INDUSTRIE : UNE BANQUE DE 100 PROJETS MISE EN LIGNE

Disponible sur le siteweb du ministère pour le renforcement de l’investissement industriel

Les investisseurs potentiels dans le domaine industriel ont désormais une banque de projets. En effet, le ministère de l’industrie et du commerce vient de mettre en ligne une première banque d’une centaine de projets d’investissement dans 9 secteurs (agroalimentaire, transport, industries électriques et électroniques, mécanique et métallurgie, textile, plasturgie…)

Les fiches projets contiennent les investissements requis, des estimations de chiffre d’affaires et de rentabilité, le potentiel du marché, la localisation du foncier disponible dans les zones industrielles…

Les détails sont disponibles en ligne sur le http://www.mcinet.gov.ma/fr/content/opportunités-dinvestissements-industriels-banque-de-projets. Le ministère ambitionne ainsi d’accompagner les porteurs de projets pour préparer les programmes d’investissement. Il s’agit notamment de proposer des mesures incitatives et des mesures de soutien pour structurer dans la durée l’effort de l’industrie nationale.

L’OCTROI DU STATUT CONFIE AU MINISTERE DES FINANCES SUR AVIS DE BAM, L’AMMC ET L’ACAPS

Dissolution de la commission CFC

Nous l’annoncions il y a quelques semaines. C’est désormais chose faite pour Casablanca Finances City (CFC). A présent, il y aura un avant et un après l’adoption du décret-loi sur la restructuration de CFC. Adopté par le conseil de gouvernement, le texte introduit des changements de taille. Ainsi et sans nul doute pour faciliter le retrait du Maroc de la liste grise des paradis fiscaux établie par l’Union Européenne, le décret-loi acte la suppression de la commission CFC. Ceci veut dire que l’octroi du statut CFC n’est plus du ressort de l’instance CFC.

Cette dernière ne pourra plus que proposer au ministère de tutelle chargé des Finances qui aura le dernier mot sur l’octroi dudit statut mais sur avis favorable des institutions comme Bank Al Magrib, l’autorité de régulation des marchés financiers, AMMC ou encore l’ACAPS, le régulateur du secteur des assurances et de la prévoyance. A noter enfin que le Conseil de gouvernement, réuni jeudi dernier, a approuvé le projet de décret-loi n° 2.20.665 relatif à la réorganisation du pôle financier de Casablanca «Casablanca Finance city».

Ce projet de décret-loi a été élaboré conformément à la volonté du Royaume du Maroc de faire de la ville de Casablanca un pôle financier aux niveaux régional et international, conforme aux standards internationaux, avait souligné le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, M. Said Amzazi, dans un communiqué lu lors d’un point de presse tenu à l’issue de ce Conseil.

Le ministre a ajouté que le projet de ce décret-loi vise à renforcer la transparence et la nature des activités exercées au sein de Casablanca Finance City et à améliorer l’attractivité de ce pôle, notamment pour les entreprises éligibles à l’obtention du statut du pôle financier de Casablanca.

Managem dompte la crise

Après une perte au premier semestre de 2019, Managem redevient bénéficiaire. A fin juin dernier, le groupe a réalisé un résultat net part du groupe de 98 millions de DH contre une perte de 139 millions de DH un an auparavant, soit une variation de 237 millions de DH.

Le chiffre d’affaires s’établit, de son côté, à 2,37 milliards de DH en progression de +10% par rapport au premier semestre 2019. Cette évolution est marquée principalement par la hausse « significative » de la production de l’Or (+23%) « grâce à la montée en régime de la nouvelle usine de traitement au Soudan », indique le groupe. Elle provient aussi de l’amélioration notée dans l’activité Cuivre (+7%), « grâce à l’augmentation des productions des mines d’Oumejrane et de Bleida ». En revanche, le groupe a vu la production reculer pour ce qui est de l’Argent, (-12%), du Cobalt (-8%) et du Zinc (-9%) en raison notamment des perturbations causées par le Covid-19.

Au Maroc, Managem avance dan l’étude de faisabilité du projet cuprifère Tizert dont la finalisation est attendue pour la fin de l’année.

