Pétrole/Energies : La mer d’huile et sa pente douce

Les énergies alternatives influencent l’interprétation du prix d’équilibre du pétrole.

La mer a beau être d’huile parfois, la pente au fonds ne change pas d’inclinaison. La stabilité inhabituelle des prix du pétrole Brent au comptant depuis quatre mois n’empêche donc pas un prix d’équilibre à long terme de se dessiner aux yeux des économistes de LBPAM, et de plus en plus bas. Les contrats futurs à cinq ans, qui en donnent une mesure, ont lentement mais sûrement baissé depuis 2015, pour passer sous les 50 dollars ces dernières semaines. L’offre pléthorique des producteurs de schiste devient moins pertinente pour l’expliquer. La baisse du coût de production de l’électricité solaire (-41 % sur 5 ans et -84 % sur 10 ans) et éolienne peut être un argument aussi important : « il existe de plus en plus une alternative économiquement viable au pétrole et cela constitue le plafond pour les prix pétroliers ».

Taxe Gafa : le G20 ne peut que constater l’échec politique

Réunis virtuellement ce mercredi, les ministres des Finances du G20 ont échoué à endosser les travaux techniques de l’OCDE sur la taxe numérique en raison du blocage américain. Ils ont, en revanche, prolongé de six mois le moratoire sur la dette des pays pauvres.

L’échec est patent. Même s’il ne constitue pas une surprise. Sur le sujet de la taxation des activités numériques des grandes multinationales, les ministres des Finances du G20, réunis virtuellement ce mercredi, n’ont pas réussi à surmonter le fossé politique.

« Je regrette que les avancées politiques n’aient pas été suffisantes pour endosser le travail technique de l’OCDE », a indiqué, mercredi lors d’un point presse téléphonique, Bruno Le Maire. Les Etats-Unis sont toujours opposés à l’idée de répartir différemment entre les pays les bénéfices générés par les activités numériques des multinationales (le pilier 1 de la réforme de l’OCDE), tout en étant d’accord pour instaurer un taux minimum d’imposition des bénéfices des entreprises au niveau mondial (pilier 2). Les propositions de l’OCDE , publiées lundi, risquent de rester lettre morte pour longtemps même si l’échéance d’un accord éventuel est repoussée à la fin du premier semestre 2021.

Bruno Le Maire se montre sceptique : « Il n’y aura pas d’accord en février, ni en mars ni en avril. Même en cas de changement à la présidence des Etats-Unis, il ne faut pas se faire d’illusions sur un changement radical de la position américaine. » Tout au plus peut-on espérer à ses yeux une attitude plus conciliante sur le plan des sanctions commerciales.

La France prélèvera la taxe Gafa

Aussi, pour faire bouger les lignes, la France milite pour accélérer les travaux d’une taxe numérique de l’Union européenne. « Je me félicite que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a demandé de travailler sur le sujet au premier semestre de l’année prochaine. L’Europe doit donner l’exemple afin que ces géants du numérique soient effectivement taxés. »

Le mieux, pour le ministre, est d’adopter un impôt sur le chiffre d’affaires, similaire à celui qui a été mis en place en France. C’est une solution qui a le mérite d’être simple. Constatant l’échec du G20 Finances, Bruno Le Maire a confirmé que la France au niveau national prélèverait mi-décembre un acompte de la taxe Gafa au titre de l’impôt 2020. Le solde sera prélevé au printemps prochain malgré les risques de représailles commerciales des Etats-Unis sur des produits français.

Répit pour les pays pauvres

Si les ministres ne se sont pas entendus sur ce sujet fiscal, ils ont trouvé un accord sur la dette des pays pauvres. Ces derniers vont bénéficier d’un nouveau répit.

Les grands argentiers du G20 ont décidé de prolonger de six mois, jusqu’en juin 2021, le moratoire sur le paiement des intérêts de leur dette. Au printemps prochain, en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, les ministres feront un point d’étape pour savoir s’il y a lieu de prolonger de nouveau ce moratoire.

Autre avancée majeure, soulignée par Bruno Le Maire, « nous avons établi un cadre commun dans lequel la Chine est partie prenante. C’est une première ». Lundi, le président de la Banque mondiale, David Malpass, avait fait état de sa frustration de ne pas voir la Chine jouer pleinement le jeu .

Ce cadre commun accepté par les autorités chinoises lie également les créanciers publics et les créanciers privés. Ces derniers « ne pourront plus se dédouaner » s’est réjoui le ministre français qui a par ailleurs annoncé l’organisation, par la France au printemps, d’un sommet sur le développement des pays africains, laquelle permettra d’évoquer ce problème de l’endettement.

Maroc : pour relancer l’économie, Mohammed VI fixe une feuille de route en trois pôles

Intervenant dans un contexte toujours inédit, le discours du chef de l’Etat marocain de vendredi dernier dresse les grandes lignes d’un plan ambitieux de relance économique et d’un grand projet de couverture sociale universelle, auxquels seront associées les règles de bonne gouvernance et une réforme des établissements publiques.

Le traditionnel discours d’ouverture de la session parlementaire d’automne adressé par le roi Mohammed VI vendredi dernier revêt un caractère particulier cette année. Diffusé pour la première fois en direct à l’intérieur de l’enceinte du parlement, il acte l’ouverture de la session parlementaire selon les dispositions de la Constitution, tout en prenant en considération la situation sanitaire exceptionnelle. « En ces circonstances exceptionnelles, Nous ouvrons la présente année législative sous un format inédit », a rappelé le roi Mohammed VI.

Sur le fond, le discours royal de ce vendredi intervient dans la continuité de celui du 21 août dernier, mais en précisant cette fois-ci les contours de la feuille de route nationale pour les prochaines années. Si. la priorité absolue est donnée à la maitrise de la pandémie, le discours royal insiste parallèlement sur une action forte pour le redressement économique et social. Un discours qui n’est ni dans le « tout sanitaire » ni dans le « tout économique » : « Dans ces conditions, pour préserver la santé et la sécurité des citoyens, il est primordial de faire preuve d’une opiniâtre vigilance et d’un engagement résolu en apportant au secteur sanitaire un soutien indéfectible. Il importe d’œuvrer, concomitamment, à la stimulation de l’activité économique et au renforcement de la protection sociale », a annoncé le chef de l’Etat marocain.

La feuille de route royale, étayée ce vendredi par le roi Mohammed VI, s’articule désormais autour de trois principaux chantiers : la relance économique, une couverture social universelle, la réforme des établissements publics, le tout prenant en compte les règles de bonne gouvernance.

Relance économique, une priorité déjà en marche

« Cette crise a révélé un ensemble de dysfonctionnements, de déficits et elle a eu un impact négatif sur l’économie nationale et l’emploi. C’est pourquoi Nous avons lancé un plan ambitieux de relance économique et un grand projet de couverture sociale universelle. Nous avons également souligné l’impératif d’appliquer les règles de bonne gouvernance et la nécessité de réformer les établissements du secteur public […]. A cet égard, Nous plaçons le plan de relance économique en tête des priorités de l’étape actuelle ».

Le ton est donné. Le plan de relance économique sera la priorité de la feuille de route royale. En août dernier d’ailleurs, le chef de l’Etat marocain, dans son discours du Trône, demandait la mise en œuvre d’un plan ambitieux de relance économique. Evalué à 120 milliards de dirhams (11% du PIB), le plan comprend deux dispositifs principaux : un dispositif de prêts garantis par l’Etat et un Fonds d’investissement stratégique.

Dans le détail comme le précise le Roi, ce plan soutiendra les secteurs productifs, notamment le tissu des PME, avec l’objectif de rehausser leur capacité à investir, à créer des emplois et à préserver les sources de revenu.

En termes d’applicabilité, le plan devra être réalisé dans « un cadre contractuel national, impliquant l’État ainsi que les partenaires économiques et sociaux et se fondant sur le principe de corrélation entre droits et obligations », insiste le souverain marocain.

D’ailleurs, les entités ( 20 000) qui, à ce jour, ont bénéficié du dispositif des prêts garantis par l’Etat avec un montant avoisinant les 26 milliards de dirhams, ont prouvé leur résilience face à la crise dont elles sont parvenues à atténuer les effets en préservant les emplois.

Précision de taille, le plan de relance sera adossé à un instrument d’accompagnement et de financement : le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. « Le plan de relance économique repose sur le Fonds d’investissement stratégique dont Nous avons préconisé la création et auquel Nous avons décidé de donner le nom de « Fonds Mohammed VI pour l’Investissement. Nous souhaitons vivement que ce Fonds joue un rôle de premier plan dans la promotion de l’investissement et le relèvement des capacités de l’économie nationale. Il interviendra pour doter les secteurs productifs du soutien nécessaire et pour financer et accompagner les grands projets envisagés, dans le cadre de partenariats public-privé », a annoncé le Roi dans son discours de vendredi dernier.

Désormais instrument central de la relance post-Covid, le fonds portant le nom du souverain, avec toute la symbolique que cela implique sur le plan de l’exécution, sera orienté vers l’investissement, et sera d’une enveloppe de 15 milliards de dirhams à partir du budget de l’Etat. « Nous avons également donné Nos Directives pour que ce fonds soit doté de 15 milliards de dirhams provenant du budget de l’État. L’allocation de ces crédits incitera les partenaires marocains et internationaux à accompagner les interventions du fonds et à contribuer aux projets d’investissement à venir. Ainsi, l’appui apporté au Plan de relance permettra d’en amplifier l’impact économique, social et environnemental », a annoncé le roi Mohammed VI.

Par ailleurs, les chantiers prioritaires sur lesquelles porteront les « investissements de la relance » comprennent la restructuration industrielle ; les secteurs émergents et à forte valeur ; la relance de la PME ; les infrastructures ; l’agriculture ; et le tourisme.

Généralisation de la couverture sociale d’ici 2021

« Notre souci a toujours été que la dynamique de développement économique soit articulée à la promotion du secteur social, à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Aussi avons-Nous appelé à la généralisation de la couverture sociale au profit de tous les Marocains ».

Second chantier majeur de la feuille de route royale pour les prochaines années, le projet de généralisation de la couverture sociale pour tous les Marocains s’articule autour de principaux axes : étendre, d’ici la fin 2022 au plus tard, la couverture médicale obligatoire, de sorte que 22 millions de bénéficiaires additionnels accèdent à l’Assurance maladie de base qui couvre les frais de soins, de médicaments, d’hospitalisation et de traitement. Puis, la généraliser les allocations familiales qui bénéficieront ainsi à près de sept millions d’enfants en âge de scolarité, au profit de trois millions de familles. Ensuit l’élargissement de la base d’adhérents au système de retraite en y incorporant quelques cinq millions de Marocains parmi la population active non titulaire d’un droit à une pension. Et enfin, la généralisation de l’accès à l’indemnité pour perte d’emploi au profit des Marocains ayant un emploi régulier.

Réformer le secteur public pour réussir la relance

« Indépendamment de ses objectifs, la réussite de tout plan ou projet est tributaire de l’adoption des principes de bonne gouvernance et de reddition des comptes ». Plusieurs fois évoquée par le chef de l’Etat marocain, la bonne gouvernance, la réédition des comptes, la performance de la sphère publique et l’attractivité pour les talents et les compétences restent des conditions sine qua none pour la réussite de tout projet, surtout stratégique ou à envergure nationale. A cet égard, « les institutions de l’Etat et les entreprises publiques doivent montrer une attitude exemplaire et agir comme un levier de développement, et non comme un frein », rappelle le roi Mohammed VI. Pour le souverain marocain, « le succès du plan de relance économique et la mise en place d’un nouveau contrat social nécessitent une évolution réelle des mentalités et un véritable changement dans le niveau de performance des établissements publics ». D’ailleurs, c’est dans ce contexte que doit intervenir l’Agence nationale des participations, que le Roi a demandé de mettre en place dans son discours du Trône et qui aura Cette agence aura désormais une double mission : la gestion stratégique du portefeuille de l’Etat et le pilotage des performances des entreprises publiques.

Le tournant imposé par la crise actuelle impose en effet un nouvel élan, davantage d’engagement et des profils à la hauteur des enjeux dans tous les secteurs. Parce que la réussite du plan de relance se fera par l’intervention du secteur public qui a aujourd’hui grandement besoin de hauts cadres alliant compétence technique et managériale et un grand sens d’éthique et de responsabilité

LafargeHolcim se démarque !

Le groupe LafargeHolcim Maroc a été désigné Top Performers RSE 2020 par Vigeo Eiris, l’agence indépendante de notation dans les domaines de l’environnement, du social et de la gouvernance. Dans les détails, le score du groupe a progressé de 23 points par rapport à 2019. C’est la seconde plus forte hausse du classement Top Performers 2020 Maroc. Dans le classement Vigeo Eiris 2020, LafargeHolcim Maroc est également n°1 du secteur cimentier des marchés émergents. Notons que l’évaluation de l’entreprise par Vigeo Eiris se base sur sa conformité aux 38 critères et plus de 330 indicateurs de responsabilité environnementale de gouvernance, sociale et sociétale appliqués par l’agence de notation. Rappelons qu’en 2018, le chiffre d’affaire de l’entreprise s’était établi à 7 milliards de dirhams soit une baisse de 2,5% par rapport à 2017, occupant ainsi le 181e rang du classement 2019-2020 des 500 plus grandes entreprises marocaines. Le résultat net du groupe quant à lui est passé à près de 1 milliard de dirhams. Retrouver l’intégralité du classement des 500 et ses analyses chez votre marchand de journaux

Chaabi Bank, une affaire à suivre

Le 6 octobre courant, dans le cadre d’une enquête ordonnée par un juge d’instruction, des perquisitions et auditions ont été́ effectuées au niveau la Banque Chaabi du Maroc (BCDM), la succursale belge du groupe BCP. Des saisies de matériel et de documents ont également été́ menées dans le cadre de cette enquête et des collaborateurs ont été́ entendus en qualité́ de témoin, fait savoir la Banque Centrale Populaire. Alors que l’enquête suit son cours, les activités de la banque n’ont connu aucune perturbation. «Les quatre agences de la succursale continuent à servir la clientèle dans les conditions normales», a rassuré la banque du cheval dans un communiqué. Il faut d’ailleurs notifier que le management de la banque Chaabi n’a pas encore eu accès aux éléments du dossier d’enquête, et ne dispose pas à ce jour, d’informations précises à ce sujet. «Les activités de la filiale marocaine en Belgique sont connues des autorités de tutelle et ses collaborateurs travaillent dans un cadre juridique et opérationnel clair, transparent et encadré par des procédures strictes, dans le respect de la loi et des bonnes pratiques du système bancaire belge », explique la BCDM. Rappelons que la Banque Centrale Populaire, maison-mère de la banque Chaabi, avait été condamnée à payer  4,2 millions d’euros à 18 de ses anciens salariés pour n’avoir pas versé leurs cotisations de retraite pendant des années en France.

Le 6 octobre courant, dans le cadre d’une enquête ordonnée par un juge d’instruction, des perquisitions et auditions ont été́ effectuées au niveau la Banque Chaabi du Maroc (BCDM), la succursale belge du groupe BCP. Des saisies de matériel et de documents ont également été́ menées dans le cadre de cette enquête et des collaborateurs ont été́ entendus en qualité́ de témoin, fait savoir la Banque Centrale Populaire. Alors que l’enquête suit son cours, les activités de la banque n’ont connu aucune perturbation. «Les quatre agences de la succursale continuent à servir la clientèle dans les conditions normales», a rassuré la banque du cheval dans un communiqué. Il faut d’ailleurs notifier que le management de la banque Chaabi n’a pas encore eu accès aux éléments du dossier d’enquête, et ne dispose pas à ce jour, d’informations précises à ce sujet. «Les activités de la filiale marocaine en Belgique sont connues des autorités de tutelle et ses collaborateurs travaillent dans un cadre juridique et opérationnel clair, transparent et encadré par des procédures strictes, dans le respect de la loi et des bonnes pratiques du système bancaire belge », explique la BCDM. Rappelons que la Banque Centrale Populaire, maison-mère de la banque Chaabi, avait été condamnée à payer  4,2 millions d’euros à 18 de ses anciens salariés pour n’avoir pas versé leurs cotisations de retraite pendant des années en France.

Maroc : Hausse du déficit budgétaire à 42,8 milliards de dirhams à fin septembre 2020

LE DÉFICIT BUDGÉTAIRE S’EST ÉTABLI, À FIN SEPTEMBRE 2020, À 42,8 MILLIARDS DE DIRHAMS (MMDH), CONTRE 28,5 MMDH À LA MÊME DATE DE L’ANNÉE DERNIÈRE, SELON LA SITUATION DES CHARGES ET RESSOURCES DU TRÉSOR (SCRT), PUBLIÉE JEUDI PAR LE MINISTÈRE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA RÉFORME DE L’ADMINISTRATION.

Par rapport au mois d’août, ce déficit est en amélioration de 3,7 MMDH, résultant principalement de l’amélioration du solde ordinaire (+6,7 MMDH par rapport à août 2020), précise la même source.

Si l’on exclut l’excédent enregistré par le Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, le déficit s’élève à près de 50,8 MMDH, en aggravation de près de 22,3 MMDH par rapport à la même période de 2019, fait observer le ministère, notant que l’évolution des recettes et dépenses ordinaires fait ressortir un solde ordinaire négatif de près de 9,3 MMDH, contre 16 MMDH à fin août, traduisant une amélioration de la couverture des dépenses ordinaires par les recettes ordinaires.

Comparativement aux prévisions de la loi de finances rectificative 2020, le taux de réalisation des recettes ordinaires, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, s’est situé à 74,7%, contre 73,8% un an auparavant, ajoute la même source, notant que par rapport à la même période de l’année 2019, ces recettes ont enregistré une baisse de 15,3 MMDH, dont 11,6 MMDH au titre des recettes fiscales et 3,5 MMDH au titre des recettes non fiscales.

Le ministère souligne en outre que les dépenses ordinaires ont enregistré un taux d’exécution de 73,9% par rapport aux prévisions de la loi de finances rectificative et se sont inscrites en hausse de près de 9,3 MMDH (+5,6 %) par rapport à la même période de l’année 2019.

Concernant les dépenses d’investissement, les émissions se sont situées à 43,9 MMDH, soit un taux de réalisation de 62% par rapport aux prévisions de la LFR et une baisse de 6,7% (-3,1 MMDH) par rapport à la même période de 2019, ajoute la même source, expliquant cette évolution principalement par la baisse des dépenses au titre des budgets ministériels.

Quant aux comptes spéciaux du Trésor, ils ont dégagé un excédent de 10,4 MMDH, contre 3,2 MMDH un an auparavant. Cette hausse s’explique principalement par l’excédent de 8 MMDH dégagé par le Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, les autres comptes spéciaux du Trésor ayant enregistré globalement un flux positif de 2,4 MMDH, contre 3,2 MMDH à fin septembre2019

L’exécution de la loi de finances à fin septembre 2020 est intervenue, depuis le mois de juin, dans un contexte caractérisé par la levée progressive du confinement et l’apparition, en conséquence, de signes de reprise dans certains secteurs d’activité économique. Elle reflète également l’impact des mesures adoptées par le Comité de veille économique pour contrer les effets socioéconomiques de la pandémie Covid-19

Entrepreneuriat : l’AECID aux petits soins pour les femmes et jeunes porteurs de projets

Le coup de pouce de 600.000 euros de l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement va bénéficier à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans quatre régions du Maroc.

Le plan de relance du secteur de l’Économie sociale et solidaire (ESS) se concrétise. Axé sur la recherche de nouvelles solutions afin de lutter contre les effets de la Covid-19 et ciblant 3.000 femmes et jeunes porteurs de projets innovants, le programme vient de bénéficier d’une jolie enveloppe de 600.000 euros. Fruit d’un protocole administratif de coopération entre le ministère du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale (MTATAES) et l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID), il devra donner une nouvelle impulsion à l’autonomisation des femmes et des jeunes, via l’entrepreneuriat. Étalé sur trois ans, et couvrant les régions Casablanca-Settat, Souss-Massa, l’Oriental et Tanger-Tétouan-Al-Hoceima, le protocole, signé ce mardi à Rabat par Nadia Fettah Alaoui et Ricardo Diez-Hochleitner Rodriguez, ambassadeur d’Espagne au Maroc et représentant de l’AECID, vise concrètement trois objectifs majeurs. Outre l’amélioration des capacités techniques, managériales et organisationnelles des femmes et des jeunes œuvrant dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, dans les quatre régions ciblées par le projet, il devra aussi permettre la mise en place de structures améliorées de production et de rentabilité pour la pérennisation des activités, au sein d’un écosystème collaboratif, associant les différentes structures de l’ESS. À cela, poursuit le communiqué de presse du ministère du Tourisme, il faut ajouter l’amélioration de l’environnement économique et social de l’entrepreneuriat en économie sociale et solidaire, au bénéfice des personnes cibles. Il faut noter que ce partenariat, qui permettra de fédérer les capacités des deux parties pour accompagner le processus de développement inclusif des femmes et des jeunes, par la promotion de l’entrepreneuriat social et collectif, est venu à son heure.

En effet, le taux de chômage s’est accru de 4,2 points à 12,3% au deuxième trimestre 2020, contre 8,1% durant la même période un an auparavant, selon le Haut-commissariat au Plan (HCP). Ce dernier souligne que ce taux, qui a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 3% à 7,2% et de 11,7% à 15,6%, est le plus grand taux de chômage enregistré au Maroc ces vingt dernières années. Si globalement les jeunes ont été durement touchés par ce fléau, aggravé par la crise liée au coronavirus, les femmes ont particulièrement payé un lourd tribut. En effet, l’emploi féminin au Maroc a sensiblement reculé au deuxième semestre 2020, passant à 17,5% contre 19,5% une année auparavant.

Conseil de gouvernement à Rabat: le PLF et trois projets de décret

Un Conseil de gouvernement se tiendra vendredi sous la présidence du chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani.

Le Conseil examinera le projet de loi de finances au titre de l’exercice 2021 et trois projets de décret l’accompagnant, indique jeudi un communiqué du département du chef du gouvernement.

Les projets de décret portent sur la délégation du pouvoir au ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration en ce qui concerne les emprunts internes et le recours aux autres moyens de paiement et les financements étrangers, ajoute la même source.

Il s’agit aussi de la conclusion de contrats d’emprunts pour le remboursement de la dette extérieure et des accords de garantie des risques des taux d’intérêt et de change, conclut le communiqué.

LES PROJECTIONS AUSTÈRES DU FMI

À en croire l’institution de Bretton Woods, l’économie nationale ne devrait retrouver son niveau d’avant la Covid que d’ici deux ans.

Qu’il semble y avoir loin désormais des prévisions de décroissance se limitant à -5%, comme l’énonce notamment le projet de loi des finances rectificative (PLFR) adopté le 20 juillet 2020 par le parlement. Le Fonds monétaire international (FMI), qui lui-même avait avancé le chiffre de -3,7% le 14 avril dans ses “perspectives de l’économie mondiale”, table désormais sur presque le double, à savoir -7%. Et c’est justement dans ses nouvelles “perspectives de l’économie mondiale”, celles-là comptant pour le mois d’octobre, qu’on trouve les nouvelles projections.

Le Royaume se trouve, ainsi, dans le sillage des pays arabes, dont aucun, en dehors de l’Égypte (+3,5% de croissance), ne devrait voir, selon le FMI, son produit intérieur brut (PIB) évoluer positivement. Au plan strictement maghrébin, l’Algérie et la Tunisie devraient respectivement connaître une décroissance de -5,5% et -7%, tandis que la moyenne régionale devrait se situer aux alentours de -8,1%. On trouve aussi, dans la colonne réservée au Maroc, des pronostics regardant les prix à la consommation, qui devrait connaître une hausse similaire à celle de 2019, à savoir de 0,2%, et ce un peu plus que ce que le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, annonçait au moment de procéder, le 16 juin, à la baisse de 50 points de base du taux directeur de la banque centrale, en l’occurrence une inflation de 0,1%. Ce qui présuppose que le FMI n’est pas tout-à-fait confiant quant à la relance, d’ici la fin de l’année, de la consommation.

Réserves de change

Cela va de pair, ceci dit, avec le taux de chômage qu’il évalue, pour l’année 2020, à 12,5%, résultante directe des mesures de confinement décrétées depuis le mois de mars pour stopper la propagation de la pandémie de Covid-19. Car sans travail, difficile de concevoir que les ménages repassent à la caisse. Le FMI est, néanmoins, un peu plus optimiste pour 2021 et voit la croissance s’établir à 4,9%, ce qui, en même temps, laisse entendre que, pour lui, l’économie nationale ne saurait reprendre son niveau d’avant la Covid-19 qu’en 2022, année qui, toutefois, n’a pas été prise en compte dans ses perspectives. Suffisant, ceci étant, pour réduire le taux de chômage à 10,5% et, par là même, permettre à la consommation de reprendre des couleurs, comme l’indique le chiffre de 0,8% d’augmentation des prix à la consommation dont elle fait mention pour l’année prochaine.

Aussi, cela se répercuterait, toujours d’après le FMI, par la réduction du déficit courant à -5,2%, contre -7,3 pour 2020, ce qui sous-entend que les exportations seraient relancées, avec surtout, on peut l’imaginer, la reprise dans la zone euro qui, pour rappel, constitue à près des deux tiers le principal marché pour le Maroc. Une bonne nouvelle, pour ainsi dire, pour les réserves de change, qui avaient été particulièrement mises sous tension fin mars au point de pousser le ministre de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, et M. Jouahri à tirer sur la ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 2,97 milliards de dollars qu’ils avaient contractée auprès du FMI en décembre 2018. Une deuxième LPL a été, un temps, également discutée, mais M. Jouahri l’avait, ceci étant, balayée d’un revers de main lors de la conférence qu’il avait donnée au siège de BAM à Rabat le 22 septembre.

Voiture autonome : Google fonce, les constructeurs lèvent le pied

Après s’être grisés d’annonces, les grands groupes automobiles sont revenus sur terre face à la multitude d’obstacles à surmonter pour se passer un jour complètement du conducteur. La crise sanitaire a hâté la réduction des budgets R&D sur ce sujet, tandis que Waymo, la branche de robotaxis de Google, accélère.

Waymo est-il en train de prendre un avantage décisif dans la course au véhicule autonome ? Alors que la jeune pousse de la galaxie Google passe un cap important en ouvrant progressivement au public le service de VTC sans chauffeur qu’elle teste dans certains quartiers de Phoenix, en Arizona, la majorité des constructeurs traditionnels semblent de leur côté avoir levé le pied.

Il y a deux ans, ils rivalisaient pourtant d’annonces sur le sujet, avec force détails sur les expérimentations en cours. Mais cet enthousiasme a peu à peu faibli, face au montant des investissements à réaliser et à la multitude d’obstacles techniques, réglementaires, ou encore juridiques à surmonter avant d’arriver à une voiture 100 % autonome

Payer des impôts sans le savoir

Un petit précis utile et fort bien fait sur les mille et une ficelles de l’administration pour augmenter les impôts sans que cela se voie.

Le sous-titre du petit livre de Frédéric Douet – « Techniques de plumaison des contribuables sans trop les faire crier » – est à lui seul prometteur. Et il ne s’agit pas d’une fausse promesse de la part de ce professeur de droit fiscal à l’université de Rouen-Normandie. Avec dextérité, il explore les mille et une manières dont l’Etat, même lorsqu’il affirme baisser les impôts, s’arrange pour maintenir la pression sur le contribuable sans que cela se voie trop. Le plus efficace est évidemment de complexifier à l’extrême le système, comme le démontre l’un de ses chapitres. Mais il existe bien d’autres ficelles, comme les faux avantages fiscaux ou la création d’un impôt sur l’impôt, autant d’astuces qui permettent à l’administration de faire rentrer des recettes sans en payer un prix politique trop élevé. Nullement poujadiste, ce petit ouvrage technique et très pédagogique est au contraire une clé de lecture précieuse pour comprendre ce qu’est l’impôt en France.

