat ?" par  Telquel.ma

Démission du PDG et du directeur général du laboratoire chinois Sinopharm

Coté à la Bourse de Hong Kong, le laboratoire pharmaceutique chinois Sinopharm, avec qui le Maroc a conclu un partenariat pour la campagne de vaccination anti-Covid-19, a annoncé la démission de deux de ses dirigeants dans un communiqué publié par la société.

Changement de tête au sein du partenaire chinois du Maroc dans sa campagne de vaccination. Dans deux communiqués distincts publiés le 12 janvier, le conseil d’administration du groupe pharmaceutique public chinois Sinopharm annonce les démissions de Li Zhiming ainsi que de Li Hui, occupant pour le premier la fonction de président directeur général, tandis que le second est directeur général et membre du comité stratégique et du comité d’audit.

Le motif des deux départs est le même pour les deux désormais ex-dirigeants, justifiés par “des raisons personnelles”. Leurs démissions ont pris effet “immédiatement”.

Aucun désaccord

Le communiqué relatif au départ de Li Zhiming évoque que ce dernier a confirmé n’avoir “aucun désaccord avec le conseil d’administration” et qu’aucune question liée à son départ “n’a attiré l’attention des actionnaires et des créanciers de la compagnie”.

Le remplaçant du PDG a été nommé dans la foulée, le même jour, en la personne de Yu Qingming, 56 ans. Ce dernier était auparavant directeur exécutif du géant pharmaceutique chinois. La communication précise que la société continuera de mener le cours normal de ses opérations.

Premier groupe chinois à avoir fait part de chiffres concernant l’efficacité de son vaccin, estimée à 79,43 %, Sinopharm a vu son produit faire l’objet d’une approbation “conditionnelle” à une utilisation d’urgence accordée le 31 décembre par le régulateur chinois. Cinq millions de personnes en Chine, considérées à “forts risques” avaient pu déjà bénéficier de l’injection du vaccin.

Le dossier du vaccin chinois “encore à l’étude” au Maroc

Engagé à fournir des millions de doses au Maroc, Sinopharm n’a toujours pas vu son produit recevoir l’aval de la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP), dépendant du ministère de la Santé marocain. “Le dossier d’approbation est encore à l’étude” par la Commission nationale d’autorisation de mise sur le marché, nous a confirmé l’un des membres, ce 13 janvier.

Après l’annonce des deux démissions, les actions de Sinopharm cotées à la bourse de Hong Kong ont perdu 1,8 % de leur valeur.

Covid-19 : ce que l’on sait du prix des vaccins

Quel est le prix des vaccins à l’unité et quels accords ont été passés entre les États et les laboratoires pharmaceutiques ? Des chiffres sous le sceau du secret afin de laisser aux fabricants les coudées franches pour négocier.

Elle s’était justifiée en avançant avoir été “transparente, peut-être trop transparente”. Le 17 décembre, alors ciblée par les critiques de l’opposition nationaliste flamande qui l’accusait de ne pas avoir prévu suffisamment de fonds pour l’achat des vaccins, la secrétaire d’État belge au Budget et à la protection des consommateurs Eva De Bleeker a voulu remettre les pendules à l’heure. Et c’est par le biais de son compte Twitter que la clarification a eu lieu.

Une valse à trois temps où elle annonce d’abord : “Comme je l’ai dit quarante fois en commission, il y a suffisamment de marge dans les provisions (…) pour financer les vaccins.” Pour ajouter à sa démonstration, elle publie ensuite un tableau où figure le détail des contrats signés entre la Belgique et les laboratoires pharmaceutiques, des quantités commandées jusqu’au prix unitaire des doses.

L’erreur ne passe pas inaperçue et, dans la foulée, le message est supprimé. C’est que ces données font normalement l’objet de clauses de confidentialité entre les parties et sont secrètement couvertes par l’industrie pharmaceutique. 

Accords internationaux et confidentialité

Dans le détail, le prix des doses commandées par la Belgique était donné comme suit : 1,78 euro l’unité pour AstraZeneca, 7,56 euros pour Sanofi/GSK, 10 euros pour Curevac, 12 euros pour Pfizer-BioNTech. En revanche, pour Johnson & Johnson et Moderna, les prix avancées ont été publiés en dollars américains : respectivement 8,50 $ (6,90 euros ou 75 dirhams) et 18 $ (14,7 euros ou 159 dirhams). L’ensemble pour un coût dépassant les 279 millions d’euros concernant l’approvisionnement de 33,5 millions de doses.

Appelée à se justifier devant la Chambre sur ce que certains médias belges ont qualifié “d’erreur politique”, la secrétaire d’État au Budget a défendu qu’il ne s’agissait pas “d’un tableau définitif officiel”. 

Il reste difficile de prévoir avec exactitude le prix des doses des vaccins acquis par les États et plus encore le montant global des partenariats noués avec les laboratoires pharmaceutiques établis sur plusieurs millions de doses. “Le Maroc étant lié par des accords internationaux, portant notamment sur la confidentialité et les transactions commerciales, il n’est pas possible de divulguer le prix auquel l’État marocain achètera ce vaccin”, avait éludé le ministre Khalid Aït Taleb lors d’un entretien accordé à TelQuel courant décembre.

Au Maroc, la gratuité a été instaurée pour la campagne de vaccination attendue ces prochaines semaines. Et à Khalid Aït Taleb de poursuivre, concernant le coût de l’acquisition du vaccin développé par Sinopharm CNBG : “La non-divulgation du prix s’inscrit dans le cadre de la sauvegarde des intérêts chinois.” Ces clauses de confidentialité, pour les laboratoires, sont demandées afin de conserver des marges de négociation avec leurs autres clients.

C’est ainsi que pour le vaccin Pfizer-BioNTech, l’agence Reuters annonçait en décembre que l’Union européenne avait passé commande de 300 millions de doses pour un montant de 15,50 euros l’unité. Un tarif en dessous de ce que devront payer les États-Unis où 100 millions de doses ont été achetées pour 19,50 euros.

Un bien public ?

Toutefois, il reste nécessaire de distinguer les accords passés entre un État et un laboratoire pharmaceutique, qui se basent sur un certain prix à l’unité, du tarif une fois le produit mis sur le marché. Ces derniers pourront même être amenés à changer. 

En Chine, les vaccins font partie d’un maillage général de la diplomatie sanitaire que Pékin entend déployer, notamment dans les pays en développement. En mai déjà, le président chinois Xi Jinping avait proposé de fournir le vaccin chinois comme un “bien public”, donc à un prix “abordable. En août, Liu Jingzhen, le président de Sinopharm — une entité publique chinoise — annonçait que la double dose du produit coûterait 140 dollars (soit approximativement 115 euros, ou 1230 dirhams) une fois sur le marché.

Un vaccin qui serait toutefois vendu bien plus cher que le second commandé par le Maroc, celui développé par AstraZeneca-Oxford. L’approvisionnement marocain du vaccin se fera par l’Inde et son fabricant industriel Serum Institute of India (SII), comme l’indiquait l’autorisation d’urgence de mise sur le marché émise par le ministère de la Santé le 6 janvier.

Son PDG, Adar Poonawalla, annonçait récemment que les 100 premiers millions de doses qui sortiront de l’usine pharmaceutique seront destinées au gouvernement indien au “prix spécial” de 200 roupies, soit environ 25 dirhams, tandis que les doses vendues sur le marché privé devraient coûter 1000 roupies (environ 120 dirhams).

Si ces propos ont rapidement fait l’objet d’un démenti de la part du gouvernement indien, ces chiffres permettent de donner une indication. En Europe, à titre d’exemple, AstraZeneca avait déclaré fin novembre que son vaccin serait initialement commercialisé en France “à prix coûtant”, soit aux alentours de “2,5 euros”.

Programme Covax : Le Maroc recevra 1.881.600 doses du vaccin d’AstraZeneca

L’Inde à elle seule réceptionnera 97,2 millions de doses

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié les premières prévisions de distribution des vaccins aux pays participants au programme Covax. Rappelons que ce programme a été conçu pour garantir un accès équitable aux vaccins anti-Covid. Les pays participants devront recevoir les doses de vaccin durant les prochains mois. Selon le document, il est prévu une distribution indicative de 240 millions de doses de vaccin AstraZeneca/Oxford, sous licence du Serum Institute of India (SII), 96 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, dans le cadre du contrat d’achat anticipé entre Gavi, l’Alliance du vaccin et AstraZeneca pour les deux premiers trimestres de 2021 et 1,2 million de doses promises du vaccin Pfizer-BioNTech.

Le Maroc figure ainsi dans la liste des pays bénéficiaires du programme Covax. Selon les prévisions, le Royaume recevra 1.881.600 doses du vaccin d’AstraZeneca. Parmi les autres pays du Maghreb, il y a lieu de relever que l’Algérie recevra 2.200.800 doses du même vaccin que le Maroc. Pour ce qui est de la Tunisie, le nombre de doses du vaccin AstraZeneca s’élève à 592.800 et 93.600 doses du vaccin de Pfizer et BioNTech. La Mauritanie réceptionnera 360.000 doses du vaccin d’AstraZeneca fournies par le Serum Institute of India. Les pays qui recevront le plus grand nombre de doses au cours de ce semestre sont l’Inde avec 97,2 millions de doses, le Pakistan (17,2 millions), le Nigeria (16 millions), l’Indonésie (13,7 millions), le Bangladesh (12,8 millions) et le Brésil (10,7 millions), l’Ethiopie (8.928.000). Il est aussi à noter que des pays riches figurent également dans la liste des bénéficiaires. C’est notamment le cas du Canada (1.903.200 doses), l’Andorre (26.400), Monaco (7.200), la Nouvelle-Zélande (249.600), le Qatar (144.000) et l’Arabie saoudite (1.747.000). Signalons que le dispositif Covax prévoit actuellement que 1,2 million de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech seront mises à la disposition de moins de vingt pays au cours du premier trimestre 2021.

Les pays qui seront les premiers à recevoir ces doses de vaccin sont : Bhoutan, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Cap-Vert, Colombie, Salvador, Géorgie, Maldives, Moldavie, Mongolie, Pérou, Philippines, République de Corée, Rwanda, Afrique du Sud, Tunisie, Ukraine et Cisjordanie et Gaza. «Des volumes supplémentaires de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech seront disponibles au cours du deuxième trimestre et au-delà, conformément à l’accord d’achat anticipé signé entre Gavi et Pfizer-BioNTech pour un maximum de quarante millions de doses», indique le dispositif Covax dans ses prévisions. Les doses totales couvrent en moyenne 3,3% de la population des 145 participants, en ligne avec l’objectif de 3% de couverture sur les six premiers mois de 2021.

Pluviométrie, production arboricole, exportations… De bonnes perspectives agricoles en 2020-2021

«Le cumul pluviométrique moyen national au 13 janvier 2021 s’est élevé à 180,6 mm, en hausse de 50% par rapport à la campagne précédente (120,3 mm) à la même date et de 5% par rapport à la moyenne des 30 dernières années (172,2 mm)»

La campagne agricole 2020-2021 démarre sous de bons auspices. «Les pluies importantes qui ont touché l’ensemble du territoire national à partir de la 3ème décade du mois de novembre 2020 ont permis de résorber progressivement le déficit pluviométrique qui a atteint 21,4% au 31 décembre 2020. En effet, le cumul pluviométrique moyen national au 13 janvier 2021 s’est élevé à 180,6 mm, en hausse de 50% par rapport à la campagne précédente (120,3 mm) à la même date et de 5% par rapport à la moyenne des 30 dernières années (172,2 mm)», fait observer la dernière note de conjoncture de la Direction du Trésor et des finances extérieures (DTFE – janvier 2021). Les détails.

Arboriculture : Après la pluie, le beau temps

La saison agricole 2020-2021 s’annonce prometteuse. Concernant la production arboricole, les premières estimations du ministère de l’agriculture dévoilent une croissance de 29% pour les agrumes, attribuée à l’effet des températures relativement clémentes durant les périodes de floraison et de nouaison et de l’entrée en production des nouvelles plantations. Sur le plan des exportations, et face à l’offre relativement limitée des principaux concurrents du Maroc et d’une demande internationale soutenue pour les agrumes dans le sillage de la pandémie, une progression de 10% est prévue. S’agissant de l’olivier, on notera une amélioration de 14% de sa production en raison de l’effet positif des pluies des mois d’avril et mai qui ont favorisé la nouaison et le développement des fruits. Dans le même sens, l’effet de l’alternance de l’olivier a coïncidé lors de cette campagne avec un cycle haut de production, précise la même source. Les mêmes estimations présentent une croissance de 4% pour la production du palmier dattier en comparaison avec le record atteint l’année passée. «Cette performance record est due aux effets positifs des conditions climatiques et à l’impact du programme de plantation de 1 million de palmiers», relève-t-on.

Dynamique des exportations

Malgré le contexte international de crise en raison de la Covid-19, la campagne d’exportation des produits agricoles 2020-2021 est sur une bonne dynamique. «En effet, les exportations des produits maraîchers ont enregistré un volume de 214,5 mille tonnes (du 1er septembre au 22 novembre), en hausse de 15% par rapport à la campagne précédente. Pour leur part, les exportations de clémentines se sont élevées à 106,6 mille tonnes, en augmentation de 60%», affirme la même source rappelant que cette tendance favorable a concerné également les expéditions de la tomate qui ont progressé de 3% pour atteindre un volume de 117,4 mille tonnes. On observera aussi qu’au niveau des fruits rouges, les exportations de la framboise s’élèvent à 6,5 mille tonnes, augmentant de 17% comparativement à la campagne agricole de l’année passée.

Quelques faits de la campagne 2019-2020

Parmi les tendances favorables qui ont été relevées au cours de la campagne agricole 2019-2020, on compte au niveau des filières : les produits maraîchers dont les exportations ont enregistré un volume de l’ordre de 1,4 million de tonnes, en hausse de 12% par rapport à la campagne 2018-19. Pour leur part, les expéditions de la tomate ont marqué une progression de 5%. Dans le même sens, une hausse importante de 22% a été enregistrée au niveau des fruits rouges.

Pour ce qui est du cheptel, les précipitations des mois de mars et d’avril avaient participé à «l’amélioration de la situation des ressources fourragères des parcours et à l’atténuation de l’impact de la sécheresse sur le revenu des éleveurs», indique la DTEF. Il faut par ailleurs souligner que la campagne agricole 2019/2020 a été caractérisée par un déficit pluviométrique important et une mauvaise répartition temporelle des pluies. A fin mai 2020, le cumul pluviométrique était de 239 mm, en recul de 31% par rapport à la moyenne de 30 ans et de 19% par rapport à la campagne précédente. Durant la campagne 2019-2020, la production des trois principales céréales avait atteint 32 millions de quintaux, en sensible recul de 39% comparé à la campagne précédente et de 57% par rapport à la production moyenne de 75 millions de quintaux.

Projets d’infrastructures : les procédures d’expropriation, ce point nodal !

Une dotation de 5MMDH a été débloquée sur la période 2016-2020 afin de boucler les dossiers d’expropriation pour cause d’utilité publique. Le budget des projets d’infrastructures routières en cours s’élève à 6MMDH.

Parce que la poursuite des travaux d’infrastructure est cruciale au point qu’elle ne saurait être impactée par la conjoncture, la question relative à la manière dont l’Etat gère les opérations d’expropriation s’est une nouvelle fois invitée aux débats, cette semaine sous la coupole. Le ministre de l’Equipement a, ainsi, été interpellé par les principales formations parlementaires au sein de la deuxième instance législative sur l’état des lieux des projets d’infrastructures et ceux portant sur le désenclavement. Abdelkader Amara a, à ce titre, étalé devant les conseillers plusieurs indicateurs pour mettre en avant l’effort budgétaire consenti en vue de concrétiser les projets dans les meilleurs délais. La condition sine qua non, exigée par l’article 8 de la loi des Finances, pour l’entame des projets, pourra certes être à l’origine de retards dans certains projets, mais «elle constitue une garantie», a estimé Amara. Du point de vue juridique, l’Etat reste très vigilant en matière de respect des procédures dans les opération d’expropriation, l’enjeu étant d’éviter la phase judiciaire. Selon les données communiquées aux Conseillers, sur la période 2016-2020, c’est une enveloppe de 5MMDH qui a été affectée à l’expropriation. Malgré cela, le principal souci demeure l’achèvement de plusieurs programmes de liaisons routières. «Les voies express qui sont en cours d’aménagement au sein des collectivités territoriales sont de l’ordre de 739 km, pour un coût de 6MMDH», a noté Amara.

Des normes imposées pour protéger les expropriés

La procédure d’expropriation fait l’objet d’un traitement particulier de la part de plusieurs départements ministériels. Les devoirs qui sont actuellement transcrits par la réglementation en vigueur sont contrôlés au niveau d’un comité comprenant toutes les parties prenantes de la procédure. L’objectif est la prise en compte des intérêts des administrés face aux pouvoirs publics. Il s’agit aussi de s’assurer que les buts escomptés derrière l’expropriation soient atteints par l’Etat. Parmi les points cruciaux qui restent posés en matière d’expropriation, figurent les mesures suivant la déclaration d’utilité publique, notamment pour ce qui est de la délimitation des démarches à suivre par les citoyens en vue de l’obtention des indemnités découlant de l’expropriation.

Un processus qui doit être on ne peut plus fluide et équitable, sachant que la gestion à l’amiable des dossiers reste le principal objectif. Notons tout de même que l’entame de la procédure judiciaire est souvent synonyme de retard de démarrage ou de continuité de projets déjà arrêtés.

Il est également à souligner que l’action judiciaire souvent intentée par les expropriés ne suspend pas le jugement rendu en première instance par les juridictions administratives, sans oublier que les citoyens lésés perçoivent, dans la plupart des cas, des indemnités obtenues à l’amiable qui sont inférieures à celles arrachées via la voie contentieuse.

Le schéma des infrastructures routières prorogé

Pour garder la même cadence de réalisation des projets, l’Etat vise à asseoir une vision long termiste pour la carte routière, avec une recommandation actuellement à l’examen de proroger la durée du schéma des infrastructures routières jusqu’à 2040. Cette piste a surtout pour objectif « d’établir un cadre anticipatif et prendre en considération l’état du réseau routier, l’évolution des besoins, en plus des contraintes relatives au financement ainsi que la complémentarité avec les autres moyens de transport ferroviaire, maritime et aérien », comme l’indique la feuille de route du comité de pilotage du schéma national. La carte des travaux routiers montre que l’achèvement du programme des routes rurales devra atteindre 90 % en 2021. L’accélération de la cadence de réalisation des projets d’infrastructures routières reste parmi les principaux enjeux de l’Exécutif. En effet, ce volet conditionne l’ensemble des infrastructures de base pour le monde rural, ainsi que pour certaines zones urbaines. Durant l’année écoulée, le principal constat qui s’est dégagé concerne le faible impact en la matière de la loi sur le partenariat public-privé (PPP), un fait aggravé par l’arrêt de plusieurs chantiers durant le second trimestre de l’année.

Financement collaboratif : la nouvelle loi dans les starting- blocks

La loi sur le financement collaboratif a franchi le cap de la Chambre des représentants. Treize dispositions ont été amendées par les parlementaires.

Composée de 70 articles, la version finale de la loi 15-18 sur le financement collaboratif a fait l’objet de plusieurs amendements, apportés par la Commission des finances au sein de la Chambre des représentants, en vue de maximiser les chances de succès de ce nouveau mode de financement. Le premier correctif apporté par les députés concerne la nécessaire édiction d’un décret d’application pour réglementer les contributions des non-résidents.

De même, les élus ont exigé que le dossier d’agrément inclue une attestation qui prouve que la personne concernée n’a jamais été condamnée pour des délits financiers. La mouture finale de la loi a également introduit un amendement relatif au dépôt électronique de la demande, qui figure dans l’article 9 de la loi, ce qui permettra aux demandeurs de bénéficier des avantages prévus en matière de délais et de modalités de traitement des demandes. Pour leur part, les sociétés de financement collaboratif seront dans l’obligation d’adresser un rapport annuel au département des Finances, suite à un amendement apporté à l’article 33 de la loi, qui établissait une liste limitative des destinataires du rapport annuel de sociétés. À noter que huit autres amendements ont été apportés par les députés afin de détailler et clarifier plusieurs dispositions. Il s’agit notamment de la nécessité d’édicter une circulaire de la Banque centrale sur les contrats conclus entre les sociétés du financement collaboratif et divers partenaires. La nouvelle législation devra doter les coopératives de nouvelles modalités de financement, et «mobiliser de nouvelles sources de financement en faveur des TPE et des PME, ainsi que des jeunes porteurs de projets», indique la version finale de la loi qui ajoute que les MRE seront aussi pris en considération «à travers la mise en place d’un mécanisme simple et transparent de financement». Les nouvelles mesures citent également le soutien apporté à la société civile, avec «le financement de projets ayant un fort impact social», précise la nouvelle législation. Le crowdfunding, qui permet de financer les projets et de collecter des fonds généralement peu élevés, devra aboutir à l’esquisse d’un cadre qui «renforce l’attractivité de la place financière du pays», selon les termes de la législation qui est actuellement en deuxième lecture à la Chambre des conseillers.