La DGI signe un Gentlemen’s agreement avec la FNPI

Validée au début de l’année, la convention vient d’être activée

Le complément d’impôt fixé à 3,1% pour la tranche de chiffre d’affaires inférieure ou égale à 20 millions de DH

Des accords similaires en discussion avec d’autres associations

Le fisc met le paquet sur les conventions fiscales avec les organisations professionnelles. Après les architectes, une convention a été signée avec les promoteurs immobiliers mais le confinement a retardé son application. Des discussions avec différents secteurs sont également en cours. Sur la liste figurent, entre autres, la métallurgie, l’édition, l’agroalimentaire ainsi que les pharmaciens.

L’administration fiscale s’appuie sur l’article 247 du Code général des impôts qui consacre son alinéa XXVIII à l’amnistie et aux modalités d’introduction de la déclaration rectificative.

Cette disposition l’autorise à signer une convention avec une profession sur la base d’une norme tenant compte des données dont elle dispose. En contrepartie, les contribuables bénéficient de l’annulation des amendes et de la dispense du contrôle pour les exercices et les impôts couverts par la déclaration rectificative notamment l’IS, l’IR professionnel, et la TVA. Il s’agit là d’une avancée importante, mais qui survient dans une conjoncture difficile: problèmes de trésorerie, baisse importante de l’activité pour plusieurs secteurs d’activité et quasi-arrêt pour d’autres…La situation est telle que les entreprises n’ont presque pas de visibilité.

La campagne de régularisation des promoteurs immobiliers porte sur les exercices 2016, 2017 et 2018. L’année 2019 est exclue de la déclaration rectificative. Cette convention concerne en particulier les promoteurs immobiliers en activité. La loi exclut d’office les contribuables qui sont en cessation d’activité et ceux qui ont fait l’objet de l’une des procédures de contrôle prévues par le CGI (procédure normale ou accélérée de rectification des impositions).

Le complément d’impôt qui fera l’objet d’une régularisation sera calculé via l’application d’un taux de contribution au chiffre d’affaires. A titre d’exemple, un promoteur qui adhère à cette convention pourrait s’acquitter d’un montant équivalent à 3,10% du chiffre d’affaires inférieur ou égal à 20 millions de DH (voir tableau).  Attention:  le chiffre d’affaires recoupé par l’administration fiscale et non déclaré par le promoteur au titre des exercices non prescrits, se verra appliquer un taux de contribution de 30%!

Côté délais, la déclaration et le paiement des droits sont fixés au 15 décembre conformément au changement apporté par la loi de Finances rectificative. Auparavant, la déclaration devait être souscrite au plus tard le 30 septembre et le paiement spontané des droits complémentaires pouvait s’effectuer en deux versements égaux respectivement avant la fin des mois de septembre et de novembre.

Deux autres options

Les promoteurs peuvent ne pas adhérer à cette convention et souscrire directement à une déclaration rectificative. Deux options sont offertes. La première leur permet d’apporter les ajustements et de s’acquitter spontanément du complément d’impôt, bénéficiant ainsi de l’annulation d’office des majorations, amendes et pénalités.

La deuxième permet aussi aux promoteurs de souscrire à cette déclaration, mais en tenant compte des renseignements et données dont dispose l’administration fiscale. Dans ce cas, ils bénéficieront de l’annulation d’office des majorations, amendes et pénalités ainsi que de la dispense du contrôle fiscal. Ceux qui sont intéressés par cette option doivent demander au fisc l’état des irrégularités constatées suite à l’examen des données contenues dans les déclarations fiscales.  Sauf que la réponse des services des Impôts peut prendre près de deux mois!

Une note explicative établie avec l’assistance d’un conseil choisi parmi les experts comptables ou les comptables agréés est exigée.  «Cette note doit comporter, pour tous les postes ou les opérations concernées, les rectifications effectuées par le contribuable ainsi que les motifs détaillés justifiant le défaut de régularisation totale ou partielle des irrégularités communiquées par l’administration fiscale», souligne l’article 247 du Code général des impôts. 

Au terme de cette procédure, la liquidation du complément d’impôt s’effectue sur la base des rectifications apportées dans la déclaration. L’administration ne peut procéder au contrôle que si elle découvre des opérations de fraude, de falsification ou d’utilisation de factures fictives.

Tourisme: Marrakech risque de disparaître des radars

Sans une ouverture des frontières, la 2e saison touristique est compliquée

La ville pourrait ne pas figurer dans les brochures des tour-opérateurs

Les entreprises au bord de l’asphyxie!