« Anti-Manuel de psychologie fiscale », par Frédéric Douet. Enrick Editions, 95 pages, 15,90 euros.

‘Funk Money’: The End of Empires, The Expansion of Tax Havens, and Decolonization as an Economic and Financial Event

This article explores the question of what happened to European assets in the process of decolonization. It argues that decolonization created a money panic of sorts that led white settlers, businessmen, and officials to seek to liquidate assets they owned and move funds out of the colonial world. Instead of being repatriated to metropolitan countries with high tax rates and exchange controls, money moved to tax havens. Decolonization thus provided an important share of early postwar tax haven business in a period when tax havens and offshore finance expanded during the 1950s and 1960s. In turn, the withdrawal of Euro-American investments from the decolonizing world set the stage for the politics of development and modernization in the coming decades. Ironically, the outflow of funds during decolonization and the subsequent return of some funds in restructured form as investments by multinational and other companies soon caused difficulties in newly independent developing countries. Companies soon found ways to rebook profits to have occurred in a tax haven rather than in the developing world, thus depriving low-income countries from tax revenue. The withdrawal of Euro-American investments from the colonial world during decolonization moreover had implications for the growth of portfolio investment, as funds removed from colonies were often invested through a tax haven onwards in US securities. All in all, decolonization was an economic and financial event that is only beginning to emerge in full detail.

La transformation du groupe OCP analysée dans un nouvel ouvrage académique

Le nouvel ouvrage académique collectif “Africa Positive Impact”, qui vient de paraître à Paris, consacre tout un chapitre à la transformation du groupe OCP, sous la signature de Dr Mohamed Benabid, enseignant-chercheur.

Dans sa contribution intitulée “L’Afrique, laboratoire d’innovation frugale pour le monde: Le cas du groupe OCP”, l’auteur interroge la portée de la dynamique de transformation de l’Office ainsi que son impact sur l’environnement interne et externe de l’organisation, sous un angle d’innovation frugale.

“Le cas OCP montre bien que de grands groupes peuvent déployer des solutions d’innovation frugale moyennant des réaménagements dans les process et structures existants. En à peine une douzaine d’années, l’entreprise a pris conscience de la nécessité d’éviter de concentrer les responsabilités créatives et repenser ses logiques de production et de gouvernance de manière à créer de la valeur à la fois pour le groupe et pour les communautés”, écrit M. Benabid.

Pour lui, “l’innovation ne semble pas tellement se situer ici dans la technicité des plateformes déployées, mais plutôt dans la force des échanges, de l’expérience et des interactions. Elle ouvre dans la foulée des fenêtres de reconnaissance à la créativité”.

Dans cette configuration, l’utilisateur occupe une place centrale et il est dès lors permis d’affirmer que la seule ressource qui semble mobilisée en abondance est celle du capital humain, estime M. Benabid, qui fait observer que l’originalité de telles approches collaboratives est qu’elles confèrent aux entreprises qui les adoptent un avantage indiscutable face à la concurrence, en ce sens qu’elles sont difficilement copiables et s’enracinent dans l’ADN de l’organisation.

“Loin du solutionnisme managérial et organisationnel, l’innovation frugale en mode OCP s’appuie sur des recettes anciennes et nouvelles, sur les cadres bardés de diplômes du siège, les ingénieurs des sites de productions, tout comme sur les TAMCA où les ouvriers-employés des sites de Khouribga, Youssoufia ou Boucraa” souligne l’auteur, qui note que dans ses prolongements vers les communautés, cette innovation se destine à des milliers de personnes au Maroc ou en Afrique que l’OCP accompagne dans une quête d’amélioration du quotidien.

Publié aux éditions EMS (Editions Management & Société)(Collection Académie des Sciences du Management de Paris), et coordonnée par Pr. Soufyane Frimousse, l’ouvrage “Africa Positive Impact” souhaite comprendre comment l’Afrique s’est engagée par des voies novatrices qui lui sont propres dans un véritable processus de transformation. Une plateforme d’enseignants-chercheurs et d’experts en provenance d’une vingtaine de pays ont contribué à l’ouvrage.

Entreprises/Covid-19 : Remise des majorations de retard, astreintes et frais de recouvrement des créances de juin et antérieures

LES ENTREPRISES, IMPACTÉES PAR LA PANDÉMIE DU NOUVEAU CORONAVIRUS (COVID-19) ET REMPLISSANT LES CONDITIONS ÉNONCÉES DANS LE DÉCRET N°2.20.331, PEUVENT, DEPUIS LE 25 SEPTEMBRE DERNIER, BÉNÉFICIER, EN APPLICATION DE LA DÉCISION MINISTÉRIELLE CONJOINTE N°004/2020, D’UNE REMISE TOTALE DES MAJORATIONS DE RETARD, ASTREINTES ET FRAIS DE RECOUVREMENT RELATIFS AUX CRÉANCES CONCERNANT LA PÉRIODE JUIN 2020 ET ANTÉRIEURES, INDIQUE LA CAISSE NATIONALE DE SÉCURITÉ SOCIALE (CNSS). 

Pour bénéficier de cette mesure, lesdites entreprises doivent payer le montant en principal de la créance, soit en s’acquittant de façon intégrale, soit en optant pour un règlement échelonné dans le cadre d’un arrangement de facilité de paiement pouvant s’étendre sur une période de 60 mois selon des critères bien précis, à condition que les cotisations en cours soient payées pendant la période de l’échéancier, fait savoir la CNSS dans un communiqué.

Par ailleurs, la Caisse rappelle à l’ensemble de ses affiliés débiteurs et non concernés par la décision précitée, qu’ils peuvent, en application de la décision ministérielle conjointe n° 002/2020 du 01/07/2020, bénéficier d’une remise partielle des majorations de retard, astreintes et frais de recouvrement relatifs aux créances de l’exercice 2016 et antérieurs. Le taux de cette remise varie, en fonction de la durée de paiement choisie, entre 30% et 90%.

Aussi, pour simplifier les démarches aux entreprises affiliées, désirant bénéficier des dispositions prévues par l’une des deux décisions ministérielles, la CNSS a mis en place un portail électronique dédié.

Ainsi, pour souscrire à l’une des deux mesures, l’employeur affilié devra se connecter via le portail Damancom ou à travers le lien « damancom.ma/recouvrement ».

Pour plus d’informations sur l’utilisation du portail, une vidéo tutoriel et un guide expliquant de manière simple les démarches à entreprendre pour une utilisation optimale du site ont été mis à la disposition des entreprises sur le site officiel de la CNSS ainsi que sur ses pages officielles sur les réseaux sociaux.

155 MILLIARDS DE DIRHAMS ENVOLÉS EN DEUX ANS

LE PHÉNOMÈNE DE LA FUITE DES CAPITAUX A LA PEAU DURE AU MAROC

L’hémorragie de la fuite des capitaux se poursuit. Le phénomène, qui prend de l’ampleur d’année en année, touche le continent africain et particulièrement le Maroc. Un rapport de la Conférence des Nations-Unis sur le commerce et le développement (CNUCED), publié lundi 5 octobre 2020, a révélé que le continent africain perd environ 88,6 milliards de dollars par an à cause de la contrebande illégale de fonds et d’actifs, soit 3,7% de son produit intérieur brut. Entre 2000 et 2015, le total des flux financiers illicites perdus par l’Afrique avait augmenté et atteint 836 milliards de dollars. Un chiffre énorme qui dépasse la dette extérieure du continent, qui s’élevait à 770 milliards de dollars en 2018.

Le cas du Maroc est édifiant. Les flux financiers illicites sortant du pays ont atteint près de 16,6 milliards de dollars, soit 155 milliards de dirhams marocains entre 2013-2014, selon le même rapport. Une autre donnée renseigne sur un aspect masqué du phénomène au Maroc ou plutôt sur une fuite des capitaux qui ne dit pas son nom: les investissements des Marocains à l’étranger ont augmenté de 48% entre 2016 et 2019. Au titre des neuf premiers mois de l’année 2019, le flux net des Investissements directs marocains à l’étranger (IDME) a plus que doublé, passant de 2,96 MMDH à fin septembre 2018 à 6,57 MMDH à fin septembre 2019.

Le flop des amnisties

Le troisième aspect est relatif à la falsification des factures de produits importés et exportés, tant au niveau de la quantité que de la valeur, qui demeure le moyen le plus utilisé pour la fuite des devises. Un trafic qui cache les volumes réels des opérations commerciales légales.

Le gouvernement Benkirane avait lancé, fin 2013, une campagne pour convaincre les Marocains qui possèdent des biens à l’étranger (argent et actifs) de les rapatrier au Maroc, en les exonérant des pénalités, sanctions, amendes ou taxes. Cette opération n’a pas rapporté grandchose. Une deuxième opération du genre a été rééditée fin 2019 par le gouvernement El Othmani. Comme son aînée, elle n’a pas atteint les objectifs escomptés, à savoir le rapatriement des fonds déposés à l’étranger par des méthodes illicites.

L’amnistie offerte dans le cadre du PLF 2020 par le gouvernement El Othmani aux personnes ayant acquis des biens à l’étranger en contrevenant aux règles des changes en vigueur au Maroc sera, en tout cas, fort probablement, la dernière opération du genre.

Car quoi que l’on pense que ce phénomène a la peau dure, le Maroc aura accès dès 2021 à la liste de toutes les propriétés illégalement acquises à l’étranger par les Marocains ayant une résidence fiscale au royaume. L’entrée en vigueur d’un accord signé entre le Maroc et l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) portant sur l’échange automatique des données fiscales devrait faciliter cette procédure.

Crédit Agricole du Maroc : Un Produit net bancaire de 2,1 MMDH à fin juin

Des résultats semestriels probants pour le Crédit Agricole du Maroc. Le Groupe a affiché au titre des six premiers mois une performance financière avérée. En dépit de l’impact économique et social de la crise sanitaire, Crédit Agricole du Maroc a réussi à maintenir son produit net bancaire en progression. Il s’est établi à 2,1 milliards de dirhams à fin juin, en hausse de 9% comparé à la même période de l’année précédente. Une amélioration qui selon Crédit Agricole du Maroc est soutenue par la progression de la marge d’intérêt et du résultat sur opération du marché.
Atteignant les 418 millions de dirhams, le résultat net consolidé du Groupe s’est inscrit en hausse de 3%. Le résultat net part du groupe a affiché pour sa part une croissance à deux chiffres et ce, hors impact de sa contribution de 200 millions de dirhams au Fonds de soutien Covid-19 pour la gestion de la pandémie et du provisionnement supplémentaire au titre du «Forward Looking» en anticipation des risques futurs liés à l’impact de la crise. Il s’est chiffré à 449 millions de dirhams marquant ainsi une appréciation de l’ordre de 10%.

Les comptes sociaux ont affiché pour leur part la même tendance haussière. «Au niveau des comptes sociaux, le Produit net bancaire de la banque (2 milliards de dirhams) et son résultat net (250 millions de dirhams, hors impact du don au fonds Covid-19) marquent des progressions respectives de 12% et 4%», explique le Groupe qui attribue cette évolution à la maîtrise du coût des ressources et à la progression de l’encours des crédits à l’économie ayant permis d’enregistrer une croissance de la marge d’intérêt, et d’autre part, à la progression du résultat sur opérations de marché. Le Groupe Crédit Agricole du Maroc indique également que les ventilations positives de l’encours d’épargne et de l’encours de financement de l’économie découlent de la stratégie commerciale adaptative déployé par le groupe ainsi que de la dynamique engagée aussi bien pour la clientèle rurale qu’urbaine.

A cet effet, Crédit Agricole du Maroc a mobilisé 87 milliards de dirhams d’épargne, soit un encours de 3% comparé au même semestre de l’année passée. L’encours du financement de l’économie se situe pour sa part autour de 89 milliards de dirhams, en consolidation de 6,4%.

La Banque déclare par ailleurs avoir renforcé ses provisions pour risques généraux les portant à 1,3 milliard de dirhams, soit 1,5% de l’encours sain des crédits à la clientèle. Il est à rappeler que le Groupe Crédit Agricole est fortement engagé pour la relance économique et la lutte contre les effets de la Covid-19. Outre sa participation à l’Opération «Tadamoun» pour la distribution des indemnités CNSS et des aides financières servies par le fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie, le Groupe a engagé plusieurs actions durant ce semestre.

Citons en premier la poursuite des offres «Intelaka» relatives au programme national «Al Moustatmir Al Qaraoui» pour l’accompagnement et le financement des petites entreprises et porteurs de projets éligibles dans le monde rural.

Le Groupe a, par ailleurs, mobilisé une enveloppe supplémentaire de crédits de 1,5 milliard de dirhams pour pallier les effets de la baisse de la pluviométrie sur les exploitants. Il a également signé une ligne de crédit de 560 millions de dirhams avec l’Agence française de développement pour le financement des projets énergétiques des exploitations agricoles et des unités agro-industrielles privées en zone rurale.

Crédit Agricole du Maroc a par ailleurs mis en place des produits dédiés pour la préservation du tissu économique soutenant ainsi les entreprises en difficultés et leur permettant de faire face aux versements des salaires et paiement des fournisseurs. Et pour accompagner ses clients vulnérables impactés par la crise sanitaire, le Groupe a procédé au report des échéances de leur crédit.

Quels sont les secteurs qui recrutent en pleine crise du Covid-19 ?

FOCUS DATA. Alors que l’économie redoute un second choc avec la nouvelle vague du coronavirus, certains secteurs en France font malgré tout preuve de résistance sur le front de l’emploi. D’autres profitent des opportunités liées notamment aux nouvelles habitudes de consommation. Ainsi, la montée en puissance de la mobilité électrique va créer 4.000 d’emplois dans l’industrie d’ici 2023. Les startups du digital quant à elles, portées par les échanges numériques tous azimuts, continuent leur percée, révèle le baromètre Trendeo. La Tribune fait le tour des secteurs qui recrutent malgré la crise.

La violence de la décrue pour les actifs français fût à la hauteur de la crise du coronavirus. Sur le seul emploi salarié, la destruction nette d’emplois s’est chiffrée à 715.000 postes entre fin décembre 2019 et fin juin 2020, selon une note de l’Insee de septembre. Malgré ce marasme, quels sont les secteurs qui résistent et ceux qui profitent du contexte pour doper leur activité et recruter? Parmi eux, la logistique, l’administration publique, la restauration rapide ou encore certaines activités de l’industrie manufacturière apparaissent comme des employeurs potentiels en pleine crise. De même, l’essor des activités en ligne, de la mobilité électrique et l’installation de “giga” projets portés par des grands groupes viennent apporter un peu de répit à l’heure des plans sociaux provoqués par la pandémie, comme le montrent les données de l’observatoire Trendeo (*).

Inscrire les énergies renouvelables dans une stratégie de flexibilité en fera le moteur économique du Maroc et du continent

L’Afrique a le potentiel de devenir un des prochains gagnants de l’économie mondiale, avec plusieurs pays africains enregistrant une forte croissance économique durant ces dernières années. Cependant, pour qu’un avenir meilleur puisse s’écrire, la modernisation du système d’approvisionnement et de distribution de l’énergie sur le continent reste une question clé. Pour le Maroc, la transformation engagée de son système électrique doit s’inscrire dans une logique de flexibilité visant à s’adapter aux contraintes d’intermittence et de saisonnalité du vent et du soleil. 

En 2017, la NASA a publié une série d’images satellites nocturnes de la Terre. Les images illustrent l’énorme disparité intercontinentale en matière d’éclairage. Dans le cas de l’Afrique, le manque de lumière reflète une réalité qui donne à réfléchir : plus de 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité, et encore plus n’ont accès qu’à une électricité chère et intermittente. En Afrique du Sud, les blackouts (pannes de courant massives) et les blackouts (chutes de tension du système électrique) ne sont pas inhabituelles. Au Zimbabwe, les habitants ne peuvent compter que sur 8 heures d’électricité par jour depuis mars 2019 ! Bien qu’il existe des différences majeures entre les pays, le continent dans son ensemble a un énorme besoin d’électrification.

Un problème complexe

Les défis de l’Afrique en matière d’électricité sont d’autant plus marquants si l’on considère le fait que l’économie africaine est en croissance constante. Les données de la Banque africaine de développement montrent que le PIB du continent a atteint 3,5% en 2018 et devrait atteindre 4,1% en 2020, un chiffre qui pourrait être revu à la baisse en raison de la crise sanitaire. Alors pourquoi, malgré cela, de grandes parties de l’Afrique sont-elles encore privées d’un accès basique à l’énergie ? Tout simplement parce que l’offre n’a pas suivi le rythme de la demande. Cela est dû à un certain nombre de facteurs, comme la croissance démographique et l’urbanisation rapide, les coûts élevés de la production électrique existante et l’incapacité à réaliser les investissements nécessaires.

En effet, le continent africain a le taux d’urbanisation le plus rapide au monde. On prévoit que d’ici 2040, plus de la moitié de la population africaine vivra dans les zones urbaines. Cependant, les infrastructures de soutien – y compris les réseaux électriques – n’ont pas suivi le rythme, que ce soit au niveau des capacités de production mais aussi du réseau de distribution. De ce fait on observe de nombreuses perturbations du réseau électrique.

Les coûts d’exploitation des services publics nationaux constituent également un défi, car bien souvent, les coûts de production sont plus élevés que ce qui peut être facturé légalement aux consommateurs. En conséquence, ils doivent être continuellement subventionnés, ce qui va à l’encontre d’une logique de créer un marché de l’électricité pérenne. De plus, l’augmentation des prix n’est pas une solution viable, car cela pourrait miner la profitabilité des industries, le budget des ménages et ne permettrait pas une croissance économique saine. D’autant que le prix approximatif de l’énergie est déjà deux à trois fois plus élevé en Afrique qu’en Europe, alors que dans le même temps, le pouvoir d’achat de la population est nettement inférieur. Ce phénomène conduit naturellement à une situation de blocage.

L’option des énergies renouvelables 

Grâce à leurs ressources naturelles et aux nouvelles technologies, en particulier les énergies renouvelables, de nombreux pays africains ont toutefois une nouvelle opportunité pour poursuivre un développement durable. En effet le continent dispose d’un gigantesque potentiel de ressources solaires, éoliennes, ou hydrauliques. A titre d’exemple, le bassin du Congo dispose à lui seul d’un potentiel hydroélectrique suffisant pour alimenter l’ensemble du continent africain. 

De manière générale, l’optimisme quant à l’avenir du secteur énergétique africain est justifié. Comme pour le secteur de la téléphonie, le continent pourrait effectuer un bond en avant, en mettant directement en place les nouvelles technologies disponibles sur le marché. De la  même manière que pour le secteur des télécoms, où les téléphones portables se sont directement imposés sans passer par les lignes fixes, l’Afrique pourra se tourner vers les renouvelables sans avoir eu à se doter d’abord d’une grande capacité fossile ou de lourdes infrastructures de transport.  

Des solutions d’énergies renouvelables décentralisées peuvent rapidement être mises en place, accompagnées de capacités de stockage limitant les coûts d’infrastructure de transport et de solutions thermiques flexibles pour gérer l’intermittence et soutenir la stabilité des réseaux. Le gaz naturel, présent dans de nombreux pays, va jouer un rôle prépondérant dans ce développement. 

Le leadership régional du Maroc 

Le Maroc est engagé dans une transition majeure vers les énergies propres, avec pour objectif d’intégrer 52 % d’énergies renouvelables dans le mix des capacités de production installées d’ici 2030. Depuis 2009, le Maroc a fait d’importants progrès dans le développement d’un marché de l’énergie moderne, en ouvrant et en réformant davantage le secteur de l’électricité, en fixant des objectifs clairs en matière d’énergies renouvelables, en créant des entités spécialisées pour mettre en œuvre les programmes nationaux et en facilitant l’obtention des moyens réglementaires et financiers nécessaires.

De l’annonce d’un objectif de 52 % d’énergies renouvelables en 2030 lors de la COP 21 à la réalisation de ce qui était à l’époque la plus grande centrale solaire CSP du monde (580 MW) dans le cadre du projet Noor Ouarzazate, le Maroc s’est positionné à l’avant-garde du monde des énergies renouvelables en mettant en action une stratégie énergétique précise et engagée, avec les énergies propres au cœur de celle-ci. 

Au-delà des enjeux nationaux, le pays est moteur dans la promotion de l’intégration des marchés énergétiques régionaux avec l’Europe et l’Afrique. En tant que leader Africain dans le domaine, le Maroc s’appuie sur sa propre expérience en matière de transition énergétique afin de soutenir les transitions vers les énergies propres dans les pays d’Afrique subsaharienne, en soutenant leur développement durable, l’accès à l’énergie et le développement des ressources. De même, le Maroc cherche à faciliter le commerce de l’électricité renouvelable (et de l’hydrogène) avec l’Europe et ses voisins régionaux en Afrique en se positionnant en tant que hub énergétique pour les coopérations Sud-Sud et Nord-Sud.

La flexibilité au cœur de la transition énergétique au Maroc

Un réseau électrique avec une part élevée d’énergies renouvelables génère de l’instabilité du fait de leur nature intermittente. Il nécessite donc de multiples formes de flexibilité, c’est-à-dire des capacités de production et des moyens contractuels permettant de réagir en temps utile aux variations de l’offre et de la demande d’électricité. Le réseau électrique marocain dispose aujourd’hui de plusieurs moyens de flexibilité, grâce à l’hydroélectricité par pompage, aux centrales CSP avec stockage intégré et aux importations d’électricité (qui ont doublé au cours des dix dernières années). Le Maroc prévoit également une troisième interconnexion avec l’Espagne et une nouvelle avec le Portugal d’ici à 2027, renforçant ainsi les ingrédients nécessaires pour la mise en place d’un marché électrique régional. 

Toutefois, les besoins d’équilibrage du système électrique vont augmenter, la part des énergies renouvelables intermittentes dans la production d’électricité devant dépasser 20 % d’ici 2030 grâce aux ambitieux programmes éoliens et solaires du pays. Dans ce contexte, il devient primordial de penser le système électrique national futur dès aujourd’hui de façon à intégrer davantage de flexibilité, permettant ainsi d’assurer la sécurité énergétique nationale et d’optimiser les coûts d’exploitation du réseau. Un mix de solution de stockage d’énergie et de technologies à base de moteurs, qui sont celles qui assurent les meilleurs temps de réponse, permettrait au système électrique de s’adapter efficacement aux excès ou déficits soudain de production renouvelable.

Le COVID-19, une simulation en temps réel d’une forte pénétration d’énergies renouvelables dans le mix énergétique  

De manière intéressante, la crise du COVID-19 nous donne un avant-goût de ce qui nous attend en 2030 au Maroc. Nous avons créé au sein de Wärtsilä le Energy Transition Lab pour aider notre industrie, les décideurs politiques et le public à comprendre l’impact du COVID-19 sur les marchés européens de l’électricité et à analyser ce que cela signifie pour la conception et l’exploitation futures des systèmes énergétiques. Grace à cet outil, nous avons pu observer en temps réel une simulation grandeur nature des effets d’une forte pénétration de renouvelables dans le mix de production énergétique. En effet, en avril, la demande d’électricité a été particulièrement faible du fait des mesures de confinement et nous avons connu des journées très ensoleillées avec beaucoup de vent en Europe centrale et du Nord – c’est-à-dire des conditions parfaites pour produire de l’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables. 

Bien que ce scénario puisse sembler idéal, il a constitué en réalité un signal d’alarme pour l’industrie énergétique de plusieurs pays européens : même si les demandes en électricité auraient pu être satisfaites par des énergies renouvelables, les centrales au charbon et nucléaires ont continué à produire de l’électricité supplémentaire. En raison de leurs technologies inadéquates, elles ne pouvaient pas être mises en marche ou arrêtées de manière flexible. De plus, elles étaient nécessaires en tant que variables d’ajustement afin de prévenir rapidement toute éventuelle pénurie d’électricité et pour garantir la stabilité du réseau – ce que les énergies renouvelables ne sont pas en mesure de garantir du fait de leur intermittence. Tout cela a conduit à une quantité excessive d’électricité renouvelable sur les réseaux qui aurait pu avoir de lourdes conséquences (des balckouts, de fortes instabilités sur les réseaux, des conséquences financières…).

A titre d’exemple, l’Allemagne a battu ses records de production d’énergie verte en avril, les énergies renouvelables atteignant une part moyenne de 58 % de la production, soit une hausse de 11,4 % par rapport à l’année précédente. Si l’Allemagne avait pu arrêter ses centrales nucléaires et à charbon, elles auraient pu être remplacées par les énergies renouvelables disponibles pour couvrir 100 % des besoins énergétiques du pays. Au lieu de cela, l’Allemagne a dû payer d’autres pays (Norvège, Autriche…) pour exporter massivement son excès d’électricité (12GW) n’ayant pu ajuster ses outils de production « inflexibles ».  Ces pays produisaient eux-mêmes suffisamment d’énergie pour répondre à la demande locale, mais leurs réseaux disposaient également d’une certaine flexibilité et pouvaient donc contrôler leur production d’électricité, faisant ainsi place à l’énergie allemande. Le même phénomène s’est également produit à plusieurs reprises au Royaume uni ou le prix de l’électricité sur le marché est devenu négatif pendant des journées particulièrement venteuses, le parc éolien fournissant jusqu’à 55% de l’électricité du pays. Le régulateur britannique n’a eu d’autre choix que d’arrêter toutes les centrales à charbon et de payer l’opérateur EDF pour qu’il réduise la production de la centrale nucléaire de Sizewell B.

Vers un continent Africain avec 100% d’énergie renouvelable ?

Tout cela soulève de sérieuses questions pour l’avenir. La rapidité de la transition énergétique impose des critères supplémentaires dans les choix d’investissement pour assurer la pérennité et la meilleure rentabilité économique du réseau énergétique. Avec l’augmentation des énergies renouvelables intermittentes sur le réseau marocain, la flexibilité du système et l’adéquation entre les types de technologies dans le mix énergétique seront essentielles pour maintenir la stabilité du marché de l’électricité et du système électrique. A cet effet, le Maroc prévoit d’accroître la part du gaz naturel à plus long terme. Plusieurs nouvelles voies d’approvisionnement en gaz sont en cours de discussion, notamment l’importation de gaz naturel provenant d’un gazoduc avec le Nigeria, et la construction de terminaux GNL, qui peut donner accès à la flexibilité des contrats et des sources de production d’électricité.

Le Maroc pourrait-il fonctionner en construisant uniquement de l’énergie solaire, éolienne et des batteries? Oui, mais cela nécessiterait plus de capacité que le système flexible, ce qui entraînerait des coûts système de 12% plus élevés. Le système fonctionnant uniquement à l’énergie solaire, éolienne et sur batteries doit en effet développer une capacité excédentaire pour traverser des périodes de mauvaises conditions météorologiques, tandis que le système flexible peut utiliser pendant ces périodes du gaz ou un carburant synthétique neutre en carbone.  L’intégration de l’ensemble de ces solutions énergétiques permettront à terme un accès à l’électricité au plus grand nombre tout en réduisant les coûts de production du KWh et en améliorant la fiabilité du système énergétique.   