D’autres exigences imposées

Les sociétés de financement qui seront agréées, devront adhérer à une association professionnelle (ASFC) dont les statuts devront avoir l’aval de Bank Al-Maghrib (BAM) et de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Chaque société de financement est également assujettie au paiement d’une commission annuelle, calculée sur la base du volume des financements collectés, avec des majorations de retard prévues. Toujours dans la rubrique des devoirs qui incombent aux sociétés, on retrouve la désignation d’un commissaire aux comptes pour trois exercices consécutifs. Le contrôle qui sera assuré par la Banque centrale s’apparente aux missions dévolues à BAM en matière de vérification du respect des dispositions légales. Une rubrique spéciale a aussi été prévue pour les opérations de financement collaboratif participatif. Ainsi, et préalablement à la constitution d’une plateforme électronique permettant la mise en relation des porteurs des projets avec les contributeurs, un avis conforme devra être sollicité auprès du Conseil supérieur des oulémas sur le projet du règlement de gestion de la plateforme électronique. À noter que les projets devront être réalisés au terme d’un contrat de financement conclu entre le porteur du projet, avec des clauses qui devront être conformes au contrat type dont le modèle sera établi par une circulaire conjointe de BAM et de l’AMMC. Enfin, le cumul des contributions d’une personne physique au titre de chaque projet ne pourra dépasser un certain montant, qui sera fixé par décret d’application, avec un plafond maximal de 250.000 DH par campagne. Par an, ce cumul ne pourra en aucun cas dépasser les 500.000 DH.

Centrale des risques sur le crédit : vérifiez votre rapport de solvabilité !

Le « Crédit Bureau » qui délivre des rapports de solvabilité sur les emprunteurs, a été bien adopté par les institutions financières de la place. Il est par contre peu connu ou moins maîtrisé par les clients. Pourtant, tout consommateur, particulier ou entreprise, est en droit aussi bien de consulter son rapport de solvabilité ou de contester d’éventuelles données erronées en mesure de bloquer indirectement son accès à un financement ou demander des rectifications, s’il estime que les données qui y figurent sont erronées. Usurpation d’identité, non prise en compte de la régularisation des impayés, attribution de crédits jamais contractés… le demandeur de crédit peut être pénalisé par de fausse de informations dans son rapport de solvabilité. Comment obtenir votre rapport de solvabilité ?


Toute personne ayant déjà pris un crédit au Maroc a un rapport de solvabilité accessible à toutes les institutions financières de la place à travers le « Crédit bureau ».  Les informations contenues dans la base de données du crédit bureau, sont des informations initialement transmises à cette centrale des risques, par l’ensemble des établissements financiers.  La prise de connaissance des informations figurant sur votre rapport de solvabilité vous aidera à mieux vous protéger contre les risques liés à l’usurpation d’identité ainsi qu’une meilleure visibilité sur votre situation financière. Qu’est-ce que le « Crédit Bureau » ? Comment obtenir son rapport de solvabilité ?

Dans un deuxième guide de la série « Infos utiles » dédié au « Rapport de solvabilité », Bank Al-Maghrib (BAM) y explique les démarches à suivre pour avoir les informations sur la situation de crédits.

– Le « Crédit Bureau » collecte toutes les informations signalétiques, habitudes de remboursement des crédits et les informations négatives sur les particuliers et les entreprises auprès des banques, les sociétés de financement et les associations de micro-crédit.

– Il est nécessaire de s’adresser au « Crédit Bureau » qui est le délégataire de BAM pour la gestion de la centrale des risques sur le crédit.

– Tout consommateur, particulier ou entreprise, est en droit aussi bien de consulter son rapport de solvabilité ou de contester ou demander des rectifications sur ce dernier, s’il estime que les données qui y figurent sont erronées.

– Conformément à la circulaire n°1/G/2010 de BAM, les établissements de crédits sont tenus, préalablement à l’octroi d’un crédit à la clientèle, de consulter le crédit bureau, en vue de l’obtention d’un rapport sur la solvabilité des clients souhaitant bénéficier d’un crédit.

Les informations sont :

– Communiquées de façon transparente et claire.

– Parfaitement sécurisées : à part le demandeur ou son établissement de crédit, personne ne peut avoir accès au rapport de solvabilité.

– Rectifiables dans le cas où le rapport contient des erreurs.

Comment contacter le « Crédit Bureau » ?

– D’abord préparer les documents justificatifs suivants :

– Personne physique : Copie de la pièce d’identité de l’intéressée ou de son mandataire.

– Personne morale : Pour les entreprises : Copie de la pièce d’identité du gérant ou de son mandataire et le modèle J de moins de 3 mois. Pour les associations : présenter le statut de l’association, le règlement intérieur, la CNIE du président du bureau avec une procuration des membres du bureau de l’association.

– Soit transmettre ou se présenter, muni de ses pièces justificatives, à une des agences de crédit de bureau qui existent au Maroc :

Les deux agences de renseignements sur le consommateur, particulier ou entreprise au Maroc sont : Quantik (7 rue Messaoudi, Appt 8-9, 20100, Casablanca -Tel: +212 5 22 64 74 00. Mail : info@quantik.ma) et Creditinfo Maroc (300 lot 2 Mandarona, Immeuble Casablanca Business Center , 1er étage, Sidi Maarouf- Tel : +212 6 66 04 98 48. Mail : consommateurcb@creditinfo.co.ma)Ces agences préparent les rapports de solvabilité. 

– Ou bien télécharger le formulaire disponible sur l’un des sites web (www.quantik.ma ou ma.creditinfo.com), remplir le formulaire et l’envoyer avec les pièces justificatives, à info@quantik.ma ou consommateurcb@creditinfo.co.ma.

Les industriels marocains optimistes à court terme

Pour les trois prochains mois, les industriels s’attendent à une hausse de la production et des ventes. Au cours du mois de décembre 2020, les ventes ont enregistré une augmentation aussi bien sur le marché local qu’étranger, estime Bank Al-Maghrib.

Les chefs d’entreprises opérant dans le secteur industriel anticipent globalement une hausse de la production et des ventes pour les trois prochains mois. C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie au titre du mois de décembre 2020 de Bank Al-Maghrib (BAM).  « Pour les trois prochains mois, les entreprises s’attendent globalement à une hausse de la production et des ventes. Toutefois, 20% d’entre elles déclarent ne pas avoir de visibilité quant à l’évolution future de la production et 34% pour ce qui est des ventes », indique BAM.

L’enquête dont les données ont été collectées entre le 1et et le 29 janvier 2021, avec un taux de réponse de 65%, révèle que la production a stagné en décembre 2020 et que le taux d’utilisation des capacités (TUC) s’est stabilisé à 70%. Pour les ventes, elles ont enregistré une augmentation aussi bien sur le marché local qu’étranger. De même, les commandes ont progressé, avec un carnet qui s’est situé à un niveau inférieur à la normale. 

Par branche d’activité, la production est restée quasiment stable d’un mois à l’autre dans l’« agroalimentaire ». En revanche, elle a enregistré une hausse dans le « textile et cuir », dans la « chimie et parachimie » et dans l’« électrique et électronique » et a accusé une baisse dans la « mécanique et métallurgie ». 

Pour leur part, les ventes ont augmenté dans toutes les branches à l’exception de l’« agro-alimentaire » où elles auraient plutôt stagné.

Quant aux commandes, elles ont connu une hausse dans l’ « agroalimentaire » et le « textile et cuir », une stagnation dans la « chimie et parachimie » et une baisse dans la « mécanique et métallurgie ».

Secteur avicole : des pertes estimées à 4 milliards de DH sur une année

LA PRODUCTION DE VIANDES DE VOLAILLE EST ESTIMÉE À 580 000 TONNES ET CELLE D’ŒUFS À 6,1 MILLIARDS UNITÉS.

LE SECTEUR CONTINUE À APPROVISIONNER LE MARCHÉ NATIONAL.

Le secteur avicole passe par une période difficile, à l’instar de la majorité des secteurs d’activité économique. Les niveaux de production ont été impactés au même titre que les prix à la vente et les coûts de production. La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) estime la production des viandes de volaille poulet de chair et dinde, à 580000 tonnes et la production d’œufs de consommation à 5,8 milliards d’unités en 2020 (chiffres provisoires en attente de finalisation). Rappelons qu’en 2019, la production a atteint 625 000 tonnes de viandes de volaille et 6,1 milliards d’œufs de consommation. Youssef Alaoui, président de la FISA, se désole : «Les effets restrictifs de l’état d’urgence sanitaire sur la fluidité d’écoulement de la volaille, à travers les circuits de distribution habituels (fermeture des souks, hôtels, restaurants, arrêt d’activité des traiteurs….), ont entraîné une baisse de la demande et, partant, une chute des ventes, un effondrement des prix à la ferme et une abondance des stocks de volaille et d’œufs invendus au niveau des fermes». Il s’agit d’une crise jamais vécue par le secteur avicole. Elle est sans commune mesure même avec les crises les plus graves qu’ait connues le secteur. Conséquence : les pertes subies sont estimées à 4 milliards de DH dont la majeure partie est supportée par les éleveurs de volaille et d’œufs. En dépit de ces effets néfastes de la crise sanitaire, le secteur avicole a continué à approvisionner, souvent à perte, le marché national en viandes de poulet et de dinde et en œufs de consommation. D’ailleurs, les coûts de production ont enregistré une hausse de près d’un dirham par kg produit. «Il faut savoir que les matières premières, dont le maïs et le soja essentiellement, ont connu une flambée des prix sur le marché international. Ajouter à cela une consommation accrue de gaz due à la vague de froid qu’a connue notre pays. Malheureusement, les éleveurs se retrouvent une fois de plus à absorber cette hausse au détriment d’une marge qui n’existe plus. Aussi, pouvons-nous clairement dire que l’éleveur “subventionne“ le panier de la ménagère en quelque sorte», ironise M.Alaoui.

En revanche, les prix restent stables. Durant le mois de janvier dernier, les prix de vente départ ferme du poulet de chair ont varié entre 9 et 11 DH/kg vif, soit une moyenne de 10,5 DH/kg. De son côté, le prix moyen pondéré de la dinde est situé à 17,75 DH/kg vif. Quant à l’œuf de consommation, le prix est en moyenne de 0,79 DH/unité départ ferme. Actuellement et compte tenu de l’effondrement du pouvoir d’achat de plusieurs ménages et donc de la baisse de la demande, le secteur enregistre une surproduction dans tous ses segments (poulet de chair, dinde et œufs de consommation). Pour remédier à cette situation et atténuer ses effets, les professionnels mènent des opérations individuelles et volontaires de régulation de leurs productions respectives. Les accouveurs procèdent ainsi à des réformes précoces de leurs lots de reproducteurs afin d’adapter la production de poussins et de dindonneaux aux besoins du marché. D’un autre côté, il est à signaler que «des opérateurs du secteur exportent les produits avicoles, notamment les poussins, les œufs à couver et les œufs de consommation essentiellement vers les pays de l’Afrique de l’Ouest. Ce qui représente un débouché important, mais pas suffisant pour le moment, pour écouler une partie de la production nationale. Il faut souligner que certains opérateurs ont aussi opté pour des implantations directement à l’étranger comme au Mali, en Mauritanie et au Sénégal», annonce notre source. De son côté, la fédération mène des actions en vue de relancer l’activité. Citons parmi elles le partenariat avec le groupe CAM qui s’engage à accompagner le secteur avicole en activant des mesures de soutien spécifiques et un dispositif d’accompagnement personnalisé par opérateur. De plus, «la FISA est en contact permanent avec le ministère de l’agriculture, la CGEM, la COMADER et les administrations concernées pour assurer et maintenir le rythme normal de l’activité du secteur. Enfin, je pense que le contrat programme du secteur lié au plan Génération Green apportera le souffle nécessaire afin de permettre au secteur de se développer de manière harmonieuse», rassure M.Alaoui.

L’effort de modernisation des «Riyachates» se poursuit

Au delà des conséquences lourdes de cette pandémie, le secteur pâtit de l’existence d’un nombre élevé de tueries traditionnelles dites «Riyachates». La FISA milite depuis plusieurs années avec les parties concernées à la modernisation de ce secteur. Un cahier des charges spécifique a même été élaboré par l’ONSSA, après de longues concertations menées par les administrations concernées et la FISA, afin de moderniser et mettre à niveau ces unités en les transformant en abattoirs de proximité ou en points de vente des viandes de volaille. Et pour inciter et favoriser l’implication des propriétaires des «Riyachates» dans cet effort de mise à niveau, la FISA a sollicité et obtenu auprès du ministère de l’industrie une prime non remboursable de 30 000 DH pour chaque «Riyacha» mise à niveau ou transformée en point de vente, au choix du propriétaire. Il est à noter que la mise en œuvre de cette prime a été retardée et reportée au vu du contexte actuel lié à la pandémie.

En revanche, les abattoirs avicoles sont structurés, organisés et modernes. Mais ils travaillent actuellement à 40% de la capacité installée depuis 20 ans. «Notre objectif est donc de booster le développement des activités de ces abattoirs afin qu’ils puissent arriver à 80% d’ici 2030. Le seul moyen d’y arriver c’est de mettre en œuvre les dispositions de la loi obligeant les établissements de restauration collective de s’approvisionner uniquement auprès des abattoirs industriels avicoles», explique le président de la FISA.

Investissement : C’est parti pour le Fonds Mohammed VI

LE CONSEIL DE GOUVERNEMENT VIENT D’ADOPTER UN DÉCRET PORTANT SUR SA MISE EN ŒUVRE

Le conseil de gouvernement, réuni jeudi par visioconférence, a approuvé le projet de décret n° 2.21.67 relatif à la mise en œuvre des dispositions de la loi n° 76.20 portant création du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. En application des directives royales et afin d’activer le Plan de relance économique, ce texte comprend des exigences organisationnelles pour l’application de ladite loi, a indiqué Saaid Amzazi, porte-parole du gouvernement, à l’issue du conseil de gouvernement. Selon la même source, il s’agit de fixer à 15 milliards de DH le capital initial du Fonds et de définir ses statuts, qui comprennent la liste des premiers administrateurs du conseil d’administration. Quelques jours auparavant, le ministre de l’économie et des finances avait souligné dans une déclaration publique que le lancement du Fonds Mohammed VI pour l’investissement n’est plus qu’une question de jours. «La loi relative à la création du Fonds a été publiée au Bulletin officiel. Dans quelques jours nous allons passer le décret qui fixe les statuts pour que ce Fonds soit opérationnel», assure le ministre qui ajoute que «le conseil d’administration de ce Fonds va démarrer bientôt». Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement constitue une étape majeure pour relancer l’économie et soutenir les investissements. Son entrée en activité aura un effet positif sur la reprise de l’investissement en particulier, et celle de l’économie en général.

Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement est doté de la personnalité morale (société anonyme). Une enveloppe de 15 milliards de dirhams est allouée par le Budget général de l’Etat. Le capital du Fonds (soit 15 MMDH) est souscrit en totalité par l’Etat au moment de la création et peut être ouvert à d’autres actionnaires à hauteur de 49%. Afin de garantir la continuité du caractère public de ce Fonds, il a été décidé que la part des actionnaires, hors Etat, ne doit pas dépasser 33% du capital.
Le Fonds aura plusieurs missions, dont l’accompagnement et la contribution au financement des grands projets d’investissement aux échelles nationale et territoriale dans le cadre de partenariats avec le secteur privé, ainsi que la participation, via des fonds sectoriels ou thématiques tel qu’énoncé dans l’article 4 de la loi, dans le capital des petites et moyennes entreprises (PME). Il s’agit aussi de participer, d’une manière directe, dans le capital des grandes entreprises publiques et privées évoluant dans des secteurs jugés prioritaires par le Fonds, de fournir des moyens financiers adéquats, de mettre en place des mécanismes de financement structurés et de contribuer à l’élaboration de projets d’investissement et à leur montage financier.

D’où provient l’argent des banques et où va-t-il ?

EN 2020, LES MAROCAINS ONT DÉPOSÉ 48,2 MILLIARDS DE DH DE PLUS DANS LEURS COMPTES, TANDIS QUE LES BANQUES ONT DISTRIBUÉ 46,6 MILLIARDS DE DH DE PLUS POUR LES DIFFÉRENTS SECTEURS DE L’ÉCONOMIE.


LES DÉPÔTS ET LES CRÉDITS SONT EN HAUSSE UNIFORME DE 5,2%.
TOUTEFOIS, LES MAROCAINS SONT DE MOINS EN MOINS ATTIRÉS PAR LES DÉPÔTS À TERME : -13% EN 2020.

En 2020, les Marocains auraient déposé environ 1 000 milliards de DH auprès des banques. C’est près de 82% du PIB (1218 milliards en 2019, en baisse en 2020). Le gros de cette manne, principal coussin des établissements de crédit pour irriguer l’économie de financements, est constitué de dépôts à vue, source non rémunérée pour le secteur bancaire. Selon les dernières statistiques monétaires de BAM datant de fin novembre, ce type de ressources pèse un peu plus de 624 milliards de DH, soit près des deux tiers des dépôts. Les comptes à terme et bons de caisse, que les banques doivent assortir d’un rendement au profit des déposants, ne dépassent pas les 135 milliards de DH, ou moins de 15% du total des dépôts. Le reste étant constitué de comptes d’épargnes et autres dépôts.

Elément nouveau qui mérite de s’y arrêter : les dépôts rémunérés (bloqués par leurs détenteurs sur des maturités précises) se sont inscrits en nette baisse en 2020 ! Les Marocains ont ainsi confié 20 milliards de DH de moins en tant que dépôts à terme pour les 6540 guichets bancaires du pays. Ces ressources sont en décrochage d’environ 13% en 2020. Il faut dire que la tendance a été entamée en 2019, année pendant laquelle les dépôts rémunérés ont dévissé de 5,4%, alors qu’ils étaient en hausse de 6,1% en 2018 et de 7% en 2017. C’est dire que la crise pandémique a eu un effet psychologique déterminant sur les décisions des déposants dont la majorité ont préféré garder les liquidités dans un contexte empreint d’attentisme généralisé et d’un grand manque de visibilité.

Si l’on s’intéresse à l’évolution des dépôts et crédits, force est de constater que les deux ont progressé exactement de la même manière en 2020. Rapportés à leur niveau de 2019, les dépôts et crédits sont en hausse de 5,2%. Ainsi, les Marocains ont déposé 48,2 milliards de DH de plus dans leurs comptes, tandis que les banques ont distribué 46,6 milliards de DH de plus pour les différents secteurs institutionnels.

Par région, la répartition des dépôts et crédits est restée globalement stable sur les dernières années. La région de Casablanca-Settat, avec une part de 29% des guichets, 38% des dépôts et 64% des crédits, continue d’occuper la première position. Elle est suivie par la région de Rabat-Salé-Kénitra qui détient 15% du réseau bancaire, 17% des dépôts et 17% des crédits. En 3e position, se place la région de Fès-Meknès 4% des crédits. De façon générale, il n’y a que Casablanca qui vit au-dessus de ses moyens ! La région Rabat-Salé-Kénitra est exactement à l’équilibre. Tandis que les dix autres régions restantes contribuent plus aux dépôts qu’elles ne consomment de financements. C’est le cas, par ordre d’excédent des dépôts sur les crédits, de l’Oriental, de Tanger Tétouan Al Hoceima, Béni Mellal-Khénifra, et dans une moindre mesure Souss-Massa Draâ et Marrakech-Safi.

Pour donner une idée sur l’ordre de grandeur des dépôts et crédits, en s’arrêtant aux plus grandes localités figurant dans le tableau de la répartition régionale des dépôts et crédits de Bank Al- Maghrib arrêté à fin octobre 2020, la ville de Casablanca fournit, par exemple, 316,4 milliards de DH de dépôts et se voit octroyer environ 585,2 milliards de DH de crédits. Rabat, quant à elle, participe aux dépôts de 97 milliards de DH et bénéficie de 120,3 milliards de crédits. Salé pourvoit 15,6 milliards de DH et se voit octroyer 8,1 milliards de crédits. Pour leur part, les dépôts de la ville de Tanger dépassent 44,4 milliards de DH en face à des crédits d’à peine 22 milliards. Idem pour Marrakech qui contribue aux dépôts nationaux de 41,3 milliards de DH mais ne voit s’octroyer que 28,2 milliards de DH de financements. La capitale de Souss-Massa, Agadir, fournit plus de 27,7 milliards de DH de dépôts et bénéficie de 24,4 milliards de DH de crédits, au moment où les dépôts d’Oujda totalisent 22,5 milliards de DH, tandis que les crédits distribués pour les opérateurs de la ville ne dépassent pas 10 milliards de DH. (voir cartographie).
Cela dit, rapportés au nombre total des comptes bancaires, les dépôts se font de moins en moins importants. Alors que le montant moyen des dépôts ressortait à plus de 56 100 DH en 2010, les comptes n’abritent aujourd’hui que 34 000 en moyenne. Ce montant est obtenu selon nos calculs, en retenant un nombre de comptes de 29,4 millions avec une moyenne de croissance des comptes bancaires au Maroc d’environ 4,5% en 2020 (les ouvertures de comptes ont augmenté d’environ 4 à 5% sur les trois dernières années). A fin 2019, le nombre de comptes bancaires avait enregistré une hausse annuelle de 5% à plus de 28 millions, après 4,7% à fin 2018. S’agissant des comptes ouverts par les banques participatives, leur nombre s’est établi à environ 87 mille, contre 56 mille comptes l’année passée. A ce titre, il semble judicieux de relever que le gap entre rythmes de progression des dépôts et de création des comptes de particuliers, s’explique en partie par l’intégration d’Al Barid Bank dans les données du secteur. L’établissement a en effet amené un grand nombre de comptes relativement faiblement alimentés, du fait du positionnement historique de la Poste en matière de services bancaires, ciblant les bas revenus situés à l’extérieur des grandes villes. Ainsi, entre 2013 et 2014 (année d’intégration des données d’Al Barid Bank), le nombre de comptes au niveau national a bondi de 60%, tandis que leurs dotations a progressé de moins de 15%.