«Il faut qu’on nous laisse travailler», appelle Salahedine Naciri, président de l’association de l’industrie hôtelière de Marrakech. «Et nous avons besoin pour cela de date pour la réouverture des frontières, sinon, nous allons rater 2021 tout comme nous avons manqué 2020», insiste Naciri.

Après 7 mois d’arrêt, les professionnels du tourisme sont à bout et lancent des cris d’alerte. A quelques semaines de la période touristique la plus importante pour la cité ocre, les vacances de la Toussaint qui débutent à partir du 17 octobre, le flou quant à une vraie ouverture de l’aérien est toujours maintenu. Or, à  Marrakech, c’est bien la Toussaint qui donne le ton pour les prochains six mois (novembre/avril). Les familles françaises, par exemple, partent en vacances à l’étranger à cette période, cherchant le soleil dans les pays du Maghreb, et aussi en Asie.

Les destinations concurrentes ont ouvert leurs portes et se préparent à ces vacances qui sont plébiscitées par les touristes, alors que le Maroc n’a toujours pas pensé son plan de reprise. Le syndicat des entreprises de tour-operating (SETO) français a déjà tiré la sonnette d’alarme et lancé un appel aux autorités marocaines pour ouvrir les frontières. «Si nous n’avons pas le Maroc à la Toussaint, nous pourrons difficilement l’avoir pour l’hiver», avait signalé  René-Marc Chikli, président du SETO lors de la rencontre à Paris avec l’ONMT.

«L’assouplissement d’accès au territoire marocain accordé aux étrangers ne suffit pas pour faire revenir les voyageurs dans le Royaume», insiste Chiki. Sans une vraie ouverture des frontières ou du moins un calendrier clair, les tour-opérateurs vont tout simplement déprogrammer le Maroc des brochures qui sont en cours d’élaboration.

Marrakech qui vit principalement du tourisme est déjà sinistrée avec plusieurs entreprises en faillite. Perdre une seconde saison va entraîner la banqueroute pour les autres. La ville compte plus de 240 établissements d’hébergement ainsi qu’un millier de maisons d’hôtes, un grand nombre d’agences de voyages et un millier de restaurants, sans parler de l’artisanat, qui vivent directement du tourisme.

Covid-19 : un scénario probable de croissance à 4% au Maroc dès la reprise mondiale   

Dans l’un des 3 scénarios échafaudés par le Haut Commissariat au Plan dans son examen de la mise en œuvre par le Maroc des objectifs de développement durable, le Maroc pourrait retrouver une vigueur économique après la crise du Covid-19. Et ce, à travers la performance de ses métiers mondiaux et les flux d’IDE que le pays pourrait recevoir. En ligne de mire, une croissance qui pourrait se situer à 4% par an. Rien que cela.

Le HCP voudrait voir le verre à moitié plein. Et tout comme Bank Al Maghrib qui a basé sa décision de maintenir le taux directeur à 1,5% en suivant ses propres scénarios qui lui indiquent qu’en l’état actuel, l’économie est bien financée, le HCP croit que le rebond après la crise peut être plutôt profitable pour le Maroc. L’un des scénarios, dit probable, « prend en charge les impacts de la pandémie du COVID-19 sur l’économie nationale, retrace la trajectoire de son évolution avec un rétablissement progressif après la période de récession causée par cette pandémie », explique le rapport du HCP. Ce scénario s’oppose à ceux dits tendanciel(1) et souhaitable (2). Et selon ce scénario, passé le ralentissement du Maroc dans son élan en matière de réalisation de ODD à 2030, « le pays va accélérer sa croissance et améliorer ainsi tous ses indicateurs sociaux par rapport au scénario tendanciel basé sur les évolutions des dernières années », détaille rapport.