De nombreux scénarios sont envisageables quant à l’avenir énergétique de l’Afrique, cependant les choix politiques doivent emmener les pays vers des solutions durables et inclusives pour accélérer le développement social, industriel et économique. Les nouvelles technologies, le dynamisme du secteur énergétique africain, et la demande croissante soutenue à long terme, sont autant de points positifs pour le développement d’un système énergétique fiable dans de nombreux pays africains.

A propos des auteurs :

Frédéric Baralon et Tarik Sfendla sont Market Development Managers chez Wärtsilä Energy Business. Ils sont en charge des relations avec les différentes parties prenantes du domaine de l’énergie  en Afrique, du suivi de l’évolution du marché et de la modélisation du marché de l’électricité pour optimiser les capacités supplémentaires et les LCOE. Avec leur équipe, ils jouent un rôle clé dans le développement des stratégies Energy Business en Afrique telles que l’évaluation du potentiel de nouveaux marchés et le développement de partenariats stratégiques dans la région.

Une récession “un peu moins sévère que prévu”, selon le FMI

La récession mondiale sera cette année un peu moins sévère que prévu, a indiqué mardi la patronne du FMI Kristalina Georgieva, dans son discours en marge des réunions d’automne.

“L’ascension” vers la reprise économique serait “lente”, “difficile” et “inégale”, a affirmé la directrice générale de l’institution internationale citée par l’AFP. “Nous estimons maintenant que l’évolution des deuxième et troisième trimestres a été quelque peu meilleure que prévu, ce qui a permis une légère révision à la hausse de nos prévisions mondiales pour 2020”, a-t-elle déclaré dans son discours inaugural.

Toutefois Gerogieva ajoute que le Fonds continue d’anticiper une reprise “partielle” et “inégale” en 2021.

Gaz/sucre: La charge de compensation baisse

La charge de la subvention du gaz butane et du sucre s’élève à 8,3 milliards de DH à fin août dernier contre 9,08 milliards DH un an auparavant, indique la Caisse de compensation. Ce montant atteint 6,11 milliards de DH pour le gaz butane contre 6,72 milliards de DH à fin août 2019, soit une baisse de 9%. Pour le sucre, il se situe à 2,2 milliards de DH contre 2,36 milliards à la même période de l’année dernière.

La baisse de la charge du butane est due « essentiellement au repli des cours du gaz butane, et par conséquent, à la baisse de la subvention unitaire de 15% au cours cette période », indique la Caisse de compensation.

Par ailleurs, la Caisse note que le paiement des encours des dossiers de subvention des produits gaz butane et sucre, arrêté à fin septembre 2020, a atteint 6,39 milliards de DH, dont plus de 4,99 milliards de DH pour le gaz butane et 1,4 milliard de DH pour le sucre.

Dépenses fiscales : L’absence de suivi inquiète la Cour des comptes

  • Les exonérations n’obéissent pas à des règles claires
  • L’Etat a renoncé à 27,7 milliards de DH de recettes en 2019
  • L’immobilier, l’électricité, le gaz, la sécurité, la prévoyance concentrent plus que la moitié de ces dépenses

«Les dérogations fiscales devraient être appuyées par des études préalables suffisamment étayées». La recommandation vient de la Cour des comptes qui a analysé les dépenses fiscales accordées par l’Etat en 2019(1).

Source: Rapport de la Cour des comptes sur l’exécution de la loi de finances 2019

La gouvernance et le pilotage de ces incitations pâtissent d’un certain nombre d’insuffisances qui en limitent l’efficacité telles que l’absence de règles claires. De plus, le choix de ce mécanisme d’incitation est rarement comparé à d’autres modes d’intervention, notamment la dépense budgétaire. Pour l’institution, la prise de décision ne s’effectue pas sur la base d’informations détaillées ou pertinentes.

Les dépenses fiscales sont validées sans limitation de leur horizon temporel, ni fixation d’objectifs à terme. Une fois appliquées, ces incitations ne font l’objet ni de suivi ni d’évaluation. Or, cela aurait permis d’opérer les réajustements nécessaires et aussi de statuer sur l’opportunité de maintenir ou de supprimer chacune des mesures dérogatoires. Des faiblesses qui conduisent à la production de données et de documents jugés insuffisants pour enrichir le débat concernant les incitations.

Source : Rapport de la Cour des comptes sur l’exécution de la loi de finances 2019

Quatre mesures dérogatoires représentent le tiers du coût global des dépenses fiscales. C’est notamment le cas du taux réduit de 10% appliqué en matière de TVA sur les huiles de pétrole ou de schistes, brutes ou raffinées, qui concentre à lui seul 4,3 milliards de DH, soit 15,8% du coût global des dépenses fiscales. L’exonération de TVA sur les opérations de cession des logements sociaux à usage d’habitation principale s’est traduite par une recette fiscale potentielle en moins de l’ordre de 2,3  milliards de DH

L’année dernière, l’Etat a accordé 27,7 milliards de DH de dépenses fiscales, ce qui représente 13,1% des recettes du Trésor. Un montant qui exclut les dérogations ayant un caractère structurel, soit 126 mesures. En 2018, un réaménagement des statistiques a été opéré et des mesures dérogatoires structurelles ont été exclues. C’est le cas de l’exonération relative à la vente du pain et du taux réduit de 10% sur les opérations de banque et de crédit.

Les exonérations fiscales restent concentrées sur un nombre limité de secteurs: l’immobilier, l’électricité et le gaz ainsi que la sécurité et la prévoyance, lesquels concentrent plus de la moitié des dépenses fiscales enregistrées en 2019. Ils ont ainsi bénéficié  de 14,3 milliards de DH. «Si l’on ajoute à ces dépenses celles profitant aux exportations et au secteur de l’agriculture et de la pêche, le niveau de concentration sectorielle se hisse à 70,9% pour un total de dépenses fiscales de 19,6 milliards», souligne la Cour des comptes. 

Ceci étant, la TVA reste le support privilégié par l’Etat pour  ces incitations fiscales. Elle représente plus de la moitié des dépenses fiscales accordées en 2019  (81 mesures totalisant 14,2 milliards de DH). L’impôt sur les sociétés a été utilisé à travers 57 mesures dérogatoires. Et seules 46 d’entre elles ont été évaluées pour un coût global de 5 milliards de DH, soit 18% du montant total des dépenses fiscales de l’année 2019.

Par nature de dérogations, les exonérations représentent la part la plus importante du montant global: 16 milliards de DH, soit 57,6%. Les exonérations temporaires ne dépassent pas 7,7% du montant total, soit 2,1 milliards de DH au titre de l’année 2019. «La faiblesse de la part des incitations temporaires par rapport à celle des exonérations totales, combinée à la faible variation du nombre de mesures dérogatoires, explique la relative stabilité du coût global des dépenses fiscales au cours des dernières années», indique l’institution.

Impôts: La bonne affaire des pharmaciens

  • Un minimum de 1.000 DH et 1.500 DH/an jusqu’à 1 million de DH de chiffre d’affaires
  • Au-delà, le montant est de 0,5% du chiffre d’affaires déclaré
  • 30% en cas de dissimulation du résultat net

Après les architectes et tout récemment les promoteurs immobiliers, la Direction générale des impôts a signé, hier lundi 5 octobre, une convention portant régularisation de la situation fiscale des pharmaciens en vertu de l’article 247-XXVIII-C de la loi de finances 2020.

Les négociations qui avaient été interrompues à cause de la pandémie du coronavirus ont repris il y a environ un mois. Le barème auquel ont débouché les discussions entre le conseil national de l’Ordre national des pharmaciens et l’administration fiscale tient compte de trois paramètres: la marge brute fixée à 27%, un résultat net fiscal de 8% ainsi que la tranche du chiffre d’affaires (voir tableau). Il prévoit aussi un minimum à payer.

Pour les encaissements ou chiffres d’affaires recoupés et non déclarés au titre des exercices 2016, 2017 et 2018, la contribution libératoire a été arrêtée à 30%

Ainsi, pour un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 500.000 DH, les pharmaciens devront s’acquitter d’un minimum de 3.000 DH pour les trois exercices concernés (2016 à 2018), à raison de 1.000 DH par an. Entre 500.000 et 1 million de DH, le minimum est de 4.500 DH pour les trois années.

Au-delà de 1 million de DH, les pharmaciens paieront une contribution libératoire de 0,5% du chiffre d’affaires par année (2016 à 2018). «Dans le cas où une officine sous-déclarerait l’un des deux paramètres, elle devra effectuer une déclaration rectificative pour ramener le paramètre aux normes définies avec l’administration fiscale, soit une marge supérieure ou égale à 27% et un résultat net d’au moins 8% et ce, sans que le montant de la contribution libératoire ne soit inférieur à 0,5% du chiffre d’affaires».

Les pharmaciens ayant déjà reçu un avis de vérification depuis janvier 2020 sont également éligibles à la convention. Les professionnels qui ont déjà été notifiés après avoir été contrôlés sont appelés à prendre attache avec l’Ordre des pharmaciens pour bénéficier d’un «traitement groupé» et «d’une réduction des montants exigés».

La convention fiscale reste optionnelle. Les pharmaciens qui optent pour ce deal seront dispensés du contrôle fiscal pour les trois exercices concernés. Ils bénéficient également de l’annulation des majorations, amendes et pénalités.

Comme le prévoit la loi de finances, les pharmaciens en cessation d’activité ou en activité et qui ont fait l’objet de l’une des procédures de contrôle fiscal sont exclus. La convention concerne l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu et la TVA. Le délai pour bénéficier de cette mesure expire le 15 décembre. Date du paiement du complément d’impôt en un seul versement.
Les encaissements ou chiffres d’affaires recoupés par l’administration et non déclarés au titre des trois exercices non prescrits entraîneront une contribution libératoire de 30%.

La déclaration rectificative se traduit par le paiement d’un complément d’impôts (IS, IR et TVA). Par conséquent, tout déficit déclaré ou crédit de TVA devra être automatiquement résorbé et l’impact sur l’exercice 2019 corrigé. Les pharmaciens ayant démarré leur activité en 2016 ne sont pas concernés. Ils continueront à imputer les déficits et crédits de TVA déclarés conformément au droit commun. Les cas particuliers seront examinés par une commission bipartite entre l’administration fiscale et l’organisation professionnelle.

D’autres conventions sont actuellement en négociations et devront être conclues avant l’expiration du dernier délai fixé par la loi de finances.

Norme fiscale

Le principe de la déclaration rectificative proposée aux pharmaciens consiste à ramener le taux de marge brute (marge brute/chiffre d’affaires) et le montant du résultat fiscal (résultat fiscal/chiffre d’affaires) du pharmacien à une norme convenue avec l’administration fiscale. Une approche qui tient compte des données détenues par les services des impôts, notamment le chiffre d’affaires déclaré, le taux moyen de marge brute ainsi que les taux moyens de résultat fiscal.

Les transferts d’argent des MRE vers le Maroc se maintiennent

Les volumes des transferts d’argent effectués par les MRE vers le Royaume se sont maintenus à des niveaux importants en pleine crise du Covid-19.

Cette évolution pour le moins imprévisible, défie la logique et les calculs de probabilité. Les envois des MRE dépendent de deux principaux facteurs structurels à savoir la croissance économique mondiale et l’évolution de la population des MRE. Or dans ce cas de figure, ces deux facteurs ne peuvent expliquer la résistance des transferts de la diaspora marocaine face à la crise.

Ci-dessous, le décryptage de El Mehdi Ferrouhi, Enseignant-Chercheur à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Kénitra, Université Ibn Tofail.

1- Les transferts des MRE ont enregistré une baisse significative entre mars et mai avant de reprendre à partir du mois de juin. Comment expliquez-vous cette évolution ?

L’augmentation des cas positifs et des décès dus au Covid-19 ont poussé les gouvernements de par le monde à prendre plusieurs mesures pour limiter la contagion, tels que la fermeture des espaces de travail y compris les bureaux de transfert d’argent, ce qui explique la chute des transferts des MRE durant les mois de mars, avril et mai. A cela s’ajoute les pertes d’emplois causées par la pandémie. Les prévisions de Bank Al-Maghrib en juin prévoyaient une baisse des transferts des MRE de 20% en 2020. Cependant, nous avons assisté à une progression des transferts en juin de 21,2% et de 14,2% en juillet. Plusieurs raisons expliquent cette reprise. Tout d’abord, nous pouvons citer l’allégement des mesures restrictives et la réouverture des bureaux de transferts d’argent dès mai, ce qui explique la reprise à partir de juin. Ensuite, la solidarité qui caractérise les MRE vis-à-vis de leurs proches et de leur pays.

En effet, les MRE qui rentrent chaque été au Royaume pour passer leurs vacances n’ont pas pu le faire cette année à cause des restrictions relatives au transport à l’international. Les MRE ont dû alors transférer cet argent qu’ils apportent chaque année à leurs familles. Ces fonds, qui n’étaient jamais comptabilisés comme transferts, vu qu’ils sont apportés en espèce ou sous forme de cadeaux, le sont maintenant parce qu’il sont effectués via les bureaux de transfert d’argent. Sans oublier, les transferts des pensions des retraités au Maroc. A fin août, les transferts des MRE n’ont enregistré qu’une baisse de 2,3% par rapport à 2019 et une augmentation de 0,5% par rapport à 2016.

Tous ces éléments expliquent les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib qui s’attend à ce que les transferts des MRE n’accuseront, malgré la cirse sanitaire du Covid-19, qu’une légère baisse en 2020, soit 5%, avant de s’améliorer de 2,4% l’année prochaine.

A toute ces raisons que je viens de citer, je peux dire que les informations prometteuses quant à la découverte du vaccin contre le Covid-19 d’ici la fin de l’année ou au plus tard début 2021, font que les prévisions de la Banque Centrale soient optimistes.

2- Le Maroc compte parmi les pays qui bénéficient le plus des transferts des migrants. Quelles sont les raisons de cette performance ?

Les principales raisons qui expliquent pourquoi le Maroc compte parmi les pays qui bénéficient le plus des transferts des migrants sont le patriotisme de nos compatriotes résidents à l’étranger et leur attachement à leur pays d’origine, le sentiment de devoir de soutenir leurs familles et proches. Ceci explique que même en temps de crise et juste après l’allégement des restrictions relatives à la fermeture des espaces de travail (bureaux de transfert d’argent et banques, principalement en Europe), les transferts des MRE ont repris. A ces raisons, s’ajoute la qualification et la qualité de la main d’œuvre marocaine qui travaille à l’étranger.

3- Les transferts des MRE sont considérés comme des flux financiers moins volatiles par rapport aux IDE. Pourquoi ?

En temps normal, les IDE sont déterminés, entre autres, par le degré d’ouverture des marchés, le niveau de qualification de la main d’œuvre et sa qualité, la qualité des infrastructures, la taille du marché ainsi que la proximité géographique. En temps de crises, et avec le manque de visibilité qui caractérise les marchés, les investisseurs attendent qu’ils aient plus de visibilité ce qui explique la chute des IDE.

Cependant, nous pouvons dire que les transferts des MRE échappent à toute théorie. Ainsi, aussi bien en temps normal qu’en temps de crise, les MRE continuent de transférer des fonds vers le Maroc. Ceci est expliqué par l’esprit de solidarité qui caractérise les MRE et le caractère familial et social de ces transferts.

Deux contrats-programmes signés à Rabat pour la relance économique

Deux contrats-programmes relatifs à la relance du secteur de l’évènementiel et des traiteurs et du secteur des parcs d’attractions et de jeux ont été signés, lundi à Rabat, en marge de la 10ème réunion du Comité de Veille Economique (CVE).

A travers une panoplie de mesures de soutien économique et financier et d’autres mesures transverses, ces deux contrats-programmes visent à impulser les activités relevant de ces deux secteurs et à préserver le tissu des entreprises y opérant et l’emploi.

Les acteurs concernés par le contrat-programme pour la relance du secteur de l’évènementiel et des traiteurs sont les traiteurs, les loueurs d’équipements techniques liés à l’événementiel (son, lumière, vidéo, etc.), les loueurs d’espaces dédiés à l’événementiel (salles, chapiteaux, etc.), les loueurs de mobilier dédié à l’événementiel et les prestataires de services pour l’événementiel.

Ce contrat a été signé par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie Verte et Numérique, le ministère du Travail et de l’Insertion Professionnelle, la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) ainsi que la la Fédération des Chambres Marocaines de Commerce, d’Industrie et de Services.

Quant au contrat-programme pour la relance du secteur des parcs d’attractions et de jeux, il concerne les entreprises opérantes dans les espaces couverts de jeux (Patinoire, espaces de jeux pour enfants, salles de jeux vidéo et automatiques), celles actives dans les espaces de jeux à l’air libre (Espace de Skate-park, Karting, mini-golf, tir à l’arc, manèges et parcs aquatique, les espaces et circuits d’accro-branche) ainsi que les parcs animaliers et zoologiques.

Cet accord a été paraphé par le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie Verte et Numérique, le ministère du Travail et de l’Insertion Professionnelle, ainsi que la CGEM et le GPBM.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la réunion du CVE, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, Mohamed Benchaâboun a indiqué que ces deux conventions s’assignent pour objectif d’accompagner ces secteurs fortement impactés par la crise sanitaire.

« Cet accompagnement consistera à verser les indemnités de la CNSS au profit des personnes qui vont être déclarées au niveau du portail de la caisse, à savoir 2.000 dh/mois jusqu’à la fin de l’année ainsi que les allocations familiales, a précisé le ministre.

Pour sa part, le président de la CGEM, Chakib Alj a tenu à saluer la mise en place de ces nouvelles mesures, notant que ces contrats programme viennent soutenir les entreprises et l’emploi dans ces secteurs, à savoir l’événementiel, les traiteurs ainsi que les parcs d’attraction et de jeux.

« Après 7 mois de crise, nous estimons qu’il devient urgent et vital de donner de la visibilité aux entreprises et de les laisser opérer pleinement dans le respect des mesures préventives et sanitaires évidemment », a-t-il déclaré.

Le pilotage de ces contrats-programmes est assuré par un comité de suivi, composé chacun des signataires représentant l’Etat et le secteur privé. Des réunions périodiques sur un intervalle de deux mois ont été décidées pour s’assurer de la mise en œuvre effective des mesures convenues et apprécier leur contribution à l’atteinte des résultats escomptés.

Convention de partenariat : La CNSS et la CGEM lancent un nouveau service de médiation

Dans un communiqué, la CGEM précise que «cette initiative rentre dans le cadre du programme du mandat de la présidence actuelle de la CGEM qui prévoit la mise en place de nouveaux services à forte valeur ajoutée pour les membres, notamment des corridors avec différentes administrations et le renforcement de la proximité opérationnelle avec les TPE-PME. Elle s’inscrit également dans le cadre du plan stratégique de développement de la CNSS qui vise le renforcement de la politique de proximité et l’amélioration de la qualité des services rendus aux entreprises affiliées».

Le service «Corridor CGEM-CNSS» est destiné à accompagner les chefs d’entreprises, dans toutes les régions du Royaume, dans le traitement de leurs dossiers CNSS, en leur fournissant l’assistance nécessaire pour garantir une communication fluide et efficace, assurer la mobilisation des interlocuteurs adéquats et favoriser la concertation afin de dissiper d’éventuelles incompréhensions.

A noter que cette convention s’applique à l’ensemble des services de la CNSS orientés vers ses entreprises affiliées, notamment les services électroniques, la résolution des cas de demandes de prestations bloquées et l’intermédiation en faveur des arrangements pour le règlement des créances des entreprises en difficulté. La CGEM et la CNSS travailleront ensemble afin de formuler des propositions pour intégrer le secteur informel et contrecarrer la sous-déclaration et la concurrence déloyale. Un Comité permanent a été mis en place par les deux institutions pour assurer le suivi et l’évaluation de l’avancement des projets inscrits dans leur feuille de route commune.

Pêche maritime : Les possibilités d’investissement dans les provinces du Sud sous la loupe

Une mission collective française sera organisée par vidéoconférence à Laâyoune et Dakhla

La Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) organise ce mardi une mission collective en vidéoconférence pour découvrir au niveau des provinces du Sud.
Initiée en partenariat avec la région Pays de la Loire sous le thème «Les secteurs halieutique et portuaire : Stratégies et potentialités de développement dans les Régions de Laâyoune Sakia-El Hamra et Dakhla Oued-Eddahab», l’objectif de cette mission est d’explorer les potentialités d’investissement qu’offrent les régions de Laâyoune Sakia-El Hamra et Dakhla Oued-Eddahab, les stratégies et projets de développement, ainsi que les opportunités d’affaires et de partenariats.

Selon la CFCIM, au programme de cette mission, la présentation des potentialités halieutiques dans ces deux régions, ainsi que les réalisations et perspectives de la stratégie Halieutis au niveau de Laâyoune et Dakhla, et les besoins en formation maritime et valorisation des produits de la mer.

La mission sera également une occasion propice pour présenter la stratégie nationale de promotion et de développement de la pêche côtière et artisanale avec un focus sur les deux régions, ainsi que les enjeux, les opportunités d’affaires, la formation et la recherche et le développement des projets microalgues et conchylicoles à Laâyoune et Dakhla. A cela s’ajoute la présentation de la stratégie portuaire région Sud à horizon 2030 : les projets et les besoins à court et moyen termes.

En effet le choix porté sur le secteur des pêches maritimes dans les provinces du Sud par la CFCIM n’est pas fortuit, mais la zone atlantique sud (Laâyoune-Lagouira) couvrant la région du Sahara est caractérisée par la diversité des espèces halieutiques dont la composition et l’abondance sont conditionnées en grande partie par les facteurs hydro-climatiques qui règnent sur la côte ouest africaine.

L’exploitation de cette biodiversité a été à l’origine de l’émergence d’une dynamique d’investissement public et privé dans la région du Sahara dans le domaine maritime (Laâyoune, Boujdour, Dakhla) depuis leur retour à la mère patrie.
En effet, le secteur des pêches maritimes joue un véritable rôle de locomotive dans le développement socio-économique de la région du Sahara.

Dans ce sens, le port de Dakhla, considéré comme le plus important au niveau national, contribue largement au processus de développement socio-économique de la région de Dakhla Oued-Eddahab. La production de la région en 2019 représente 47% de la production halieutique nationale et 34% en valeur. Ce dernier a vu en 2019 le débarquement de plus de 605,34 millions tonnes de poissons, d’une valeur globale d’environ 2,25 milliards de dirhams (MMDH). Il s’agit d’une hausse de 0,82% en valeur et 2,93% en poids par rapport à 2018, année où le volume global des débarquements des produits de la pêche avait atteint environ 587,58 millions de tonnes, pour une valeur de plus de 2,23 milliards de dirhams.

Le volume des sardines débarqué l’an dernier a enregistré un total de 200.000 t, avec des transactions s’élevant à 341 millions de dirhams.

Financements extérieurs : Plus de 16 milliards de dirhams mobilisés en 2019

La Direction du budget publie son rapport d’activité


Une enveloppe de 16,31 milliards de dirhams a été mobilisée par la Direction du budget pour les financements extérieurs au titre de l’exercice 2019. Ce montant constitué de prêts et dons y compris un don hors budget d’un montant de 954 millions de dirhams s’inscrit en nette hausse par rapport à la valeur mobilisée une année auparavant. La ventilation relevée en 2019 laisse apparaître un pic de 300%. Une hausse qui s’explique essentiellement par la signature de nouveaux accords de financement, notamment avec la Banque mondiale au titre du nouveau cadre de partenariat stratégique et le Fonds arabe de développement économique et social (FADES) pour des projets d’infrastructures ainsi qu’avec l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD) pour le financement de programmes de réforme et de projets d’investissement dans le secteur agricole. «La Direction du budget a activement contribué à la détermination de la stratégie et des normes relatives aux financements extérieurs. Elle a ainsi défini les modalités de financement des programmes publics auprès de nos principaux partenaires financiers», peut-on relever de Fouzi Lekjaa, directeur du budget.

En s’appuyant sur les données formulées dans le rapport d’activité de la Direction du budget pour l’année 2019, on relève une progression de 150% du montant total des dons mobilisés en 2019 s’élevant ainsi à 4 milliards de dirhams en 2019. Toutefois, les dons marquent sur le même exercice une baisse par rapport aux prêts.

Ces derniers ont représenté 75% des engagements en 2019. «Cette situation s’explique essentiellement par la clôture du don accordé, en 2012, au Maroc par les pays du Conseil de Coopération du Golfe», peut-on relever de la Direction du budget qui note par ailleurs une prédominance du financement multilatéral. Il constitue en effet 71% du financement global 2019 ayant pour particularité le financement prépondérant des appuis aux programmes de réformes. «L’appui budgétaire constitue un moyen efficace de fournir une aide pour soutenir les réformes et les objectifs de développement durable dans la mesure où les fonds versés sont intégrés dans le processus budgétaire normal», commente à cet effet la Direction du budget.

Et d’ajouter que, «ayant démontré l’existence de stratégies de développement sectorielles/nationales pertinentes et crédibles, d’un cadre de politique macroéconomique axé sur la stabilité et de la transparence dans la gestion des finances publiques, le pays peut bénéficier, ainsi, davantage de fonds versés sous forme d’appui budgétaire. Ils ont représenté, en 2019, 65% des financements mobilisés».

La structure de l’enveloppe mobilisée par créancier fait ressortir une part de 30% pour la Banque mondiale, 16% pour l’AFD, 16% pour l’Union européenne, 14% pour FADES, 6% respectivement pour la BAD et la BID, 5% pour l’USAID et 2% à la fois pour la FIDA et la Belgique.
Les engagements par secteur placent l’éducation et l’équipement en tête des bénéficiaires, suivis des finances publiques et migration, la jeunesse, l’emploi, l’agriculture, la gouvernance et droits de l’Homme et les transports, eau et assainissement.
S’agissant des décaissements réalisés, les tirages effectués en 2019 ont atteint près de 8 milliards de dirhams. Ils s’inscrivent en légère progression par rapport à l’année 2018.

HCP : remontée des prix à la consommation au Maroc

Les prix à la consommation se seraient redressés de 0,7% au troisième trimestre 2020, après avoir quasiment stagné un trimestre auparavant, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Cette évolution aurait résulté d’une augmentation de 0,9% des prix des produits alimentaires, reflétant la hausse des prix des produits frais et, dans une moindre mesure, de l’augmentation de ceux des tabacs, intervenue au mois d’août 2020, à la suite de la hausse des droits d’importation, explique le HCP dans sa note de conjoncture du T3 et perspectives pour le T4.

Elle aurait résulté, également, d’un retournement à la hausse de 0,4% des prix des produits non-alimentaires au T3, après une baisse de 0,2% un trimestre auparavant, suite notamment à l’accroissement des prix des services, particulièrement ceux des transports et des services dentaires, ajoute le HCP.

En revanche, le rythme de croissance de l’inflation sous-jacente aurait diminué à +0,6%, après +0,8%, un trimestre auparavant, en lien avec la décélération de ses composantes alimentaire et manufacturière. La note fait ressortir que sur l’ensemble de l’année 2020, l’inflation s’établirait à +0,8%, après +0,2% en 2019, alors que sa composante sous-jacente se maintiendrait à +0,6%.

Libre-échange avec la Turquie, le gouvernement tranche enfin

UN CONSEIL DU GOUVERNEMENT SE TIENDRA, JEUDI, SOUS LA PRÉSIDENCE DU CHEF DU GOUVERNEMENT, SAAD DINE EL OTMANI, AVEC ENTRE AUTRES POINTS IMPORTANTS À L’ORDRE DU JOUR, L’AMENDEMENT DE L’ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE AVEC LA TURQUIE. 