La rémunération des dépôts en baisse !

Les taux créditeurs à fin novembre avoisinent 2,26% pour les comptes et bons de caisse à 6 mois, tandis que les dépôts et bons de caisse à 12 mois sont rémunérés à 2,75%. Force est de relever que les taux «standard» appliqués par les banques sont souvent inférieurs à la moyenne, cette dernière étant tirée vers le haut par l’importance des taux accordés aux grands institutionnels du marché (compagnies d’assurances, caisses de retraites, etc.).

Pour ce qui est des taux débiteurs, la dernière enquête de Bank Al-Maghrib sur les taux débiteurs relatifs au 3e trimestre de 2020 font ressortir une baisse du taux moyen pondéré global de 28 pbs à 4,30%, contre 4,58% au 2e trimestre.Par objet économique, la plus forte baisse de taux a concerné les prêts à la consommation qui ont reculé de 62 pbs à 6,47%. Pour leur part, les taux ont reculé de 44 pbs à 3,97% pour les facilités de trésorerie et de 43 pbs à 4,79% pour les crédits immobiliers. En revanche, les taux ont progressé de 16 pbs à 4,37% pour les crédits à l’équipement. Par secteur institutionnel, les taux appliqués aux crédits aux particuliers ont accusé un repli de 38 pbs à 5,15% et ceux assortissant les concours aux entreprises non financières de 33 pbs à 4,11%. Pour les entreprises non financières privées en particulier, les taux ont baissé de 35 pbs à 4,09% globalement, reflétant principalement un recul de 26 pbs à 3,88% pour les grandes entreprises (GE), et de 74 pbs à 4,44% pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).

L’administration Biden s’attaque à l’affaire GameStop

La saga GameStop migre sur le terrain politique à Washington où, au milieu d’appels à mieux encadrer les pratiques boursières, la secrétaire au Trésor Janet Yellen s’est entretenue jeudi avec les gendarmes des marchés.

Aucune mesure n’a été annoncée à la suite de cette réunion virtuelle, mais «les régulateurs estiment que l’infrastructure a été résiliente malgré une forte volatilité et un volume de transactions élevé, et conviennent de l’importance pour la SEC (ndlr: le gendarme boursier américain) de publier une étude circonstanciée des événements», a déclaré le Trésor dans un communiqué transmis jeudi en fin de journée. «En outre, la SEC et la CFTC (ndlr: régulateur des matières premières et agricoles) examinent si les pratiques de trading sont compatibles avec la protection des investisseurs et des marchés équitables et efficaces», précise encore le communiqué.

Cette réunion virtuelle a regroupé autour de la secrétaire au Trésor les responsables des régulateurs boursier et des matières premières et agricoles, ainsi que la Banque centrale américaine (Fed) et son antenne de New York, qui suit de près tout ce qui se passe à Wall Street. Ils «ont discuté du fonctionnement du marché et des pratiques financières récentes sur les marchés des actions, des matières premières et des marchés connexes», a détaillé le Trésor. Janet Yellen «juge impératif de maintenir l’intégrité de ces marchés et d’assurer la protection des investisseurs». «Nous devons vraiment nous assurer que nos marchés financiers fonctionnent correctement et que les investisseurs sont protégés.»

Le vent de panique qui a soufflé à Wall Street la semaine dernière a poussé la ministre de Joe Biden à solliciter cette rencontre, quelques jours seulement après sa prise de fonctions.

«Bien comprendre avant d’agir»

Interrogée sur d’éventuelles sanctions à l’issue de la réunion, Janet Yellen a botté en touche: «Nous avons besoin de bien comprendre ce qui s’est passé avant d’agir, mais nous regardons très attentivement ces événements», avait-elle déclaré jeudi matin sur la chaîne ABC, lors de sa première interview en tant que secrétaire au Trésor.

Des élus ont pourtant, dans une rare alliance entre républicains et démocrates, demandé une révision des réglementations commerciales. Le Trésor, l’équivalent du ministère de l’Économie et des Finances, n’a pas de pouvoirs de régulation des marchés, mais peut influencer les régulateurs.

L’action de la chaîne de magasins de jeux vidéo GameStop avait bondi de 400% la semaine dernière. Derrière cette stupéfiante envolée du titre d’une enseigne pas particulièrement en bonne santé, se cache une armée de boursicoteurs, actifs notamment sur le site communautaire Reddit et adeptes d’applications de courtage comme Robinhood, et qui se sont ligués contre les fonds spéculatifs ayant parié sur un effondrement de GameStop. Mais des professionnels sont aussi entrés dans la mêlée pour profiter des gains.

Déconnexion

Le fonctionnement de la Bourse de New York dans son ensemble avait été perturbé, de même que le cours de matières premières comme l’argent. Cela a de nouveau mis en lumière l’insolente bonne santé de Wall Street, en totale déconnexion avec l’état actuel de l’économie américaine réelle.

Et le rôle de la Fed a été pointé du doigt: pour soutenir le bon fonctionnement des marchés et du crédit et éviter que la consommation ne chute encore plus, la banque centrale a inondé les marchés de liquidités quand l’activité économique a été paralysée en mars dernier par la pandémie de Covid-19.

L’affaire GameStop a aussi braqué les projecteurs sur des pratiques financières comme le «short-selling», qui consiste à parier sur le plongeon d’une action. L’implication de Janet Yellen dans ce dossier a nécessité une autorisation spéciale, rapportent des médias américains.

En effet, avant d’être choisie par Joe Biden pour prendre la tête du Trésor, elle avait été rémunérée à hauteur de 700’000 dollars par la société d’investissement Citadel, l’un des acteurs-clés de l’affaire GameStop, pour des discours prononcés lors de conférences sur l’économie après son départ de la présidence de la Fed en 2018.

Reprise du travail: El Othmani donne le feu vert sans aucune différence entre les zones

Une journée à peine après le regroupement des patients Covid19 dans des structures sanitaires spécialisées à Benguerir et Benslimane, Saâd-Eddine El Othmani a donné son feu vert à la reprise du travail dans plusieurs secteurs. Dans une circulaire adressée aux différents départements ministériels, le Chef du gouvernement affirme qu’il “a été décidé de reprendre les activités relatives à l’industrie, le commerce, l’artisanat, les petits métiers, les professions libérales, et assimilées, les marchés hebdomadaires, le commerce de proximité…tout en gardant les restrictions sanitaires de l’état d’urgence relative à l’interdiction des rassemblements, fêtes, funérailles…etc”. Ce qui est toutefois surprenant dans le message d’El Othmani c’est qu’il ne précise pas la date de son entrée en vigueur, et ne fait aucune différence entre les zones 1 et 2.

La reprise du travail concerne également toutes les administrations, établissements publics, et collectivités territoriales sans exception. Ceci, forcément sous condition du respect des mesures d’hygiène barrières à la propagation du Covid-19. Par ailleurs, tout porte à croire que le processus du déconfinement progressif s’accélère. À ce titre, Abdelouafi Laftit a signalé ce lundi que “des instructions ont été données aux walis et aux gouverneurs pour qu’ils adaptent l’évaluation de la situation sanitaire locale par rapport au dispositif d’allègement du confinement”.

“Nous allons prendre cette mesure en fin de semaine sachant qu’il ne faut pas oublier que le virus vit toujours parmi nous”, a indiqué le ministre de l’Intérieur lors de la session des questions orales. Selon le ministre de l’Intérieur, “cette évaluation va permettre aux préfectures inscrites dans la zone 2 d’accéder à la zone 1 dont les mesures de déconfinement sont plus allégées.

BMCI déploie les crédits pour la relance des entreprises

BMCI a lancé, ce lundi 15 juin, les crédits “Damane Relance” et “Relance TPE”, deux nouveaux produits de garanties qui donnent accès à des financements bancaires au cours du second semestre 2020 aux entreprises marocaines impactées par la crise née du Covid19. La banque propose ainsi des crédits garantis par la CCG avec un taux d’intérêt exceptionnel de 4% HT, dont le remboursement peut s’étaler sur 7 ans avec un différé pouvant aller jusqu’à 2 ans.

“Damane Relance”, réservé aux entreprises marocaines (hors holdings et services financiers), ayant réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions de DH en 2019, est plafonné à 100 millions de dirhams, quel que soit leur secteur d’activité. Ce crédit s’adosse à la garantie de la CCG couvrant 80 à 90 % du montant selon le chiffre d’affaires de l’entreprise.

Pour les TPE, le crédit “Relance TPE”, garanti à hauteur de 95%, est destiné à celles réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions de DH. Ce crédit est plafonnée à 1 millions de DH. Ces crédits garantis seront destinés, à au moins 50% de leur montant, au règlement des fournisseurs, afin de favoriser un financement interentreprises.

Relance économique : le patronat et les principaux partenaires du Maroc s’allient

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Groupe principal des partenaires (GPP), qui rassemble les directeurs et représentants des principaux partenaires techniques et financiers internationaux présents au Maroc, ont convenu, lundi, d’un nouveau mode opératoire de coopération pour la relance de l’économie nationale, indique l’organisation patronale.

Cette orientation se traduira par « la mise en place de mécanismes d’accompagnement technique pour la réussite de la relance », ainsi que « de solutions de financement destinées aux très petites entreprises (TPE) et petites et moyennes entreprises (PME), en s’appuyant sur des modèles opérés par les institutions internationales dans d’autres pays », souligne la CGEM dans un communiqué, sanctionnant une séance de travail par visioconférence entre les deux parties.

Il a été aussi convenu de développer « un plan d’actions ciblé et concret sur le court et le moyen termes », ajoute la même source, précisant que l’implémentation de cette feuille de route sera assurée par des tasks force conjointes dédiées aux projets d’accompagnement pour la relance économique.

La séance de travail a réuni le président de la CGEM, Chakib Alj, le vice-président général, Mehdi Tazi, et des représentants du GPP, à l’initiative de Leila Farah Mokaddem, co-présidente du Groupe et représentante résidente de la Banque Africaine de Développement (BAD) au Maroc, et Giovanna Barberis, représentante par intérim du bureau des Nations Unies, président permanent du Groupe.

« Elle visait à associer ces institutions à la réflexion sur la relance de l’économie marocaine et à identifier les moyens de renforcer davantage la coopération en faveur du soutien des entreprises, notamment les TPE et PME, particulièrement dans la gestion de la sortie de crise », relève le communiqué, qui fait état de la présence à cette rencontre du président de la commission internationale de la Confédération, Badr Alioua.

L’échange a, d’autre part, porté sur les défis auxquels fait face l’industrie marocaine, notamment les coûts de l’énergie et du transport, l’accompagnement technique et financier des opérateurs économiques, l’intégration de l’informel, les délais de paiement, l’assouplissement du code du travail, la digitalisation, l’innovation, l’intégration africaine du Maroc, entre autres.

Économie solidaire : la précarité hante majorité et opposition

Le sort des catégories en situation de précarité revient en tête de liste des sujets d’interpellation du gouvernement sous la coupole. En effet, une unanimité s’est dégagée parmi les formations parlementaires sur la nécessité de mettre en place une vision claire et réaliste pour le soutien des populations ayant perdu toute source de revenus durant près de 3 mois. La Commission des secteurs sociaux devait tenir, mardi, une audition pour passer en revue les mesures prévues par le gouvernement pour assurer la reprise des activités génératrices de revenus et améliorer les conditions de vie des populations ciblées. Les aides exceptionnelles débloquées en deux étapes ne peuvent, pour leur part, assurer aux catégories précaires une source pérenne de revenus, chose qui pousse actuellement à trouver des moyens de soutenir ces populations.

La carte des besoins

Concernant les préparatifs lancés, il s’agit essentiellement de trouver les moyens de minimiser l’impact de l’arrêt des activités, mais aussi de trouver les canaux via lesquels les personnes impactées et leurs familles pourront bénéficier des mesures de soutien qui leurs sont destinées. Le gouvernement cherche actuellement à mettre en place un dispositif d’information, qui sera un outil de décision pour les agents locaux, dans l’objectif de renforcer l’identification des personnes méritantes au niveau de chaque province sur la base d’une série d’indicateurs prédéfinis. À souligner que la feuille de route du gouvernement se basera sur «le contenu de la loi de Finances rectificative, qui devra favoriser la continuité des projets sociaux, en dépit de la rareté des ressources budgétaires de l’État». En plus de la mise en œuvre du Registre social unifié (RSU), qui devra être érigé en priorité, le rassemblement des informations sur la situation socio-économique des individus et des ménages durant cette année permettra au gouvernement de repérer les plus défavorisés éligibles aux prestations sociales, mais aussi de limiter les fuites et les fraudes, et d’optimiser les délais et les coûts d’opérationnalisation. La consolidation du système national d’information devra passer par la collecte et le traitement des données sur les inégalités, qui sont systématiquement actualisées par les divers intervenants dans le vaste champ de ciblage. Une agence nationale sera créée afin d’intégrer les divers programmes et de toucher toute personne nécessitant une protection.

La consolidation du système national d’information passe d’abord par le changement du mode de mesure des inégalités au Maroc, qui est d’ordre monétaire et issu des deux principales enquêtes du HCP. Les élus proposent ainsi de remplacer ce critère par un autre, plus large, «à partir des données sur les revenus, à l’instar des pays avancés et d’autres économies émergentes». L’adoption de cette approche permettrait de capter la complexité des inégalités et mieux cerner sa dynamique. La production statistique de données devra aider à mesurer l’efficacité des actions déployées sous quelque forme que ce soit. La nouvelle approche devra aussi se baser sur un nouveau système d’évaluation afin de relever les insuffisances impactant les conditions de vie des individus et leur aptitude à assurer leur mobilité sociale.

60% du PIB est encore en confinement

Que représentent réellement les zones 1 et 2, en termes d’indicateurs démographiques et économiques, dans le cadre du plan d’assouplissement du confinement sanitaire mis en place par le Maroc depuis jeudi 11 juin? Le décryptage du Haut-Commissariat au plan (HCP)… 

En vertu d’un plan d’assouplissement du confinement sanitaire mis en place par le Maroc depuis jeudi dernier, les préfectures ou provinces du royaume ont été classées en deux zones selon les critères fixés par les autorités sanitaires. La première est qualifiée de zone verte, avec un large allègement des restrictions sanitaires, alors que la zone 2, dite zone orange, garde encore des limitations contraignantes. Mais que représentent réellement les zones 1 et 2, en termes d’indicateurs démographiques et économiques? Dans une note rendue publique ce 14 juin, intitulée «Indicateurs démographiques et économiques des zones de déconfinement», le Haut-commissariat au plan (HCP) donne les détails de chaque zone en termes de richesses ou encore de taux d’urbanisation. Ainsi, selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), la zone 1 représente pratiquement 60% de la population du pays et compte 56%. Elle affiche une importante composante rurale comparée à la zone 2, puisque le taux d’urbanisation de la zone 1 est de 49,9%, alors que celui de la zone 2 s’élève à 83,3%. Toujours selon la même source, la forte urbanisation de la zone 2 se reflète aussi dans sa densité. Avec 4.278 citadins au km2, la zone 2 est 3,5 fois plus dense que la zone 1. Autres détails de la composition des zones, poursuit le HCP, la zone verte est composée des régions à faible nombre de cas actifs de Covid-19 et correspond à un ensemble de villes de petite taille à l’intérieur du pays ainsi qu’aux régions à dominante rurale. Concernant la zone orange, où subsiste encore un nombre non négligeable de cas actifs, elle est constituée des régions économiques majeures situées pour la plupart sur l’axe Tanger-Casablanca. S’agissant des indicateurs économiques par zone, le HCP indique que la la zone 2 produit près de 60% du PIB national (base 2017) alors qu’elle emploie 40% des actifs occupés, selon les chiffres 2019. Par secteur d’activité, 58% de la population active de la zone 2 sont employés dans les services et 19% dans l’industrie. En revanche, un peu plus du tiers de la population active de la zone 1 est employé dans le secteur agricole.

Les détails des étapes à venir
Pour ce qui est de la levée progressive de ces mesures, de la reprise des activités de tous les secteurs et du retour à la vie normale, l’Exécutif invite à nouveau tous les citoyens à respecter davantage les mesures de confinement et les conditions sanitaires et préventives. Selon le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, Saaid Amzazi, dans le cadre de l’approche progressive adoptée dans la mise en œuvre de ce plan, les comités de veille et de suivi mis en place au niveau de chaque préfecture et province, placés sous l’autorité des walis et des gouverneurs, procèderont à une évaluation hebdomadaire de la situation épidémiologique locale et à la prise des mesures nécessaires à l’assouplissement des restrictions liées au confinement ou à leur durcissement. Les résultats de cette évaluation permettront de reclasser les préfectures et provinces, soit dans la zone 1 au lieu de la zone 2- et inversement- mais aussi de favoriser un plus grand assouplissement des mesures de confinement sanitaire et, du coup, la levée des restrictions sur bon nombre de services et d’activités. «Une telle démarche nous permettra de passer à la deuxième phase marquée par l’ouverture du tourisme intérieur, l’autorisation de certains rassemblements avec un nombre de personnes limité, la reprise sous conditions d’activités culturelles et sportives et l’autorisation des déplacements inter-régions et inter-villes entre autres», a-t-il précisé. Le ministre a en outre abordé les mesures adoptées dans les deux zones d’assouplissement, rappelant que pour la zone 1, il est permis aux citoyens qui y résident, dès jeudi 11 juin, de sortir sans avoir besoin d’une autorisation exceptionnelle de déplacement à l’intérieur du périmètre territorial de la préfecture ou de la province, et de circuler à l’intérieur de la région de résidence classée dans la zone 1 sans obligation d’avoir des autorisations à cet effet. Il a noté que ces citoyens doivent seulement présenter la carte d’identité électronique et pourront accéder aux salons de coiffure et d’esthétique, lesquels sont tenus d’exploiter 50% de leur capacité d’accueil. Les citoyens résidant dans la zone 1 sont aussi autorisés à accéder aux espaces publics en plein air (parcs, jardins, lieux publics, jogging, footing, etc.) et à reprendre l’activité sportive à titre individuel en plein air (bicyclette, skate, roller, etc.).

Commande publique : Comme un air d’austérité

Les activités dépendantes des appels d’offres (A.O) ont pris un sérieux coup pendant cette crise. Cette situation s’illustre clairement à travers les tendances générales de publications des A.O analysées récemment par SODIPRESS.com (portail web spécialisé dans la publication des appels d’offres publics et privés) et W-ADVISER (cabinet d’études marketing) qui met en exergue le recul du nombre des publication des appels d’offres depuis le début de la crise, à savoir mi-mars dernier. Cette analyse qui couvre la période du 15 février au 15 mai 2020 relève qu’à partir du 15 avril 2020, l’écart entre le nombre de publications en 2020 comparativement à la même période en 2019 se resserre. En même temps, le poids des A.O émis par le secteur public est resté stable sur toute la période à plus de 95%.

Une reprise timide au niveau des régions

Par région, la reprise s’annonce timide au niveau de l’ensemble du territoire marocain, à l’exception de la région du Sud qui semble avoir retrouvé son niveau pré-Covid. Ainsi, les régions du Sud ont renoué avec les publications pré-crise sanitaire : Souss-Massa, Drâa-Tafilalet, Laâyoune-Sakia El Hamra, Gelmim-Oued Noun et Dakhla-Oued Eddahab. Parallèlement, les autres régions dénombrent entre 60 et 75% de leurs publications mensuelles pour cette période de l’année. Ce qui laisse prévoir une reprise totale pour juin 2020.

Le BTP fortement impacté

Par secteur, l’impact sectoriel des appels d’offres est également significatif, notamment dans le BTP, Etudes & Conseil qui enregistrent respectivement 38% et 32%, soit les plus fortes chutes pendant la période du 15 février 2020 au 15 mai 2020 comparé à la même période de l’année 2019. Cette crise touche également les secteurs «Informatique, Télécommunications, Electrique et Electronique et Bureautique» et «Agriculture» qui affichent respectivement -27% et -23%. Pour les experts la tendance actuelle laisse présager une stabilisation des reports dès le mois de juin. Dans cette perspective, les prémices de la reprise se confortent sur les 30 derniers jours pour les 4 secteurs les plus touchés. Pour les experts, la reprise semble se confirmer sur les 4 dernières semaines, avec des disparités entre les secteurs. Il faudra donc attendre la fin des 2 semaines allant du 1er au 15 juin 2020 pour une confirmation finale.

Un levier dominant pour la reprise

«A la veille du déconfinement, les espoirs se tournent vers la commande publique, perçue comme un levier de croissance incontournable pour limiter l’impact de la crise sanitaire Covid-19 et relancer notre économie», indiquent les auteurs de cette analyse précisant qu’aujourd’hui plus que jamais certains sujets sont devenus prioritaires et interpellent les différentes parties prenantes (préférence nationale Vs valeur ajoutée nationale, amélioration des délais de paiement, digitalisation des processus, accès de la PME à la commande publique, partenariat public privé). A court terme, les entrepreneurs vont commencer a consulter les appels d’offres. Pour les experts, une augmentation significative du nombre des appels d’offres et/ou un traitement massif des paiements des fournisseurs en ligne avec les directives du gouvernement seront perçus comme un signal fort. Pour conclure, cette analyse prône l’accélération de la réforme de la commande publique, dans toutes ses dimensions qui pourrait de ce fait reformuler qualitativement l’essor de l’économie nationale de l’après-crise.