Une croissance à 4% par an

Suivant ce scénario, « le rythme de croissance du PIB serait amélioré pour atteindre 4% par an (contre 3% dans le scénario tendanciel) », précise le rapport. Comment ? Le HCP compte sur le déploiement de plusieurs programmes et stratégies sectoriels ayant contribué à la modernisation des infrastructures du pays et au relèvement du profil de spécialisation de son système productif. Le redémarrage de l’économie mondiale serait à ce moment tirée « principalement par le bon comportement des économies émergentes et en développement, impactant en conséquence positivement la demande adressée au Maroc », scénarise le HCP. Le rapport ajoute que « l’économie marocaine ferait preuve d’une résilience puisqu’un dynamisme des exportations nationales serait de retour, impulsé par la performance des secteurs forgeant l’ossature des métiers mondiaux du Maroc ainsi que par la performance qui serait observée du côté des flux d’Investissements directs étrangers (IDE) reçus par le Maroc ». Et ces résultats seraient la conséquence de réformes que le Maroc aura déployées sur le plan de la modernisation de son système productif et du renforcement de sa compétitivité. Dès lors, les industries manufacturières croîtraient de 3,9% et les services marchands devraient bondir de et 4,5%, et le secteur agricole enregistrerait une croissance de 2,5% en moyenne annuelle durant les dix prochaines années.

Puis, dans le sillage de ces améliorations économiques probables, l’éducation connaitrait une baisse de la part des adolescents non scolarisés de 23,8% (16,7% dans le scénario tendanciel). Les taux de mortalité infantile et néonatale baisseraient aussi de 21,8% et 18,3% au lieu de 15,3% et 12,7% respectivement dans le scénario tendanciel. La mortalité maternelle baisserait, quant à elle, de 28,3% au lieu de 20,1%. Ces améliorations cibles devraient se produire à horizon 2030, pour rester dans les engagements pris par le Maroc.

Optimisme

Le scénario est idéal et fait presque écho à l’optimisme affiché par le Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie Verte et du Numérique, Moulay Hafid Elalamy, lors du Conseil National de l’Entreprise il y a quelques jours à la CGEM. Celui-ci n’avait pas manqué de souligner le dynamisme et la résilience des entreprises malgré l’impact important de la crise sanitaire, et mis en avant la banque de projets que son ministère a concoctés pour les investisseurs dans plusieurs secteurs. Le ministre avait également démontré la disponibilité de son département à accompagner les entreprises, à les soutenir pour leur permettre une montée en compétence et en régime. Seulement, ce scénario très inspirant du HCP a-t-il quelque espoir d’être réalisé ? À en croire l’économiste Najib Akesbi, intervenant récemment lors d’une conférence à la CFCIM, « “l’incertitude“ est le mot qui caractérise le mieux la situation ; personne ne voit encore le bout du tunnel dans cette crise. Cette rentrée économique est bizarre, atypique, unique en son genre. On est en permanence confrontés à des faits nouveaux. Et on est armés que par notre capacité d’analyse. L’expérience, dans cette situation, ne nous est d’aucune utilité ». Justement, la taille de cette incertitude donne-t-elle l’opportunité d’établir un scénario aussi volontariste et expansif ? D’abord, le HCP dans son scénario table sur le déploiement des réformes en matière de modernisation du productif du pays et le renforcement de ses capacités. Par temps de crise, et au vu de la trésorerie amincie que doivent gérée les industriels, avec des conditions de financement qui restent encore très sévères, une telle modernisation est-elle réellement plausible ?

La CGEM, dans ses propositions pour la loi de finances 2021 a émis un certain nombre d’idées en matière d’allègement de charges et de soutien à la trésorerie pour l’entreprise, mais qui pourraient mettre l’État en situation d’endettement plus important. Qui financera donc cette modernisation de l’outil productif ? Le scénario compte aussi sur les métiers mondiaux du Maroc qui pourraient retrouver une certaine vigueur dans la chaîne mondiale de production et une arrivée importante d’IDE. Sauf qu’à l’heure actuelle, d’autres pays sur les mêmes créneaux profitent d’avantages non moins compétitifs à faire valoir. Le Maroc saura-t-il surpasser ses propres retards, rattraper et dépasser ces pays qui chercheront également à se positionner pour prendre la reprise au rebond ? Le challenge est lancé.