’accord de libre-échange avec la Turquie sera finalement amendé. Le Conseil du gouvernement qui se tient jeudi 8 octobre, examinera, en effet, un amendement de cet accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie, signé à Rabat le 24 août 2020, ainsi qu’un projet de loi approuvant ledit accord. Faut-il rappeler qu’il y a encore quelques mois, le simple fait d’avoir évoqué la possibilité du changer de cette accord, en raison des dégâts qu’il a pu causer à l’économie nationale, a valu au ministre de l’industrie et du commerce, Moulay Hafid Elalamy, une levée de boucliers de la part des membres du PJD. Ce qui n’a pas empêché le responsable gouvernemental d’aller de l’avant dans sa démarche. Des négociations ont ainsi été entamées avec la partie turque, mais l’éclatement de l’épidémie du Coronavirus, début mars, a dû retarder le processus. Aujourd’hui c’est chose faite et les démarches engagées par le ministre viennent d’aboutir.

Autre point saillant qui sera abordé par le conseil du gouvernement, la prorogation de l’état d’urgence sanitaire pour un mois supplémentaire. Le Conseil du gouvernement étudiera, en effet un projet de décret portant prorogation de l’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du territoire national pour faire face à l’épidémie du nouveau coronavirus. Le Conseil examinera, en outre, un projet de loi organique modifiant et complétant la loi organique relative à la nomination aux fonctions supérieures en application des dispositions des articles 49 et 92 de la Constitution. Ensuite, il procédera à l’examen d’un accord relatif à la consolidation des privilèges et de l’immunité diplomatiques, signé le 1er septembre 2020 par les États-Unis et le Maroc à Rabat et un projet de loi approuvant cet accord.

Notons que, comme le précisent les services de la Primature, le Conseil suivra, au début de ses travaux, un exposé du ministre d’État chargé des droits de l’Homme et des relations avec le Parlement au sujet du bilan du gouvernement dans sa relation avec le parlement au cours de la 4è année législative de la dixième législature. Comme d’habitude, le Conseil achèvera ses travaux par l’examen de propositions de nomination à des fonctions supérieures conformément à l’article 92 de la Constitution.

Un an après le rachat par Spirit AeroSystems des activités de Bombardier en Irlande et au Maroc, la reprise des installations à Casablanca se fait toujours attendre.

Signé en octobre dernier, l’accord de transaction entre l’entreprise canadienne Bombardier et l’américain Spirit AeroSystems, pour le rachat des usines de Bombardier à Belfast, en Irlande, et à Casablanca, suscite à nouveau des interrogations. Le repreneur américain a récemment fait savoir que certaines conditions de clôture concernant son acquisition des activités d’aérostructures de Bombardier n’étaient toujours pas remplies.

CVE : un nouveau soutien aux opérateurs de l’événementiel, parcs de jeux et traiteurs

Le Comité de veille économique (CVE) a tenu ce 5 octobre sa 10e réunion de travail, consacrée à l’opérationnalisation du Pacte pour la relance économique et l’emploi. De nouvelles mesures de soutien ont été prises au profit de secteurs en arrêt d’activité.

À l’issue de la réunion du CVE, deux contrats-programmes ont été signés pour la relance des prestataires de l’événementiel et des traiteurs ainsi que des parcs d’attractions et de jeux.

Le contrat-programme pour la relance du secteur de l’événementiel et des traiteurs concerne les loueurs d’équipements techniques liés à l’événementiel (son, lumière, vidéo, etc.), les loueurs d’espaces dédiés (salles, chapiteaux, etc.), les loueurs de mobilier et les prestataires de services pour l’événementiel.

Le contrat-programme pour la relance du secteur des parcs d’attractions et de jeux concerne les entreprises opérant dans les espaces couverts de jeux (patinoires, espaces de jeux pour enfants, salles de jeux vidéo et automatiques), celles actives dans les espaces de jeux à l’air libre (skatepark, karting, mini-golf, tir à l’arc, manèges et parcs aquatiques, espaces et circuits d’accrobranche) ainsi que les parcs animaliers et zoologiques.

Si le communiqué du CVE ne mentionne pas les mesures de soutien accordées dans le cadre des deux contrats signés, TelQuel apprend auprès des professionnels des secteurs concernés qu’il s’agit principalement d’octroi d’indemnités forfaitaires de 2000 dirhams aux employés desdits secteurs, à l’image des salariés du secteur touristique.

Les entreprises n’ayant pas profité des crédits de relance garantis par la CCG devront également pouvoir déposer à nouveau leurs dossiers auprès des organismes bancaires pour jouir de nouvelles facilités de financement, afin d’atténuer l’impact de la crise sur ces secteurs en arrêt depuis sept mois.

Un nouveau produit de relance pour l’immobilier

Le Comité de veille a également décidé de mettre en place une nouvelle variante du produit “Damane Relance” dénommée “Damane Relance Promotion Immobilière”. Ce nouveau produit de garantie permettra d’accompagner les entreprises de promotion immobilière sévèrement touchées par la crise du Covid-19 et répondant aux critères d’éligibilité définis à cet effet, en leur offrant des garanties de crédits de moyen et long termes, destinés à couvrir les besoins de financement pour l’achèvement de leurs projets immobiliers.

Le crédit garanti par ce nouveau produit, plafonné à 50 millions de dirhams par projet, est ouvert aussi bien aux projets ayant déjà bénéficié d’un Crédit de promotion immobilière (CPI) qu’à ceux ayant fait appel uniquement à de l’autofinancement.

Avis du CESE pour une stratégie d’intégration du Maroc en Afrique

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a émis un avis intitulé «l’intégration régionale du Maroc en Afrique: Pour une stratégie au service d’un développement durable avec l’Afrique». Le CESE préconise d’adopter le co-développement comme mode d’action, en développant une stratégie intégrée et formalisée, dédiée à l’intégration du Maroc en Afrique en concertation entre les secteurs public et privé.

Ahmed Réda Chami, président du CESE, a indiqué que dans le contexte actuel marqué par la crise du Covid- 19, la mise en place de stratégies régionales intégrées dans le domaine de la santé, la recherche et l’industrie pharmaceutique, constitue une réponse adaptée de nature à fédérer les efforts et les moyens, à promouvoir des chaînes de valeur régionales et in fine à renforcer la résilience des pays d’Afrique.

Pour sa part, Mouncef Ziani, rapporteur du thème, a insisté sur la nécessité de la prise en compte d’une approche intégrée articulée autour du développement économique durable, de l’amélioration des conditions de vie des populations, de la durabilité environnementale et sociale et de l’amélioration de la gouvernance du processus d’intégration.

Antitrust : le Congrès américain propose de limiter radicalement le pouvoir des Gafa

Démantèlement, interdiction de donner la préférence à leurs propres produits, présomption de refus pour les futurs rachats de start-up… La commission antitrust de la Chambre des représentants préconise un remède de cheval pour lutter contre les pratiques anticoncurrentielles de Facebook, Google, Apple et Amazon. Mais ses recommandations ne seront pas adoptées sans vague démocrate lors des élections de novembre.

Démantèlement, interdiction de donner la préférence à leurs propres produits, présomption de refus pour les futurs rachats de start-up… C’est un remède de cheval que préconise la commission antitrust de la Chambre des représentants aux Gafa dans un rapport rendu mardi sur leurs pratiques anticoncurrentielles, avec une approche proche de celle de l’Union européenne.

Le groupe de treize députés recommande les plus gros changements législatifs pour l’antitrust américain depuis un demi-siècle . Mais ils ne seront pas adoptés sans vague bleue lors des élections de novembre. Le rapport n’a été signé que par les membres démocrates du comité, les députés républicains indiquant leur désaccord avec les mesures proposées. « C’est très important que nous procédions avec un scalpel et non une tronçonneuse », a déclaré Ken Buck, élu républicain du Colorado. 

Condamnation sans précédent

Le texte de 449 pages clôture une enquête de seize mois qui a conduit à la collecte de 1,2 million de documents et à sept auditions, dont celle des PDG des quatre géants technologiques de la côte ouest fin juillet. Il représente une condamnation politique sans précédent du pouvoir accumulé par Apple, Google, Amazon et Facebook au cours des deux dernières décennies et une évolution importante des relations entre la Silicon Valley et les démocrates, après des années de proximité sous les deux mandats de Barack Obama.

« Des sociétés qui étaient auparavant de petites start-up challengeant le statu quo se sont transformées en monopoles d’un genre que nous avions vu pour la dernière fois lors de l’ère des barons du pétrole et des magnats des chemins de fer. Ces firmes ont trop de pouvoir, et ce pouvoir doit être contenu et faire l’objet d’une surveillance et d’une application des lois adéquate. Notre économie et notre démocratie en dépendent », écrivent les députés. Le rapport qualifie Facebook et Google de monopoles. Amazon et Apple sont, eux, accusés d’exercer « un pouvoir de marché significatif et durable ».

Concurrence en interne chez Facebook

Le réseau social de Mark Zuckerberg assoit sa domination en « acquérant, copiant ou tuant » ses concurrents. « En l’absence de concurrence, la qualité de Facebook s’est détériorée, résultant en une protection de la vie privée de moins bon niveau et une hausse spectaculaire de la désinformation sur la plateforme », note le rapport, selon lequel Facebook est davantage en compétition avec les autres filiales de son groupe, notamment Instagram, racheté en 2012, qu’avec d’autres entreprises.

Google maintient, lui, son monopole « à travers une série de tactiques anticoncurrentielles », de la rétrogradation des services de recherche concurrents comme Yelp aux contrats « forçant les fabricants de smartphones à installer Google pour accéder à son logiciel Android et avoir accès à son app store Google Play ». Amazon est, lui, accusé de conflits d’intérêts dans son rôle d’opérateur de place de marché et de vendeur sur cette même marketplace, notamment pour ses produits pour la maison intelligente comme son enceinte Echo. Apple se voit, lui, reprocher d’« exclure des rivaux en donnant la préférence à ses propres offres » sur l’App Store.

Les accusations ont été rejetées par chaque entreprise. « Nous sommes en compétition avec une large variété de services avec des millions, et même des milliards, de personnes les utilisant », a réagi Facebook. « Loin d’augmenter la compétition, ces notions mal informées la réduiraient », a commenté Amazon.

Barrières aux rachats de nouvelles start-up

Le rapport recommande au Congrès de démanteler les plateformes dominantes, ouvrant éventuellement la porte à une remise en cause des acquisitions d’Instagram par Facebook et de YouTube par Google. Mais aussi d’interdire à certaines plateformes d’opérer dans des secteurs adjacents à leur coeur de métier et de donner l’avantage à leurs propres produits. Il propose aussi de renforcer les barrières aux nouveaux rachats de start-up par ces sociétés et de les forcer à offrir la portabilité des données pour améliorer les chances des concurrents.

Surtout, les députés prônent un renforcement des lois antitrust visant à contrer une jurisprudence les « ayant affaiblies » en les réduisant à une seule dimension, l’obtention de prix bas pour les consommateurs. Le Congrès propose de préciser que les lois antitrust « sont conçues pour protéger non seulement les consommateurs mais aussi les salariés, les entrepreneurs, les entreprises indépendantes, les marchés ouverts, une économie juste et des idéaux démocratiques ». 

Le Congrès critique aussi fortement la Federal Trade Commission, le gendarme de la concurrence, qui a validé les plus de 500 acquisitions effectuées par ces quatre entreprises depuis 1998, préférant « concentrer ses efforts sur des petits acteurs – incluant des enseignants de patin sur glace et des joueurs d’orgue ». Il propose d’augmenter ses ressources financières, mais aussi sa capacité à adopter des sanctions, et préconise une codification des prohibitions des passerelles entre l’agence et les entreprises qu’elle doit surveiller, les fameuses « revolving door » .

La fortune des milliardaires atteint des records avec la pandémie de Covid-19

La fortune des « super-riches » a enregistré une hausse de plus d’un quart au plus fort de la crise, en avril, pour s’établir à 10.200 milliards de dollars. Les patrons de sociétés technologiques ou innovantes comme Jeff Bezos ou Elon Musk ont considérablement augmenté leur richesse.

« La concentration des richesses est aussi élevée qu’en 1905 », dit Stadler, dans le quotidien britannique « The Guardian » . ​Les super-riches dans le monde détiennent ainsi la plus grande concentration de richesses depuis l’âge d’or des Etats-Unis à l’aube du XXe siècle, lorsque des familles telles que les Carnegies, les Rockefeller et les Vanderbilt contrôlaient de vastes fortunes.

Dynamisme du secteur Tech

Dans le même temps, la pandémie a accéléré la division croissante de la richesse entre les entrepreneurs innovants investissant principalement dans la technologie, la santé et les produits industriels, et d’autres hommes d’affaires agissant dans des secteurs moins dynamiques comme l’immobilier, le divertissement et les services financiers. A la différence du magazine « Forbes », UBS n’établit pas de classement de la richesse mondiale. Cependant, il est possible de citer en exemple le premier des super-riches, Jeff Bezos, patron d’Amazon, ayant augmenté sa fortune de 74 milliards de dollars cette année. Pour sa part, le fondateur de Tesla, Elon Musk, a augmenté sa fortune cette année de 76 à 103 milliards de dollars.

Selon UBS, les milliardaires ont ainsi augmenté leurs dons pour aider à lutter contre Covid-19 et à l’impact financier du confinement. « Notre étude a identifié 209 milliardaires ayant publiquement engagé un montant équivalent à 7,2 milliards de dollars de mars à juin 2020 », indique le rapport. Plus de la moitié des dons viennent des Etats-Unis.

La crise du coronavirus, un premier pas vers une paix économique ?

OPINION. La prise de conscience récente de la nécessité de préserver ses partenaires économiques aura notamment eu raison des résistances nationales à engager un emprunt commun européen. Par Dominique Steiler, Grenoble École de Management (GEM) (*)

La crise sanitaire et économique liée à la Covid peut être vue comme un risque d’effondrement mondial, mais elle peut aussi être pensée comme le révélateur de notre interdépendance et le déclencheur d’une nouvelle façon de construire la vie en société et les relations entre les nations.

C’est notamment ce que laisse penser l’acceptation par les pays de l’Union européenne d’une dette commune pour soutenir les plus fragiles. Il nous semble cependant que des progrès sont encore à faire en la matière, car les discours de soutien naissent encore trop souvent de la conscience des risques économiques encourus par les pays les plus forts s’ils ne soutiennent pas les plus faibles et pas nécessairement d’une intention humaniste.

Cette prise de conscience des interdépendances fait écho aux travaux de l’économiste Georges de Ménil qui, dans son ouvrage sur l’interdépendance des politiques économiques des nations, évoquait en 1983 le fait qu’aucune nation, même parmi les plus puissantes, n’était en mesure de résoudre avec efficacité ses difficultés si elle agissait seule.

Une utopie en action

Aujourd’hui, les événements qui s’enchaînent nous montrent que les esprits s’ouvrent et qu’il nous faut agir pour pérenniser l’élan constructif et respectueux de la vie contenu dans cette période avant qu’une peur ou une finance incontrôlée ne réimposent leurs lois. Nous pouvons dire sans hésitation que jamais dans les années passées, il n’y avait eu autant d’efforts pour faire valoir la nécessité d’un agir ensemble.

Autrement dit, la paix économique semble prendre son essor. Ce principe, sur lequel nous travaillons depuis 2008, n’est pas une théorie économique, c’est en effet un engagement, une utopie en action qui nous propose un nouvel horizon. La paix économique redonne le pouvoir d’agir et de créer ensemble, de reprendre part à la vie économique en rejetant l’obligation à l’hyperconsommation et à l’hypercompétition.

Prenons quelques exemples pour illustrer cette montée en puissance. D’abord, s’est engagé récemment en Rhône-Alpes un travail dont l’intention est de mobiliser différents acteurs – préfecture, département, offices des HLM, entreprises privées et centre de recherche – pour transformer les relations, renforcer le tissu social et co-construire un territoire de paix en projetant de nouvelles idéalités et en conduisant des transformations pragmatiques : des cultures managériales, aux transports en passant par le logement ou les relations entre administrations publiques et entreprises privées.

À une échelle plus large, le plus complexe à faire évoluer tant les frontières réelles des pays ou virtuelles de la concurrence sont puissantes, la prise de conscience de la nécessité d’actions communes semble également apparaître au plus haut niveau.

Ainsi, Jürgen Braunstetter, chef du département supply chain (chaînes de fournisseurs) du groupe de pneumatiques allemand Continental nous donne un exemple de la montée en puissance de la prise de conscience dans le monde économique, dans une interview accordée au journal Le Monde en juillet dernier :

« L’Italie du Nord est très performante dans la production de certaines pièces qui sont essentielles dans l’industrie automobile : les pièces de fonte, les faisceaux de câblage, l’électronique et les techniques de connexion… Pendant les premières semaines de l’épidémie, j’étais en contact permanent avec les responsables des chaînes d’approvisionnement au sein de la fédération automobile allemande (VDA). Nous étions d’accord sur le fait que les fournisseurs d’Italie du Nord devaient continuer à produire le plus longtemps possible… L’expérience nous a rendus modestes ».

Bien sûr, il est probable que l’élan de ce regard nouveau a été guidé par la peur des conséquences pour le marché national de l’épidémie chez les fournisseurs étrangers, mais peut-être nous faut-il accepter qu’il n’y a en économie et en politique d’altruisme que dans un intérêt commun.

Du jugement moral à la compréhension

À cause de cette pandémie, « jamais encore la circulation des marchandises entre les pays de l’UE n’avait été autant perturbée. Jamais les industriels ne s’étaient à ce point rendus compte qu’ils dépendaient des frontières ouvertes et de la fluidité des chaînes de sous-traitance intraeuropéennes pour leur production », comme cela est très justement relevé dans l’article du Monde qui évoque Continental.

Enfin, la conscience de cette interdépendance aura eu raison des résistances nationales à engager un emprunt commun européen, ce qui est une révolution dans l’Union. Si l’on compare avec la gestion de la crise grecque il y a quelques années, l’expérience directe de tous les états européens face à la pandémie nous aura fait passer d’un jugement quasi moral sur un état défaillant, considéré comme « pécheur » à l’époque, à la compréhension de la nécessité d’une dette commune.

Si l’on reste à ce niveau macro, il convient de créer cette solidarité au-delà même de l’Union européenne, non plus en raison de la nécessité de protéger notre marché commun face à la concurrence, mais parce que ceux qui en ont les moyens, se doivent de soutenir les plus faibles pour juguler les pandémies à venir, ralentir le dérèglement climatique travailler au problème du manque d’eau et de la faim dans de très nombreux pays.

Pour l’ensemble de ces défis dans lesquels tous les acteurs sont de fait impliqués, nous le comprenons mieux aujourd’hui, la simple question des frontières et des chauvinismes économiques est devenue archaïque, obsolète et ridicule.

… Mais au-delà, pour avancer sur ce chemin périlleux faut-il encore repenser l’éducation de nos futurs leaders !

______

(*) Par Dominique Steiler, Titualire de la chaire Mindfulness, Bien-être au travail et paix économique, Grenoble École de Management (GEM)

COLLECTIVITES TERRITORIALES : 4,4 MILLIARDS DE DH D’EXCEDENT

La situation des charges et ressources des collectivités territoriales dégage un excédent global de 4,4 milliards de DH à fin août dernier, contre un excédent de 5,5 MMDH enregistré un an auparavant, selon la Trésorerie générale du Royaume (TGR).

D’après la TGR, cet excédent tient compte de dépenses d’investissement de 6,7 milliards de DH et d’un solde positif des comptes spéciaux et des budgets annexes de 619 millions de DH.

Au total, les recettes ordinaires des collectivités territoriales ont atteint 25,4 milliards de DH, enregistrant ainsi un repli de 9,3%. Ce recul s’explique par la baisse des recettes transférées de 6,8%, des recettes gérées par l’Etat (-14%) et des recettes gérées par les collectivités territoriales (-13,1%).

De leur côté, les dépenses ordinaires ont aussi reculé de 1,3% à 14,9 milliards de DH, en raison de la baisse des dépenses des autres biens et services de 6,2%, conjugué à la hausse de 2,1% des dépenses de personnel et de 6,1% des charges en intérêts de la dette. Ainsi, les dépenses globales réalisées par les collectivités territoriales (dépenses ordinaires, dépenses d’investissement et remboursements du principal de la dette) se sont ainsi établies à 22,9 milliards de DH, en baisse de 4,1% par rapport à leur niveau à fin août 2019.

LE DIRHAM S’APPRECIE FACE A L’EURO

Le dirham s’est apprécié de 0,12% par rapport à l’euro et de 0,13% vis-à-vis du dollar, au cours de la période allant du 24 au 30 septembre 2020, indique Bank Al-Maghrib (BAM).

Sur cette période, aucune opération d’adjudication n’a été réalisée sur le marché des changes, souligne la Banque centrale. A noter que les Avoirs officiels de réserve (AOR) se sont établis à 295,8 milliards de DH, au 25 septembre dernier, en baisse de 1,1% d’une semaine à l’autre et en progression de 23% en glissement annuel.

LE TOURISME AU CLUB DE L’ECONOMISTE – PROMOTION: OBJECTIF, SAUVER LE BUDGET 2021

  • Chute drastique des recettes en perspective
  • En lien avec l’effondrement des taxes aérienne et de séjour
  • Touriste interne, unique bouée de sauvetage!

Jamais le tourisme n’a connu une récession pareille à celle de l’ère Covid. Après une année 2019 record (13 millions de touristes), le secteur sombre dans une déprime sans précédent. «Près de 70% des établissements hôteliers ont fermé», relève la ministre du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui. Elle s’exprimait lundi dernier, lors du Club de L’Economiste. Une rencontre à laquelle le PDG de RAM, Abdelhamid Addou, ainsi que le DG de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), Adel El Fakir, ont pris part. «Nous avons à la fois des problèmes de mobilité, de confiance dans le voyage et de moyens financiers», souligne la ministre. Trois contraintes fatales. 

Sur les quelque 859,8 millions de DH octroyés au ministère du Tourisme en 2019 (crédits de fonctionnement et d’investissement, hors frais du personnel), près de 300 millions sont allés à l’ONMT, soit plus du tiers. En 2020, l’Office a reçu le même montant, auquel se sont rajoutées les recettes des taxes aérienne et de promotion touristique, d’environ 500 millions de DH, soit un total de 800 millions de DH

La crise est, certes, mondiale, mais la reprise dépendra de la capacité des pays à préparer la relance. Et elle promet d’être rude, puisque la concurrence sera d’autant plus acharnée. Outre les garanties sanitaires à offrir aux voyageurs, la promotion de l’offre Maroc sera décisive. C’est justement le job de l’ONMT. Si cette année le budget de l’organisme est «sauf», rien n’est moins sûr pour 2021. L’Office a, en effet, pu bénéficier cette année d’une subvention de 300 millions de DH, à laquelle se rajoutent 500 millions de DH de recettes des taxes aérienne et de séjour dans les établissements touristiques (taxe de promotion touristique), soit un total de 800 millions de DH.

«En 2020, RAM réalise seulement le tiers de son chiffre d’affaires habituel. Les recettes de la taxe aérienne seront ainsi réduites des deux tiers», précise Abdelhamid Addou. «Sur les taxes, nous nous attendons à une baisse d’environ 80%. Pour le budget 2021, nous sommes en pleine négociation, notre bataille sera de sauvegarder notre capacité d’action», confie le DG de l’ONMT.

Une campagne com via les territoires

L’Office réussira-t-il à décrocher suffisamment d’argent pour appuyer la relance touristique? L’enjeu, à la fois économique et social, selon les mots de Nadia Fettah Alaoui, est énorme pour le secteur qui emploie plus de 500.000 personnes (2,5 millions d’emplois indirects).

Pour la saison estivale 2020, l’ONMT a tenté de prendre les devants dès avril, en lançant une campagne de promotion pour le tourisme interne étalée sur deux mois. Mais avec des régions fermées et une mobilité réduite au maximum, il fallait vite changer de paradigme.

«Nous avons fait appel aux Centres régionaux du tourisme (CRT), que nous avons soutenus sur le plan budgétaire, pour que chaque région lance sa propre campagne, en fonction de ses spécificités, en  mettant en évidence ses offres promotionnelles. Les 12 régions ont répondu favorablement. Le Nord, par exemple, a démarré en août. Marrakech vient de commencer la semaine dernière. Nous sommes convaincus que le tourisme passe aussi par les territoires», détaille El Fakir. «La campagne nationale du tourisme, quant à elle, est prête depuis plus d’un mois, nous ne pouvons cependant l’activer en situation de non fluidité. Nous la mettrons on air quand les conditions seront réunies», ajoute-t-il.

Avec la fermeture du ciel, le touriste national reste l’unique bouée de sauvetage du secteur. Même si moins de 14% des Marocains vont dans des hôtels, selon la ministre, ils représentent habituellement plus de 30% des nuitées. «Dans les principales destinations mondiales, cette part varie entre 50 et 60%. Notre marge de progression est donc importante», nuance le DG de l’ONMT. Il faudra, cependant, développer des offres plus attractives pour les nationaux, et démocratiser l’accès au transport aérien interne.

Des délégations bientôt fermées

La crise a permis à l’ONMT de se remettre en question. Dans un souci d’efficience et de rationalisation des ressources, l’Office prévoit de fermer certaines de ses délégations. L’organisme annonce une «rationalisation importante», mais sans pour autant donner de chiffre précis, pour l’instant. Son organigramme a, également, été revisité avec un redéploiement d’équipes et un réajustement de missions.

LE PROJET DARED, PREMIER CHANTIER A GRANDE ECHELLE D’ARGANICULTURE AU NIVEAU MONDIAL

  • Lancé il y a trois ans, ce chantier de développement de l’arganiculture sur 10 000 ha est étalé sur six ans.
  • Les plantations réalisées aujourd’hui à près de 70% seront achevées en 2021.
  • Une première expérience du genre à travers l’agriculture solidaire pour renforcer la résilience des communautés rurales.
  • Ce chantier pourrait aussi ouvrir la voie à de gros investissements dans cette culture avec à la clé une forte productivité et forte valeur ajoutée pour la filière.

 Durant longtemps, les projets de plantations, de l’arganier étaient difficilement maîtrisables et réalisés uniquement dans le domaine forestier avec peu d’implication des ayants droit. Depuis la mise en œuvre du Plan Maroc Vert (PMV) et la création de l’Andzoa (Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier), des expériences réussies de replantation ont prouvé que l’arganiculture est possible.

Le projet de Développement de l’arganiculture en environnement dégradé (DARED), mis en œuvre depuis 2017, est aujourd’hui le premier chantier à grande échelle d’arganiculture au niveau mondial. Dans la zone de la Réserve de biosphère de l’arganeraie (RBA), il couvre trois régions (Souss Massa, Marrakech-Safi et Guelmim Oued Noun). C’est aussi le développement d’un modèle économique résilient aux changements climatiques et stimulateur d’un changement de paradigme dans la conception et la réalisation des projets d’agriculture durable, rentable et résiliente aux changements climatiques, souligne Latifa Yaakoubi, directrice de développement des zones de l’arganier à l’ANDZOA.

Trois ans après son démarrage, le chantier qui vise le développement de l’arganiculture sur une superficie totale de 10 000 ha dont 2 000 ha de plantes aromatiques médicinales en intercalaire est bien en avance, assure Latifa Yaakoubi. La superficie totale de 10 000 ha est aujourd’hui mobilisée et le taux de réalisation des plantations atteint actuellement près de 70%. Il devrait être finalisé durant l’année 2021. Concernant les superficies dédiées aux plantes aromatiques médicinales en intercalaire avec l’arganier, près de 95% de ce volet est engagé et devrait être achevé fin 2021.