Base de données et méthodologie 

Pour mener cette étude, SODIPRESS.com et W-ADVISER se sont associés afin de décrypter les tendances générales de publications des appels d’offres en situation de crise et anticiper l’évolution qui devrait marquer l’après-confinement en phase de retour à la vie normale en la matière.

Partant de là, W-ADVISER, en étroite collaboration avec SODIPRESS, a défini le périmètre d’analyse pour l’exploitation des données dont dispose SODIPRESS.COM en vue de répondre à la problématique «Quel a été l’impact de la crise sanitaire Covid-19 sur les publications des appels d’offres ?».

Dans la pratique, il a été procédé à une évaluation fondée sur un benchmarking des données à disposition sur une période de 12 mois, appuyé par un comparatif interactif des résultats hebdomadaires de SODIPRESS.com et d’autres sources, ce qui a permis de croiser les données recueillies par secteur et par région. L’étude prend comme spectre d’analyse la période allant du 15 février au 31 mai.

Le paiement mobile sans contact arrive au Maroc

Poser son téléphone et c’est payé. Cette possibilité est désormais introduite au Maroc par le CMI (Centre monétique interbancaire). Selon les responsables, il est désormais possible d’effectuer des transactions par m-wallet mobiles en NFC sans contact, ce qui représente une première au Maroc. Cette nouveauté a été rendue possible grâce à une nouvelle génération de terminaux déployés par le CMI. «Pour permettre aux commerçants d’accepter tous les instruments de paiements digitaux en circulation et privilégier le mode de paiement sans contact, le Centre Monétique Interbancaire (CMI) a déployé une infrastructure globale de paiements mobiles sans contact auprès de la grande distribution et des commerces de proximité», apprend-on auprès des responsables.

Et d’ajouter : «Désormais, l’organisme met à la disposition de la grande distribution, des fast-foods et des stations-service de nouveaux terminaux de paiement dernière génération acceptant les paiements mobiles interopérables. Destinés à tous les utilisateurs de m-wallet, ils permettent l’affichage électronique d’un QR code identifiant le commerçant et la transaction». Concrètement, le détenteur du smartphone sur lequel est installée l’application m-wallet n’a plus qu’à scanner ce code pour effectuer son paiement.

Ces terminaux acceptent également les paiements par m-wallet mobiles en NFC sans contact, une première au Maroc. «Les porteurs de m-wallet de tous les établissements de paiement et des banques disposent aujourd’hui d’une infrastructure qui permet l’amorçage d’un véritable écosystème de paiement mobile, brique nécessaire pour une plus grande digitalisation des actes de paiements au quotidien et une plus grande inclusion financière.

Ce dispositif permet également d’offrir une expérience de paiement fluide qui respecte les gestes barrières», déclare Mikael Naciri, directeur général du CMI. Pour rappel, le CMI avait innové en novembre 2019, en rendant l’application de paiement Alipay disponible à travers le Royaume à destination des touristes chinois. Cette expérience réussie et prometteuse confirme l’avancée technologique du CMI et sa maîtrise de la chaîne des paiements digitaux.

Maroc : un autre établissement public mis en liquidation depuis le début de la crise du Covid-19

Après plusieurs décennies de laisser-aller à l’issue desquelles le nombre des entreprises publiques en instance de liquidation s’est allongé interminablement, l’Etat marocain semble décidé à prendre les choses en main. Une action d’autant plus louable, qu’elle intervient par ces temps de crise économique inédite où la mortalité des entreprises risque justement de s’envoler !

Plan de sauvetage de l’industrie automobile française enfin dévoilé : un grand soulagement pour le Maroc

Le Président français, Emmanuel Macron, vient de donner les grandes lignes du Plan de sauvetage de l’industrie automobile française doté d’une enveloppe de 8 milliards d’euros (près de 88 milliards de DH). Comme nous l’avions annoncé, les usines marocaines des constructeurs français, Renault et de PSA, ne seront pas concernées par les mouvements de relocalisation vers l’Hexagone.   

Alors que la polémique battait son plein quant aux concessions que devra consentir le groupe Renault pour obtenir une aide publique de la part de l’Etat français, nous avons expliqué sur challenge.ma (Relocalisation potentielle de Renault en France : pourquoi le Maroc est à l’abri) pourquoi le Maroc devrait être épargné par les mouvements de relocalisation vers l’Hexagone qui s’annoncent à l’horizon de ce constructeur automobile.  A peine quelques jours après, le président français vient de confirmer notre analyse basée sur la spécialisation du dispositif industriel du groupe Renault à travers le monde et des contraintes qu’elle impose. En effet, dans une allocution devant un parterre d’ouvriers et de managers de l’équipementier Leoni (lui aussi présent au Maroc où il emploie plus de 20.000 salariés), Emmanuel Macron a donné les grandes lignes du Plan de sauvetage de l’industrie automobile française doté d’une enveloppe de 8 milliards d’euros (près de 88 milliards de dirhams). Au-delà des mesures de soutien immédiat pour l’écoulement des stocks accumulés (notamment en augmentant les primes à la casse et à la transition vers les modèles moins polluants), ce Plan vise, désormais, à positionner la France comme « la plus grande nation productrice de véhicules propres d’Europe ». Ce qui veut dire, en termes plus concrets, que le cheval de bataille de l’objectif de « souveraineté industrielle » se fera essentiellement sur le créneau de la voiture électrique.  Les usines marocaines de Renault et de PSA, qui fabriquent essentiellement de petites voitures thermiques, seront donc épargnées contrairement à plusieurs équipementiers asiatiques qui fournissent les deux constructeurs français en batteries et diverses composantes pour les modèles électriques et hybrides. Ces derniers feront donc les frais de la décision de rapatrier en France l’ensemble de la « filière verte » de la production des véhicules portant la marque au losange et celles du groupe PSA. Un grand soulagement donc du côté de l’écosystème automobile marocain qui devra, tout de même,  ne pas rater le virage de l’automobile verte que la crise de la Covid-19 vient accélérer au niveau mondial.

La CCG déploie les mécanismes de garantie en faveur des entreprises

La Caisse Centrale de Garantie (CCG) déploie, à partir du lundi 15 juin 2020, deux nouveaux mécanismes de garantie, dans le cadre de la mise en oeuvre des mesures décidées par le Comité de veille économique (CVE) visant l’atténuation des effets de la crise induite par le Covid-19 et ses impacts sur les entreprises.

Atténuation qui passe, notamment, par la garantie accordée aux banques qui ont été amenées à octroyer des crédits aux entreprises en difficulté. Banques qui devaient, par ailleurs, faciliter les modalités de remboursement aux entreprises et aux particuliers via différentes mesures, notamment le report des échéances de crédits bancaires et de leasing jusqu’à fin juin 2020, sans oublier la suspension du paiement des charges sociales.

Cette garantie, rendue effective depuis le lundi 15 juin 2020, couvre aussi bien les mécanismes Relance TPE que Damane Relance, indique la CCG dans un communiqué, notant que ce dispositif a pour objectif de relancer l’activité des entreprises à travers la garantie des crédits destinés à financer leurs besoins en fonds de roulement, remboursables sur une durée de 7 ans, avec 2 ans de différé. Ainsi, le produit Relance TPE est conçu en faveur des très petites entreprises (TPE), y compris les commerçants, artisans, coopératives et professions libérales, relève la même source, précisant qu’il est destiné à garantir, à hauteur de 95%, les prêts des entreprises réalisant un chiffre d’affaires ne dépassant pas 10 millions de dirhams (MDH). Sans sûretés exigées, cette ligne de financement est plafonnée à 10% du chiffre d’affaires avec un minimum de 10.000 dirhams.

Financer les fonds de roulement

Pour sa part, le produit Damane Relance sera déployé en faveur des petites, moyennes et grandes entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 10 MDH, fait savoir le communiqué, ajoutant que le montant du crédit garanti est fixé à 1,5 mois de chiffre d’affaires pour les entreprises du secteur industriel, et à 1 mois de chiffre d’affaires pour les entreprises relevant des autres secteurs.

La quotité de garantie de ce nouveau mécanisme varie de 80 à 90%, précise l’organisme que dirige l’infatigable Hicham Zanati Serghini, notant que les crédits garantis doivent être destinés, à au moins 50% de leur montant, au règlement des fournisseurs, favorisant ainsi un financement interentreprises. Et de signaler que chaque entreprise ne peut bénéficier des mécanismes de garantie exceptionnelle Relance TPE ou Damane Relance qu’une seule fois. Dont acte!

LE SOLDE BUDGÉTAIRE POURRA-T-IL SORTIR DE LA ZONE ROUGE?

Hors Fonds Covid-19, le déficit explose à 43,6 milliards de dirhams. La seule bouée de sauvetage sera-t-elle, alors, la reprise de l’activité économique ?

La crise économique et sanitaire liée à la propagation du Coronavirus sera très coûteuse non seulement pour le secteur privé mais aussi pour l’Etat, dont le budget a du mal à équilibrer ses comptes. En effet, selon la dernière situation provisoire des charges et des ressources du Trésor, les recettes ordinaires ont baissé à fin mai 2020 de 9,4 milliards de dirhams, soit moins 10%, alors que les dépenses ordinaires ont augmenté de 9,8 milliards de dirhams, soit 10% de plus. Résultat: un solde ordinaire qui vire au rouge, passant de plus 2 milliards de dirhams à moins 17 milliards de dirhams. Compte tenu d’un solde des comptes spéciaux du Trésor (CST) en hausse à 18,5 milliards de dirhams, en raison de l’excédent du Fonds Covid-19 (18,1 milliards de dirhams), le déficit budgétaire ressort à 25,5 milliards de dirhams, en hausse de 31%, ou de 6 milliards de dirhams.

Baisse généralisée

Hors Fonds Covid-19, le déficit explose à 43,6 milliards de dirhams, ou plus de 24 milliards de dirhams, soit une hausse de 124%. La crise et le confinement ont, ainsi, porté un coup dur aux finances de l’Etat à fin mai 2020. Avec des recettes d’impôts qui ont chuté et des charges, notamment de fonctionnement, qui n’ont fait qu’augmenter, le déficit budgétaire ne pouvait que s’aggraver. Ceci à un moment où l’investissement budgétaire n’a fait que reculer: moins de 11%, soit l’équivalent de 3,4 milliards de dirhams. Le département de Mohamed Benchaâboun explique ce recul par principalement les transferts en raison de la limitation des autorisations d’engagements en anticipation de la loi de finances rectificative de 2020. En effet, côté recettes fiscales, la baisse est de l’ordre de 8,9 milliards de dirhams.

La baisse a touché tous les impôts. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en tête, avec une baisse de 2,5 milliards de dirhams, suivie de l’impôt sur le revenus (IR), de 2 milliards de dirhams, de la taxe intérieure de consommation (TIC), d’un montant équivalent. Les droits d’enregistrement et de timbre ne sont pas en reste, avec une baisse de 1,4 milliard de dirhams. Même l’impôt sur les sociétés (IS), payé sur la base des résultats 2019, a connu une légère baisse de 682 millions de dirhams.

Baisse du niveau d’activité, report des échéances fiscales, chute de la consommation, recul des transactions immobilières…, plusieurs facteurs expliquent ce résultat. En face, les dépenses ordinaires ont augmenté de 10%, ou 9,8 milliards de dirhams, exclusivement en raison de la hausse de la masse salariale (+5,4 milliards de dirhams) et des dépenses en biens et services (+4,5 milliards de dirhams). Avec la fin du report de certaines recettes et, surtout avec la fin du confinement et la reprise de l’activité économique, les recettes de l’Etat ne peuvent que reprendre leur souffle. Le déficit du budget pourra alors sortir de la zone rouge. Du moins l’espère-t-on.

Investissement : Quel poids dans la relance économique ?

  • Sur fond de tassement des ide, l’investissement domestique est plus que jamais appelé à jouer un rôle de catalyseur de la croissance.
  • La cgem estime à environ 200 milliards de dh l’effort d’investissement et de dépense publique dans la phase de relance.
  • Le public et le privé appelés à repenser leur manière de procéder et œuvrer dans un partenariat empreint de confiance mutuelle et de volonté, pour des investissements plus efficients et moins rentiers.

Composante essentielle de la création de richesse et de l’emploi, l’investissement est appelé à jouer un rôle de catalyseur pour la phase de relance économique. Ce rôle prend encore plus de poids sur fond de tassement prévu de l’investissement direct étranger qui a déjà commencé à renvoyer des signes d’étiolement sur les quatre premiers mois de l’année (voir encadré). «Il ne faut pas trop parier sur les IDE, étant donné que les investisseurs à l’échelle internationale ne disposent pas de visibilité et que les facteurs d’attrait de l’investissement étranger de la phase post-pandémie ne sont pas encore connus», explique Mehdi El Fakir, économiste et expert en finances. Selon lui, une grande partie de l’investissement (qui a contribué à 32,2% au PIB de 2019 selon les données du HCP dévoilées le 8 juin 2020) doit être assurée par le public et le privé selon une vision harmonieuse et empreinte de confiance des deux côtés. En 2019, l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation des stocks) a enregistré un net ralentissement de sa croissance, passant de 5,8% en 2018 à 0,1% en 2019. La demande intérieure, principal moteur de la croissance, a progressé de 1,8% au lieu de 4% à cause du tassement de la consommation et de l’investissement. Pour remonter la pente dans ce contexte de crise particulièrement délicat, «il doit y avoir une volonté réelle du public et des opérateurs privés pour réaliser des investissements créateurs de valeur ajoutée en s’éloignant de la logique de rente qui a prévalu dans plusieurs secteurs et qui a impacté négativement la croissance et la distribution de la richesse au Maroc», relève M.Fakir. Ce dernier estime que l’investissement doit être toujours abordé sous l’angle qualitatif et non quantitatif. Beaucoup de projets voient le jour chaque année, mais leur impact sur la création de valeur est très limité. D’où la problématique de l’efficience des investissements au Maroc, sachant que le pays a un taux d’investissement parmi les plus élevés à l’échelle mondiale. «A trop être préoccupé par les exonérations d’impôts, les abattements, les baisses des prix du foncier et les avantages de tous genres, on retombe dans des situations de rente masquée», alerte M.El Fakir.

Interpellé par La Vie éco sur le poids que représentera l’effort d’investissement dans la phase de relance de l’économie, Mehdi Tazi, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) confie que l’estimation de l’enveloppe totale de la relance tourne autour de 400 milliards de DH, dont environ 200 milliards de DH d’investissements et de dépense publique. Le reste devrait être constitué de quelque 100 milliards de DH de remboursements de droits dus aux opérateurs privés et environ 100 milliards de DH de crédits de fonctionnement selon le mécanisme de garantie étatique prévu par le ministère de l’économie et des finances. Chakib Alj, président de la Confédération patronale, estime que l’investissement, notamment à travers la commande publique, est appelé à se massifier. «Dans la phase de relance, nous voulons compter sur des niveaux forts de l’investissement, sachant que nous n’avons pas beaucoup de leviers pour contrôler ce niveau», explique le président de la CGEM. A travers ce volontarisme public, l’économie peut rattraper les pertes enregistrées sur le marché local. A en croire la dernière note de conjoncture de la Direction du Trésor et des Finances extérieures, les émissions au titre des dépenses d’investissement se sont établies à 24,6 milliards de DH à fin avril 2020, en légère baisse de 667 MDH ou 2,6% par rapport au niveau enregistré il y a un an. Comparées aux prévisions de la Loi de finances 2020, les émissions ont atteint 34,9%, soit un rythme moins prononcé que les 43,8% réalisés à fin avril 2019. Sachant que la consommation finale des administrations publiques a affiché une hausse de 4,7% en 2019 avec une contribution à la croissance de 0,9 point, tandis que le rythme d’évolution de l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation des stocks) a chuté de 5,8% en 2018 à 0,1% en 2019.

A ce titre, le plan de relance de la CGEM comprend parmi ses mesures transverses phares le maintien et la relance volontariste de l’investissement public, notamment en liant le subventionnement à l’intégration locale (d’après les cas des fédérations sectorielles FIMME, FENELEC, FE, FCS, GIMAS, FMC, FNBTP, FA,..). Le plan de relance propose également la promotion de l’investissement répondant aux mutations sectorielles (nouveaux secteurs porteurs, nouveaux modes de consommation..etc.) ; le maintien des investissements publics dans les territoires ; et la priorisation des investissements dans un second temps, selon leur mobilisation de devises.

Selon M.El Fakir, pour que l’investissement participe durablement à la création d’emplois et de richesses de manière durable dans la relance, il faudra penser à de nouveaux schémas, notamment les partenariats public-privé. A cet égard, le plan de la CGEM propose l’accélération des PPP dans la santé, l’éducation et l’eau, le lancement de plateformes «market-place» de marchés publics fluidifiées et enfin le lancement d’appels à projets transparents et accessibles.

L'economiste

Réserves internationales : Hausse de 6,9% au début janvier

Les réserves internationales restent toujours en hausse. Elles ont atteint, au 3 janvier dernier, 245,5 milliards de DH, enregistrant une progression de 6,9% en glissement annuel. A noter que sur le dirham s’est apprécié de 0,41% face à l’euro et s’est déprécié de 0,21% vis-à-vis du dollar durant la période allant du 2 au 8 janvier, selon Bank Al-Maghrib (BAM).

Cash non déclaré: Le dispositif opérationnel

  • Le mode opératoire fixé par l’administration fiscale
  • La mesure cible également les personnes qui s’identifient pour la première fois
  • Dernier délai pour souscrire à la contribution libératoire : le 30 juin prochain

Le mode opératoire de l’amnistie sur les avoirs liquides vient d’être codifié par la Direction générale des impôts. Les formulaires sont prêts. La mesure qualifiée de «régularisation fiscale volontaire» est prévue par la loi de finances 2020. Elle cible les personnes physiques ayant des avoirs liquides thésaurisés à l’abri de l’économie formelle.

Au départ, il était question uniquement des avoirs liquides détenus chez soi sous forme de billet de banque. Un amendement proposé par la CGEM a été introduit, pour intégrer également les fonds déjà versés sur des comptes bancaires, mais non déclarés au fisc.

Sur le plan opératoire, les banques sont tenues d’accepter l’argent en liquide quelle que soit la somme  (ce qui renforce le soupçon de blanchiment d’argent) et de prélever le montant de la contribution libératoire de 5% qui sera reversé au Trésor le mois suivant la date de la déclaration. La note interne de la DGI précise que les clients multi-bancarisés peuvent s’adresser à plusieurs guichets pour régulariser leurs avoirs.

Sans titre

A l’image de la contribution libératoire sur les actifs détenus à l’étranger, la dimension confidentielle a été introduite dans l’amnistie sur les avoirs liquides. Les banques mentionneront certes les éléments d’identification des personnes ayant souscrit à la mesure en même temps que le montant des sommes déclarées, mais les bordereaux transmis (lors du reversement de la contribution au Trésor via internet) à la DGI ne comporteront pas ces éléments d’identification du contribuable. Seul le montant sera transmis au fisc. Sur le plan de la loi, rien n’interdit à l’administration fiscale de s’enquérir au sujet des comptes bancaires des contribuables.

Les établissements bancaires qui ne se plieront pas à ces dispositions en matière de reversement des contributions libératoires s’exposent aux pénalités prévues par le CGI.

Pour attirer les personnes en infraction, il leur est permis d’effectuer toutes sortes de dépenses mentionnées dans l’article 29 du code général des impôts (achat de véhicule, loyers, remboursement d’une dette, acquisition d’un bien immeuble, entretien de la résidence principale et secondaire…) sans risque de redressement.

L’on sait que ces dépenses peuvent souvent déclencher un contrôle fiscal au titre de l’examen de l’ensemble de la situation fiscale des contribuables. En cas de contrôle fiscal, la personne concernée bénéficie de l’exonération du paiement de l’IR et de toutes les pénalités s’y rattachant. Les personnes qui font la sourde oreille demeurent bien entendu soumises aux règles du droit commun.

La mesure cible également les contribuables qui s’identifient pour la première fois auprès de l’administration fiscale en s’inscrivant à la taxe professionnelle à partir du 1er janvier 2020.

Les personnes concernées ont jusqu’au 30 juin prochain pour souscrire à la contribution libératoire. Le délai pourrait être prorogé de deux mois, renouvelables une fois. Ce qui renvoie au mois de septembre. Tout dépendra du rythme des régularisations et de la demande.

Implications fiscales

Certains professionnels avaient attiré l’attention du législateur au sujet des implications fiscales de la régularisation des avoirs liquides. En effet, une personne qui décide, par exemple, de déclarer des fonds importants et de réintégrer l’économie formelle, peut toujours être interrogée sur l’écart entre les montants régularisés et les revenus portés sur la déclaration annuelle d’impôt. La DGI se veut rassurante via un exemple : une personne dépose sur un compte bancaire une somme de 850.000 DH non déclarée avant le 1er janvier 2020. La même personne déclare un revenu annuel de 400.000 DH. Si, en 2021, elle fait l’objet d’un examen d’ensemble de la situation fiscale sur l’exercice 2020 et que cette vérification débouche sur une somme totale de 850.000 DH, elle ne sera pas inquiétée sur l’écart de 450.000 DH. Le différentiel sera traité comme ressources disponibles justifiant le financement de cet écart. Le contribuable ne subira donc aucune régularisation au titre de l’examen d’ensemble de la situation fiscale étant donné qu’il a souscrit à la contribution libératoire.