(1) Le premier scénario, dit tendanciel, ignore les effets de la pandémie. Il projette l’économie marocaine dans 10 ans sur la base de ses réalisations actuelles.  Selon le scénario tendanciel, l’économie marocaine devrait continuer à croitre de 3% par an entre 2020 et 2030. Au niveau des composantes de la demande intérieure finale, la consommation des ménages croitrait à 2,9% par an, l’investissement privé à 2,1% et la consommation publique à 3,3%. Le déficit commercial extérieur serait en accentuation, en dépit de l’accroissement de 3,8% des exportations, plus élevé que celui de 3,2% des importations. Au niveau sectoriel, les services marchands enregistreraient la valeur ajoutée la plus élevée, suivis par l’industrie manufacturière, les services publics et l’agriculture. Le taux de croissance serait de 3% par an d’ici 2030 pour les services marchands et les services publics et devrait se situer entre 1,9% et 3% en moyenne, respectivement pour l’agriculture et l’industrie manufacturière. Le secteur de l’industrie minière aurait le taux de croissance le plus faible, inférieur à 1%. Les indicateurs relatifs à l’ensemble des Objectifs de Développement Durable (ODD) seraient, ainsi, en amélioration en 2030. Le domaine de l’éducation, en particulier, connaitrait une baisse de 16,7% de la part des adolescents non scolarisés et une augmentation de 6,4% du taux d’inscription au niveau du préscolaire, de 1,4% du taux d’achèvement du cycle primaire et de 4,5% du secondaire et de 12% du taux d’inscription au supérieur.

(2) Le troisième scénario, dit souhaitable, est un scénario alternatif simulé pour mettre en exergue le gain que le Maroc pourrait réaliser en termes de croissance économique et d’avancement dans la concrétisation des Objectifs de Développement Durable si certaines conditions seraient réalisées. Il s’agit essentiellement de l’amélioration substantielle du rendement des investissements déployés et d’une mise en valeur conséquente des opportunités offertes par les accords de libre-échange en matière d’élargissement des débouchés extérieurs. Le renforcement de l’intégration industrielle au niveau de certains secteurs porteurs et le relèvement de leur compétitivité s’avèrent également nécessaires pour atténuer les pressions concurrentielles suscitées par les importations sur le tissu productif national. La mobilisation de l’investissement public serait davantage soutenue en faveur des infrastructures économiques, notamment les routes, les autoroutes, les ports, les aéroports et les barrages. Dans ce scénario, l’économie nationale gagnerait presque deux points de croissance par rapport au scénario tendanciel. Le secteur manufacturier serait un secteur moteur dans cette dynamique et son évolution serait de 6,4% en moyenne annuelle au cours des dix prochaines années. De même, les secteurs des services marchands ainsi que celui de l’agriculture connaitraient des améliorations notables avec une croissance de 4,9% et 3,8% respectivement. Au plan des Objectifs de Développement Durable, leur évolution serait notable par rapport au scénario tendanciel. Dans le domaine de l’éducation, la baisse de la part des adolescents non scolarisés serait de 30% au lieu de 16,7% dans le scénario tendanciel. Dans le domaine de la santé, le taux de mortalité maternelle baisserait à 47 décès pour 100 000 naissances vivantes au lieu de 58 dans le scénario tendanciel, soit une baisse de 35,2%.

TELQUEL

L’Istiqlal traque les conflits d’intérêt avec une proposition de loi

L’Istiqlal propose une loi consacrée aux conflits d’intérêts. Face au vide législatif sur cette question, la relation tant commentée entre l’action publique et les intérêts associés au secteur privé ne dépasse que très rarement le stade de la polémique. L’étude et la discussion du texte en cette fin de mandature pourraient s’annoncer périlleuses.

L’économie et le système bancaire subissent une grande pression

  • LE TAUX DES CRÉANCES EN SOUFFRANCE DES BANQUES N’EST PAS ALARMANT, MAIS À SUIVRE DE PRÈS.
  • BEAUCOUP DE RETARD PRIS DANS LA MISE EN PLACE DU MOBILE BANKING.
  • LE TRÉSOR DEVRA SOLLICITER LE MARCHÉ INTERNATIONAL EN 2020 ET 2021 POUR LEVER DES FONDS.