L’inclusion de la culture des plantes aromatiques médicinales dans ce programme est d’offrir de nouvelles alternatives de cultures aux populations de l’aire de l’arganier, précisent les responsables du dossier, à l’ANDZOA. C’est une opportunité d’initier dans ces zones de nouvelles activités génératrices de revenus. Jusqu’à présent, les ayants-droit de ces contrées ont cultivé l’orge pour améliorer les revenus générés par l’arganier. Selon les indicateurs de rentabilité des systèmes de cultures communiqués par l’ANDZOA, le développement de l’arganiculture peut offrir une marge brute moyenne de plus de 7 200 DH/ha. L’arganiculture, conjuguée à la culture d’orge, peut générer pour sa part une marge brute moyenne de plus de 9 300 DH/ha. Cette marge est de plus de 17 000 DH/ha pour l’arganiculture avec les plantes aromatiques en intercalaire. Elle peut dépasser les 19 000 DH/ha en combinant l’arganiculture avec les plantes aromatiques et l’orge. C’est dire l’intérêt pour les populations des zones de l’arganeraie d’adhérer au projet DARED pour explorer de nouvelles cultures et améliorer ainsi leurs revenus.

Etalé sur la période 2017-2023, ce projet, rappelons-le, est l’un des premiers projets cofinancés par le Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund-GCF). Il est soumis par le ministère de l’agriculture et des eaux et forêts via l’Agence de développement agricole (ADA) en tant qu’entité accréditée par GCF. L’ANDZOA, en sa qualité d’agence d’exécution du projet, est en charge de sa réalisation en partenariat avec les représentations régionales et provinciales du département de l’agriculture et des eaux et forêts et les agences des bassins hydrauliques concernés. La Fédération interprofessionnelle de la filière de l’argane est également partie prenante de ce programme. L’investissement global est de 49,2 millions de dollars, à travers un apport de 39,3 millions de dollars par le Fonds vert pour le climat. Le gouvernement marocain apporte pour sa part une contribution de 9,9 millions de dollars.

Les enjeux de ce programme sont multidimensionnels, à savoir économique, social et environnemental à l’échelle nationale et internationale. Sur le plan environnemental, rappelons que le Maroc, dans le cadre de la convention cadre des Nations Unies, s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42% à l’horizon 2030. Et ce suivant le NAMA développé (Mesure d’atténuation appropriée au niveau national). A cet effet le NAMA arganiculture vise la plantation de 43 000 hectares de vergers d’arganiers.

Cet engagement devrait être dépassé, puisque le département ministériel de l’agriculture envisage de le porter à 50 000 ha au total. C’est une priorité nationale, car outre son rôle socioéconomique sur le plan préservation du patrimoine forestier, l’arganier est indéniablement notre dernier rempart contre la désertification. La croissance du marché international de l’huile d’argane met en exergue également l’intérêt et la nécessité de reconstituer et développer les vergers d’arganiers pour renforcer l’offre et préserver le patrimoine. Dans ce cadre le projet DARED constitue une première phase de l’ensemble du programme NAMA arganiculture.

Sur le plan social, ce programme d’envergure profitera à une population directe et indirecte de plus de 370 000 habitants. L’approche participative qu’initie ce programme est aussi une première expérience de modèle de co-management de la forêt. La démarche co-managériale devrait maintenant être formalisée à travers des textes législatifs dans le cadre de la nouvelle stratégie des zones forestières.
A terme, ce chantier devrait contribuer au renforcement de la résilience des communautés rurales et de la réserve de biosphère de l’arganeraie et sûrement libérer le plein potentiel des zones de l’arganier et de sa chaîne de valeur.

ARGANE : DEVELOPPER DES PLATEFORMES DE COMMERCIALISATION POUR ENDIGUER LES EFFETS COVID-19

  • La filière argane n’échappe pas aux effets de la crise sanitaire.
  • les opérateurs d’argane réclament plus de soutien des banques pour les accompagner dans leur développement et la conquête de nouveaux marchés.
  • le dossier de la couverture sociale des adhérentes des coopératives avance également. Entretien avec ahmed atbir, président de la fédération interprofessionnelle de la filière de l’argane (fifargane).

Quel est l’impact de la crise sanitaire sur la filière ?

La filière d’argane, à l’instar d’autres secteurs, est impactée par la crise Covid-19. Du jour au lendemain les femmes adhérentes des coopératives se sont retrouvées sans ressources. Ces femmes, qui, dans leur majorité, contribuent aux charges de leurs ménages ne peuvent plus accomplir cette fonction. Pour les accompagner des aides et des paniers de denrées alimentaires ont été distribués à des populations de l’arganeraie. Aujourd’hui, cependant, le contexte actuel de crise sanitaire continue à freiner l’activité.

• Quid des effets de la sécheresse sur la production de l’arganier et l’activité de la filière ?

La région de l’arganeraie a enregistré cette année une sécheresse sévère, ce qui à eu pour conséquence la rareté et la flambée des prix de Afiyache qui est la matière première. Aujourd’hui, le prix d’Afiyache a atteint 4 DH le kg, alors que l’an dernier à la même période le cours de la denrée était entre 2,50 DH et 3,50 DH le kg. Cette flambée des prix réduit la marge bénéficiaire déjà limitée des transformateurs d’argane. Ils exportent l’huile d’argane en vrac et ne peuvent pas toujours reporter cette augmentation sur les prix de vente. Aussi, la hausse des prix les asphyxie et les force à arrêter leur activité en attendant que le ciel soit plus clément et que la forêt retrouve sa vitalité. Pour l’heure, l’arrêt brutal du commerce en raison de la sécheresse et de la crise sanitaire a mis la trésorerie des opérateurs d’argane à rude épreuve. Pour les soutenir et palier aux marchés perdus pour le moment à l’export, l’Etat a mis en œuvre plusieurs actions pour encourager la consommation nationale. Il est cependant urgent que des aides et des allègements de charges fiscales soient entrepris en faveur des acteurs de cette filière qui touche directement ou indirectement 3 millions de personnes.

• Où en est le dossier de la couverture sociale des membres de la filière ?

La Fifargane a signé en marge du SIAM 2019 une convention avec la MAMDA qui permet à ses membres de bénéficier d’une assurance médicale. Cette convention, contre une petite cotisation, donne droit au remboursement de 80% des frais médicaux. Le projet REFAM (NDLR : Renforcement économique des femmes de la filière de l’arganier) a pris en charge cette année la cotisation de 1 500 femmes adhérentes des coopératives. L’an prochain, la cotisation de 500 autres femmes sera aussi prise en charge. Cette action vise à montrer aux membres de l’interprofession l’intérêt à souscrire à la couverture médicale et suivre les directives du dernier discours de S.M. Mohammed VI.

• Quelles sont les actions qui ont été entreprises pour encourager la commercialisation du produit ?

Le ministère de l’agriculture via l’Agence du développement agricole et le ministère du commerce et de l’industrie, ont initié chacun de leur côté des actions pour la présence et la vente des produits du terroir dans les grandes surfaces et la mise en place de plateformes pour encourager le commerce électronique. L’Office du développement et de la coopération a accompagné pour sa part les coopératives pour la création des logos et des sites pour la vente en ligne. L’Etat, en coordination avec les banques, a aussi mis en place des solutions pour financer la relance des activités des opérateurs. Ces mesures ont permis d’atténuer l’impact Covid-19. La profession souffre toutefois encore dans ce contexte pour couvrir les charges de l’activité.

• Quelles sont les contraintes encore à endiguer aujourd’hui pour le développement de la filière et quelles sont les priorités ?

Les opérateurs d’argane réclament plus de soutien des banques pour les accompagner dans leur développement et la conquête de nouveaux marchés. Il faut aussi encourager la valorisation sur place de l’huile pour capter plus de plus-value dans l’aire de production. Ceci ne peut se faire qu’en soutenant la recherche et les projets novateurs. Il est nécessaire enfin de continuer à protéger le nom argane des usurpations sur les marchés extérieurs.

RAMED, UNE PATATE CHAUDE ENTRE LES MAINS DE LA CNSS ?

  • LA GÉNÉRALISATION DE LA COUVERTURE SOCIALE UNIVERSELLE, ATTENDUE POUR 2022, PRÉVOIT LA RÉFORME DU RAMED.
  • CELUI-CI SERA OBLIGATOIRE ET SA GESTION SERA CONFIÉE À LA CNSS.
  • SPÉCIALISTES DE L’ASSURANCE MALADIE ET SYNDICALISTES, SURPRIS PAR LE CHOIX DE LA CNSS, S’INTERROGENT SUR LA CAPACITÉ DE LA CAISSE À PRENDRE EN CHARGE LES EX-RAMÉDISTES…

Mettre en place un nouveau régime obligatoire d’assurance maladie au profit des populations en situation de vulnérabilité bénéficiant actuellement du Régime d’assistance médicale des économiquement démunis (Ramed) et confier la gestion de ce nouveau régime à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS ). Ce sont là deux mesures retenues dans le cadre de la réforme prévue, sur les deux prochaines années, pour la généralisation de la couverture sociale au profit de tous les Marocains. Cette annonce faite, en début de semaine, par le ministre des finances, Mohamed Benchaaboun, lors de la présentation des orientations du projet de Loi de finances 2021 a suscité une grande surprise et des questionnements chez les spécialistes de l’assurance maladie. Ceux-ci soulèvent une double problématique : Comment gérer l’obligation dans un régime d’assistance médicale? L’obligation signifie donc qu’il y aura une obligation de cotiser pour des populations démunies qui n’ont pas les moyens. Pourquoi avoir opté pour la CNSS, alors que c’est la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale qui était pressentie pour gérer le Régime de l’assistance médicale pour les économiquement démunis ?

Pour des spécialistes de l’assurance maladie, tout porte à croire que cette réforme du Ramed prévoit un passage d’un régime d’assistance médicale à un régime d’assurance médicale. Ce qui permettra à coup sûr une amélioration de l’offre actuelle et une couverture universelle à tous les Marocains sans distinction aucune. Là-dessus on ne peut qu’être d’accord puisque, estiment ces mêmes sources, «ce serait une très bonne chose en vue de généraliser enfin la couverture sociale». Mais le bon fonctionnement de ce régime est tributaire d’une amélioration des prestations des hôpitaux et du fonctionnement de ces derniers. Aujourd’hui, faut-il le noter, tous les ramédistes ne bénéficient pas totalement du panier des soins prévus en raison de l’insuffisance des ressources humaines, notamment les médecins, et des équipements radiologiques et autres. Ce qui se traduit concrètement par des rendez-vous allant de 1 à 3 mois et l’obligation pour les ramédistes de faire des analyses et des examens radiologiques chez le privé. Donc de prendre en charge une dépense dont ils doivent bénéficier dans le cadre du Ramed. Par ailleurs, se pose la question du financement de ce régime : «Est-ce l’Etat qui s’engage à payer les cotisations pour les populations
concernées ?». Aucun détail n’a encore été fourni par le ministère des finances qui a précisé que globalement, la généralisation de l’assurance maladie nécessitera pas moins de 13,8 milliards de dirhams dont 8,46 milliards seront mobilisés par l’Etat et 5,3 milliards seront assurés dans le cadre du système de participation. Il importe de rappeler que le financement du Ramed est actuellement assuré à hauteur de 75% par l’Etat.

14 à 15 millions de personnes intégreront le régime de la CNSS…

Selon le ministre des finances, l’Etat va mobiliser 4 milliards de dirhams pour les deux prochaines années. Mais, quelle sera la part allouée au Ramed ? Outre le financement du nouveau régime, les sources proches du dossier s’inquiètent également pour l’équilibre de la Caisse nationale de sécurité sociale, qui aura la gestion de ce régime. A-t-elle la capacité d’assurer une nouvelle population de 15 millions de personnes ? Sachant que la caisse compte actuellement 6,8 millions d’assurés AMO. Selon les spécialistes du dossier, «il est invraisemblable et impossible pour la CNSS de gérer ce régime qui, on le sait, est complexe». Qu’en pense la CNSS ? On ne pourra malheureusement pas le savoir, puisque ses responsables sont restés injoignables. Dans le milieu syndical, on avance que «le choix de la CNSS est étonnant et inquiétant pour l’équilibre général de ce régime». Soucieux des acquis des salariés, des syndicalistes estiment que «l’implication de la CNSS dans la gestion du Ramed doit faire l’objet d’une étude précise et d’une large consultation avec les parties concernées. Il faut noter que les axes de la réforme ont été retenus sur la base des conclusions d’une expertise européenne qui ne maîtrise fort probablement pas la réalité du terrain». La réforme du Ramed doit corriger les dysfonctionnements, relevés dans le diagnostic du régime, au niveau de son financement et de sa gestion. En effet, le financement du régime était réparti entre l’Etat et les collectivités locales. Si l’Etat assure 75% du financement de ce régime, les collectivités locales interviennent à hauteur de 6%. Mais elles sont très nombreuses à ne pas verser les cotisations nécessaires et même à ne pas inscrire le Ramed dans leur budget. Ce refus des collectivités locales à participer au financement du Ramed est motivé par le flou au niveau de la gestion dans la mesure où il n’y a pas de séparation entre le gestionnaire des fonds et le prestataire des soins. C’est en fait le ministère de la santé qui assure les deux missions. L’Agence nationale de l’assurance maladie s’occupe, quant à elle, de l’immatriculation des bénéficiaires. Pour résoudre cette problématique, il était envisagé de créer une entité autonome pour gérer le Ramed. Pourquoi aujourd’hui cette piste a-t-elle été abandonnée ? De l’avis des spécialistes, «la décision de confier le Ramed à la CNSS a été prise sous la pression du temps. La réforme pour la généralisation de la couverture sociale devant intervenir, sur instruction royale, dans les deux prochaines années, aussi fallait-il une entité ayant une expérience en la matière et une présence sur l’ensemble du territoire. Mais, a-t-on pris en considération l’impact de ce nouveau régime sur l’équilibre de la caisse ? De plus, la CNOPS également répond à ces mêmes critères !». Dans tous les cas, le chantier de la réforme du Ramed vient d’être lancé, soulignent des sources syndicales qui estiment que «la CNSS ne peut qu’adhérer à ce choix», toutefois, ils espèrent «que ces mesures fassent l’objet de consultations entre toutes les parties concernées afin de procéder à la mise en place d’une couverture sociale universelle équilibrée pour qu’il n’y ait pas d’assurés de seconde zone».

Recrutement, dépenses de fonctionnement, investissements… Tout savoir sur la programmation budgétaire 2021-2023

Les dépenses d’investissements devraient passer de 85,73 milliards de dirhams en 2020 à 75,99 milliards de dirhams en 2021.

Ouvrir le débat sur le budget selon une approche triennale, telle est l’orientation principale du rapport préalable au budget publié par le ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration dans le cadre du projet de loi de Finances pour l’année budgétaire 2021. L’élaboration de ce document permettra au Parlement de préparer l’examen de ce dispositif budgétaire tout en assurant une meilleure cohérence entre le budget et les orientations de la politique économique.

«Cette programmation budgétaire triennale concerne aussi bien les budgets des ministères que celui des établissements et entreprises publics soumis à leur tutelle et bénéficiant de ressources affectées ou de subventions de l’Etat», relève-t-on du rapport. Ces départements, sous demande du chef de gouvernement, ont présenté en mars dernier leurs projets de programmation triennale 2021-2023. Ce travail a été révisé en juillet pour l’adapter aux priorités sanitaires, sociales et économiques du pays. Des propositions qui ont été examinées et mises à l’étude au niveau des commissions de performance et de programmation pluriannuelle durant la période allant du 3 au 14 juillet 2020.

Des perspectives chiffrées

S’agissant des indicateurs macroéconomiques, les perspectives triennales 2021-2023 portent sur un rebond de croissance de 4,8% en 2021 après une récession estimée à 5,8% en 2020. Le taux de croissance devrait atteindre les 4,2% en 2022 et grimper à 4,6% en 2023. Quant aux prévisions budgétaires, les dépenses du budget général au titre de l’exercice 2021 sont estimées à 307,81 milliards de dirhams en 2021 contre 301,20 milliards de dirhams de dépenses prévues pour 2020. Elles devraient par ailleurs s’élever à 310,97 milliards de dirhams en 2022 et 316,33 milliards de dirhams en 2022. Dans le détail, les dépenses de fonctionnement devraient atteindre les 231,82 milliards en 2021.

Ces dépenses devraient par ailleurs se situer autour de 232,48 milliards de dirhams en 2022 et 238,61 milliards de dirhams en 2023. Les dépenses d’investissements devraient passer de 85,73 milliards de dirhams en 2020 à 75,99 milliards de dirhams en 2021. A cet effet, les budgets des ministères devraient avoisiner les 47,69 milliards de dirhams en 2021 contre 46,13 milliards de dirhams en 2021. Les charges communes s’élèveront sur le même cap à 28,30 milliards de dirhams contre 39,60 milliards de dirhams prévus pour 2020. Notons que les dépenses d’investissement grimperaient à 78,49 milliards de dirhams en 2022 pour revenir à 77,72 milliards de dirhams en 2023.

«Pas de nouveaux postes budgétaires en 2021»

A l’exception des secteurs prioritaires, en l’occurrence la santé, l’éducation et les secteurs sécuritaires, aucun nouveau poste budgétaire ne devrait être créé particulièrement pour l’année budgétaire 2021. Le document ministériel note à cet effet que ces secteurs représentent, à eux seuls, plus de 90% du total des postes créés par l’ensemble des départements ministériels en moyenne entre 2017 et 2020. «En d’autres termes, les limitations en termes de recrutements concernent 10% des postes budgétaires qui seront ouverts», précise-t-on dans ce sens. S’agissant des dépenses de fonctionnement, les départements ministériels et établissements et entreprises publics sont appelés à se limiter aux priorités et urgences en raison du contexte imposé par la crise sanitaire et les contraintes budgétaires accentuées par la baisse aiguë des recettes de l’Etat.

Quant aux dépenses d’investissement, la priorité devrait être accordée aux projets en cours, notamment ceux objet de conventions signées devant SM le Roi et ceux bénéficiant d’investissements étrangers. La préférence nationale est fortement recommandée en ce cap. Il est ainsi appelé à favoriser les entreprises marocaines qui utilisent les produits locaux et renforcer le recours à des mécanismes alternatifs de financement dans le cadre de partenariats institutionnels ou de partenariats public privé.

Une aggravation de 40 milliards de dirhams prévue pour 2020

budgétaire devrait afficher au titre de l’année 2020 un creusement de 40 milliards de dirhams, marquant ainsi une aggravation de 4%. Il se situerait ainsi autour de 7,5% du PIB contre une prévision initiale de 3,4%. Ce creusement s’explique par une éventuelle baisse de 40,7 milliards de dirhams des recettes ordinaires, attribuable principalement aux recettes fiscales, aussi bien domestiques que douanières. «En effet, la baisse de l’activité économique, conjuguée au confinement sanitaire et au coût des mesures prises en faveur de certains secteurs exposés, devrait avoir un impact certain sur le niveau des recouvrements de l’année», relève-t-on du rapport en évoquant deux facteurs.

Le premier est relatif à la baisse des dépenses ordinaires. Ce repli est estimé à 4,3 milliards de dirhams, dont 2,8 milliards de dirhams au titre des charges de la compensation et 1,9 au titre des dépenses de biens et services au moment où les intérêts de la dette ont légèrement augmenté de 300 millions de dirhams. Le deuxième élément relevé est l’augmentation de 7,5 milliards de dirhams des crédits ouverts au titre des dépenses d’investissement. Elles traduisent, ainsi, une réorientation d’une part importante des crédits vers les dépenses découlant de la gestion de la pandémie, dont 15 milliards de dirhams sont destinés au financement du plan d’appui à la relance de l’économie nationale.

Programmation budgétaire : La méthodologie

Se référant au document ministériel, la programmation budgétaire triennale 2021-2023 tient compte d’un ensemble d’hypothèses et d’indicateurs macroéconomiques. «Globalement, pour ouvrir la voie vers un retour progressif aux équilibres macroéconomiques, la configuration des finances publiques, telle qu’elle ressort du présent projet de loi de Finances s’inscrit dans la stricte conformité aux nouvelles orientations en matière des dépenses publiques et de gestion rigoureuse des finances publiques, en se limitant aux dépenses prioritaires et urgentes dans ce contexte fortement impacté par les effets de la pandémie», peut-on lire du rapport.

Et de conclure que «cette gestion rigoureuse et exemplaire des finances publiques, écartant toute option liée à la politique d’austérité budgétaire, porte, en effet, sur une réorientation des dépenses budgétaires en fonction des priorités, tout en maintenant un rythme soutenu de l’investissement public, au profit de la création d’emploi et de la valeur ajoutée».

LE VIRAGE FORCE DE LA DIGITALISATION

La crise sanitaire du coronavirus a redistribué toutes les cartes. Pendant le confinement, les opérateurs économiques nationaux ont tous revu leurs modes de distribution, de communication et de paiement aussi. L’activité monétique a battu son plein pendant cette période, celle de l’e-commerce aussi, en lien avec un changement dans les habitudes de consommation. Les banques, les opérateurs télécoms et les acteurs de la grande distribution, eux aussi, se sont adaptés à la crise, en assurant un meilleur service à distance pour leur clientèle. En fait, les opérateurs économiques, déjà lancés dans la digitalisation de leurs services, ont pu tirer leur épingle du jeu. Par contre, les autres ont dû mettre les bouchées doubles pour rattraper leur retard en la matière. L’enjeu est de taille, Les habitudes et le comportement des citoyens ont été chamboulés. Pour assurer leurs besognes ces derniers se sont rués vers le digital ! Désormais tout se fait en ligne, paiement des factures, achats de produits de première nécessité, services financiers, shopping… En fait, les mesures sanitaires, dictées par l’État, obligent les gens à s’approvisionner au plus près de chez eux. Les supermarchés ont donc été les premières victimes de ce durcissement. Une fois terminés les moments de panique de l’approvisionnement en produits et du stockage massif de produits de première nécessité, la consommation des ménages s’est orientée vers les produits essentiels laissant tout le superflu de côté.

Changement d’habitudes

Pendant que la Covid-19, le confinement et le durcissement des mesures sanitaires, modifient de jour en jour les comportements d’achat des consommateurs marocains, les entreprises elles aussi doivent suivre cette nouvelle tendance et s’adapter, voire carrément changer leurs modes de communication. C’est un effet inévitable mais surtout imprévu, qui se manifeste de plus en plus tant que la pandémie n’est pas éradiquée. Tout le monde doit s’adapter et surtout se confirmer à la nouvelle donne : tous les comportements usuels se modifient, ils ne seront plus jamais comme avant ! Le Haut-commissariat au Plan (HCP) a réalisé une enquête auprès des ménages pour suivre l’adaptation du mode de vie des ménages sous la contrainte du confinement, couvrant la période du 14 au 23 avril 2020. D’après cette enquête, 82% des personnes qui sortent du domicile pendant le confinement sont les chefs de ménage, 15% les personnes âgées de 25 à 59 ans, 2% les enfants de moins de 18 ans et 1% les personnes âgées de 60 ans et plus. Les principales raisons de sortie du domicile sont : Pour 94% des ménages, l’approvisionnement domestique. Aussi, selon le HCP, pour 24% des ménages, les prix des produits alimentaires de base ont augmenté au cours du confinement, «alors que pour 75%, ces prix n’ont connu aucun changement aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, et quelque soit le niveau de vie des ménages», explique-t-on au niveau de l’étude du HCP. Dans ce sens, il est sûr que les habitudes alimentaires et la nature des achats se sont modifiées. Les ménages préparent à l’avance leurs achats, font de plus en plus attention aux horaires d’ouvertures et de fermeture des magasins. Les offres et promotions deviennent de plus en plus prisées par ces derniers.

Car qui dit crise sanitaire, dit baisse d’activité économique et donc réduction des salaires, voire même arrêt d’emploi. En effet, l’inquiétude sur le pouvoir d’achat est manifeste dans ce genre de situation. Justement l’étude du HCP révèle que 34% des ménages affirment n’avoir aucune source de revenus en raison de l’arrêt de leurs activités au temps de confinement. Il est expliqué que, par rapport à leur situation financière actuelle, pour 38% des ménages, le revenu couvre juste les dépenses. la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) à, de son côté, souligné, dans sa note du mois de septembre, que les mesures prises par les pouvoirs publics auraient permis d’absorber partiellement les implications néfastes de la crise sanitaire sur la consommation des ménages et les entreprises en difficulté ainsi que leurs employés. Elle précise que «la consommation des ménages, impactés par la baisse de leurs revenus, le changement de leur mode de consommation dans le contexte de crise et la succession de deux mauvaises années agricoles, aurait affiché une contreperformance en 2020, atténuée, toutefois, par l’évolution toujours maîtrisée des prix à la consommation (+0,5% à fin juillet 2020)». L’Indice des prix à la consommation (IPC) a accusé une baisse, en glissement mensuel, de 0,3% en juillet 2020. Ce recul recouvre le retrait de l’IPC alimentaire de 1,6%, atténué par l’augmentation de l’IPC non-alimentaire de 0,5%. La baisse observée au niveau des produits alimentaires est à lier au reflux des prix des légumes (-8,6%), des poissons et fruits de mer (-3,5%), du lait, fromage et œufs (-0,9%), des viandes (-0,7%) et des huiles et graisses (-0,5%). Pour les produits non-alimentaires, la hausse a concerné principalement les prix des carburants (+6,9%).

Le commerce en ligne gagne du terrain

En tout cas, cette crise sanitaire a révélé de nouvelles tendances. L’e-commerce a bien pris de l’ampleur durant cette conjoncture de crise, à même de devenir un comportement habituel pour le consommateur marocain. Acheter en ligne ses produits est devenu un comportement normal pendant cette période. Ce changement d’habitude a en effet, été constaté quasiment dans l’ensemble des secteurs. Cette révélation du consommateur en ligne a même poussé les commerçants, opérateurs de la grande distribution… à revoir leurs stratégies de communication et de vente pour assurer leur présence en ligne et donc apporter des réponses concrètes à la nouvelle réalité. Mais surtout rester visible et proche vis-à-vis de leur clientèle. De ce fait, un franc succès a été enregistré chez les sites marchands en matière de ventes durant cette période.

Se transformer ou mourir ?

La transformation digitale est devenue, plus que jamais, un facteur indispensable au développement des entreprises. En fait, la crise sanitaire mondiale a confirmé cette tendance. Le numérique est omniprésent, tant dans les process internes de l’entreprise que dans l’environnement de travail des collaborateurs ou encore dans l’environnement économique externe. Avec cette crise sanitaire, la transformation digitale devient donc un enjeu majeur pour l’entreprise.

Le digital s’impose et offre aux entreprises de créer de nouveaux produits et services ou de raccourcir les délais de commercialisation. Il permet aussi de réinventer les interactions de l’entreprise avec ses clients et de renforcer sa présence dans son environnement local, national et international. «L’entreprise doit être en transformation continue. Elle doit toujours être à la recherche de compétitivité, en utilisant justement les moyens technologiques et la data», avait assuré Salwa Karkari-Belkeziz, présidente de GFI Maroc, lors d’un webinaire intitulé : «L’entreprise de demain sera digitale», organisé par l’institut CDG. Les nouvelles technologies rendent-elles les entreprises plus compétitives ? Oui, dans la mesure où la crise sanitaire a démontré que l’utilisation des nouvelles technologies s’impose comme étant un facteur important pour l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise. Les entreprises ont pu assurer la continuité de leur activité grâce à la technologie, allant des plateformes collaboratives à celles de l’e-commerce. En fait, la crise sanitaire a également démontré les lacunes des PME-PMI. Ces dernières ont eu du mal à assurer leur activité, puisqu’elles ne disposaient pas de stratégie claire en termes de présence digitale. Il est également à noter que la crise a révélé un retard dans le déploiement de la stratégie Maroc Digital. Toutefois il y a une prise de conscience qui s’établit. Dans ce sens, les TPE et PME sont les plus concernées par l’urgence de l’opérationnalisation de cette stratégie. L’État et les opérateurs sectoriels sont amenés à mieux collaborer afin d’assurer la réussite de cette transformation devenue primordiale pour la survie des entreprises. Car on le sait : il est probable que plusieurs des comportements des consommateurs marocains, constatés au début de cette crise sanitaire, risquent de perdurer. La prise de conscience actuelle s’inscrit dans la durée. L’important donc est de la rendre concrète, prendre les choses en main devient un axe primordial. La stratégie de digitalisation des entreprises de demain doit s’écrire dès à présent. 