Finances

Spoliation foncière : Les biens non immatriculés, cible des escros

Les victimes éprouvent des difficultés pour se faire indemnisés rapidement, malgré les mesures prises.

La bataille n’est pas uniquement judiciaire ou réglementaire, mais elle concerne également la sensibilisation.

La spoliation immobilière a défrayé la chronique ces derniers temps. Le nombre de cas portés devant la justice n’a cessé d’augmenter. Au point qu’il a interpellé les plus hautes sphères de l’Etat. Le Roi Mohammed VI a évoqué cette question lors de ses précédents discours, insistant sur la nécessité de lutter avec fermeté contre ce phénomène, et invitant les différents pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) à redoubler d’effort pour réussir cette mission.

Depuis cette date, de nouvelles mesures d’ordre législatif et réglementaire plus musclées ont vu le jour. La dernière en date est le projet de loi 32.18 modifiant et complétant la loi 22.01 relative à la procédure pénale adoptée au parlement en mai dernier.

Pour sa part, la Conservation foncière a mis en oeuvre au profit des propriétaires une panoplie de dispositions pour s’enquérir systématiquement de tout changement concernant leurs titres fonciers. Le digital est appelé à la rescousse et des applications ont été conçues spécialement à cet effet.

L’Association droit et justice au Maroc (ADJM), qui regroupe des centaines de victimes essentiellement des Marocains résident à l’étranger (MRE) sans compter des juristes et autres militants de la société civile, reconnaît que beaucoup de choses ont été faites mais cela reste insuffisant pour barrer la route définitivement aux malfaiteurs.

«Le risque zéro n’existe pas mais il faut le réduire au maximum. D’abord, il faut sanctionner sévèrement les personnes incriminées dans les affaires de spoliation et surtout dédommager le plus rapidement possible les victimes dont certains sont lourdement touchés et n’arrivent pas encore à surmonter le choc subi», souligne Moussa Elkhal, membre de l’ADJM.

Toutefois, l’association constate que les mesures préventives ont montré leur pertinence pour les biens titrés mais s’interroge sur la protection des propriétés non titrés.

«Les pratiques de spoliation ne sont pas les mêmes pour un bien immatriculé comparativement avec un autre non titré. C’est plus facile lorsque la propriété est sous le régime foncier traditionnel. Ce système présente une série d’inconvénients comme l’absence de publicité des droits prétendus. Le régime implique le plus souvent une méconnaissance par les tiers notamment les ayants droit de la propriété concernée, son emplacement, sa superficie, son bornage ainsi que la nature et l’étendue des droits qui s’y exercent et de leur véritable détenteur», explique Maître Jad Aboulachbal, notaire à Casablanca.

Généralement, les spoliateurs agissent en bandes organisées. Parmi les personnes impliquées, figurent le plus souvent des notaires, des avocats, des agents immobiliers et autres intermédiaires. C’est-à-dire des personnes qui maîtrisent parfaitement le droit foncier et les rouages des administrations concernées.

Le mode opératoire le plus usité consiste à déployer de faux testaments ou procurations ou carrément opter pour une usurpation d’identité surtout pour les personnes étrangères ayant des biens au Maroc.

«Pour un bien non titré, on s’appuie sur de faux témoignages afin de justifier une durée de possession paisible et publique qui fera jouer la prescription acquisitive au profit du spoliateur», explique Aboulachbal.

Il faut noter que le taux d’immatriculation à la conservation foncière reste encore relativement faible. Il ne dépasse pas les 35% des propriétés recensées sur tout le territoire national. C’est ce qui explique la méfiance des acquéreurs des biens non titrés. D’où la nécessité d’investir de nouvelles pistes pour protéger les propriétés, surtout celles non immatriculées

Renouvellement des taxis : Pourquoi le programme n’accroche pas

Depuis son lancement il y a 6 ans, le programme de renouvellement des taxis est loin d’avoir atteint ses objectifs.

La problématique des agréments et les retards de traitement des dossiers sont les principaux écueils pointés du doigt par les professionnels.

Depuis son premier lancement en 2014, le plan national pour le renouvellement du parc des taxis n’a pas connu un franc succès. A l’époque, le gouvernement Benkirane promettait grâce à ce plan un renouvellement total, rapide et définitif, du parc automobile des petits et grands taxis. L’objectif premier du Plan était l’élimination de la circulation des antiques «Mercedes 240», le modèle de voiture le plus prisé et utilisé par les propriétaires des grands taxis.

Force est de constater que ledit programme est loin de ses objectifs. Noureddine Boutayeb, ministre délégué à l’Intérieur, qui répondait récemment à une question orale au Parlement sur le sujet, a affirmé que l’ambitieux plan de renouvellement du parc des taxis au Maroc n’a atteint que 54 % de ses objectifs, après son adoption il y a déjà sept ans.

D’après le responsable gouvernemen-tal, seulement 41.000 véhicules ont été renouvelés dans le cadre de cette stra-tégie. Parmi eux, 25.000 grands taxis et 16.000 petits taxis. L’Exécutif a donc décidé d’étendre le programme jusqu’au 31 décembre 2021, pour une enveloppe budgétaire de 2 milliards de DH, d’autant que selon Boutayeb, 5.000 dossiers de renouvellement sont sur la table. Rappelons que la valeur de la subvention pour le renouvellement du parc de taxis est de 80.000 dirhams pour chaque grand taxi retiré définitivement de la circulation, et est de 30% du prix du véhicule neuf pour les petits taxis, à condition que la valeur totale ne dépasse pas les 35.000 dirhams.

Des blocages persistants

Malgré ces incitations financières, un grand nombre de professionnels du sec-teur n’a pas encore adhéré à cette opéra-tion à cause de nombreux blocages. C’est le cas de Mohamed Harak, secrétaire général du syndicat des chauffeurs des taxis, contacté à ce sujet. Ce dernier déplore de «grands retards dans le trai-tement des demandes de subvention, les professionnels du secteur ont déjà déposé leurs dossiers depuis le lancement du plan et attendent toujours que la subvention fixée à 80.000 DH leur soit octroyée».

Le responsable syndical a également pointé du doigt certains problèmes persis-tants dans le secteur. «Le plus courant est celui des contrats entre les professionnels et les propriétaires des agréments dont la plupart sont «coutumiers» et n’ont aucune valeur juridique, ce qui cause un retard ou un refus pour accorder les subventions au niveau des wilayas», affirme-t-il. Enfin, si 41.000 véhicules ont été renou-velés dont 25.000 «grands taxis» inte-rurbains et 16.000 «petits taxis» cita-dins, grâce à des mesures incitatives financières ayant mobilisé 4 milliards de dirhams du budget de l’Etat, les résul-tats n’ont touché majoritairement que les véhicules de plus de 30 ans d’âge, notam-ment les fameuses Mercedes 240, dont beaucoup sont toujours en circulation. D’après Mohamed Harak, «les accords pour les subventions doivent être accélé-rées, car certains véhicules et principale-ment la fameuse 240 sont dans un état de dégradation avancé et que les clients refusent d’utiliser».

Soulignons enfin que le programme national de renouvellement des taxis vise également l’amélioration des conditions de travail et les revenus des professionnels, la réduction de la consommation de carburant ainsi que les autres coûts d’exploitation, l’amélioration de la qualité des services, la réduction des impacts environnementaux négatifs causés par les véhicules anciens et l’amélioration de la sécurité routière. Pour atteindre ces objectifs très ambitieux, le gouvernement a donc décidé de prolonger, une fois de plus, le programme afin, dit-il, de permettre l’achèvement du renouvellement du parc «durant les années à venir».

le desk

Le Maroc vise 42% de renouvelables dans son mix énergétique dès 2021

La stratégie énergétique nationale vise à satisfaire les besoins nationaux et honorer les engagements internationaux pris dans le cadre de lutte contre les changements climatiques et garantir la sécurité énergétique du Maroc, a déclaré Aziz Rabbah, ministre de l’énergie en marge de la 10è assemblée générale de l’IRENA à Abu Dhabi

Le ministre de l’énergie, des Mines et de l’Environnement, Aziz Rabbah a souligné, dimanche à Abou Dhabi, que le Maroc ambitionne de porter à 42 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national à l’horizon 2021.

Dans des déclarations à la presse en marge des travaux de la 10è assemblée générale de l’Agence Internationale des Energies Renouvelables (IRENA), le ministre a souligné que le Royaume a amorcé des investissements colossaux dans le secteur de l’énergie en vue de porter à 42 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national d’ici 2021.

Et d’ajouter que la stratégie énergétique nationale, lancée par le Roi Mohammed VI, vise à satisfaire les besoins nationaux et honorer les engagements internationaux pris dans le cadre de lutte contre les changements climatiques et garantir la sécurité énergétique du Maroc.

Il a indiqué aussi que le Maroc accord une importance particulière à l’industrialisation et la recherche scientifique dans le secteur de l’énergie et veille à renforcer le partenariat international dans ce secteur pour accompagner les mutations qu’a connues le monde en matière d’approvisionnements en énergie.

Le Royaume est représenté à cette réunion par une délégation conduite par Aziz Rabbah et qui comprend des responsables de l’Office National de Electricité et de l’Eau Potable, de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), de l’Institut de Recherche en Energie Solaire et Energies Nouvelles (IRESEN) et de l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Energétique (AMEE).

La vie éco

Construction : seules les normes sur le ciment et l’acier sont obligatoires

LE SECTEUR DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION REPRÉSENTE 20% DES NORMES MAROCAINES. PLUS DE 2 250 NORMES COUVRENT LE SECTEUR DU BTP. ELLES SONT OBLIGATOIRES DANS LES MARCHÉS PASSÉS PAR L’ETAT, LES COLLECTIVITÉS LOCALES OU LES ORGANISMES PUBLICS.

Le secteur des matériaux de construction fait l’objet d’une réorganisation depuis quelques années, tant au niveau des opérateurs qu’au niveau de la production, des importations, mais aussi de la normalisation. L’objectif étant de permettre l’utilisation de matériaux qui répondent aux critères de sécurité essentiellement et de qualité. L’Institut marocain de normalisation (IMANOR), principal institut habilité à mettre en place des normes, a une cadence de production de 1000 normes par an, couvrant tous les secteurs d’activité. «Le secteur des matériaux de construction qui est historiquement le premier à avoir fait l’objet de normes au Maroc représente environ 20% des normes marocaines, qui compte actuellement plus de 15 000 largement harmonisées avec les normes internationales et européennes», précise Abderrahim Taibi, directeur de l’IMANOR. Ainsi, plus de 2 250 normes couvrent le secteur du BTP et traitent principalement des spécifications des matériaux et des méthodes d’essais. Elles concernent notamment le ciment, le fer à béton, les produits d’étanchéité, les produits préfabriqués en béton, les carreaux céramiques, les peintures, le béton prêt à l’emploi, les produits en acier, le bois ainsi que d’autres produits utilisés dans les constructions tels que les produits électriques, la robinetterie et le vitrage.

Ces normes étant mises en place, sont-elle réellement appliquées ? En fait, «la certification doit être exigée pour les matériaux utilisés dans les gros et seconds œuvres», souligne M.Taibi. C’est le seul mode d’évaluation de la conformité qui garantit en permanence la performance de ces produits de première sécurité, et ce, à travers la validation des systèmes de qualité et d’autocontrôle des usines productrices, et un suivi régulier par des audits et des essais de laboratoires. Dans les faits, seules quelques normes (une vingtaine) sont généralement requises lors des appels d’offres des marchés publics. «Les normes s’imposent sous différentes formes. Elles sont obligatoires dans les marchés passés par l’Etat, les collectivités locales ou les organismes publics. Elles sont rendues d’application obligatoire lorsque l’autorité compétente juge une telle mesure nécessaire. Et elles interviennent avec efficacité dans les relations clients/fournisseurs entre opérateurs privés eux-mêmes», souligne M.Taibi. Le seul acquis à citer à cet égard est celui des ciments dont l’arrêté rend obligatoire l’application de leur norme de spécifications marocaines. Ce qui signifie que la certification constitue le mode d’attestation de la conformité à la norme en question. De même pour l’acier qui, pour sa quasi-totalité, est certifié NM. Du reste, les normes sont d’application volontaire.

«Tous les matériaux de construction et autres produits comme la robinetterie, les chauffe-eau… doivent disposer d’une certification qui soit obligatoirement imposable. Les cahiers des charges devraient faire référence aux normes marocaines», explique David Toledano, président de la Fédération des industries des matériaux de construction (FMC). Encore plus lorsqu’ils sont importés. «Un contrôle devra être réalisé à tous les niveaux. Sauf qu’il n’est pas systématique», ajoute M.Toledano. Ce n’est donc pas un hasard d’entendre ici et là des drames survenus en raison d’un défaut de fabrication. Un autre type de normes, dites facultatives, devrait être pris en compte et fait référence surtout à la qualité. «Nous souhaitons faire adhérer les professionnels aux normes obligatoires, mais la meilleure combinaision reste la sécurité/qualité», estime M.Toledano.
L’IMANOR, la FMC et autres parties prenantes n’ont de cesse d’appeler à la généralisation du contrôle, à l’imposition des normes dans tout chantier, et à l’importance de s’y conformer. Si l’IMANOR déploie des efforts pour sensibiliser sur les enjeux des normes et de la certification, informer sur les bonnes pratiques des autres pays en la matière, et dénoncer les mauvaises pratiques de recours à des référentiels et modes d’évaluations étrangers non fiables et discriminatoires, la FMC, elle, organise des roadshows visant les professionnels et les invitant à prendre au sérieux la question de la normalisation des produits utilisés dans la construction.

La norme définit les caractéristiques techniques et les spécifications d’un matériau lui permettant d’être apte à l’usage auquel il est destiné. Elle décrit également les méthodes d’essais utilisées pour évaluer la conformité du matériau aux spécifications requises. Les normes assurent une meilleure interaction entre les matériaux constituant un ouvrage se reflétant ainsi sur la qualité et la durabilité de ce dernier. La norme résultat de recherche et d’expérimentation donne suffisamment de garanties aux intervenants dans l’acte de bâtir. C’est le cas par exemple de la résistance d’un ferraillage aux contraintes de cisaillement, la résistance d’un produit en béton à la compression ou l’essai de vieillissement d’une feuille d’étanchéité. Ces paramètres nous donnent assez d’informations sur le comportement de ces matériaux le long de leur cycle de vie. Il faut savoir que les normes sont élaborées dans des commissions techniques spécialisées regroupant les différentes parties concernées, y compris les professionnels du secteur et les laboratoires.

 

L'economiste

Financements innovants: La deuxième opération arrive!

  • Elle porte sur 3 milliards de DH
  • Discussions avancées avec plusieurs investisseurs institutionnels
  • Une réforme des PPP, décisive pour booster le système

Une réforme des PPP, décisive pour booster le système

Après la transaction avec la Caisse marocaine des retraites (CMR) qui a rapporté de l’argent frais au budget de l’Etat à hauteur de 4,7 milliards de DH, d’autres financements innovants sont en négociation.

La prochaine opération concerne la cession d’un lot de bâtiments administratifs. Elle est sur le point d’être finalisée. La discussion est engagée avec plusieurs investisseurs institutionnels dont notamment la CDG, les caisses de retraite et les assurances. Elle doit rapporter aux caisses de l’Etat entre 2,5 et 3 milliards de DH, souligne une source proche du dossier.

En tout cas, ces deux opérations comme d’autres qui vont suivre s’inscrivent dans le cadre de la programmation de la loi de finances de 2019. Celle-ci avait prévu une enveloppe de 12,165 milliards de DH en provenance des financements innovants. Ce total (CMR et bâtiments administratifs) sera bouclé avant la fin de décembre de cette année. Par la suite, d’autres opérations vont permettre de réaliser les 12 milliards de DH inscrits dans le PLF 2020.

Il faut reconnaître que les bâtiments administratifs, bien situés, ont de la valeur comme c’est le cas d’une direction régionale à Casablanca ou à Rabat par exemple. En tout cas, avec les institutionnels, c’est un placement sûr avec l’Etat. Ils ont la garantie à travers les bons de Trésor à maturité de 20 ou 30 ans. De toute façon, ces institutionnels et le secteur privé placent leur argent dans les bons de Trésor. La référence de la maturité est le bon de trésor et la garantie est l’Etat. En face, ce volontarisme d’investissement permettra de corriger les insuffisances dans les infrastructures de base.

Pour réaliser les premiers financements, le ministère des Finances a engagé  les discussions avec les investisseurs institutionnels. Il les étendra par la suite aux banques qui sont également intéressées.

L’enjeu d’une institution financière est de placer son argent, avec  le moindre risque possible. Encore faut-il accrocher le secteur privé. C’est là où intervient la réforme de la loi sur le Partenariat public-privé (PPP), dont la première mouture n’a pas donné les fruits escomptés. Le projet revisité est actuellement au niveau de la Commission des Finances de la Chambre des représentants.

Après le démarrage de l’examen du PLF 2020 au niveau de la Commission, Mohamed Benchaâboun a saisi cette opportunité pour faire la présentation du texte du PPP il y a près d’un mois. Il devra vite le reprendre pour l’approuver vu son caractère d’urgence.

Surtout que cette réforme prévoit l’introduction de plus de souplesse dans la loi du PPP de sorte à permettre au secteur privé de s’y engager avec la fluidité et l’assurance nécessaire, tout en ouvrant la porte à de nouvelles entités, essentiellement les collectivités territoriales qui réalisent une grande partie des investissements publics.

Le recours à ces financements innovants s’est imposé comme le meilleur recours pour maintenir un trend haussier des investissements publics, particulièrement dans les infrastructures de base. Il faut préciser que le mécanisme des financements innovants se résume à une idée simple: les actifs ayant fait l’objet d’investissements dans les années précédentes, et qui ont aujourd’hui atteint une maturité de fonctionnement et de services publics, sont cédés à des investisseurs institutionnels.

Ces derniers vont prendre cet investissement pour le mettre dans leurs actifs. En contrepartie, l’Etat payera un loyer à l’investisseur institutionnel. Cette formule permettra au gouvernement d’avoir les moyens nécessaires pour réaliser les autres investissements dont a besoin le pays. C’est le cas par exemple du secteur sensible de la Santé.

Le défi est d’avoir les moyens de réaliser d’autres CHU. «Nous sommes  en train de finir celui de Tanger, de construire celui d’Agadir et de Laâyoune», confie à L’Economiste une source proche du dossier. Qu’importe si l’Etat doit garder la propriété des CHU de Fès et d’Oujda.

En fait, le véritable challenge est que les citoyens dans ces villes disposent de la qualité de service. Pour cette même source, il est impératif d’installer une nouvelle culture. Désormais, l’enjeu n’est pas que l’Etat soit propriétaire ou non d’un bien public, mais responsable d’assurer le service public. Pour cela, il est nécessaire de continuer à investir là où le manque est patent.

Projets en cours

Les contours de ce modèle de financement se précisent avec la mise en œuvre des projets. Déjà le PLF 2019 a avancé des estimations préliminaires et une budgétisation triennale de plusieurs projets d’infrastructures pour un coût global de plus de 55 milliards de DH dont 12,165 milliards de DH en 2019.
La liste du ministère des Finances avait retenu la construction du nouveau siège de la Direction générale de sécurité nationale pour 2,506 milliards de DH, dont 555 millions de DH au titre de 2019. Le projet a démarré il y a quelques mois. Au menu aussi, la construction du port de Dakhla pour 9,6 milliards de DH dont 500 millions de DH payés en 2019. Le nouveau port énergétique de Jorf Lasfar est également sur la liste. L’enveloppe nécessaire à sa réalisation s’élève à 5,420 milliards de DH dont à peine 20 millions de DH seront décaissés l’année prochaine.

Le reste sera mobilisé en 2020 et en 2021. Sur cette liste figure également la connexion du port de Nador West Med au réseau autoroutier pour une enveloppe de 4,5 milliards de DH dont 600 millions engagés en 2019. Idem pour la connexion ferroviaire du port de Nador West Med qui nécessitera 3 milliards de DH dont 300 millions programmés pour cette année.

Atlantic Free Zone: Plus de 800 cadres recrutés en 48h!

  • Une soixantaine de multinationales cherchent la perle rare
  • Des postes de middle-management et encadrement supérieur

Atlantic Free Zone (AFZ) met les bouchées doubles sur l’employabilité.  La zone franche de Kénitra vient d’organiser le salon de l’emploi en présence d’une soixantaine de multinationales de renom en quête de la perle rare.

« L’enjeu est de permettre aux entreprises de cette zone modèle, qui accueille l’usine et l’écosystème PSA, de recruter des profils pointus, favoriser l’attractivité de cadres de haut niveau et monter vite en compétences.

Pas moins de 800 postes d’encadrement sont à pourvoir», tient à préciser Hakim Abdelmoumen, président de Kénitra Free Zone et président de la Fédération de l’automobile à la CGEM. Les fourchettes de salaires varient entre 30.000 et 60.000 DH, voire plus, selon les profils. Par ailleurs, des dispositifs d’accompagnement des opérateurs ont été mis en place par l’association des industriels pour gérer les interactions et la convergence entre investisseurs et autorités.

Cette dynamique dans les recrutements intervient dans un contexte de montée en cadence de la production du constructeur PSA. En effet, depuis son inauguration officielle (le 20 juin 2019), la filiale marocaine du groupe français (Peugeot Citroën Automobiles Maroc) met le turbo sur ses chaînes de montage. L’usine de Kénitra (située à Ameur Seflia) produit actuellement un peu plus de 100 véhicules/jour (Peugeot 208).