Le taux des créances en souffrance a atteint 8,1% à fin juillet. Elles ont augmenté de 7 milliards de DH depuis le début de l’année pour s’élever à 77 milliards de DH. «Ce n’est pas une situation particulière au Maroc», assure Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, lors de son dernier conseil tenu le 22 septembre dernier. En face, les provisions constituées par les banques sont à un niveau confortable, surtout avec la suspension de distribution des dividendes par les banques. En tout cas, une réunion est prévue avec le GPBM, novembre prochain, afin d’évaluer et d’étudier l’impact de ces créances en souffrance sur le système bancaire. Cela dit, si la montée des impayés chez les banques ne nécessite pas une préoccupation majeure, celle enregistrée auprès des sociétés de financement reste à craindre.
L’intervention de BAM devra concerner aussi les moyens de remboursement des créances par les opérateurs du secteur immobilier. C’est ainsi que les dations en paiements seront remises sur la table, à travers un projet de circulaire qui est en cours de discussion avec le système bancaire.
A côté de cela, et avec la hausse de la circulation de la monnaie fiduciaire, le déficit de liquidité s’est creusé jusqu’à s’établir à un pic de 114 milliards de DH. A ce titre, M.Jouahri se veut rassurant en expliquant que Bank Al-Maghrib sert toutes les demandes de refinancement et que les banques peuvent mobiliser jusqu’à 340 milliards de DH. Ce qui est encore loin des niveaux demandés actuellement. En vue d’éviter le trop-plein de cash dans le système économique, il est important d’accélérer la mise en place du mobile paiement. «1,5 million de wallets sont disponibles et tous les essais switchs ont été acheminés. De même, sur le plan institutionnel, le GIE a été constitué. Mais le système tarde à se mettre en place, sachant que la 1ère expérience date d’il y a 12 ans», se désole M.Jouahri. Ainsi, le gouverneur insiste sur l’instauration d’incitations fiscales fortes en vue d’encourager les commerçants d’adhérer à ce système. Il propose aussi de lancer une opération pilote dans une région donnée.
Sur un autre volet, la planche à billets ne sera pas activée, compte tenu du risque que cette démarche pourrait engendrer sur les réserves en devises. D’ailleurs, M.Jouahri a donné comme contre exemple, l’Algérie, qui en actionnant ce levier a vu ses réserves de change chuter de 240 milliards de dollars à 50 milliards.

Une récession de 6,3% est prévue pour 2020

Sur le plan économique, le manque de visibilité règne toujours. Et en l’absence d’une reprise économique, le conseil de BAM a dû revoir ses scénarii de croissance, tout en maintenant le taux directeur à 1,5%. Ainsi, l’économie du pays devrait connaître une récession de 6,3% en cette année, alors que les prévisions de juin dernier tablaient sur une dégradation de 5,2%. En 2021, le PIB rebondirait de 4,7%, porté par une hausse de 12,6% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 75 millions de quintaux, et par une amélioration de 3,7% de celle non agricole. Ces perspectives restent entourées d’un niveau élevé d’incertitudes, liées notamment à l’évolution de la pandémie, à l’ampleur de ses retombées, ainsi qu’au rythme de la reprise. Du coup, elles devraient être régulièrement actualisées.

Pour leur part, les exportations ressortiraient en chute de 16,6% avant d’augmenter de 22,4% en 2021, portées en particulier par la progression grâce notamment aux expéditions du secteur automobile. En parallèle, les importations de biens se contracteraient de 17,4% avant de s’accroître de 17% en 2021. En outre, les recettes de voyages, devraient s’inscrire en forte diminution, passant de 78,8 milliards de dirhams en 2019 à 23,9 milliards en 2020 et rebondiraient à 49,1 milliards en 2021. Plus résilients à la crise, les transferts des MRE accuseraient une baisse limitée de 5% à 61,5 milliards, avant de s’améliorer de 2,4% à 63 milliards en 2021.

Par ailleurs, le crédit bancaire devrait enregistrer une progression autour de 4% en 2020 et en 2021. Cette progression tient compte de l’évolution prévue de l’activité économique et de l’effet attendu du programme Intelaka, ainsi que des différentes mesures de soutien et de relance. Pour rappel, les détails de la répartition du budget prévu pour la relance économique de 120 milliards de DH sont toujours en attente et seront dévoilés lors de la présentation du projet de Loi de finances 2021.
Pour les finances publiques, la poursuite de la mobilisation des financements spécifiques en 2021 entraînera une aggravation du déficit budgétaire, hors privatisation, à 4,1% du PIB en 2019 à 7,9% cette année, avant de s’atténuer à 5,1% en 2021. Outre les ressources internes, le financement des besoins du Trésor est assuré par une mobilisation exceptionnelle des financements extérieurs. La dette du Trésor augmenterait ainsi de 65% du PIB en 2019 à 76,1% en 2020 et se situerait à 75,9% en 2021. Notons que le Trésor devra s’adresser au marché international pour lever des fonds. Deux sorties sont ainsi prévues, en cette année (en euros) et en 2021.