CYBERSECURITE : LA CGEM DIFFUSE UN GUIDE POUR AIDER LES ENTREPRISES

Le volume d’échange d’informations au quotidien nécessite un haut niveau de sécurité, afin de minimiser les risques et maximiser l’efficacité. La Confédération générale des entreprises du Maroc vient de publier un guide pour aider les entrepreneurs à se protéger contre les cyberattaques.

Aujourd’hui, le nouvel ennemi des entreprises est le cybercriminel. Dans un guide récemment édité au profit des entreprises, la CGEM tire la sonnette d’alarme quant aux multiples attaques informatiques qu’a subies le Maroc ces derniers mois. À ce propos, Rachid Ressani, président-directeur général d’IT Road Consulting, a déclaré : «Ce guide intervient à un moment où l’ensemble des entreprises marocaines en ont besoin», soulignant que «ce document est orienté vers l’essentiel en matière d’implémentation d’une stratégie de cyberdéfense». Il a également considéré que le guide de la CGEM pourra être utilisé par les entreprises comme base de référence pour «entamer un vrai chantier interne de cyberdéfense». Rachid Ressani a également appelé à s’appuyer sur la Directive nationale de la sécurité des systèmes d’informations (DNSSI) qui «permet à tous les top managements d’initier une démarche de transformation intégrant la sécurité comme axe majeur de gouvernance et comme principal pilier sur lequel baser la dynamique de dématérialisation ou de transformation digitale de leurs écosystèmes». Selon lui, la cybersécurité au Maroc fait partie des secteurs qui connaissent «une vitesse de maturité exponentielle, et ce, depuis la création de plusieurs organes de gouvernance nationale ayant œuvré à ce que ce secteur puisse s’industrialiser et monter en maturité». «Le Maroc est contraint d’accélérer la cadence en matière de transformation digitale, au niveau tant public que privé, afin de pousser l’ensemble des opérateurs à s’orienter vers des usages à forte composante digitale. Ces usages sont souvent exposés à des menaces et des vulnérabilités poussées en matière de risque de piratage ou de hacking», a souligné Rachid Ressani.

De son côté, le youtubeur Amine Raghib estime que «la crise liée à la pandémie a mis en évidence l’importance de la digitalisation dans divers domaines. Cependant, l’évolution du secteur de la cybersécurité au Maroc ne s’aligne pas sur l’accélération de l’usage de ces solutions digitales par les entreprises marocaines». Il ajoute que «l’énorme volume d’échange d’informations au quotidien nécessite un haut niveau de sécurité, afin de minimiser les risques et maximiser l’efficacité». «Avec la propagation de la pandémie, toute organisation est de plus en plus dépendante des technologies de l’information et d’Internet», fait remarquer Amine Raghib, soulignant que «certaines structures déploient leurs efforts pour combler leur déficit sans pour autant penser à la sécurisation de leur système». À ce sujet, une étude de Kaspersky faisait savoir, en juin dernier, que seulement 1/3 des TPE/PME informaient leurs employés des exigences de sécurité liées aux appareils personnels. Cette étude soulignait l’importance pour les petites entreprises d’avoir une stratégie claire en matière de protection et de sensibilisation à la sécurité de leurs salariés. Cécile Feroldi, directrice marketing B2B chez Kaspersky France et Afrique du Nord, a déclaré à ce propos : «Les TPE comme les start-up se sont retrouvées dans une situation difficile et leur première priorité était d’assurer la pérennité de leurs activités et de sauver les emplois. Il n’est donc pas surprenant que la réflexion sur la cybersécurité émerge plutôt dans un deuxième temps». Toutefois, a-t-elle souligné, «la mise en œuvre de mesures de sécurité informatique, même élémentaires, peut réduire les risques d’infection par des logiciels malveillants, de fraude financière, ou de perte de données commerciales. De plus, les experts en cybersécurité sont nombreux à formuler des recommandations que les entreprises peuvent partager avec leurs employés pour les aider à sécuriser leurs appareils».

Plus de 13,4 millions d’attaques au Maroc entre avril et juin 2020
D’après un bulletin trimestriel de Kaspersky sur la cybersécurité au Maroc publié récemment, plus de 13,4 millions d’attaques ont été détectées entre avril et juin 2020. Ce rapport souligne que les attaques via les navigateurs constituent la principale méthode de propagation des programmes malveillants.Selon le bulletin de Kaspersky, 3.622.644 incidents liés à des logiciels malveillants téléchargés depuis Internet ont été détectés entre avril et juin 2020. «Au total, 27,6% des utilisateurs de Kaspersky Security Network ont été victimes au cours de cette période de menaces véhiculées par le Web. Le Maroc se place ainsi au 32e rang mondial des pays touchés par les menaces informatiques associées à la navigation sur le Web», souligne-t-on dans le rapport. Toujours selon la même source, «les solutions Kaspersky ont détecté, au cours du second trimestre 2020, 9.841.879 incidents de logiciels malveillants en local sur les ordinateurs utilisant Kaspersky Security au Maroc. Au total, 41,9% des utilisateurs ont été victimes de menaces locales entre avril et juin, ce qui positionne le Maroc à la 48e place mondiale». Or, précise Kaspersky, pour se protéger de telles attaques, il faut nécessairement «une solution antivirus capable de traite les objets infectés mais aussi un pare-feu, une fonctionnalité anti-rootkits et un contrôle sur les périphériques». Cependant, Kaspersky souligne que «la part des incidents causés par des serveurs hébergés au Maroc est très peu significative au niveau mondial». La société a, ainsi, comptabilisé 23.914 incidents entre avril et juin, plaçant le Maroc à la 61e place mondiale.

DEUX REGIONS CONCENTRENT 81,7% DES RECETTES FISCALES

Les recettes fiscales demeurent concentrées sur deux régions à savoir Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra avec une part de 81,7%, relève la Cour des comptes dans son rapport sur l’exécution du budget de l’Etat 2019.

Ce niveau de concentration se hisse à 86,4% si l’on additionne les recettes provenant de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, fait remarquer la même source, soulignant que “ce constat n’est cependant fourni qu’à titre de repère”. Et de préciser: “L’appréciation du degré de disparités spatiales devrait être complétée par des indicateurs de l’économie réelle tels que la production, la consommation, les investissements et les revenus qui ne relèvent pas du périmètre de ce rapport”.

La répartition géographique des recettes fiscales recèle des biais liés notamment au fait que les sièges des entreprises sont concentrés dans un nombre limité de régions, alors que leurs activités s’étendent sur tout le territoire, indique la même source, ajoutant qu’il en est de même pour les recettes douanières qui sont imputées aux quelques régions portuaires.

Par ailleurs, la Cour des comptes fait savoir que le poids des principaux impôts de l’Etat est supporté par une minorité de contribuables. A ce titre, l’administration fiscale a déployé d’importants efforts pour y pallier, notamment en matière de transformation numérique et d’ouverture sur d’autres acteurs publics et privés. Cette ouverture a permis l’accès à une multitude de bases de données pour une meilleure exploitation du potentiel fiscal et la promotion du civisme en matière de respect des obligations déclaratives. Cependant, l’adhésion de certains contribuables aux impôts de l’Etat demeure insuffisante, estime la Cour des comptes.

C’est le cas notamment de l’impôt sur les sociétés (IS) qui reste supporté par une minorité d’entreprises, puisque sur une population fiscale de 493.617 contribuables recensés seuls 358.617 sont actifs. Cette population active ne s’acquitte pas, pour autant, annuellement de ses obligations. L’effectif de contribuables ayant déposé une déclaration durant le dernier exercice n’est que de 241.776 et la part des déclarations bénéficiaires n’est, de surcroît, que de l’ordre de 32% desdites déclarations. Par ailleurs, le rapport fait ressortir que la neutralité totale de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) n’est pas encore atteinte.

En effet, l’ampleur de l’informel met en dehors du champ de cette taxe des circuits entiers de production et de distribution. Cette situation se répercute négativement sur le rendement effectif de cette taxe et alourdit la pression fiscale exercée sur le secteur formel et ses entreprises les plus transparentes. Ainsi, l’érosion de l’assiette fiscale en matière de TVA est tout aussi patente que celle de l’IS, puisque cette taxe compte une population d’assujettis de 833.181 contre une population active qui ne dépasse pas 281.793 contribuables. Les déclarations déposées par ces contribuables ne sont débitrices que dans 42% des cas.

Cette situation se solde par une concentration importante des recettes issues de ces deux impôts. En effet, 90% des recettes de l’IS, perçues en 2018, proviennent de 3% des contribuables et 90% des recettes de la TVA sont perçues auprès de 7,4% des assujettis. S’agissant de la taxe intérieure de consommation (TIC), elle est fortement dépendante des évolutions de la consommation des produits énergétiques. La part de cette taxe collectée sur ces produits s’établit ainsi aux alentours de 55,5%, créant une situation de concentration sur cette catégorie, précise la Cour des comptes, notant que la TIC sur les produits énergétiques représente 18,2% des impôts indirects et 7,8% des recettes fiscales.

INTEGRATION REGIONALE EN AFRIQUE RABAT PEUT MIEUX FAIRE

  • En dépit des efforts, les retombées des partenariats encore en deçà des opportunités
  • Le CESE plaide pour une nouvelle stratégie intégrée et formalisée
  • Renforcer l’intégration des chaînes de valeur dans les domaines du textile, de l’industrie, du tourisme…

La politique africaine du Maroc a permis le renforcement des relations avec plusieurs pays du continent. Entre 2013 et 2017, Rabat a investi plus de 37 milliards de DH en Afrique. Le pays se positionne également en tant que 1er investisseur en Afrique de l’Ouest.

Cela traduit «une prise de conscience des opportunités dont dispose ce continent», a souligné Ahmed Reda Chami, président du Conseil économique, social et environnemental. Intervenant lors de la séance de présentation de l’avis du CESE sur l’Intégration régionale du Maroc en Afrique, il a rappelé les multiples opportunités qu’offre ce «continent d’avenir».

Plus de 60% des réserves en terres agricoles sont situées en Afrique, avec un taux de croissance moyen réalisé par ces pays atteignant 5% durant la dernière décennie. Toutefois, ce potentiel reste encore sous-exploité. «En dépit des efforts, les retombées des partenariats n’ont pas encore atteint tous les objectifs visés», selon Chami. Elles restent également «en deçà des opportunités qu’offre l’intégration régionale en matière de développement économique. Ce qui ne répond pas aux aspirations des populations africaines».

Le président du CESE a mis l’accent sur la faiblesse des partenariats économiques entre le Maroc et les autres pays du continent. Par exemple, le niveau des échanges commerciaux avec les pays africains ne dépasse par 4% de l’ensemble des flux.

«Nous sommes encore loin du potentiel d’intégration et de complémentarité», a noté Chami. Idem pour les chaînes de valeur régionales avec les partenaires du continent, qui «restent limitées et dépendent quasi exclusivement des filières étrangères. Ce qui prive les économies africaines des valorisations génératrices d’emplois localement et du transfert de technologie», a-t-il expliqué. Ceci est d’autant plus important qu’avec les dernières évolutions au niveau mondial, ces chaînes de valeur sont appelées à être reconfigurées, et donc, il y a certainement une place à prendre par le Maroc, a insisté le président du CESE.

Pour inverser la tendance, l’avis élaboré par cette instance plaide pour l’adoption d’une nouvelle stratégie intégrée et formalisée pour renforcer l’intégration régionale du Maroc en Afrique. Quid de la stratégie actuelle? «Le CESE considère qu’elle n’est pas formalisée», a précisé Chami. Pour lui, il est important d’impliquer toutes les parties prenantes, particulièrement le secteur privé. «La coopération en Afrique a été portée à bras le corps par le Roi et par le gouvernement.

Actuellement, il faut impliquer le privé dans la mise en œuvre de cette stratégie. Cela va constituer une différence de taille par rapport à ce qui se faisait jusqu’à aujourd’hui», a-t-il expliqué. L’avis du CESE appelle également à renforcer davantage les relations avec les communautés économiques régionales.

Coopération africaine en chiffres

  • 37 milliards de DH investis par le Maroc entre 2013 et 2017
  • 4% est la part des pays africains dans les échanges commerciaux globaux du Maroc
  • 2% est la part de l’Afrique dans les exportations mondiales en 2017
  • 3,3% est la part de l’Afrique dans les flux d’IDE en 2017.

Hub régional

Dans le contexte actuel de la pandémie du Covid-19, la mise en place d’une stratégie régionale intégrée dans le domaine de la santé et de l’industrie pharmaceutique constitue une réponse adaptée pour fédérer les efforts et les moyens, et à promouvoir, in fine, des chaînes de valeur.
L’avis du CESE insiste sur l’importance de renforcer l’intégration régionale via le déploiement de «chaînes de valeur régionales, à forte valeur ajoutée et à fort impact social». Plusieurs secteurs peuvent être ciblés dans ce cadre, comme le textile, l’agro-industrie, le tourisme, l’industrie culturelle, le développement durable… La réussite de cette orientation dépend des mécanismes à mettre en place pour assurer l’interaction entre le public et le privé, ainsi que les outils à déployer pour aider les entreprises, particulièrement les PME, à s’internationaliser. Dans cette configuration, la région de Dakhla-Oued Eddahab est appelée à jouer un rôle de hub régional, comme cela a été recommandé par le rapport sur le nouveau modèle de développement des provinces du sud. D’autant qu’elle «dispose du potentiel pour assurer ce positionnement», selon Chami.

IS, TVA, IR FONCIER… LE PACK POUR SOUTENIR L’ENTREPRISE EN 2021

  • Le Cercle des fiscalistes pour l’étalement du reliquat d’IS 2019
  • Les dispenses des acomptes devraient être indépendantes les unes des autres
  • La réforme des impôts locaux, une urgence

Où est passée la loi-cadre sur la réforme fiscale prévue à l’issue des 3e assises de la fiscalité du 4 mai 2019 ? Aucun projet de texte n’a filtré jusqu’à présent. La démarche consistait à inscrire dans une loi-cadre la réforme de la fiscalité devant être déployée sur cinq ans. Selon le ministre des Finances, les premières mesures fiscales ont déjà été intégrées dans la loi de finances 2020.

D’autres devraient suivre en 2021. Il est certain que les pressions de l’UE pour abroger la fiscalité des zones franches, de l’export et de la place financière de Casablanca sont derrière ce retard. Un décret-loi sur CFC vient d’ailleurs d’être adopté par le parlement.

Le Cercle des fiscalistes du Maroc (CFM) insiste pour que l’ensemble des recommandations soient programmées sur les années à venir et proposent une série de mesures dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2021. Il s’agit d’une dizaine de requêtes visant à alléger la trésorerie de l’entreprise, à relancer l’investissement privé et à améliorer les dispositions existantes.

«La loi de finances ne traite généralement pas des taxes locales, mais nous estimons que la réforme de la fiscalité locale est une urgence absolue en raison de son impact néfaste sur les entreprises aussi bien sur le plan du principe que de leur gestion. Comment peut-on encore taxer en 2021 les outils de production sans lien avec le taux d’activité?», s’interroge Brahim Bahmad, président du Cercle des fiscalistes du Maroc.

Les modalités de fixation de la taxe professionnelle, et même son principe, sont souvent décriées par les opérateurs économiques à cause des implications de cet impôt qui freine les investissements. Car plus on investit, plus on paie une taxe professionnelle plus élevée. Le CFM ne décline pas de propositions relatives aux impôts locaux et préfère attendre que la réforme soit inscrite dans l’agenda du gouvernement. Le chantier est déjà enclenché, mais n’a toujours pas abouti.

■ Impôt sur les sociétés : Le casse-tête des acomptes

Le Cercle des fiscalistes du Maroc propose d’étaler le reliquat de l’IS relatif aux exercices ouverts entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre ainsi que les acomptes devant être versés en 2021 au titre de l’exercice 2020. Les entreprises (moins de 20 millions de DH de chiffre d’affaires et celles en ayant fait la demande) qui avaient opté pour le report du paiement du reliquat de l’IS de 2019 et les acomptes de 2020 devaient à la fois les montants reportés en plus du 3e acompte. Sauf que dans beaucoup de cas, elles n’ont pas la trésorerie suffisante car certaines d’entre elles n’ont toujours pas repris leurs activités. «Au lieu de proposer de reporter indéfiniment ces sommes, nous proposons de les étaler pour les entreprises les plus touchées par la crise au moins sur douze mois à compter de janvier 2021.
La pandémie sanitaire et son impact financier introduit beaucoup d’incertitudes. Les chefs d’entreprise sont dans l’impossibilité de déterminer avec exactitude leur bénéfice net. En cas de dispense du paiement d’un acompte prévisionnel dont le montant de l’IS s’avère supérieur de plus de 10% à ce qui doit être payé, ils s’exposent à des pénalités (article 170 du CGI). Le CFM suggère «la possibilité d’augmenter temporairement cette marge d’erreur à 30% au lieu de 10%. L’objectif étant de «ne pas piéger les entreprises de bonne foi».

Le dispositif de la dispense du paiement des acomptes est paramétré de façon à ce que l’on soit exonéré du paiement de trois acomptes dès qu’on opte pour la dispense du 2e acompte. Ce qui augmente le risque d’erreur d’appréciation du résultat net au terme de l’exercice. Il est donc proposé de donner aux entreprises la possibilité d’opter pour la dispense du paiement d’un acompte indépendamment des autres. Elles pourront donc payer en fonction de leur visibilité.

Toujours au sujet des acomptes d’IS qui sont des avances payées en fonction du bénéfice net de l’année N-1, des éléments exceptionnels peuvent souvent avoir contribué à la détermination d’un impôt de l’année de référence. Parmi ces derniers, l’on peut citer la plus-value générée par la vente d’un bien immeuble ou d’une machine. Les acomptes versés au cours de l’année N sur cette base se traduiront par le versement d’une avance non remboursable que la société va devoir imputer sur l’IS des années suivantes. La proposition des fiscalistes consiste donc à exclure les éléments exceptionnels du calcul des acomptes.

■ Compensation dette/créances: Un droit à activer

Si dans beaucoup de pays avancés, le gouvernement aide financièrement les entreprises pour éviter les faillites et sauvegarder les entreprises, au Maroc, il suffit que l’Etat leur paie ses créances. Il est question ici, entre autres, du crédit de TVA, du paiement des marchés publics qui constituent un cauchemar pour les entreprises et pénalisent leur trésorerie. Les fiscalistes de l’association suggèrent la possibilité de compenser les créances dues envers l’Etat par le paiement de tout impôt ou taxe. Ce qui est un droit consacré par l’article 237 du CGI.

■ Achat en exonération de TVA au-delà de 36 mois d’existence

En principe, la taxe sur la valeur ajoutée ne doit pas pénaliser l’entreprise. Or, dans les faits, le défaut de remboursement systématique du crédit de TVA dans le cadre d’un investissement impacte directement la trésorerie et la dissuade d’investir. L’article 92-6 du CGI institue la possibilité d’acheter des biens d’investissement en exonération de TVA en faveur des entreprises ne dépassant pas 36 mois d’existence suivant la date de leur première opération commerciale. Le dispositif devrait être amélioré via son extension à toute entreprise souhaitant investir quelle que soit son ancienneté.

■ IR foncier: Un dispositif à revoir

Les dispositions de l’article 161 bis-II sur le report de l’IR en matière de profits fonciers relatifs à l’apport d’un bien immobilier à une société déstabilisent les promoteurs immobiliers. En effet, le dispositif consiste à régulariser l’impôt lorsque la société bénéficiaire de l’apport procède à la cession totale ou partielle ou au retrait des biens immeubles ou des droits réels immobiliers. Ils doivent également être régularisés lorsqu’une personne physique cède les titres acquis en contrepartie de l’apport. L’intégralité de l’IR foncier doit donc être régularisée dès la première vente, même partielle de l’actif apporté. C’est à ce niveau que le dispositif constitue une aberration pour le cas des promoteurs immobiliers, dont la vente des biens immeubles constitue l’activité principale. Le Cercle des fiscalistes propose de revoir l’article 161 bis-II de manière notamment à ce que la régularisation de l’IR foncier dans le cas d’espèce soit «au prorata du montant de la part cédée par rapport au montant de l’apport du bien ou des droit réels immobiliers apportés».

Retenue à la source/non-résidents: Des zones d’ombre

L’article 15-X décrit la taxation des prestations fournies par des non-résidents mais ne fait pas de distinction entre les prestations consommées à l’étranger de celles utilisées localement. Par conséquent, toute prestation est imposable juste du fait qu’elle est offerte par un non-résident. Le Cercle des fiscalistes du Maroc propose de réécrire l’article 15-X en introduisant la conjonction «Et» au lieu de «Ou» : «rémunération des prestataires toute nature utilisée au Maroc et fournies par des personnes non résidentes».

LABORATOIRES PRIVES : QU’EST-CE QUI CHANGE POUR LES TESTS PCR?

Avec un réseau de 18 laboratoires autorisés à effectuer les tests PCR, le ministère de la Santé vient de mettre à jour le cahier des charges fixant la réalisation du diagnostic de la Covid-19 par qRT-PCR au niveau des laboratoires privés . Cette opération concerne essentiellement la procédure de demande d’autorisation mentionnée dans l’article 4 du cahier des charges de la nouvelle circulaire n°72 du 12 septembre, qui a remplacé celle du 4 juin 2020. Dorénavant, les demandes d’autorisation pour la réalisation du diagnostic déposées à l’Institut national d’hygiène (INH) seront soumises, en vertu de la circulaire n°75, à l’avis des directeurs régionaux de la santé, après concertation avec le poste de commandement préfectoral/provincial avant d’entamer les démarches d’usage.

Commission nationale ou provinciale ?

Contrairement à l’ancienne circulaire qui explique qu’une visite sera effectuée par les services concernés de l’administration pour statuer sur la capacité du laboratoire à intégrer le réseau national des laboratoires de diagnostic de la Covid-19, la nouvelle circulaire ne répond pas clairement à cette question, selon certains professionnels. «Est-ce que c’est l’INH, à travers une commission nationale, qui va statuer ou une commission préfectorale ou provinciale pour accélérer le processus d’autorisation ?», s’interroge un propriétaire de laboratoire privé. Selon les concernés, malgré «cet assouplissement» à l’avis préalable des directeurs régionaux, le cahier des charges reste ambigu pour les laboratoires en ce qui concerne la réalisation des tests sérologiques, en plus de la mutualisation des moyens de ces laboratoires, à travers la mise en place de plateformes techniques et mutualisées de PCR. De surcroît, cette nouvelle circulaire mentionne que le diagnostic moléculaire (PCR) et sérologique de la Covid-19 est étendu aux voyageurs, aux étudiants et au personnel des entreprises et des administrations dans le cadre d’une convention ou dans le cadre individuel de reprise du travail. Cette extension concerne aussi, selon la circulaire, les laboratoires publics du réseau Covid-19.

L’obligation d’installer la plateforme e-Labs

À l’instar des laboratoires publics, les laboratoires privés déjà autorisés sont obligés d’installer avant le démarrage de leur activité de diagnostic, l’application informatique élaborée par le ministère de la Santé. Il s’agit de la plateforme e-Labs, mise en place par la Division de l’informatique et des méthodes relevant du ministère de la Santé. Cette nouvelle version insiste sur la remise des résultats dans un délai de 24 heures après les prélèvements oro/naso-pharyngés et/ou sanguins à domicile ou sur le lieu de travail, au sein des entreprises ou des administrations.
À ce jour, la qRT-PCR reste la technique de référence pour le dépistage du Sars-Cov2, bien que le diagnostic biologique de cette maladie repose principalement sur les analyses virologiques et sérologiques. Selon l’article n°2 de de cette nouvelle version, les tests sérologiques peuvent être réalisés comme technique d’appoint à la qRT-PCR, c’est-à-dire appuyer le résultat d’un PCR (faux négatif) par la technique de la sérologie. De même, les laboratoires disposant de plateformes de sérologies labellisées IVD (Diagnostic in Vitro) et d’un certificat de négativité, et dont
les réactifs sont enregistrés au niveau de la Direction du médicament et de la pharmacie, peuvent intégrer la sérologie du Sars-Cov2 dans le panel de leur prestation.

L’ECONOMIE NATIONALE DEGRINGOLE DE 14,9% AU DEUXIEME TRIMESTRE

La crise sanitaire pèse sur l’économie nationale. Au deuxième trimestre, le PIB s’est contracté de 14,9%, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Concernant le secteur primaire, la valeur ajoutée en volume, corrigée des variations saisonnières, a accéléré sa baisse avec un repli de 6,3% contre -4,9% un an plus tôt. En cause, une diminution de 6,9% du secteur agricole, légèrement compensée par une augmentation de 0,7% de la pêche. Pour les activités non agricoles, la dépréciation est encore plus prononcée, soit 15,5%. Ainsi, la valeur ajoutée du secteur secondaire, en volume, s’effondre : -17,3% contre 3,8% un an plus tôt. Dans ce secteur, l’industrie d’extraction se ressaisit avec 7,9% contre -1,1 un an auparavant.
Pour le reste, une contraction a été observée. Celle-ci est de 22% pour les industries de transformation, 17,1% pour le bâtiment et travaux publics et 12,3% pour l’électricité et eau (-12,3%).

Dans le secteur tertiaire, le HCP fait état d’une contraction de 14,9% après un accroissement de 3,6% un an plus tôt. 

La valeur ajoutée s’est affaissée de 90% pour les hôtels et restaurants, 55,7% pour les transports, 26,5% dans le commerce, et de 14,4% pour les services rendus aux ménages et aux entreprises. Pour les postes et télécommunications, la baisse a été contenue à 1,7%. Ceci dit, il est observé un effet de compensation grâce à la croissance enregistrée par les services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale (+5,1%), les services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (+4,9%) et les services financiers et assurances (+3,3%).
La demande extérieure a dégringolée de 32,9% tandis que la demande intérieure s’est contractée de 13,1% alors qu’elle était en hausse de 2,9% le même trimestre de l’année précédente. Sa contribution à la croissance ressort à -14,3 points. Les dépenses de consommation finale des ménages ont subi une forte contraction (-21,2% contre +2,6% en 2019). Idem pour la formation brute de capital fixe : -17,4% contre 2,2% en 2019. La consommation finale des administrations publiques, elle, accélère à 5,8% contre 4%.

Pour les importations, la baisse enregistrée atteint 25,7%. Celle des exportations de biens et services est plus marquée : -32,9%.

Par ailleurs, le revenu national brut disponible dégringole de 14%. Il était en hausse de 4,3% une année auparavant. «Compte tenu de la baisse de 14% de la consommation finale nationale en valeur, l’épargne nationale s’est située à 29% du PIB au lieu de 28,4 un an plus tôt%», souligne le HCP.  L’investissement brut (formation brute du capital fixe et variation des stocks) a représenté 30,5% du PIB contre 33% un an auparavant. «Le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi allégé sur un an, passant de 4,6% à 1,6% du PIB», explique le HCP. 