Le management prévoit de monter rapidement à 300 véhicules par jour dès avril 2020.  Par ailleurs, le projet d’extension du site PSA (Phase II) avance conformément au planning initial. Il sera livré l’été prochain (2020). Les nouvelles capacités installées devront doper la production et la productivité du site pour arriver à une moyenne de 600 véhicules par jour dès fin 2020, selon des sources proches du management. Ce rythme de production journalier correspond exactement au volume des 200.000 véhicules prévus par PSA Kénitra.

Pour rappel, le site du constructeur a une capacité de production de 100.000 véhicules par an qui sera doublée dès 2020. L’investissement global est de quelque 550 millions d’euros. Bien évidemment, ce nouvel élan industriel aura des retombées directes sur l’ensemble des équipementiers et entreprises de l’écosystème PSA: Vitrage, faisceaux de câbles, design de composants, jantes, coiffes de sièges, planches de bord, panneaux de portes, systèmes de direction (EPS), échappement, services…

Pour rappel, PSA a dépassé 600 millions d’euros en sourcing local au Maroc. Or, l’objectif initial sur les composants était de 200 millions d’euros. En termes d’emplois, le nombre d’ingénieurs est près de 3.000. Une trentaine de multinationales de renom sont déjà implantées.

Un véritable maillage industriel et d’activités connexes qui vient compléter le puzzle autour du chef de file, PSA. Ce qui se traduit déjà par une dynamique en termes d’emplois, de commandes, de chiffre d’affaires, de valeur ajoutée… Les retombées vont même au-delà du tissu industriel dans le sens où elles sont en train de métamorphoser le chef-lieu du Gharb (Kénitra).

Conjugué à l’effet TGV, le lancement de l’écosystème PSA a apporté dans son sillage une forte demande en logements, en mobilité-transport, en capacités hôtelières, restaurants… à Kénitra.

Aujourd'hui

Emprunt obligataire de 1 milliard d’euros : Le Maroc réussit sa sortie sur le marché financier international

Un succès qui confirme la confiance dont jouit le pays auprès des grandes institutions financières internationales et des agences de notation. En date du 21 novembre, le Maroc réalise un emprunt obligataire sur le marché financier international pour un montant de 1 milliard  d’euros, assorti d’une maturité de 12 ans et d’un spread de 139,7 points de base, soit un taux d’intérêt de 1,5%.

«Outre le rendement qui constitue le niveau le plus bas jamais obtenu par le Maroc sur le marché international, cette émission a bénéficié du carnet d’ordre le plus important par sa taille pour une transaction en euro du Maroc», peut-on lire dans le  communiqué diffusé par le ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration. Et de préciser qu’ «il a dépassé 5,3 milliards d’euros au cours de la transaction avec plus de 285 investisseurs impliqués». Cette émission vient en effet boucler le roadshow d’une semaine mené par Mohamed Benchaaboun et des représentants de la direction du Trésor dans les principales places européennes.

La délégation marocaine a ainsi visité Paris, Zurich, Londres, Francfort et Amsterdam/La Haye. Des escales ayant connu la tenue d’une trentaine de réunions avec plus de soixante investisseurs dont des gestionnaires de fonds, des assureurs, et des fonds de pension. «Au cours de ce roadshow, les investisseurs ont apprécié en particulier la stabilité politique dont jouit le Royaume, la résilience de son cadre macroéconomique confirmée par le maintien de la notation Investment Grade depuis plus d’une décennie, ainsi que la portée des réformes menées sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi, qui augure d’un renforcement des perspectives économiques du Maroc», explique le département ministériel dans sa communication

.Challange

Moulay Hafid Elalamy : L’industrie automobile, 1er secteur exportateur du Maroc

Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie Verte et Numérique, Moulay Hafid Elalamy, a souligné, jeudi à Madrid, que sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’industrie automobile est devenue le 1er secteur exportateur du Maroc.

S’exprimant lors d’un Congrès sous le thème « Le Maroc, pôle de compétitivité pour l’industrie automobile » organisé par l’Agence marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) et l’Ambassade du Maroc à Madrid, en partenariat avec Auto-revista, Elalamy a ajouté que le Maroc ne ménagera aucun effort pour poursuivre l’accélération industrielle du secteur parce qu’il s’agit, selon le ministre, d’une « ambition nationale ».

« La montée en gamme du secteur autour des écosystèmes Renault et PSA et de ceux des grands équipementiers de rang 1 est opérée et nous allons plus loin en intégrant la mobilité électrique et autonome », a relevé le ministre lors de ce congrès tenu en présence des principaux acteurs du secteur automobile en Espagne.

« Nous nous rapprochons aujourd’hui de nos partenaires de la péninsule ibérique pour développer une feuille de route commune pour mobiliser l’investissement pertinent, gagner des marchés ensemble, et partager la valeur ajoutée additionnelle générée », a-t-il enchaîné.

Ce congrès a été l’occasion de mettre en avant les nouvelles ambitions de montée en gamme du Maroc dans le secteur et les multiples opportunités d’investissement que le Royaume présente aujourd’hui.

L’Espagne est, pour la 6ème année consécutive, le 1er partenaire commercial du Maroc, aussi bien en termes d’exportations que d’importations. Les flux commerciaux entre le Maroc et l’Espagne ont dépassé les 12 MM€ en 2017. Selon les prévisions de l’Office des Changes, ils pourraient atteindre 24 MM€ à l’horizon 2025. Les investissements directs espagnols au Maroc sont de l’ordre de 2,2 MM de dirhams en moyenne, le Maroc étant la 1ère destination des IDE espagnols en Afrique.

L’Espagne est actuellement le 8ème producteur de voitures au niveau mondial. Son expertise dans le domaine est reconnue, notamment à travers l’activité de constructeurs espagnols de renommée mondiale.

Finances

Aviculture : Le secteur se prépare à de nouveaux défis – Infos

Le contrat-programme 2011-2020 est en phase avec ses objectifs. 

L’informel persiste dans l’aval de l’activité 

La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) organise du 26 au 28 novembre 2019 la 22ème édition du salon Dawajine à Casablanca. Outre son rôle d’exposition regroupant les professionnels de l’activité, l’événement est aussi l’occasion pour débattre des problématiques que connaît le secteur et aussi de dresser l’état des lieux des réalisations dans le cadre du contrat-programme conclu avec l’Etat pour la période 2011-2020.

«Nous avons dépassé tous les objectifs que nous avons fixés en terme d’investissement, de production ou de création d’emplois. En dépit de certaines contraintes, la filière est en plein essor. Il faut capitaliser sur cette dynamique pour donner une nouvelle impulsion au secteur dans les années à venir», souligne Chawki Jirari, Directeur général de la FISA.

En effet, le secteur a mobilisé près de 13 milliards de DH d’investissement depuis le lancement du contrat-programme, générant un chiffre d’affaires annuel de 31,6 milliards de DH et permettant la création de 495.000 emplois directs et indirects. Au niveau de la production, les réalisations sont très encourageantes. Plus de 720.000 tonnes de poules de chair et 6,3 milliards d’oeufs sont produits.

«Les exploitants ont amélioré sensiblement leur productivité, grâce à l’utilisation de meilleurs intrants et des techniques d’élevage de dernière génération. Nous assurons au pays une autosatisfaction totale en produits avicoles. Ce qui a permis à différents producteurs de lorgner le marché international. Le volume des exportations en 2018 pour les oeufs à couver de type chair a atteint 21 millions d’unités», précise Jirari.

En dépit de cet essor, la filière est souvent confrontée à des aléas d’exploitation. Le secteur connait une crise structurelle liée à la fois à la situation de surproduction, à la forte concurrence qui existe entre les opérateurs et aussi à la forte demande sur le poussin.

«Des exploitants produisent sans prendre en considération la situation du marché, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande. Le secteur avicole est très capitalistique et les investissements sont vulnérables. Chaque perturbation de l’offre peut avoir un effet néfaste sur tout le secteur», affirme Jirari.

Outre les problématiques liées à l’offre, le secteur reste impacté par l’existence d’un circuit de distribution et de commercialisation archaïque. A cet égard, un projet de transfert du marché de gros aux volailles de Casablanca est en cours. Mais les tueries traditionnelles résistent aux efforts de modernisation. En général, l’aval de l’activité est marqué par une forte présence de l’informel, non seulement au niveau de l’abattage mais aussi de la distribution, la commercialisation et le conditionnement.

Dans ce contexte, le secteur doit préparer son prochain contrat-programme qui devrait concerner la période 2011-2030.

La vie éco

Filière oléicole : Le Salon national de l’olivier revient pour une 6e édition

L’OLIVIER, FILIÈRE PHARE POUR LA CRÉATION D’EMPLOIS. TEL EST LE THÈME DE LA 6E ÉDITION DU SALON NATIONAL DE L’OLIVIER (SNO) QUI SERA ORGANISÉE DU 4 AU 7 DÉCEMBRE PROCHAIN, À LA MUNICIPALITÉ D’EL ATTAOUIA (PROVINCE DE KELAÂT SRAGHNA).

Un rendez-vous annuel qui se veut un espace privilégié pour mettre en exergue la filière oléicole, ses enjeux et ses défis et une plateforme de rencontre et d’échange entre les différents opérateurs oléicoles. Pas moins de 80 exposants représentant différents opérateurs du secteur seront de la partie. Selon les organisateurs, plus de 10 000 visiteurs sont attendus pour cette édition 2019.
Au menu : un large éventail d’activités, dont des séminaires et des ateliers scientifiques, des animations pédagogiques, des guichets thématiques dédiés au conseil agricole, des ateliers de dégustation pour faire découvrir aux visiteurs la diversité et la richesse de la région en huile d’olive et en olives de table, outre une cérémonie de remise de prix de performance aux meilleures exploitations. Notons que la production, en moyenne, de la Région Marrakech-Safi représente 25% de la production nationale d’olives et contribue à hauteur de 64% aux exportations nationales de conserves d’olives et de 24% aux exportations de l’huile d’olive.

Pour sa part, la municipalité d’El Attaouia constitue quant à elle une sorte de plateforme commerciale et une véritable bourse de l’olive aux dimensions régionale et nationale.

Des opérateurs agricoles ghanéens en quête d’opportunités d’affaires au Maroc

UNE DÉLÉGATION D’OPÉRATEURS AGRICOLES GHANÉENS EN TOURNÉE DU 3 AU 10 NOVEMBRE AU MAROC A TENU, JEUDI 7 NOVEMBRE À CASABLANCA, UNE RENCONTRE DE NETWORKING.

Les opérateurs agricoles ghanéens lorgnent le marché marocain. Parrainée par le Ghana Scholarships Secretariat, une tournée de réseautage a été organisée du 3 au 13 novembre au Maroc. L’événement s’inscrit dans le cadre du «Programme de récompenses» destinées aux opérateurs ghanéens nommés «Meilleurs agriculteurs nationaux pour la saison de récolte 2018».

Objectif affiché : donner à la délégation ghanéenne l’occasion de s’informer de l’expérience marocaine dans le domaine agricole et des résultats obtenus par le Royaume dans le cadre du Plan Maroc Vert (PMV). La délégation ghanéenne a profité également de son séjour au Maroc pour présenter le secteur agricole de son pays et les opportunités d’investissement qu’il recèle. Lors de cette rencontre organisée par l’ambassade de la République du Ghana au Maroc, la délégation – composée d’acteurs économiques opérant dans le secteur de l’agriculture, l’agro-industrie et la pêche, et des représentants du ministère de l’alimentation et de l’agriculture ghanéen – a mis à l’honneur ses agriculteurs qui se sont distingués dans les différentes filières agricoles.

S’exprimant à cette occasion, l’ambassadeur, Stephen D.Yakubu, a souligné l’excellence des relations liant le Ghana au Maroc, notant que cette tournée vient renforcer encore plus les liens d’amitié et de coopération qui existent entre les deux pays. Selon lui, cette visite permet à ses compatriotes de s’informer des bonnes pratiques au niveau de l’agriculture marocaine et de nouer des contacts avec les investisseurs marocains et chercher des débouchés pour les produits ghanéens.

L’agriculture, pilier de l’économie ghanéenne

Pour sa part, le président de la délégation, Alex Frempong Tenkorang, a mis en relief les avancées réalisées par l’agriculture marocaine, notant que le Ghana s’emploie également à développer ce secteur, vu son impact considérable sur l’économie, et entend à cet égard tirer profit de l’expérience développée par le Maroc dans ce domaine. Le président de la délégation a en outre fait part de son souhait de voir des partenariats et des joint-ventures naître entre les deux pays dans ce secteur, ajoutant que son pays espère emprunter la même voie que le Royaume dans le développement agricole.

De son côté, Mohammed Zouhairi de l’Agence pour le développement agricole (ADA), a indiqué que cette rencontre, qui s’insère dans le cadre de la coopération Sud-Sud, est l’occasion de mettre en avant les projets du Plan Maroc Vert ainsi que ses réalisations phares et les opportunités d’investissement dont regorge le Maroc au niveau de l’agriculture.

Employant plus de la moitié de la main-d’œuvre nationale, l’agriculture au Ghana est reconnue comme le pilier de l’économie. Selon les statistiques du ministère de l’alimentation et de l’agriculture (Ghana), l’agriculture a progressé de 6,1% en 2017, soit plus du double qu’en 2016 (2,9%), grâce à une augmentation significative des rendements. Le sous-secteur des cultures est le plus important, avec une contribution d’environ trois quarts du PIB du secteur agricole. 65 % des terres sont dédiées aux principales cultures que sont l’huile de palme, la noix de cola, les céréales et le cacao.

Le partenariat entre les deux pays devrait connaître une nouvelle dynamique grâce aux politiques sectorielles de diversification amorcées par les deux pays ces dernières années et à la signature de plus d’une vingtaine d’accords de coopération en marge de la visite du Souverain en février 2017 à Accra.

 

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Acier : les partenaires des Etats-Unis mettent en garde contre une guerre commerciale

L’Europe, l’Asie, les institutions internationales et même les leaders républicains font part de leur désapprobation de la décision de Donald Trump.

Après  les tentatives de dissuasion , place aux menaces et aux mises en garde. Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis ont réagi avec vigueur à  la signature, jeudi, par Donald Trump de documents instaurant des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium aux Etats-Unis.

Tous, à l’exception du Canada et du Mexique, pour le moment épargnés par les mesures  tant que les négociations sur l’Aléna se poursuivent , regrettent la décision du président américain et affirment étudier des mesures de riposte.

Pékin, première visée par Washington, a ainsi dénoncé une « attaque » contre le système commercial international.  Comme Tokyo, elle met en garde contre « un impact grave » sur l’économie mondiale.

Objet social de l’entreprise : ce que proposent Notat et Senard

La mission remet ses conclusions ce vendredi au ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Elle préconise de réécrire le Code civil pour que les entreprises prennent en compte « les enjeux sociaux et environnementaux » de leur activité et puissent définir, si elles le souhaitent, une « raison d’être » au-delà du seul intérêt des actionnaires.

Après huit semaines d’auditions (plus de 200) menées tambour battant,  la mission confiée à Nicole Notat, l’ex-dirigeante de la CFDT, et Jean-Dominique Senard, le patron de Michelin, touche à sa fin. Leur rapport est remis ce vendredi à Bercy au ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Le coeur de leurs travaux a porté sur l’évolution de l’objet social de l’entreprise. A ce titre, leur rapport préconise de réécrire les articles 1833 et 1835 du Code civil qui définissent le rôle de l’entreprise pour tenir compte de son environnement au sens large et pas seulement de l’intérêt des actionnaires, tel que cela est rédigé aujourd’hui.

Mais pas question que cette réécriture ne se traduise par une avalanche de contentieux : selon les nombreux juristes consultés par la mission Notat-Senard, la rédaction proposée ne fera qu’entériner une jurisprudence qui existe déjà.

Une portée « symbolique »

Ce que suggèrent les auteurs du rapport a donc, selon eux, essentiellement une portée « symbolique » : il s’agit de recréer de la confiance autour de l’entreprise dont l’image s’est dégradée, notamment auprès des générations qui entrent sur le marché du travail. Pour compléter l’article 1833 selon lequel une société « est constituée dans l’intérêt commun des associés », la mission Notat-Senard propose d’ajouter : « la société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». La notion « d’intérêt propre » étant plus large que celle des seuls intérêts des actionnaires.

Définir une « raison d’être »

La mission propose par ailleurs de compléter l’article 1835 sur les statuts en ajoutant : « l’objet social peut préciser la raison d’être de l’entreprise constituée ». Il s’agit d’une option laissée à la main du conseil d’administration qui pourra préciser des sujets sur lesquels l’entreprise s’engage : diversité, environnement etc.

Mais en aucun cas, la loi ne pourra définir cette « raison d’être » à la place de l’entreprise. C’est l’équivalent de la notion de « purpose » qui existe dans la « soft law » britannique et qui permet d’inscrire la stratégie de l’entreprise dans une optique de long terme et pas seulement de performances trimestrielles. Le rapport écarte l’idée de créer dans le Code civil un nouveau statut juridique, à côté de celui de SA ou SARL. En revanche, les entreprises qui le souhaitent pourront se dire « entreprises à mission » à condition d’avoir inscrit leur « raison d’être » dans leurs statuts, de l’avoir fait voter par les deux tiers des actionnaires, d’être dotées d’un « comité de parties prenantes » et de faire mesurer par un tiers le respect de leurs engagements.

Administrateurs salariés

La mission Notat-Senard propose enfin de renforcer la présence des administrateurs salariés au sein des conseils d’administration des entreprises de plus de 1.000 salariés, seuil qui pourra être abaissé à terme si les résultats ne sont pas satisfaisants. Le rapport propose la nomination d’un administrateur salarié dans les conseils comportant 8 administrateurs non-salariés, 2 dans les conseils de 8 à 12 membres non-salariés et 3 dans les autres.

LA TRIBUNE

Travailleurs pauvres en Europe : des chiffres alarmants

En dépit d’une amélioration de la conjoncture, la paupérisation des travailleurs s’aggrave en Europe et la situation est encore plus préoccupante chez les chômeurs. À l’heure où les populismes gagnent du terrain notamment en Italie, les défis pour l’économie européenne restent immenses.

La pauvreté s’accroît dans le monde du travail européen. Selon les derniers chiffres de l’Office européen de la statistique publiés il y a quelques jours, la part des travailleurs pauvres en zone euro est passée de 7,3% en 2006 à 9,5% en 2016. Du côté de l’Union européenne à 28, ce taux est passé de 8,3% en 2010 (première année disponible) à 9,6% en 2016. Les effets de la crise et les mesures d’austérité ont contribué à cette paupérisation du monde du travail. Si la réduction du nombre de personnes confrontées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale est l’un des objectifs de la stratégie Europe 2020, les derniers chiffres relatifs à la population active indiquent que le pari est loin d’être gagné.

De plus en plus de chômeurs pauvres

Les derniers chiffres de la Commission européenne sont particulièrement alarmants pour la population frappée par le chômage. Sur la décennie 2006-2016, la proportion de personnes sans emploi en risque de pauvreté a augmenté continuellement passant de 41,5% en 2006 à 48,8% en 2016. Dans l’union monétaire, cette part est passée de 39,2% à 48,9%. Évidemment, ces moyennes masquent des contrastes au sein du continent.

Parmi les États membres, l’Allemagne est le pays qui connaît le plus fort taux de chômeurs en risque de pauvreté (70,8%), suivie de très loin par la Lituanie 60,5%. Dans bien d’autres pays, des taux supérieurs à 50% sont également recensés en Lettonie (55,8%), Bulgarie (54,9%), Estonie (54,8%), République tchèque (52,3%), Roumanie (51,4%) ou la Suède (50,3%).

Entre 2006 et 2016, des contrastes apparaissent également en Europe. La Lituanie, la Hongrie et la République Tchèque ont connu de fortes hausses de la proportion de demandeurs d’emploi en risque de pauvreté. À l’opposé, quelques pays dont la France ont connu des baisses sur la même période.

Un salarié sur 6 est un travailleur pauvre

Selon Eurostat, la part des bas salaires parmi les salariés s’élevait à 17,2% dans l’Union européenne en 2014. “Cela signifie qu’ils gagnaient deux-tiers ou moins du salaire horaire national brut médian”. Cette proportion varie énormément d’un État à l’autre et dessine une Europe à plusieurs vitesses. C’est en Europe de l’Est et du centre que les proportions de salariés à bas salaires sont les plus visibles (Lettonie, Roumanie et Lituanie ou Pologne). À l’inverse, la Suède, la Belgique et la Finlande affichent les taux les moins élevés du continent. Quant à la France (8,8%), elle se situe bien en dessous de la moyenne européenne.

Du côté de l’Allemagne, la situation des travailleurs pauvres est plus préoccupante. Les réformes “Hartz” mises en oeuvre en 2003 et 2005, ont favorisé le développement des mini-jobs faiblement rémunérés. La montée en puissance de ces emplois, ces dernières années, a contribué à une précarisation des travailleurs et un accroissement des inégalités de revenus, comme le rappelle une étude de la direction générale du Trésor.

“Cette performance sur le front de l’emploi doit pourtant être pondérée par la hausse des inégalités de revenus et de la pauvreté en Allemagne. Le taux de pauvreté a augmenté nettement entre 2000 et 2005, de 12,5% à 14,7%. La hausse est particulièrement marquée pour les personnes en emploi et plus encore pour celles au chômage.”

Pour faire face à ce risque de pauvreté, plusieurs millions d’actifs ont donc cumulé deux emplois voire plus, comme l’illustre le graphique ci-dessous pour réussir à joindre les deux bouts.

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Maroc : l’offre exportable compétitive, mais pour les produits à faible valeur ajoutée

Près de 60% de l’offre exportable marocaine répondraient à «des choix non stratégiques et ne permettrait pas la transformation» de l’économie marocaine. Un constat sévère du Haut-commissariat au Plan qui a décortiqué le poids des produits made in Maroc dans l’espace produit mondial et la teneur en complexité de cette production. Sur 593 produits, 141 seulement figurent dans le haut du panier !

«Nous avons eu à plusieurs reprises l’occasion de relever l’impératif catégorique d’une diversification du tissu productif de notre économie, afin d’améliorer, dans la durée, notre épargne intérieure par une plus grande distribution d’emploi, et de revenus, et notre épargne nationale par une offre exportable plus forte et plus compétitive», explique Ahmed Lahlimi Alami, Haut-commissaire au Plan.
Une économie essoufflée

Les premières recommandations du Haut-commissariat au Plan (HCP) sur la diversification de l’économie marocaine remontent à 2012 et depuis, la question est régulièrement soulevée «à chacune des présentations de notre budget économique». La mise en œuvre d’une réelle diversification devrait faciliter l’inflexion du modèle de développement que Lahlimi considère comme «étant en état d’essoufflement, voire proche de ses limites».

L’absence d’une réelle diversification économique impacte par ailleurs l’offre exportable marocaine qui, soumise à l’Indice de complexité-produit (Index Product Complexity ou IPC), s’avère avoir un contenu «faible et en dégradation». Un constat expliqué par une étude conjointe entre le HCP et l’université américaine Harvard et qui classe l’offre exportable d’un pays en fonction de deux concepts : l’espace produit et celui de la complexité.

 Deal : Saham cède ses filiales assurance à Sanlam et se transforme en fonds d’investissement

Le rapprochement entre le sud-africain Sanlam et le marocain Saham aura finalement débouché sur le rachat des filiales assurance de ce dernier. Un deal de plus d’un milliard de dollars qui permettra au groupe Saham de se transformer en fonds d’investissement panafricain. Détails.

Le groupe marocain Saham vient d’annoncer la cession de ses filiales assurances au sud-africain Sanlam qui a fait passer sa participation de 46,6% à 100% dans le capital de Saham Finances qui contrôle les filiales assurances du groupe marocain.

Une opération qui s’est chiffrée à 1,05 milliard de dollars sur la base d’une valorisation de 1.450 dirhams par action (158 dollars) et qui permet à Sanlam, « premier groupe d’assurance en Afrique » avec une capitalisation boursière de 16 milliards de dollars, d’étendre encore plus sa présence sur le continent à travers les 35 compagnies d’assurances dans 26 pays qui forment le pôle assurance du groupe Saham. .

Toutefois, ce deal reste assujetti aux accords des différents régulateurs concernés, et donnera lieu conformément à la réglementation boursière marocaine, au lancement d’une offre publique d’achat sur les titres de Saham Assurance Maroc, société cotée à la Bourse de Casablanca.

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Autoroutes du Maroc amorce son chantier de désendettement

Alors que 22 villes marocaines de plus de 100 000 habitants sur 27 sont reliées au réseau autoroutier, l’entreprise publique de gestion de ces infrastructures doit assainir sa trésorerie si elle veut de nouveau engager de très gros investissements.

Dans son dernier budget annuel, l’État a alloué à Autoroutes du Maroc (ADM) une enveloppe de 3,4 milliards de dirhams (environ 300 millions d’euros) pour ses investissements. Un montant moindre que ceux des années précédentes(5 milliards de dirhams en 2014), ce qui montre que 2018 ne sera pas des plus productives pour le bâtisseur public. Bien que le trafic moyen quotidien sur le réseau soit en constante progression (de 7 % en 2016, avec 340 000 véhicules), seuls deux petits chantiers sont prévus : l’autoroute Berrechid-Tit Mellil, d’une quarantaine de kilomètres, et l’élargissement des voies sur le tronçon Casablanca-Berrechid, sur la même distance.

Si le calendrier ne laisse apparaître aucun gros investissement, c’est parce que l’État n’a toujours pas signé de nouveau contrat-programme avec la société. Depuis que s’est conclu le plan 2008-2015, ADM a eu d’autres problèmes à régler. Selon un expert, « la dette cumulée par l’entreprise publique, de 41 milliards de dirhams, ne lui permet pas de s’engager sur de très gros investissements. Il lui faut assainir sa situation financière ».

Un déséquilibre financier

Comme les fonds propres qu’a injectés l’État durant les huit années du contrat-­programme n’ont pas permis de financer la globalité des investissements d’ADM, la société a dû s’endetter. Sur les 54 milliards de dirhams mobilisés pour bâtir 1 800 km, 39 milliards ont été consacrés à 1 039 km d’autoroutes. S’ils ont permis de voir sortir de terre les liaisons Marrakech-Agadir (231 km) et Fès-Oujda (323 km), ils ont en même temps accentué le déséquilibre financier. ADM doit finir de rembourser un crédit alors que le réseau n’est toujours pas rentable. Il faut que 8 500 véhicules l’empruntent quotidiennement pour atteindre l’équilibre ; or ce n’est le cas que sur 1 000 km. Difficile de continuer au même rythme.

Une opération de restructuration de cette dette, considérée comme la plus lourde portée par une entreprise marocaine – mais normale dans le secteur des infrastructures –, a donc été lancée en janvier. « Le défi pour nous, c’est avant tout de préserver la pérennité d’ADM en enrichissant le réseau autoroutier du pays », explique Anouar Benazzouz, directeur général de l’établissement depuis 2014, sans détailler de projets de plus grande envergure.

ADM étudiera les différentes opportunités de reprofilage en vue d’alléger la trésorerie à court et à moyen terme, rassure le directeur général

Ainsi, ADM a racheté ses anciennes obligations en en émettant de nouvelles, mais avec de meilleures conditions. « Le marché permet actuellement de s’endetter avec des taux plus bas et sur des durées plus longues. C’est exactement ce que cherchait l’entreprise », assure l’expert.

Pour rembourser une partie des emprunts en 2018 et 2019, ADM a levé 1,2 et 2,5 milliards de dirhams. Deux montants garantis par l’État sur trente ans. Par ailleurs, ADM s’est libéré d’une partie de son fardeau en contractant l’équivalent de 2,9 milliards de dirhams de dettes en dinars koweïtiens auprès du Fonds arabe pour le développement économique et social, l’un de ses partenaires historiques. « ADM étudiera les différentes opportunités de reprofilage en vue d’alléger la trésorerie à court et à moyen terme », rassure le directeur général. En une année, la dette a déjà baissé de 400 millions de dirhams.

L'economiste

Fraudes à la TVA : La DGI met en garde

Les fraudeurs à la TVA et les faux bénéficiaires de celle-ci sont avertis. Le fisc va resserrer les contrôles pour dénicher les sociétés immatriculées qui déclarent un déficitaire ou nul pour ne pas payer d’impôt. Une note d’information a été publiée dans ce sens ce jeudi 8 mars.

Ainsi, la Direction générale des impôts (DGI) pourrait aller jusqu’au contrôle des actionnaires en cas de soupçon de fraude.

La taxe sur la viande “casher” revue

Le Conseil de gouvernement approuvé, jeudi 8 mars, le projet de décret instituant une taxe parafiscale sur la viande “casher” au profit des comités des communautés israélites marocaines. Ainsi, la valeur de cette taxe passe à 6 dirhams le kilogramme contre 2 dirhams actuellement en vigueur.

Le CESE renouvelle ses instances

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) vient de renouveler ses différentes instances. Le nouveau bureau est composé des membres des 5 catégories qui forment le Conseil et des 7 présidents de commissions. Ainsi, Tarik Aguizoul a été élu représentant de la catégorie des experts, alors que les autres catégories sont représentées par AbderrahimKandila (Syndicats), Abdelkrim Foutat, (Organisations et associations professionnelles), Lotfi Boujandar (Membres es-qualité) et Karima Mkika, (Organisations et associations de l’économie sociale).

Quant aux 7 commissions, elles sont dirigées par Ahmed Rahhou (Affaires économiques), Najat Simo (Emplois), Zahra Zaoui (Affaires sociales), Khalil Bensami (Environnement/Développement durable), Amine Mounir Alaoui (Société de la connaissance et de l’information), LahcenOulhaj (Conjoncture économique, sociale et environnementale) et AbderrahimKsiri, (Régionalisation avancée/Développement rural).

aujourd'hui

Le chômage de plus en plus prépondérant chez les femmes

La représentativité des femmes dans le marché du travail est à renforcer.

Les Marocaines, bien qu’elles soient actives, n’arrivent toujours pas à rattraper le retard observé en ce sens. Et pour preuve, le taux de chômage reste beaucoup plus élevé parmi les femmes que parmi les hommes. Selon les dernières statistiques du HCP, le taux de chômage de la gent féminine est évalué à 14,7% en 2017 contre 8,8% pour les hommes. Notons que le volume de l’emploi s’est accru de 86.000 postes en 2017 dont 31.000 en milieu urbain et 55.000 en milieu rural. Les emplois créés se répartissent entre 57.000 emplois rémunérés et 29.000 non rémunérés.

Ces emplois ont profité à 55.000 hommes et à 31.000 femmes. En évaluant le taux d’emploi par genre, il ressort un écart de 46 points, soit 65,4% pour les femmes et 19,2% pour les hommes. Par ailleurs, le taux de sous-emploi au niveau national est deux fois plus élevé chez les hommes (11,1%) que chez les femmes (5,4%). Dans les villes, ce taux est presque le même (respectivement 8,8 et 9%) alors que dans la campagne, il est 6 fois plus important parmi les hommes (14,1%) que parmi les femmes (2,3%).

Les ECO

DIALOGUE SOCIAL

VERS UN ACCORD FRUCTUEUX EN AVRIL

Trois commissions sur l’amélioration des revenus, les législations du travail et les libertés syndicales, ainsi que les questions liées à l’administration publique ont été mises en place pour accélérer la cadence.  Des promesses concrètes sont attendues avant le 1er mai.

Se dirige-t-on vers une nouvelle revalorisation des salaires, à l’instar de l’expérience du gouvernement Abbas El Fassi? Tout porte à croire, après les rencontres tenues lundi entre le chef de gouvernement et les centrales syndicales représentatives (UMT, CDT, UGTM, UNTM), qu’une volonté dans ce sens pourrait se faire jour. En effet, durant les discussions avec chaque syndicat (individuellement), Saâd-Eddine El Othmani a témoigné une disposition gouvernementale à parvenir à un accord en avril prochain, soit avant le 1er mai, Fête du travail. En d’autres termes, après le round du dialogue social d’octobre 2017, qui a laissé les centrales sur leur faim -surtout après l’adoption de la loi de Finances 2018 sans mesure répondant au cahier revendicatif- El Othmani veut institutionnaliser les contacts et pourparlers avec les syndicats en respect d’un agenda précis. Il fallait donner un signal fort pour contenir une tension sociale qui risquerait de prendre de l’ampleur si un geste dans le sens de l’ouverture n’était pas effectué.

Le chef de l’Exécutif a proposé aux syndicats l’ouverture d’un dialogue tripartite à travers trois commissions thématiques en vue d’aboutir à un accord s’étalant sur trois ans (2018-2020) en perspective de son adoption en avril prochain. Il s’agit de la Commission de l’amélioration des revenus, d’une Commission du secteur privé pour examiner les législations du travail et les libertés syndicales et, enfin, d’une Commission du secteur public pour examiner les questions liées à l’administration publique. En somme, que des sujets chauds qui accaparent l’intérêt des centrales, mais sans toutefois prétendre satisfaire toutes leurs attentes. Certes, le mois d’avril rappelle aussi l’accord de 2011 soutiré par les syndicats dans un contexte social marqué par le Mouvement du 20 février. Cet accord distingue les syndicats qui le qualifient de dépassé de ceux qui veulent le remettre au goût du jour. Les nouvelles négociations gouvernement-syndicats-patronat ne tarderont pas à démarrer avec la volonté d’aboutir à un accord qui puisse satisfaire et les syndicats, et le patronat, ce qui n’est pas une mince affaire, est-il besoin de signaler. Pour accélérer la cadence, une commission préparatoire comprenant des représentants des différentes composantes sociales, économiques et des secteurs gouvernementaux concernés sera mise en place. Son rôle est de donner corps aux plans de travail desdites commissions thématiques.

Ce recentrage du dialogue social autour de thématiques liées aux revenus, au Code du travail et aux libertés syndicales renseigne un peu sur un changement de paradigme qui vise l’efficacité au lieu de se perdre dans des cahiers revendicatifs difficiles à satisfaire. Plus clairement, les attentes liées à l’impôt sur le revenu ou les pensions, par exemple, n’auront pas autant droit au chapitre que les trois sujets susmentionnés. Dans un contexte marqué par l’amenuisement du pouvoir d’achat et les revenus qui n’évoluent pas, il devient judicieux de faire un geste s’inscrivant dans le sens de l’apaisement. En tout cas, pour pallier la tension qui croît au sein des masses laborieuses, relayée par des mouvements de débrayage, Saâd-Eddine El Othmani veut parvenir à un accord concluant. D’un point de vue politique comme social, il en a besoin pour fédérer sa majorité autour d’un projet concret en direction des travailleurs.

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Les réserves d’eau dans les barrages du Royaume augmentent de 38 à 52%

Les réserves d’eau dans les barrages du Royaume sont passées de 38% environ à 52%, avec une capacité de remplissage estimée à plus de 8 milliards de mètres cubes, a indiqué jeudi la secrétaire d’État chargée de l’Eau, CharafatAfailal.

Elle a souligné, dans un exposé devant le conseil de gouvernement sur l’évolution des réserves d’eau, que plusieurs régions disposent désormais de leurs besoins en eau potable alors qu’elles étaient menacées, a indiqué le ministre délégué chargé des Relations avec le parlement et la Société civile, Porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, dans un communiqué lu à l’issue de la réunion du conseil.

Mme Afailal a affirmé que le secteur gouvernemental concerné suit de très près cette situation et présente quotidiennement les données au public, sur chaque barrage et chaque région, via le site internet du ministère.

LA VIE ECO

A Casablanca, l’immobilier de bureau reprend des couleurs

La suroffre qui caractérisait le secteur est en train de se résorber. L’embellie concerne particulièrement les plateaux de bureaux premium. La demande est tirée surtout par les multinationales.

Le marché de l’immobilier professionnel se redresse à Casablanca, après environ trois ans de déprime. Le secteur s’était inscrit dans une phase de ralentissement due à deux facteurs essentiels: une suroffre, tous segments confondus, et un manque de visibilité sur la situation économique du pays. Cette situation avait poussé des entreprises à décaler leur décision d’installation ou de déménagement. Toutefois, cette atonie n’était pas due à la seule conjoncture. Elle  était aussi le résultat d’un marché qui ne répondait pas toujours aux besoins des clients. «Il y a une disparité en termes d’offre de plateaux de bureaux avec beaucoup de segments éparpillés dans toute la ville. Mais l’offre adaptée aux multinationales faisait défaut», explique Amine Maktoum, head of advisory& transaction chez Black Rock Advisory.

La donne a changé; «le marché est dans une nouvelle dynamique, depuis un semestre», affirme Karim Tazi, directeur général délégué de A.LazrakAdvisory and Brokerage. Et d’ajouter : «Nous remarquons une augmentation des transactions, que ce soit en termes de nouveaux entrants ou de déménagements». Sauf qu’elle reste encore timide. La suroffre qui caractérisait le marché se résorbe petit à petit, notamment au niveau des principaux centres d’affaires dont la Marina, Anfaplace et Casanearshore. Il convient toutefois de relativiser.

Les entreprises étrangères tentées par l’acquisition

Si l’embellie touche les segments premium de l’immobilier de bureau, elle ne profite pas aux autres catégories. Actuellement, la demande est orientée vers les bureaux aux standards supérieurs en termes de conception, d’efficience, de localisation et d’offre de services comme les places de parkings, la proximité des moyens de transport ou encore de la restauration… Et c’est ce type d’offres qui est le plus recherché par les grandes entreprises, notamment les multinationales. Les autres catégories, dont les immeubles reconvertis en plateaux de bureaux, sont recherchés par les PME et les strat-up marocaines qui ne disposent pas de budgets conséquents pour s’offrir un siège de qualité supérieure.

Dans ce contexte,  de nouvelles entreprises étrangères s’implantent, notamment de nouveaux venus chinois, en plus des Français et autres nationalités. Cette demande étrangère demeure tournée essentiellement vers la location sur une durée de 6 à 9 ans. D’ailleurs, «en volume, les transactions locatives réalisées par les multinationales ont totalisé près de 32 000 m2 en 2017», assure M.Maktoum. Il y en a qui franchissent le pas en devenant propriétaires. En face, la demande marocaine émane d’entreprises déjà installées, qui cherchent à s’agrandir ou qui sont à la quête d’une offre plus qualitative. Alors que les chefs d’entreprises marocaines privilégiaient essentiellement l’acquisition il y a à peine quelques années, ils ont changé de vision en affichant une préférence pour la location dans des immeubles reconvertis en plateaux de bureaux. Ils sont attirés par des prix jugés abordables dans des quartiers où quelques business centers émergent, à l’instar des boulevards Abdelmoumen, la Résistance,2 Mars…

Chaque quartier d’affaires dispose de son type de clientèle. Si Sidi Maârouf est connu pour abriter les entreprises du secteur IT, le centre-ville est plus orienté vers les services financiers, le conseil… Casanearshore, de son côté, accueille les entreprises qui opèrent dans l’offshoring.

Le redressement du marché n’a pourtant pas impacté le loyer. Les tarifs ont quasiment stagné dans une fourchette comprise entre 100 et 150 DH/m2, et vont jusqu’à 250 m2 pour le premium: Anfaplace, Marina… Ils devraient évoluer dans ces limites cette année encore, en dépit d’une demande plus affirmée. Ce n’est qu’une fois le stock disponible absorbé – près de 2 millions de m2-, que les prix pourraient augmenter suivant la loi de l’offre et de la demande. Pour le moment, c’est un scénario qui incite à la prudence.

De nouvelles superficies seront livrées courant 2018

Avec le développement d’une offre répondant aux besoins des entreprises, internationales spécifiquement, de nouvelles superficies de qualité seront disponibles cette année. «Pendant qu’à la Marina 20 000 m2 sont en cours de finalisation, deux tours de bureaux à Casanearshore d’une superficie similaire seront disponibles. A Casa Anfa, 24 000 m2 seront livrés à partir du 4e trimestre», détaille Amine Maktoum, head of advisory& transaction chez Black Rock Advisory, qui assure que des clients ont déjà signé des promesses de bail dans ce quartier d’affaires.

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L'economiste

Marrakech-Safi : 8,2 milliards pour mettre à niveau l’habitat

Les différents projets d’habitat et de mise à niveau urbaine dans la région de Marrakech-Safi coûteront 8,2 milliards de DH. Sur ce montant, 3,4 milliards seront assurés par le ministère de l’Urbanisme, l’Aménagement du territoire, de l’Habitat et de la Politique de la ville, qui a signé, mardi 3 octobre, un contrat-programme 2017-2021 visant à accompagner la région dans l’élaboration de son plan d’aménagement. L’objectif est de faire de Marrakech une ville sans bidonville à l’horizon 2019. Cela passera notamment par l’amélioration des conditions de vie de 64.000 familles pour une enveloppe globale de 1,8 milliard de DH ainsi que le traitement de 5.600 édifices menaçant ruine.

Le coup de gueule du Médiateur du Royaume

Un véritable réquisitoire contre l’administration a été remis au Souverain. Le Médiateur du Royaume y critique sèchement l’inertie récurrente des ministères, des collectivités locales et des établissements publics. Ses recommandations ne sont pas traduites en circulaires, lois ou règlements. L’institution se trouve «obligée d’intervenir» pour résoudre des plaintes déjà traitées par le passé. Dans son rapport, le Médiateur, Abdelaziz Benzakour, est surpris de constater (encore une fois) que des administrations «traînent dans leurs réponses». Une attitude qui «démontre que le changement» tant promis par l’exécutif est une mauvaise blague.

Rabat/Conseil de la région: 650 millions de DH pour l’investissement en 2018

  • Ce qui va permettre de poursuivre les projets de développement
  • Avec une focalisation sur le monde rural: électricité, eau potable, écoles…

En 2018, place aux grands projets. La région de Rabat-Salé-Kénitra (RSK) compte mettre en place les axes développés dans son Programme de développement régional (PDR) adopté en juillet dernier. Une opérationnalisation qui s’accompagne d’un budget conséquent de 646 millions de DH lequel sera mobilisé au titre de l’exercice 2018. Il vient d’être adopté à l’unanimité par les membres du conseil de la région lors de la session d’octobre tenue hier à Rabat.

«Nous avons procédé à une programmation triennale en prenant en considération celle prévue par notre PDR», a rappelé AbdessamadSekkal, président de la région RSK. Plusieurs conventions ont également été adoptées afin de poursuivre les efforts de mise à niveau et de développement de différentes provinces, avec un focus sur le monde rural. «Nous allons poursuivre le raccordement des douars aux réseaux d’électricité et de l’eau potable avec l’objectif d’atteindre une couverture totale à l’horizon 2022», a indiqué le président de la région.