FES-MEKNES : 81 PROJETS D’UN INVESTISSEMENT DE 608 MILLIONS DE DH EN COURS DE REALISATION

UN TOTAL DE 81 PROJETS D’UN INVESTISSEMENT GLOBAL DE 608,65 MILLIONS DE DH SONT EN COURS DE RÉALISATION DANS LA RÉGION FÈS-MEKNÈS, SELON DES DONNÉES DE L’AGENCE RÉGIONALE D’EXÉCUTION DES PROJETS (AREP).

Sur les projets programmés, 74 d’un montant de 339,91 millions de DH ont été achevés, précise l’AREP, qui a tenu cette semaine une réunion de son comité de supervision et de contrôle.

Concernant le budget de l’Agence au titre de 2021, le comité a approuvé la mobilisation de 252,99 MDH pour le lancement de 36 projets.

Parmi ceux-ci, 34 projets d’une enveloppe budgétaire de 251,19 ont été programmés dans les provinces de Boulemane, El Hajeb, Taounate, Sefrou et Taza et la préfecture de Meknès, pour l’amélioration de l’infrastructure routière. Deux autres projets d’adduction en eau potable d’un investissement de 1,8 MDH seront également mis en place dans la province d’El Hajeb. Ces projets s’inscrivent dans le cadre du programme de réduction des disparités sociales et spatiales en milieu rural.

Le budget de l’AREP au titre de 2021 se répartit entre l’investissement (261,55 MDH) et la gestion (15,93MDH).

Depuis 2017, les crédits affectés par le Conseil de la Région Fès-Meknès à l’AREP pour la mise en œuvre de projets de développement dans les différentes préfectures et provinces de la région concernent l’infrastructure routière (70%), l’eau potable (20%) et l’électricité (10%).

Sur l’ensemble des projets, 30% ont été achevés, 50% sont en cours de réalisation et 20% en phase d’étude, selon l’AREP, qui est un établissement public créé auprès du conseil régional. Elle est chargée d’apporter toute forme d’assistance juridique et d’ingénierie technico-financière à la demande du conseil en plus de l’exécution des projets et des programmes adoptés par ce dernier

RABAT : L’AGENCE REGIONALE D’EXECUTION DES PROJETS DRESSE SON BILAN

Le montant global des investissements réalisés par l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP) de la région Rabat-Salé-Kénitra depuis 2016 jusqu’à 2020 s’élève à 966 millions de DH. Un chiffre dévoilé lors de la session de septembre du comité de supervision et de contrôle de l’agence tenue ce mardi sous la présidence d’Abdessamad Sekkal, président de la région. Il s’agit des investissements concernant uniquement les projets réalisés complètement par le budget de la région, tient à préciser Mohamed Allal, directeur de l’agence.

Lors de cette réunion, ce dernier a dressé un bilan sur les principales réalisations de son établissement en 2020. Ainsi, l’agence a pu achever la liquidation de 70 projets hérités des équipes dirigeantes précédentes. Au menu également, la poursuite de la réalisation des projets routiers notamment dans le monde rural pour un investissement global de 768 millions de DH. Les travaux concernant une cinquantaine de tronçons d’une longueur globale de 300 km sont terminés ou en cours d’achèvement, selon le direction de l’AREP. Pour le secteur de l’enseignement, 261 établissements scolaires ont été réhabilités et équipés pour un coût de 20 millions de DH.

LE TRAFIC PORTUAIRE TOUJOURS ORIENTE A LA HAUSSE

  • Céréales, charbon, soufre, hydrocarbures, les gros volumes
  • Sensible contraction de l’activité des conteneurs

Le trafic portuaire reste sur sa lancée. A fin août dernier, les ports gérés par l’ANP (Agence nationale des ports), il s’est soldé par une hausse de 6,8% à  62,6 millions de tonnes. Seulement, les volumes enregistrés aussi bien à l’import qu’à l’export se concentrent, pour l’essentiel, sur les produits stratégiques et l’alimentaire.

Par nature de flux, les achats ont enregistré une hausse de 8,8% avec un volume de 38,9 millions de tonnes. L’augmentation s’explique notamment par les importations des céréales (+51,1%), des aliments de bétail (+22,4%), du charbon (+10,1%), de l’ammoniac (23,3%) et du soufre (+16,2%).

En face, l’export a progressé de 4,5% à 21,7 millions de tonnes. L’amélioration résulte particulièrement du rebond du trafic des engrais (+30,8%). En revanche, l’activité des conteneurs a décroché de 6,3% à 805.735 boîtes. En volume, ce trafic a marqué aussi une baisse 5,4%, à 7,9 millions de tonnes. De même, le cabotage à partir de Tanger Med s’est replié de 4,6%, en particulier sur les ports de Casablanca et Mohammedia. 

La répartition par port place trois enceintes en pole position. Mohammedia, Casablanca et  Jorf Lasfar ont assuré plus de 78% du trafic global. L’explication tient à l’importance des volumes y transitant. En particulier les céréales, les hydrocarbures, les phosphates et dérivés, le soufre ainsi que d’autres produits énergétiques.  A lui seul, le port de Jorf Lasfar s’est accaparé 41% du total du trafic sur les 8 premiers mois, soit 25,7 millions de tonnes. Ceci, grâce au rebond des exportations des engrais (33%), des importations des céréales (48%), du soufre et de l’ammoniac dont les volumes importés ont respectivement augmenté de 26 et de 23%.

Le port de Casablanca arrive en 2e position avec 32,3% du trafic, soit 20,2 millions de tonnes. Par rapport à la même période de 2019, le trafic transitant par ce port marque ainsi une hausse de près de 3%. Elle est induite par l’augmentation des achats des céréales (38%) et des expéditions du phosphate. En revanche, le trafic des conteneurs s’est inscrit en baisse de 6,2% à fin août dernier.

En glissement annuel sur les 5 dernières années, le trafic aux ports gérés par l’ANP a marqué une progression de 3,7%. Avec la pandémie, il se concentre, pour l’essentiel, sur les produits stratégiques et l’alimentation

Bien que son trafic ait chuté de 13%, le port de Mohammedia tient le 3e rang. Le recul enregistré sur les 8 premiers mois s’explique par la forte baisse des importations du gasoil (-23,8%), précise l’ANP.
De son côté le port d’Agadir a enregistré une forte augmentation de ses échanges.  A l’import, les volumes des céréales ont explosé de 64% alors que les exportations du clinker ont bondi de 44%. Par contre les agrumes et primeurs ont marqué des baisses respectives de 1,8 et de 26%.

De même, le port de Safi a largement bénéficié du trafic des céréales, du charbon et des phosphates. Au total, il a connu un trafic global de 5,7 millions de tonnes, en forte hausse de 31% sur les 8 premiers mois. A elles seules, les exportations des phosphates ont explosé de 75% alors que l’import du charbon a été multiplié par 4 fois sur la même période.

La facture s’allège à l’import

Selon le HCP, l’indice des valeurs unitaires à l’import a régressé de 6,4%  au 2e trimestre par rapport à la même période de 2019. Les plus fortes baisses ont concerné  l’énergie et lubrifiants (-37,7%) et les produits bruts d’origine minérale (-43%). Par contre, les valeurs unitaires de l’alimentaire, des produits finis de consommation et des articles d’équipement industriel ont augmenté dans des proportions variant entre 1,3 et 4,4%.
 De son côté, l’indice  des valeurs unitaires à l’exportation s’est légèrement replié de 2 %. Cette régression s’explique essentiellement par  le recul des  demi-produits de 10,8%, des produits bruts d’origine minérale de 16,1%, et des articles d’équipement agricole de 5,3%. En revanche, des augmentations ont été enregistrées pour les produits finis de consommation (3,1%), pour ceux d’origine animale et végétale (16,7%) et de l’alimentation boissons et tabacs : 1,6%.

INDUSTRIE 4.0: UN PROJET PILOTE A FES

  • UEMF, Fonzid, MCC… réunis en consortium pour sa réalisation
  • Objectif: créer un espace de valorisation et de transfert d’innovation
  • Une plateforme de 11 ha livrée en 2022 pour un coût de 104 millions de DH

Le projet FSF sera composé d’espaces dédiés aux services de transfert de technologie, d’ingénierie, d’innovation, de R&D et de recherche technologique (R&T). La zone comprendra également la 1re usine modèle 4.0 au Maroc et 93 lots industriels destinés à des usines intelligentes

Voilà du concret pour relancer la dynamique économique dans la région Fès-Meknès. Les initiateurs du projet «Fez Smart Factory» (FSF), qui sera présenté aujourd’hui 29 septembre 2020, prévoient le démarrage d’exploitation de leur zone industrielle 4.0 vers fin mars 2022. Ce projet permettra de construire une ZI durable qui répond aux besoins d’amélioration de la productivité industrielle et des performances environnementales et sociales, grâce aux toutes dernières technologies. C’est le 1er projet du genre au Maroc pour cette industrie naissante, depuis son lancement en Allemagne en 2011. Décryptage. 

  • Un consortium pour révolutionner l’industrie

L’université Euromed de Fès (UEMF) s’allie avec le Conseil de la région Fès-Meknès, l’union patronale de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM Fès-Taza) et la société Alten Delivery Center-Maroc, pour la réalisation du projet de la zone industrielle «Fez Smart Factory» (FSF). D’un investissement de 104 millions de DH, cette zone sera aménagée sur le campus de l’UEMF. Cofinancée en grande partie par l’agence Millennium Challenge Account-Morocco (MCA-Morocco) et la Région Fès-Meknès, la réalisation de ce projet sera prise en charge par le Fonzid à hauteur de 49,84%. «Nous sommes conscients des enjeux considérables de la 4e révolution industrielle pour la compétitivité de l’industrie marocaine et des effets inéluctables de cette révolution sur les équilibres économiques et sociaux de tous les pays, ceux en développement en particulier», indiquent les porteurs du projet. Réunis dans un consortium, ces derniers «ambitionnent, à travers le projet Fez Smart Factory, de contribuer à la préparation du Maroc à relever les défis de la 4e révolution industrielle qui, usant des technologies de l’internet des objets, de la robotique et cobotique, de la fabrication additive et de l’intelligence artificielle, sera à l’origine de disruptions inéluctables d’ordre économique, social et de division internationale du travail». En effet, l’avantage comparatif du coût de la main-d’œuvre non qualifiée, mis actuellement à profit par les pays en développement pour leurs échanges économiques internationaux, perdra de sa pertinence à court terme, et exigera de ces pays d’investir beaucoup plus dans la formation de ressources humaines qualifiées à même de maîtriser les hautes technologies mises en œuvre dans l’industrie 4.0.

  • Une unité pilote à l’UEMF

«En adossant ce projet à l’Université euro-méditerranéenne de Fès, nous sommes conscients de cette nécessité et parions sur la préparation des jeunes et des moins jeunes aux défis de la 4e révolution industrielle. Nous voulons aussi faire de ce projet une unité pilote pour l’étude, en grandeur nature, des transformations profondes dans les différents domaines attendus de cette révolution», soulignent les initiateurs du projet. Le projet FSF sera composé d’espaces dédiés aux services de transfert de technologie, d’ingénierie, d’innovation et de recherche & développement (R&D) et de recherche technologique (R&T), comprenant un incubateur, un accélérateur de startups, des sociétés d’ingénierie et des entités de R&D et de R&T. La zone comprendra également la première usine modèle 4.0 au Maroc et 93 lots industriels destinés à des usines intelligentes. S’étendant sur une superficie de 11 ha (propriété de l’UEMF), le projet FSF abritera également un bâtiment dédié aux services d’innovation pouvant accueillir environ 40 porteurs de projets, 30 startups, 10 sociétés d’ingénierie, 5 entités de R&D et R&T et une dizaine d’investisseurs dans le business center.

  • MCA, Fonzid, CGEM, Alten… des partenaires de choix

En créant ainsi un écosystème de l’industrie 4.0, l’UEMF, le MCA, le Fonzid, la CGEM, la société Alten et le Conseil régional veulent mettre en place un noyau d’usines intelligentes au sein du projet FSF. Ceci, à travers l’accompagnement de porteurs de projets et de startups bénéficiant de services d’ingénierie et de R&D de FSF, ainsi que de son usine modèle, pour qu’ils puissent développer, à leur tour, des unités 4.0. Mettre à profit l’écosystème FSF, à travers le Centre de valorisation, de transfert et d’innovation technologique (CVTIT) permettra d’accompagner les unités industrielles existantes de la région Fès-Meknès et du Maroc pour optimiser leurs performances industrielles, environnementales et sociales. Les secteurs industriels ciblés par les activités de «Fez Smart Factory» sont l’agroalimentaire, l’électrique/électronique, la mécanique/métallurgie, les énergies renouvelables, l’ingénierie digitale et intelligence artificielle, outre la confection textile et cuir. A terme, le projet FSF devrait générer plus de 5 milliards de DH d’investissements et plus de 5.000 emplois directs hautement qualifiés. Pour y parvenir, il profitera de l’appui des compétences de l’UEMF et de ses plateformes à la fine pointe de la technologie (la plus grande plateforme d’impression 3D du pays et la première École d’ingénierie digitale et d’intelligence artificielle en Afrique).

  • Montage financier

LE budget global prévisionnel du projet FSF s’élève à près de 104 millions de DH. L’Agence MCA-Morocco s’engage à contribuer au projet par un financement maximum de 51,82 millions de DH, soit 49,84% du budget global du projet estimé à la date de signature de l’accord de subvention, le 18 mai 2020. La contribution de l’UEMF (bénéficiaire de la subvention) représente un total de 31,85 millions de DH.
Le Conseil de la Région Fès-Meknès contribue également à hauteur de 20 millions de DH

COTISATIONS SOCIALES : L’AMNISTIE SUR LES MAJORATIONS DE RETARD ACTEE

  • Elle vise les entreprises impactées par la crise sanitaire
  • L’exonération porte sur les majorations et pénalités se rapportant à juin 2020 et antérieur

Les entreprises en difficulté bénéficient d’une amnistie sur les pénalités de retard et majorations relatives aux cotisations sociales. La mesure annoncée au mois de juin vient d’être actée par le ministre des Finances et son homologue du Travail. Elle est mise en application pour une période d’une année à partir de la date de sa signature, soit le 25 septembre.

Les encaissements suite au recouvrement forcé ont dépassé le seuil de 2 milliards de DH en 2017. Ils ont reculé de 8% en 2018 en raison de la décision de la CNSS de surseoir aux ATD

Pour bénéficier de l’exonération, les entreprises sont tenues de payer l’intégralité du montant en principal de la créance ou recourir à des facilités de paiement. Celles-ci peuvent s’étaler jusqu’à 60 mois. En parallèle, l’entreprise doit continuer de payer les périodes dues au titre de la période de l’échéancier. Le non-respect de ces modalités entraîne la réintégration de la totalité des montants ayant fait l’objet de la remise.

La décision des départements des Finances et du Travail traite également le cas des affiliés CNSS dont la créance est en cours de paiement par acompte pour la période de juin 2020 et antérieure. Cette catégorie bénéficie automatiquement de l’exonération des majorations pour le reliquat de la créance restant dû. 

Le dispositif qui couvre la période allant de juin 2020 à 1969 vise en particulier les entreprises en difficulté en raison des effets du Covid-19. La difficulté est entendue au sens du décret 2.20.331 relatif à l’application de la loi 25.20 sur les mesures exceptionnelles en faveur des entreprises impactées par la crise sanitaire. Il s’agit de celles qui ont été en arrêt temporaire de travail en raison d’une décision administrative. L’évolution du chiffre d’affaires est également prise en compte.

Les entreprises dont le chiffre d’affaires a baissé d’au moins 50% et qui emploient au plus 500 salariés déclarés en arrêt d’activité sont concernées. Le dispositif s’adresse aussi aux établissements dont la baisse du chiffre d’affaires varie entre 25 et 50% et dont les dossiers ont été validés par la commission ad hoc.

Ceci étant, les entreprises qui n’ont pas été impactées par la Covid 19 peuvent toujours recourir au dispositif de remise sur les majorations de retard, astreintes et frais de poursuite se rapportant aux exercices 2016 et antérieurs. Ce dernier avait été validé par le conseil d’administration de la CNSS du 24 décembre 2019 mais sa mise en œuvre ne date que du mois de juillet 2020. Là aussi, les créances peuvent être échelonnées sur 60 mois.

BAM PUBLIE UNE RADIOSCOPIE DETAILLEE DE LA REALITE DU TISSU DES ENTREPRISES AU MAROC

Le Maroc dispose, enfin, d’indicateurs précis qui relatent la réalité du tissu entrepreneurial.
L’absence de chiffres a longtemps été un obstacle pour déterminer le réel besoin des entreprises marocaines et d’identifier les défis à relever. Le premier rapport de l’Observatoire marocain de la très petite et moyenne entreprise (OMTPME), relevant de Bank Al-Maghrib, vient combler cette faille. Une première radioscopie du tissu productif est désormais disponible. Certes, les statistiques fournies sont arrêtées à 2018, mais donnent plus au moins la tendance globale de ce secteur. Ce document tend à éclairer la réflexion sur les enjeux liés au tissu productif national en particulier celui des TPME. Il livre en effet une analyse détaillée sur la démographie et la santé économique et financière des entreprises personnes morales assujetties à l’IS. Détail des principales conclusions.

  • Un tissu fragmenté

L’Observatoire marocain de la TPME relève dans son premier rapport une fragmentation du tissu des entreprises personnes morales actives. Une prédominance des TPME est dans ce sens observée. Elles représentent en effet 99,4% des entités ciblées, dont plus de 85,8% sont des microentreprises avec un chiffre d’affaires n’excédant pas les 3 millions de dirhams. «La part de cette dernière catégorie d’entreprises dans le tissu productif national serait encore plus importante si l’on devait y intégrer les entreprises personnes physiques déclarées à la DGI et les autres unités de production de l’économie», peut-on constater dans ce sens. Parmi les conclusions tirées par l’Observatoire, on relève que «les TPME ne réalisent que 36,7% du total du chiffre d’affaires, dont 27,3% à l’export et 36,6% de celui de la valeur ajoutée de la population d’entreprises étudiées alors qu’elles sont les principales pourvoyeuses de l’emploi, puisqu’elles ont occupé près de 73% de l’effectif déclaré à la CNSS». L’analyse démontre que la plupart des TPME exercent des activités peu consommatrices de ressources financières. Les secteurs «Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles» et «Construction» captent plus de la moitié des entreprises étudiées (54%).

  • Des fragilités financières relevées

L’Observatoire de la TPME s’est penché dans son rapport sur l’analyse de la situation financière des TPME. Le constat établi fait ressortir plusieurs sortir du marché dans des délais assez courts. Les entreprises de petite taille sont les plus concernées, notamment en termes de structure bilantielle et de productivité et de rentabilité. «Les analyses montrent que les entreprises radiées avant d’arriver au terme de 5 ans d’existence représentent, en moyenne annuelle, plus de 50% du total des radiations sur la période 2016-2018», lit-on du rapport.

S’agissant du financement bancaire, ledit rapport fait ressortir des disparités importantes en termes du taux d’accès des entreprises. En 2018, les grandes entreprises ont bénéficié de 60,5% de l’encours total des crédits accordés à ces entreprises, contre 14,2% pour les moyennes entreprises, 12% pour les petites entreprises, 4,1% pour les très petites entreprises et 9% pour les microentreprises. Se référant à l’Observatoire, le taux d’accès moyen global du crédit bancaire est de 39,4%. Il affiche toutefois des niveaux qui varient selon les différentes catégories d’entreprises. «Si celui des GE et ME convergent à des niveaux presque similaires soit respectivement 86,6% et 85,4%, pour les autres catégories le taux d’accès est inégal et reflète un degré de pénétration de financement bancaire très faible pour les TPE et les microentreprises en particulier celles ayant un chiffre d’affaires n’excédant pas 1 million de dirhams, pour lesquelles ce taux est plus de trois fois moins important que la moyenne globale», peut-on conclure de l’analyse de l’Observatoire.

  • Une dynamique de création en 2018

L’année 2018 a été marquée par une dynamique en termes de création d’entreprises. C’est d’ailleurs ce que confirme l’Observatoire dans ce premier rapport. Au total, 98.000 entreprises ont été créées durant cette année dont plus de 46.000 personnes morales. Ces dernières ont affiché une évolution de 13,2% en termes de nombre contre 1,8% en 2017.

Commentant ces chiffres, l’Observatoire attribue ce dynamisme à certaines exonérations d’impôts ainsi qu’à la simplification des démarches administratives. L’Observatoire souligne également que la quasi-totalité des entreprises créées en 2018 sont des microentreprises au moment où celles dont le chiffre d’affaires est supérieur à 3 millions de dirhams ont représenté environ 1,5% du total des créations.

A noter que les 31,4% des entreprises créées en 2018 opèrent dans le «commerce, réparation d’automobiles et de motocycles», 22% dans la construction et 10% dans les activités spécialisées scientifiques et techniques.

  • Une forte concentration sur l’axe El Jadida-Tanger

En établissant une répartition régionale des entreprises ciblées, l’Observatoire indique que près de 66% des entreprises morales actives sont concentrées sur l’axe Tanger-El Jadida. La région de Casablanca-Settat capte dans ce sens 40,3% de l’effectif global. Rabat-Salé-Kénitra arrive en deuxième position avec 14,9% au moment où Tanger-Tétouan-Al Hoceima en détient 11,2%.

Pour ce qui est de la géographie des nouvelles créations, 35,8% de ces entités sont situées au niveau de la région de Casablanca Settat, 14% au niveau de Rabat-Salé-Kénitra et 11,6% à Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

S, IR ET TVA: CE QUE DIT LE DERNIER RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES

La Cour des comptes a relevé, dans un rapport rendu public mardi soir, une tendance baissière des rendements des principaux impôts de l’Etat, en l’occurrence, l’Impôt sur les Sociétés (IS), l’impôt sur le revenu (IR) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), tout au long de la dernière décennie.

Cette baisse tendancielle des rendements, plus marquée au niveau de l’IS et l’IR, est notamment un corollaire de la relative constance de l’assiette fiscale, explique la Cour des comptes dans son rapport sur l’exécution du Budget de l’Etat de l’année 2019, notant que l’assiette fiscale pâtit, en effet, de la persistance de certaines pratiques de sous déclaration du résultat fiscal ainsi que de la faible intégration du secteur informel.

L’administration continue, cependant, ses efforts en matière d’inclusion progressive, dans la base des contribuables, de l’ensemble des assujettis afin de faire progresser l’équité fiscale, fait savoir la même source. Ces efforts ont, notamment, concerné les professions libérales, les commerçants de gros et certains autres acteurs de l’économie informelle.

Les caractéristiques de l’assiette fiscale induisent aussi la stabilité, à un niveau relativement élevé, de la pression fiscale, souligne la Cour des comptes, rappelant à ce titre, que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans son rapport annuel sur les statistiques des recettes publiques en Afrique, classe le Maroc en quatrième position des pays aux taux de pression fiscale les plus élevés (27,6%, y compris les charges sociales).

Cette situation limite les marges de manœuvre de l’administration en matière de revue des règles d’assiette, et partant, le rendement de ses trois principaux impôts (IS, IR et TVA).

« Le recours, à travers l’instauration par la loi de finances de 2019 de la contribution de solidarité sur les bénéfices, à certaines niches fiscales n’aura qu’un impact provisoire sur les recettes fiscales », estime la Cour des comptes, faisant remarquer que cette contribution n’a été instituée qu’au titre des années 2019 et 202

LA ZONE D’AGROPOLIS S’ENRICHIT D’UN NOUVEAU PROJET INDUSTRIEL

La zone industrielle d’Agropolis devra bientôt accueillir un deuxième abattoir de volaille après celui de la société Extralap,  qui opère également dans le créneau de l’abattage de lapins. 

En effet, ce projet vient enrichir l’offre dans les villes de Fès et Meknès, ainsi que les localités environnantes en abattoirs modernes et aux normes sanitaires édictées par l’ONSSA (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires), sachant qu’aujourd’hui, la région Fès-Meknès dépasse à peine le taux de 10% en pourcentage du  poulet abattu et contrôlé dans les abattoirs.

L’investissement de plusieurs dizaines de millions de dirhams est porté par des entrepreneurs de la région regroupés autour de Supvolailles SARL. Il  vise à créer une unité moderne dotée de machines hautement performantes couvrant toutes les phases de production (éviscération, découpe, pré-refroidissement, emballage, segmentation…) d’une capacité de plusieurs tonnes par jour. Le nouveau projet apporte aussi un peu de baume au cœur de MEDZ (filiale de CDG développement), le promoteur d’Agropolis dont la première tranche (étendue sur un terrain de 130 hectares) n’est toujours pas, dix ans après son inauguration, totalement commercialisée pour un taux de valorisation d’à peine 30 à 35%. Ce qui limite jusqu’à présent, le nombre d’emplois effectifs créés par les 70 clients qui y ont acquis des parcelles, à un peu plus de 3.000 emplois.

Rappelons que le pourcentage du poulet abattu dans les circuits officiels et contrôlés sanitairement, est d’à peine 8% en moyenne au Maroc pour une production nationale estimée à 550.000 tonnes en 2017, soit l’un des ratios les plus faibles du pourtour méditerranéen. Certes, ce taux s’élève à 80% pour ce qui est des dindes, mais globalement la situation est assez déplorable selon l’ANAVI (Association nationale des abattoirs industriels avicoles).

INDUSTRIE : UNE BANQUE DE 100 PROJETS MISE EN LIGNE

Disponible sur le siteweb du ministère pour le renforcement de l’investissement industriel

Les investisseurs potentiels dans le domaine industriel ont désormais une banque de projets. En effet, le ministère de l’industrie et du commerce vient de mettre en ligne une première banque d’une centaine de projets d’investissement dans 9 secteurs (agroalimentaire, transport, industries électriques et électroniques, mécanique et métallurgie, textile, plasturgie…)

Les fiches projets contiennent les investissements requis, des estimations de chiffre d’affaires et de rentabilité, le potentiel du marché, la localisation du foncier disponible dans les zones industrielles…

Les détails sont disponibles en ligne sur le http://www.mcinet.gov.ma/fr/content/opportunités-dinvestissements-industriels-banque-de-projets. Le ministère ambitionne ainsi d’accompagner les porteurs de projets pour préparer les programmes d’investissement. Il s’agit notamment de proposer des mesures incitatives et des mesures de soutien pour structurer dans la durée l’effort de l’industrie nationale.

L’OCTROI DU STATUT CONFIE AU MINISTERE DES FINANCES SUR AVIS DE BAM, L’AMMC ET L’ACAPS

Dissolution de la commission CFC

Nous l’annoncions il y a quelques semaines. C’est désormais chose faite pour Casablanca Finances City (CFC). A présent, il y aura un avant et un après l’adoption du décret-loi sur la restructuration de CFC. Adopté par le conseil de gouvernement, le texte introduit des changements de taille. Ainsi et sans nul doute pour faciliter le retrait du Maroc de la liste grise des paradis fiscaux établie par l’Union Européenne, le décret-loi acte la suppression de la commission CFC. Ceci veut dire que l’octroi du statut CFC n’est plus du ressort de l’instance CFC.

Cette dernière ne pourra plus que proposer au ministère de tutelle chargé des Finances qui aura le dernier mot sur l’octroi dudit statut mais sur avis favorable des institutions comme Bank Al Magrib, l’autorité de régulation des marchés financiers, AMMC ou encore l’ACAPS, le régulateur du secteur des assurances et de la prévoyance. A noter enfin que le Conseil de gouvernement, réuni jeudi dernier, a approuvé le projet de décret-loi n° 2.20.665 relatif à la réorganisation du pôle financier de Casablanca «Casablanca Finance city».