Une convention a été conclue, à cet effet, avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) dans le but d’alimenter à terme, la population de 195 douars en eau potable. Cette opération nécessitera une enveloppe d’environ 100 millions de DH qui sera mobilisée à part égale par les deux parties. Un travail similaire est également effectué avec le département de l’Equipement pour le désenclavement du monde rural.

Par ailleurs, le conseil prévoit de lancer le programme d’aménagement et de construction du Souk Assalihine à Salé pour un coût global de 305 millions de DH. La contribution de la région s’élève à 30 millions de DH, le reste sera mobilisé par le ministère des Habous  (185 millions de DH) et la commune de Salé avec 70 millions de DH.

D’autres conventions s’y ajoutent. Il s’agit particulièrement de la contribution de 100 millions de DH de la région pour l’acquisition de 100 bus neufs afin de renforcer le parc du futur délégataire du transport urbain. Le conseil a aussi affiché son engagement pour contribuer au financement d’autres projets. Il s’agit notamment de la construction d’un complexe intégré dédié au secteur de l’artisanat au niveau de la région.

Signalons par ailleurs que la RSK est la seule région au Maroc qui a pu adopter les statuts de son agence régionale d’exécution des projets, se félicite le président. Les travaux de la session ont été donc une occasion pour son directeur de présenter l’état d’avancement des projets réalisés directement par la région via l’agence.

15 écoles communautaires

La lutte contre l’abandon scolaire dans le monde rural figure parmi les priorités du conseil de la région RSK. Pour ce faire, il est prévu, dans le cadre d’un partenariat avec l’académie régionale, de construire 15 écoles communautaires dans les différentes provinces de la région. Pour rappel, la région compte mobiliser un budget de 50 millions de DH réparti sur trois années à partir de 2017.

aujourd'hui

Le Maroc devra encore importer des céréales

Le constat confirmé lors de rencontres à Casablanca

«Le Maroc a enregistré une récolte très satisfaisante cette année. Malgré cela, il devra importer des céréales». Le constat est entériné, mardi à Casablanca, par Jean-Pierre Langlois-Berthelot, président de France Export Céréales, lors des rencontres franco-marocaines des céréales. Dans ce sens, il rappelle que la France continue à approvisionner le Maroc.

Selon ses dires, l’Hexagone attache de l’importance à l’exportation. «La France exporte plus de 50% de sa production céréalière», précise M. Berthelot. Le président de France Export Céréales, association initiatrice de l’événement qui célèbre ses 20 ans d’existence, rappelle également la compétition qui serait «acharnée» sur le marché mondial.

Cette compétitivité est évoquée par Jean-François Girault, ambassadeur de France dans le Royaume, qui estime que l’agriculture et l’agroalimentaire sont essentiels pour l’économie de la France comme du Maroc. «Les céréales détiennent la première place», précise-t-il. L’ambassadeur rappelle à  l’occasion que la France est, depuis 20 ans, le premier fournisseur du Maroc. «Après une année 2015-2016 exceptionnelle au cours de laquelle la France a fourni au Maroc 67% de ses besoins en blé tendre et 80% en orge, la dernière campagne 2016-2017 a été marquée par une mauvaise récolte céréalière dans nos deux pays donc par une très faible disponibilité à l’exportation des céréales françaises», détaille M. Girault. Pour 2017-2018, ce dernier explique : «Pour notre part, nous avons renoué avec une très belle récolte, l’une des meilleures ces dernières années, indique l’ambassadeur.  A propos de cette campagne 2017-2018, la France retrouve, selon M. Berthelot, une production quasi normale avec 38 millions tonnes de blé tendre. «Pour le blé dur, nous avons prévu une production de plus de 2 millions 100 mille tonnes. C’est un record sur les dernières années. La production du maïs, bien qu’elle démarre, s’annonce aussi satisfaisante», enchaîne le président de France Export Céréales.  Pour information, un protocole d’accord a été signé lors de l’événement pour le financement d’un certain nombre de matériels pour une nouvelle école de boulangerie à Casablanca.

Production industrielle : Le textile et la parachimie en perte de vitesse

Bank Al-Maghrib a recueilli les avis des opérateurs

Le moral des textiliens et des industriels opérant dans la parachimie est en berne. Ces professionnels ont passé un mois d’août difficile. La production dans les deux secteurs a fléchi impactant ainsi le rythme des ventes aux niveaux local et international. C’est ce qui ressort de l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib qui observe au huitième mois de l’année une stagnation du taux d’utilisation des capacités. Pour la branche du textile et cuir, ce taux aurait baissé de trois points de base revenant à 65% à fin août. La production aurait reculé dans l’ensemble des sous-branches. Un constat confirmé par 39% des patrons au moment où 46% autres ont témoigné d’une stagnation.

Les ventes ont également baissé aussi bien sur le marché local qu’étranger. S’agissant des commandes, les chefs d’entreprises ont fait part d’une stagnation qui recouvre à la fois une hausse dans l’industrie de l’habillement et des fourrures et une baisse dans l’industrie du cuir et de la chaussure. Les commandes de l’industrie textile sont également restées inchangées au mois d’août. Les chefs d’entreprises ont également observé sur ladite période un carnet de commandes inférieur à la normale, et ce à l’exception de l’industrie de l’habillement et des fourrures ayant atteint au huitième mois un niveau normal. En dépit de cette situation, les opérateurs de la branche restent optimistes quant aux trois mois à venir. L’ensemble des chefs d’entreprises ayant répondu à l’enquête de Bank Al-Maghrib s’attend à une amélioration de la production et des ventes. Les prévisions sont mitigées du côté des industriels de la branche «Chimie et parachimie».

Seulement 34% des industriels s’attendent à une amélioration de la production au moment où les deux tiers restants n’ont toujours pas une idée quant à l’évolution de leurs ventes. Rappelons qu’au mois d’août 38% des patrons ont confirmé la baisse de leur production. Seuls les patrons de la «fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» ont senti une amélioration de leur productivité au huitième mois de l’année. En revanche, de bonnes performances ont été atteintes au niveau de la branche agroalimentaire. La production a progressé contribuant ainsi à la stabilisation du taux d’utilisation des capacités qui s’est situé autour de 71% au mois d’août. Un rythme qui devrait être maintenu durant les trois prochains mois. Les ventes ont atteint un bon niveau, notamment au marché étranger. Un accroissement a été constaté à ce niveau au moment où une stagnation des ventes a été confirmée sur le marché local. De même, les commandes de la branche agroalimentaire se seraient accentuées avec un carnet de commandes jugé inférieur à la normale.

Il en est de même pour les industriels mécaniques et métallurgiques. La production de la branche grimpe d’un mois à l’autre. Ceci s’illustre par un taux d’utilisation des capacités en constante amélioration s’établissant à fin août autour de 60%. Les ventes se sont également consolidées. Une hausse tirée principalement par la progression des ventes à l’étranger tandis que les ventes locales fléchissent.

S’agissant des commandes, leur niveau a été jugé inférieur à la normale dans l’ensemble des sous-branches à l’exception du «travail des métaux» où il aurait été à un niveau normal.

Les ECO

PROJET DE LOI DE FINANCES 2018 : LA DERNIÈRE LIGNE DROITE

L’argentier du royaume, Mohammed Boussaid, a deux semaines devant lui pour finaliser le Projet de Loi de finances (PLF) 2018 et l’armada des rapports l’accompagnant avant de les déposer à la Chambre des représentants, au plus tard le 20 octobre.

Le PLF 2018 poursuit son bonhomme de chemin avant d’entamer le circuit de son adoption au Parlement. Il faut bien rappeler que le gouvernement El Othmani en est à sa première expérience, puisqu’il s’agit du tout premier budget préparé et conçu par ses soins de bout en bout, contrairement au PLF 2017 hérité de l’ancienne législature. En effet, deux étapes cruciales ont été franchies en début de semaine.

Lundi 2 octobre, le ministre de l’Économie et des finances, Mohammed Boussaid, a dû exposer à deux reprises les grandes orientations du PLF 2018. La première devant ses collègues en Conseil du gouvernement, l’occasion pour Sâad Eddine El Othmani de faire les derniers arbitrages budgétaires nécessaires entre le ministère des Finances et les autres départements sectoriels. La deuxième présentation du PLF a eu lieu, quant à elle, devant le roi à l’occasion de la réunion du Conseil des ministres, et ce conformément à l’article 49 de la Constitution. Ce dernier stipule qu’entre autres textes et questions, ledit conseil, présidé par le roi, «délibère sur les orientations générales du projet de loi de finances». À la lecture de la lettre de cadrage du chef de gouvernement, diffusée mi-août dernier, les orientations du PLF 2018 semblent s’inscrire dans la continuité des PLF précédents.

La priorité sera encore une fois accordée aux secteurs sociaux, principalement l’enseignement et la santé, ces deux secteurs absorbent une bonne part des dépenses du budget général de l’État. S’agissant de l’investissement public, si rien ne filtre pour le moment quant au montant qui lui sera affecté, l’on sait au moins que l’Exécutif s’apprête à installer une nouvelle approche dans la définition et la gestion des projets programmés, inspirée de l’esprit de la réforme organique de la Loi de finances, basée sur l’efficience, le rendement, l’évaluation, la responsabilité et la création d’un équilibre entre les besoins de financement et les moyens disponibles. La nouvelle approche, indique-t-on, est fondée sur des critères dictés par la nécessité de mener des études a priori qui définissent, de manière scientifique et précise, le rendement socio-économique des projets sélectionnés. L’on sait aussi que le PLF 2018 donnera la part belle au chantier ouvert de la régionalisation avancée, après la sortie tant attendue du décret d’application du statut des douze conseils élus à l’échelle des régions.

Dans sa lettre de cadrage, El Othmani avait mis l’accent sur la nécessité d’accorder un intérêt particulier au respect par les départements ministériels des engagements fixés dans les conventions des programmes intégrés de développement urbain, signées avec les différentes villes et provinces, et d’assurer l’accompagnement nécessaire dans la limite des moyens disponibles afin d’accélérer la cadence de réalisation des plans de développement régionaux, y compris le plan de développement des provinces du Sud.

Les hypothèses du PLF 2018

Le projet de loi de finances 2018 table sur un taux de croissance de 3,2% et un maintien de la dynamique de la valeur ajoutée non-agricole qui devrait s’établir à 3,6% en 2018, contre 2,9% en 2017. Pour El Othmani, ces prévisions viennent confirmer l’accélération de la cadence des réformes structurelles engagées ces dernières années. Par ailleurs, le PLF 2018 se fixe comme objectif de contenir le déficit budgétaire à 3%. Cela dit, «nos équilibres macro-économiques sont encore fragiles, et la responsabilité de préserver ces acquis incombe à tous…Si le Maroc est parvenu à ramener son déficit budgétaire de 7,2% en 2012 à 4,1% en 2016, lequel devrait s’établir à 3% en 2017, il est primordial de rester sur ce même élan afin d’alléger l’endettement au-dessous de 60% à l’horizon 2021», insiste le chef de gouvernement dans sa lettre de cadrage.

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Plus d’un million de logements vacants au Maroc

Après le rapport accablant sur les sans-abris au Maroc et leur répartition, le HCP a réalisé, toujours à l’occasion de la journée d’habitat, une étude sur les logements au royaume.

Le HCP fait savoir qu’en 2014, le parc national de logements s’élevait à 8.86 millions d’unités d’habitation, dont 6.19 millions en milieu urbain (69.8%) et 2.68 millions en milieu rural (30.2%). Par ailleurs, les logements occupés représentent 79.8% de ce parc, les logements vacants ( 12.2%), et ceux secondaires et saisonniers (8%). Le milieu rural se caractérise par le prédominance des logements occupés, soit 91.3% au lieu de 74.8% en milieu urbain. L’effectif des logements occupés est passé de 53. 671.78 unités en 2004, à 70. 711.18 en 2014, dont la part du milieu urbain est passée de 60.1% à 65.4%.

La tendance de modernisation en accroissement 

La répartition des ménages selon le type de logements occupé en milieu urbain montre une augmentation de la part des maisons marocaines modernes de 62,6% en 2004 à 65% en 2014 et celle des appartements de 12,4% à 17,5% et une baisse de celles des maisons traditionnelles de 8,1% à 5,5% et de l’habitat sommaire ou bidonville de 8,2% à 5,2%.

En revanche, la répartition des ménages- selon le type de logements dans le milieu rural -fait apparaitre une tendance à la baisse de la part des logements ruraux de 72,8% en 2004 à 64,0% en 2014 et une augmentation de celle des maisons marocaines modernes de 13,6% à 25,9%.

Selon les régions, la répartition des ménages selon le type de logements en milieu urbain montre que 3 grandes régions se caractérisent par une part des ménages occupant les maisons marocains modernes inférieure à la moyenne nationale. Il s’agit de Casablanca-Settat avec 50,1%, Rabat-Salé-Kénitra avec 60,9% et Marrakech-Safi avec 62,8%. Néanmoins, les deux premières régions disposent des parts les plus élevées en ménages habitants des appartements (30% et 20,5%) et des habitats sommaires ou bidonvilles (9,7% et 8,0%).

Plus d’un million de logements vacants !

Les logements vacants comptent 10.871.46 unités en 2014, dont 90,7% en milieu urbain et 9,3% en milieu rural. l’étude du HCP souligne qu’il y’a une grande dispersion constatée dans le milieu urbain au niveau régional.

La proportion des logements vacants a atteint 24,1% dans la région du Grand Casablanca-Settat, 15,9% dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, 12,7% à Rabat-Salé-Kénitra, 12% à Fès-Meknès, 9,8% à Marrakech-Safi, 8% à Souss-Massa et 7,5% à l’Oriental. Cette proportion n’est que de 4,6% à Béni Mellal-Khénifra, 2,3 % à Draa-Tafilalet et moins de 1,5% dans chacune des régions du Sud.

48,5% des logements vacants en milieu urbain sont des appartements, soit 478124 unités. Les maisons marocaines modernes viennent en second lieu avec 40,9% et les Villas ou étage de villa en troisième position avec 4,4%. Alors que les maisons marocaines traditionnelles ne représentent que 3,3%.

Le nombre des appartements vacants est en nette augmentation en milieu urbain, avec une multiplication par plus de 3 fois, passant de 144397 unités en 2004 à 478124 en 2014. Celui des villas ou étage de villa vacants a été également multiplié par plus de 2 fois pendant la même période, en passant de 16632 à 42942 unités, alors que celui des maisons marocaines modernes n’a progressé que de 61%.

HUIT LOGEMENTS SECONDAIRES SUR DIX SE TROUVENT EN VILLE

En 2014, le Maroc comptait 706121 unités de logements secondaires ou saisonniers, dont 81,4% en milieu urbain et 18,6% en milieu rural.

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Un budget de 678 millions de dirhams pour la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima en 2018

Ilyas El Omari a réussi, ce 2 octobre, à faire voter le budget de la région qu’il préside pour l’année 2018 et qui s’élève à 678 millions DH. Parmi les projets retenus, la création d’un noyau universitaire à Ksar El Kébir pour 125 millions DH.

Test réussi pour Ilyas El Omari, président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Le SG démissionnaire du PAM a vu le budget de sa région pour 2018 validé à la majorité ce lundi 2 octobre lors de la session ordinaire du conseil régional qui s’est tenue dans la ville du Détroit.

Le budget global de cette région a été arrêté à 678 millions de dirhams. Parmi les projets phares retenus par le conseil régional, on trouve notamment le projet de création d’un noyau universitaire à Ksar El Kébir. Ce projet est le fruit d’un partenariat entre la région et le ministère de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur. Il consistera en la création d’une faculté pluridisciplinaire et coûtera un budget global de 125 millions de dirhams sans compter l’enveloppe nécessaire pour l’acquisition du foncier.

Parmi les autres points votés lors de cette session, il est aussi question d’un avenant à un accord de partenariat avec la RAM pour le lancement d’une ligne reliant Tanger et Al Hoceïma.

La CIMR avance l’échéance du règlement des pensions de retraite

Le paiement des pensions des adhérents de la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR) “se fera dorénavant le dernier jour ouvré de chaque mois, au lieu du premier jour du mois suivant”, annonce mardi la CIMR.

La Caisse explique, dans un communiqué, que cette décision s’inscrit “dans le cadre de sa démarche d’amélioration de la qualité des services offerts à ses allocataires”.

En 2016, la CIMR comptait 6276 entreprises adhérentes, 615.934 affiliés actifs cotisants et ayants droit et 164.435 allocataires.

Le montant total des produits techniques de la CIMR s’élevait à 7.719 millions de dirhams et le total des pensions servies était de l’ordre de 3.780 millions de dirhams.

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Fiscalité numérique: vers une nouvelle assiette au Maroc?

L’Europe est en quête de solutions pour réussir à mieux taxer les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon). Ces géants numériques disposent de grandes stratégies d’optimisation fiscale, préposées et faites sur mesure, afin de payer le minima au fisc et en vue de gagner le maximum sur chaque région.

Les pays européens pensent d’ores et déjà à taxer ces mastodontes digitaux sur leurs “chiffres d’affaires” et non pas leurs “résultats”. Cependant, le challenge européen serait donc de réussir à identifier toutes leurs transactions numériques et cryptologiques. Cela demandera une mise à niveau technologique des gouvernements, en vue de contrôler et de surveiller de plus près l’ensemble des activités technologiques des GAFA.

Au Maroc, conformément aux chiffres publiés par la Trésorerie générale, les recettes fiscales consolidées à fin août 2017 ont atteint 132 milliards de dirhams. Soit une progression de 7% par rapport à la même période une année auparavant. Partant de ce constat, le fisc marocain est en grande forme à l’ère de sa transformation digitale. Il s’agit carrément d’un nouveau positionnement numérique marqué par de nouvelles mesures SI (systèmes d’information), telles que la refonte du portail web, la mise à niveau des télédéclarations en ligne, l’encouragement des règlements magnétiques, et le renforcement des guichets électroniques.

En revanche, les recettes fiscales collectées au titre de l’exercice budgétaire écoulé (2016) se sont soldées à 189 milliards de dirhams. D’où une pression fiscale aux alentours de 23% du produit intérieur brut (PIB). En dépit de cela, ce taux reste relativement bas par rapport à plusieurs pays d’Europe (45% en France), et en absence d’une assiette plus équitable élargie aux couches sociales dites “riches”. Par conséquent, le besoin en financement annuel du pays est en moyenne situé aux alentours de 25 milliards de dirhams.

La formule est simple: les recettes ordinaires ne financent pas la totalité des dépenses de l’Etat. Il va falloir penser à des solutions plus radicales et surtout innovantes pour le développement de taxes contemporaines en plus des impôts classiques (IR, IS, TVA…), sources de pression continue sur les contribuables de la classe moyenne.

Par ailleurs, les utilisateurs marocains “officiels” du réseau social bleu (Facebook) avoisinent les 13 millions d’abonnés. L’information se partage et circule entre lesdits utilisateurs de manière agile et véloce. Ils bénéficient d’un package virtuel complet composé entre autres d’articles, de renseignements pratiques, conseils, opinions, contenus audiovisuels, référentiels de prix, marchés, services, etc. La question la plus évidente à se poser est comment imposer ce monde “virtuel”?

Si l’on décide de se pencher sur le mastodonte digital Facebook, introduire une taxe forfaitaire spéciale annuelle de 1.000 dirhams sur chaque abonné marocain mobilisera une enveloppe de 13 milliards de dirhams. Celle-ci couvrira la moitié du déficit budgétaire du pays. Mais faut-il la récupérer du citoyen utilisateur ou l’imposer au géant du service ou la prescrire solidairement entre les deux parties? Certainement, on n’ira pas plus loin que l’Europe qui est en train d’approfondir ses réflexions sur plusieurs aspects de la fiscalité digitale.

De ce fait, la complexité majeure de l’administration fiscale marocaine, en l’occurrence la DGI, sera de pouvoir élargir l’assiette fiscale vers de nouvelles niches numériques et à travers un système d’information performant retraçant les opérations “utilisateurs” et “fournisseur du service”. Au-delà du volet réglementaire, le développement efficace de l’administration électronique demeure la condition sine qua non pour réussir le futur challenge de la “taxation digitale”. Les algorithmes de cryptologie, les applications de retraçage, la sécurité des big data sont, entre autres, les principaux chantiers de cette mutation fiscale numérique, et dont l’enjeu technologique est de taille.

Dans cet univers, la fiscalisation numérique ne pourra s’opérer sans considérer les GAFA comme de véritables “partenaires nationaux”. Ces derniers détiennent de l’information pertinente sur leurs utilisateurs (données personnelles, parcours académique et professionnel, tendances, préférences, historique personnel, métiers exercés, hobbies, etc.). De ce fait, toute transition digitale ne peut s’opérer efficacement sans l’adhésion des GAFA, étant donné qu’ils disposent d’un grand avantage concurrentiel traduit par une meilleure connaissance du “comportement client”.

La mise en place d’un nouveau modèle technologique, où les GAFA seront considérés comme alliés des Etats, favorisera l’émergence et le développement de taxes numériques contemporaines retraçant à la fois l’informel et l’immatériel. Mais la question la plus évidente à se poser est: l’utilisateur sera-t-il taxé au 2ème rang? Si c’est le cas, en tant que citoyen, cela changera-t-il son vécu au-delà de renflouer les caisses de l’Etat? Et quelle sera la contrepartie sociale de cette contribution digitale soi-disant “citoyenne”?

Juste des interrogations prématurées! L’essentiel serait de répondre positivement au défi universel, en l’occurrence réussir à taxer les GAFA sur toutes leurs transactions numériques transnationales.