Ce projet de décret-loi a été élaboré conformément à la volonté du Royaume du Maroc de faire de la ville de Casablanca un pôle financier aux niveaux régional et international, conforme aux standards internationaux, avait souligné le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, M. Said Amzazi, dans un communiqué lu lors d’un point de presse tenu à l’issue de ce Conseil.

Le ministre a ajouté que le projet de ce décret-loi vise à renforcer la transparence et la nature des activités exercées au sein de Casablanca Finance City et à améliorer l’attractivité de ce pôle, notamment pour les entreprises éligibles à l’obtention du statut du pôle financier de Casablanca.

Managem dompte la crise

Après une perte au premier semestre de 2019, Managem redevient bénéficiaire. A fin juin dernier, le groupe a réalisé un résultat net part du groupe de 98 millions de DH contre une perte de 139 millions de DH un an auparavant, soit une variation de 237 millions de DH.

Le chiffre d’affaires s’établit, de son côté, à 2,37 milliards de DH en progression de +10% par rapport au premier semestre 2019. Cette évolution est marquée principalement par la hausse “significative” de la production de l’Or (+23%) “grâce à la montée en régime de la nouvelle usine de traitement au Soudan”, indique le groupe. Elle provient aussi de l’amélioration notée dans l’activité Cuivre (+7%), “grâce à l’augmentation des productions des mines d’Oumejrane et de Bleida”. En revanche, le groupe a vu la production reculer pour ce qui est de l’Argent, (-12%), du Cobalt (-8%) et du Zinc (-9%) en raison notamment des perturbations causées par le Covid-19.

Au Maroc, Managem avance dan l’étude de faisabilité du projet cuprifère Tizert dont la finalisation est attendue pour la fin de l’année.

La DGI signe un Gentlemen’s agreement avec la FNPI

Validée au début de l’année, la convention vient d’être activée

Le complément d’impôt fixé à 3,1% pour la tranche de chiffre d’affaires inférieure ou égale à 20 millions de DH

Des accords similaires en discussion avec d’autres associations

Le fisc met le paquet sur les conventions fiscales avec les organisations professionnelles. Après les architectes, une convention a été signée avec les promoteurs immobiliers mais le confinement a retardé son application. Des discussions avec différents secteurs sont également en cours. Sur la liste figurent, entre autres, la métallurgie, l’édition, l’agroalimentaire ainsi que les pharmaciens.

L’administration fiscale s’appuie sur l’article 247 du Code général des impôts qui consacre son alinéa XXVIII à l’amnistie et aux modalités d’introduction de la déclaration rectificative.

Cette disposition l’autorise à signer une convention avec une profession sur la base d’une norme tenant compte des données dont elle dispose. En contrepartie, les contribuables bénéficient de l’annulation des amendes et de la dispense du contrôle pour les exercices et les impôts couverts par la déclaration rectificative notamment l’IS, l’IR professionnel, et la TVA. Il s’agit là d’une avancée importante, mais qui survient dans une conjoncture difficile: problèmes de trésorerie, baisse importante de l’activité pour plusieurs secteurs d’activité et quasi-arrêt pour d’autres…La situation est telle que les entreprises n’ont presque pas de visibilité.

La campagne de régularisation des promoteurs immobiliers porte sur les exercices 2016, 2017 et 2018. L’année 2019 est exclue de la déclaration rectificative. Cette convention concerne en particulier les promoteurs immobiliers en activité. La loi exclut d’office les contribuables qui sont en cessation d’activité et ceux qui ont fait l’objet de l’une des procédures de contrôle prévues par le CGI (procédure normale ou accélérée de rectification des impositions).

Le complément d’impôt qui fera l’objet d’une régularisation sera calculé via l’application d’un taux de contribution au chiffre d’affaires. A titre d’exemple, un promoteur qui adhère à cette convention pourrait s’acquitter d’un montant équivalent à 3,10% du chiffre d’affaires inférieur ou égal à 20 millions de DH (voir tableau).  Attention:  le chiffre d’affaires recoupé par l’administration fiscale et non déclaré par le promoteur au titre des exercices non prescrits, se verra appliquer un taux de contribution de 30%!

Côté délais, la déclaration et le paiement des droits sont fixés au 15 décembre conformément au changement apporté par la loi de Finances rectificative. Auparavant, la déclaration devait être souscrite au plus tard le 30 septembre et le paiement spontané des droits complémentaires pouvait s’effectuer en deux versements égaux respectivement avant la fin des mois de septembre et de novembre.

Deux autres options

Les promoteurs peuvent ne pas adhérer à cette convention et souscrire directement à une déclaration rectificative. Deux options sont offertes. La première leur permet d’apporter les ajustements et de s’acquitter spontanément du complément d’impôt, bénéficiant ainsi de l’annulation d’office des majorations, amendes et pénalités.

La deuxième permet aussi aux promoteurs de souscrire à cette déclaration, mais en tenant compte des renseignements et données dont dispose l’administration fiscale. Dans ce cas, ils bénéficieront de l’annulation d’office des majorations, amendes et pénalités ainsi que de la dispense du contrôle fiscal. Ceux qui sont intéressés par cette option doivent demander au fisc l’état des irrégularités constatées suite à l’examen des données contenues dans les déclarations fiscales.  Sauf que la réponse des services des Impôts peut prendre près de deux mois!

Une note explicative établie avec l’assistance d’un conseil choisi parmi les experts comptables ou les comptables agréés est exigée.  «Cette note doit comporter, pour tous les postes ou les opérations concernées, les rectifications effectuées par le contribuable ainsi que les motifs détaillés justifiant le défaut de régularisation totale ou partielle des irrégularités communiquées par l’administration fiscale», souligne l’article 247 du Code général des impôts. 

Au terme de cette procédure, la liquidation du complément d’impôt s’effectue sur la base des rectifications apportées dans la déclaration. L’administration ne peut procéder au contrôle que si elle découvre des opérations de fraude, de falsification ou d’utilisation de factures fictives.

Tourisme: Marrakech risque de disparaître des radars

Sans une ouverture des frontières, la 2e saison touristique est compliquée

La ville pourrait ne pas figurer dans les brochures des tour-opérateurs

Les entreprises au bord de l’asphyxie!

«Il faut qu’on nous laisse travailler», appelle Salahedine Naciri, président de l’association de l’industrie hôtelière de Marrakech. «Et nous avons besoin pour cela de date pour la réouverture des frontières, sinon, nous allons rater 2021 tout comme nous avons manqué 2020», insiste Naciri.

Après 7 mois d’arrêt, les professionnels du tourisme sont à bout et lancent des cris d’alerte. A quelques semaines de la période touristique la plus importante pour la cité ocre, les vacances de la Toussaint qui débutent à partir du 17 octobre, le flou quant à une vraie ouverture de l’aérien est toujours maintenu. Or, à  Marrakech, c’est bien la Toussaint qui donne le ton pour les prochains six mois (novembre/avril). Les familles françaises, par exemple, partent en vacances à l’étranger à cette période, cherchant le soleil dans les pays du Maghreb, et aussi en Asie.

Les destinations concurrentes ont ouvert leurs portes et se préparent à ces vacances qui sont plébiscitées par les touristes, alors que le Maroc n’a toujours pas pensé son plan de reprise. Le syndicat des entreprises de tour-operating (SETO) français a déjà tiré la sonnette d’alarme et lancé un appel aux autorités marocaines pour ouvrir les frontières. «Si nous n’avons pas le Maroc à la Toussaint, nous pourrons difficilement l’avoir pour l’hiver», avait signalé  René-Marc Chikli, président du SETO lors de la rencontre à Paris avec l’ONMT.

«L’assouplissement d’accès au territoire marocain accordé aux étrangers ne suffit pas pour faire revenir les voyageurs dans le Royaume», insiste Chiki. Sans une vraie ouverture des frontières ou du moins un calendrier clair, les tour-opérateurs vont tout simplement déprogrammer le Maroc des brochures qui sont en cours d’élaboration.

Marrakech qui vit principalement du tourisme est déjà sinistrée avec plusieurs entreprises en faillite. Perdre une seconde saison va entraîner la banqueroute pour les autres. La ville compte plus de 240 établissements d’hébergement ainsi qu’un millier de maisons d’hôtes, un grand nombre d’agences de voyages et un millier de restaurants, sans parler de l’artisanat, qui vivent directement du tourisme.

Covid-19 : un scénario probable de croissance à 4% au Maroc dès la reprise mondiale   

Dans l’un des 3 scénarios échafaudés par le Haut Commissariat au Plan dans son examen de la mise en œuvre par le Maroc des objectifs de développement durable, le Maroc pourrait retrouver une vigueur économique après la crise du Covid-19. Et ce, à travers la performance de ses métiers mondiaux et les flux d’IDE que le pays pourrait recevoir. En ligne de mire, une croissance qui pourrait se situer à 4% par an. Rien que cela.

Le HCP voudrait voir le verre à moitié plein. Et tout comme Bank Al Maghrib qui a basé sa décision de maintenir le taux directeur à 1,5% en suivant ses propres scénarios qui lui indiquent qu’en l’état actuel, l’économie est bien financée, le HCP croit que le rebond après la crise peut être plutôt profitable pour le Maroc. L’un des scénarios, dit probable, « prend en charge les impacts de la pandémie du COVID-19 sur l’économie nationale, retrace la trajectoire de son évolution avec un rétablissement progressif après la période de récession causée par cette pandémie », explique le rapport du HCP. Ce scénario s’oppose à ceux dits tendanciel(1) et souhaitable (2). Et selon ce scénario, passé le ralentissement du Maroc dans son élan en matière de réalisation de ODD à 2030, « le pays va accélérer sa croissance et améliorer ainsi tous ses indicateurs sociaux par rapport au scénario tendanciel basé sur les évolutions des dernières années », détaille rapport.

Une croissance à 4% par an

Suivant ce scénario, « le rythme de croissance du PIB serait amélioré pour atteindre 4% par an (contre 3% dans le scénario tendanciel) », précise le rapport. Comment ? Le HCP compte sur le déploiement de plusieurs programmes et stratégies sectoriels ayant contribué à la modernisation des infrastructures du pays et au relèvement du profil de spécialisation de son système productif. Le redémarrage de l’économie mondiale serait à ce moment tirée « principalement par le bon comportement des économies émergentes et en développement, impactant en conséquence positivement la demande adressée au Maroc », scénarise le HCP. Le rapport ajoute que « l’économie marocaine ferait preuve d’une résilience puisqu’un dynamisme des exportations nationales serait de retour, impulsé par la performance des secteurs forgeant l’ossature des métiers mondiaux du Maroc ainsi que par la performance qui serait observée du côté des flux d’Investissements directs étrangers (IDE) reçus par le Maroc ». Et ces résultats seraient la conséquence de réformes que le Maroc aura déployées sur le plan de la modernisation de son système productif et du renforcement de sa compétitivité. Dès lors, les industries manufacturières croîtraient de 3,9% et les services marchands devraient bondir de et 4,5%, et le secteur agricole enregistrerait une croissance de 2,5% en moyenne annuelle durant les dix prochaines années.

Puis, dans le sillage de ces améliorations économiques probables, l’éducation connaitrait une baisse de la part des adolescents non scolarisés de 23,8% (16,7% dans le scénario tendanciel). Les taux de mortalité infantile et néonatale baisseraient aussi de 21,8% et 18,3% au lieu de 15,3% et 12,7% respectivement dans le scénario tendanciel. La mortalité maternelle baisserait, quant à elle, de 28,3% au lieu de 20,1%. Ces améliorations cibles devraient se produire à horizon 2030, pour rester dans les engagements pris par le Maroc.

Optimisme

Le scénario est idéal et fait presque écho à l’optimisme affiché par le Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie Verte et du Numérique, Moulay Hafid Elalamy, lors du Conseil National de l’Entreprise il y a quelques jours à la CGEM. Celui-ci n’avait pas manqué de souligner le dynamisme et la résilience des entreprises malgré l’impact important de la crise sanitaire, et mis en avant la banque de projets que son ministère a concoctés pour les investisseurs dans plusieurs secteurs. Le ministre avait également démontré la disponibilité de son département à accompagner les entreprises, à les soutenir pour leur permettre une montée en compétence et en régime. Seulement, ce scénario très inspirant du HCP a-t-il quelque espoir d’être réalisé ? À en croire l’économiste Najib Akesbi, intervenant récemment lors d’une conférence à la CFCIM, « “l’incertitude“ est le mot qui caractérise le mieux la situation ; personne ne voit encore le bout du tunnel dans cette crise. Cette rentrée économique est bizarre, atypique, unique en son genre. On est en permanence confrontés à des faits nouveaux. Et on est armés que par notre capacité d’analyse. L’expérience, dans cette situation, ne nous est d’aucune utilité ». Justement, la taille de cette incertitude donne-t-elle l’opportunité d’établir un scénario aussi volontariste et expansif ? D’abord, le HCP dans son scénario table sur le déploiement des réformes en matière de modernisation du productif du pays et le renforcement de ses capacités. Par temps de crise, et au vu de la trésorerie amincie que doivent gérée les industriels, avec des conditions de financement qui restent encore très sévères, une telle modernisation est-elle réellement plausible ?

La CGEM, dans ses propositions pour la loi de finances 2021 a émis un certain nombre d’idées en matière d’allègement de charges et de soutien à la trésorerie pour l’entreprise, mais qui pourraient mettre l’État en situation d’endettement plus important. Qui financera donc cette modernisation de l’outil productif ? Le scénario compte aussi sur les métiers mondiaux du Maroc qui pourraient retrouver une certaine vigueur dans la chaîne mondiale de production et une arrivée importante d’IDE. Sauf qu’à l’heure actuelle, d’autres pays sur les mêmes créneaux profitent d’avantages non moins compétitifs à faire valoir. Le Maroc saura-t-il surpasser ses propres retards, rattraper et dépasser ces pays qui chercheront également à se positionner pour prendre la reprise au rebond ? Le challenge est lancé.

(1) Le premier scénario, dit tendanciel, ignore les effets de la pandémie. Il projette l’économie marocaine dans 10 ans sur la base de ses réalisations actuelles.  Selon le scénario tendanciel, l’économie marocaine devrait continuer à croitre de 3% par an entre 2020 et 2030. Au niveau des composantes de la demande intérieure finale, la consommation des ménages croitrait à 2,9% par an, l’investissement privé à 2,1% et la consommation publique à 3,3%. Le déficit commercial extérieur serait en accentuation, en dépit de l’accroissement de 3,8% des exportations, plus élevé que celui de 3,2% des importations. Au niveau sectoriel, les services marchands enregistreraient la valeur ajoutée la plus élevée, suivis par l’industrie manufacturière, les services publics et l’agriculture. Le taux de croissance serait de 3% par an d’ici 2030 pour les services marchands et les services publics et devrait se situer entre 1,9% et 3% en moyenne, respectivement pour l’agriculture et l’industrie manufacturière. Le secteur de l’industrie minière aurait le taux de croissance le plus faible, inférieur à 1%. Les indicateurs relatifs à l’ensemble des Objectifs de Développement Durable (ODD) seraient, ainsi, en amélioration en 2030. Le domaine de l’éducation, en particulier, connaitrait une baisse de 16,7% de la part des adolescents non scolarisés et une augmentation de 6,4% du taux d’inscription au niveau du préscolaire, de 1,4% du taux d’achèvement du cycle primaire et de 4,5% du secondaire et de 12% du taux d’inscription au supérieur.

(2) Le troisième scénario, dit souhaitable, est un scénario alternatif simulé pour mettre en exergue le gain que le Maroc pourrait réaliser en termes de croissance économique et d’avancement dans la concrétisation des Objectifs de Développement Durable si certaines conditions seraient réalisées. Il s’agit essentiellement de l’amélioration substantielle du rendement des investissements déployés et d’une mise en valeur conséquente des opportunités offertes par les accords de libre-échange en matière d’élargissement des débouchés extérieurs. Le renforcement de l’intégration industrielle au niveau de certains secteurs porteurs et le relèvement de leur compétitivité s’avèrent également nécessaires pour atténuer les pressions concurrentielles suscitées par les importations sur le tissu productif national. La mobilisation de l’investissement public serait davantage soutenue en faveur des infrastructures économiques, notamment les routes, les autoroutes, les ports, les aéroports et les barrages. Dans ce scénario, l’économie nationale gagnerait presque deux points de croissance par rapport au scénario tendanciel. Le secteur manufacturier serait un secteur moteur dans cette dynamique et son évolution serait de 6,4% en moyenne annuelle au cours des dix prochaines années. De même, les secteurs des services marchands ainsi que celui de l’agriculture connaitraient des améliorations notables avec une croissance de 4,9% et 3,8% respectivement. Au plan des Objectifs de Développement Durable, leur évolution serait notable par rapport au scénario tendanciel. Dans le domaine de l’éducation, la baisse de la part des adolescents non scolarisés serait de 30% au lieu de 16,7% dans le scénario tendanciel. Dans le domaine de la santé, le taux de mortalité maternelle baisserait à 47 décès pour 100 000 naissances vivantes au lieu de 58 dans le scénario tendanciel, soit une baisse de 35,2%.

TELQUEL

L’Istiqlal traque les conflits d’intérêt avec une proposition de loi

L’Istiqlal propose une loi consacrée aux conflits d’intérêts. Face au vide législatif sur cette question, la relation tant commentée entre l’action publique et les intérêts associés au secteur privé ne dépasse que très rarement le stade de la polémique. L’étude et la discussion du texte en cette fin de mandature pourraient s’annoncer périlleuses.

L’économie et le système bancaire subissent une grande pression

  • LE TAUX DES CRÉANCES EN SOUFFRANCE DES BANQUES N’EST PAS ALARMANT, MAIS À SUIVRE DE PRÈS.
  • BEAUCOUP DE RETARD PRIS DANS LA MISE EN PLACE DU MOBILE BANKING.
  • LE TRÉSOR DEVRA SOLLICITER LE MARCHÉ INTERNATIONAL EN 2020 ET 2021 POUR LEVER DES FONDS.

Le taux des créances en souffrance a atteint 8,1% à fin juillet. Elles ont augmenté de 7 milliards de DH depuis le début de l’année pour s’élever à 77 milliards de DH. «Ce n’est pas une situation particulière au Maroc», assure Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, lors de son dernier conseil tenu le 22 septembre dernier. En face, les provisions constituées par les banques sont à un niveau confortable, surtout avec la suspension de distribution des dividendes par les banques. En tout cas, une réunion est prévue avec le GPBM, novembre prochain, afin d’évaluer et d’étudier l’impact de ces créances en souffrance sur le système bancaire. Cela dit, si la montée des impayés chez les banques ne nécessite pas une préoccupation majeure, celle enregistrée auprès des sociétés de financement reste à craindre.
L’intervention de BAM devra concerner aussi les moyens de remboursement des créances par les opérateurs du secteur immobilier. C’est ainsi que les dations en paiements seront remises sur la table, à travers un projet de circulaire qui est en cours de discussion avec le système bancaire.
A côté de cela, et avec la hausse de la circulation de la monnaie fiduciaire, le déficit de liquidité s’est creusé jusqu’à s’établir à un pic de 114 milliards de DH. A ce titre, M.Jouahri se veut rassurant en expliquant que Bank Al-Maghrib sert toutes les demandes de refinancement et que les banques peuvent mobiliser jusqu’à 340 milliards de DH. Ce qui est encore loin des niveaux demandés actuellement. En vue d’éviter le trop-plein de cash dans le système économique, il est important d’accélérer la mise en place du mobile paiement. «1,5 million de wallets sont disponibles et tous les essais switchs ont été acheminés. De même, sur le plan institutionnel, le GIE a été constitué. Mais le système tarde à se mettre en place, sachant que la 1ère expérience date d’il y a 12 ans», se désole M.Jouahri. Ainsi, le gouverneur insiste sur l’instauration d’incitations fiscales fortes en vue d’encourager les commerçants d’adhérer à ce système. Il propose aussi de lancer une opération pilote dans une région donnée.
Sur un autre volet, la planche à billets ne sera pas activée, compte tenu du risque que cette démarche pourrait engendrer sur les réserves en devises. D’ailleurs, M.Jouahri a donné comme contre exemple, l’Algérie, qui en actionnant ce levier a vu ses réserves de change chuter de 240 milliards de dollars à 50 milliards.

Une récession de 6,3% est prévue pour 2020

Sur le plan économique, le manque de visibilité règne toujours. Et en l’absence d’une reprise économique, le conseil de BAM a dû revoir ses scénarii de croissance, tout en maintenant le taux directeur à 1,5%. Ainsi, l’économie du pays devrait connaître une récession de 6,3% en cette année, alors que les prévisions de juin dernier tablaient sur une dégradation de 5,2%. En 2021, le PIB rebondirait de 4,7%, porté par une hausse de 12,6% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 75 millions de quintaux, et par une amélioration de 3,7% de celle non agricole. Ces perspectives restent entourées d’un niveau élevé d’incertitudes, liées notamment à l’évolution de la pandémie, à l’ampleur de ses retombées, ainsi qu’au rythme de la reprise. Du coup, elles devraient être régulièrement actualisées.

Pour leur part, les exportations ressortiraient en chute de 16,6% avant d’augmenter de 22,4% en 2021, portées en particulier par la progression grâce notamment aux expéditions du secteur automobile. En parallèle, les importations de biens se contracteraient de 17,4% avant de s’accroître de 17% en 2021. En outre, les recettes de voyages, devraient s’inscrire en forte diminution, passant de 78,8 milliards de dirhams en 2019 à 23,9 milliards en 2020 et rebondiraient à 49,1 milliards en 2021. Plus résilients à la crise, les transferts des MRE accuseraient une baisse limitée de 5% à 61,5 milliards, avant de s’améliorer de 2,4% à 63 milliards en 2021.

Par ailleurs, le crédit bancaire devrait enregistrer une progression autour de 4% en 2020 et en 2021. Cette progression tient compte de l’évolution prévue de l’activité économique et de l’effet attendu du programme Intelaka, ainsi que des différentes mesures de soutien et de relance. Pour rappel, les détails de la répartition du budget prévu pour la relance économique de 120 milliards de DH sont toujours en attente et seront dévoilés lors de la présentation du projet de Loi de finances 2021.
Pour les finances publiques, la poursuite de la mobilisation des financements spécifiques en 2021 entraînera une aggravation du déficit budgétaire, hors privatisation, à 4,1% du PIB en 2019 à 7,9% cette année, avant de s’atténuer à 5,1% en 2021. Outre les ressources internes, le financement des besoins du Trésor est assuré par une mobilisation exceptionnelle des financements extérieurs. La dette du Trésor augmenterait ainsi de 65% du PIB en 2019 à 76,1% en 2020 et se situerait à 75,9% en 2021. Notons que le Trésor devra s’adresser au marché international pour lever des fonds. Deux sorties sont ainsi prévues, en cette année (en euros) et en 2021.

La pandémie pourrait détruire 245 millions d’emplois dans le monde

La pandémie a eu un impact “catastrophique” et bien plus grave sur l’emploi que prévu, a mis en garde mercredi Guy Ryder, le patron de l’Organisation internationale du travail. “De nombreux pays ont toujours du mal à contrôler la pandémie”, a noté M. Ryder au cours d’une conférence de presse.

La pandémie continue de faire des ravages sur le marché du travail. Selon la dernière livraison de l’Organisation internationale du travail (OIT) publiée mercredi 23 septembre, les revenus du travail à l’échelle globale ont baissé de 10,7% pendant les trois premiers trimestres de l’année. Cette perte sèche devrait se traduire par un accroissement de la pauvreté au travail alors que des populations entières subissent déjà de plein fouet les conséquences économiques et sanitaires de la pandémie. La résurgence de cette maladie infectieuse et la multiplication des foyers de contamination ont obligé les statisticiens de l’institution internationale basée à Genève à revoir leurs perspectives.

245 millions d’emplois détruits

Les dernières projections de l’OIT pour les trois derniers mois de l’année prévoient désormais une baisse globale des heures travaillées de 8,6% par rapport à la même période de l’année précédente. C’est à comparer à la diminution de 4,9% que prévoyait l’organisation onusienne lors de ses dernières prévisions en juin. Cette nouvelle estimation correspond à la perte de 245 millions d’emplois à temps plein, un peu moins du double des 140 millions estimés en juin.

“Il est très clair qu’il y a un lien intime entre notre performance en matière de santé et notre performance socio-économique”, a souligné M. Ryder, mettant en garde ceux qui opposent les deux.

Situation alarmante dans les pays émergents

L’OIT souligne aussi que “l’une des raisons qui explique ces augmentations estimées des pertes en heures travaillées réside dans le fait que, dans les pays en développement et dans les pays émergents, les travailleurs ont été beaucoup plus touchés que par les crises précédentes, notamment les personnes évoluant dans l’économie informelle”.

Sur les neuf premiers mois de l’année, l’OIT estime que le montant total des revenus du travail a baissé de 10,7% soit l’équivalent de 3.500 milliards de dollars si on compare à la période janvier-septembre 2019, hors mesures de soutien aux revenus mises en place par les gouvernements.

Le ciel s’éclaircit légèrement pour l’économie mondiale, d’après le FMI

“Certaines parties de l’économie mondiale commencent à passer le cap”, estime le porte-parole de l’institution, qui cite la Chine comme exemple, tout en prévenant que les perspectives “restent très difficiles, en particulier pour de nombreux marchés émergents et pays en développement”.

Les perspectives pour l’économie mondiale sont moins catastrophiques qu’estimé en juin, a annoncé ce jeudi le FMI, tout en prévenant que les pays n’étaient pas “au bout de leurs peines” causées par la pandémie de Covid-19.

“Les récentes données économiques suggèrent que les perspectives peuvent être un peu moins désastreuses qu’au moment de la mise à jour du WEO [rapport sur les estimations de croissance] le 24 juin”, a déclaré le porte-parole de l’institution Gerry Rice lors d’un point presse virtuel.

“Certaines parties de l’économie mondiale commencent à passer le cap”, a-t-il également commenté, sans toutefois dévoiler de chiffres précis puisque le Fonds monétaire international ne publiera ses prochaines prévisions actualisées que le 13 octobre.

Le 24 juin, le Fonds avait dévoilé des perspectives économiques particulièrement sombres avec une estimation de plus de 12.000 milliards de dollars de pertes cumulées pour l’économie mondiale en 2020 et 2021.

Il tablait aussi sur une prévision de récession de 4,9% cette année, contre 3% anticipés en avril.

Et pour certains pays, notamment en Europe, l’estimation de contraction du Produit intérieur brut (PIB) était vertigineuse: -12,5% pour la France, -12,8% pour l’Espagne et l’Italie.

“La performance du deuxième trimestre en Chine et dans un certain nombre d’autres économies avancées, a été meilleure que prévu”, a également indiqué jeudi Gerry Rice.

Après la paralysie totale de l’activité mondiale, baptisée le “Grand Confinement” par le FMI, les pays ont commencé au deuxième trimestre à assouplir les mesures draconiennes prises pour tenter d’endiguer la pandémie.

Autre élément positif : le FMI constate “des signes que le commerce mondial a commencé lentement sa reprise”.

Pour autant, a insisté Gerry Rice, l’économie mondiale n’est pas encore “au bout de ses peines”.

En dehors de la Chine, les perspectives “restent très difficiles, en particulier pour de nombreux marchés émergents et pays en développement”, a-t-il expliqué.

Pour ces pays, la situation reste “précaire” alors qu’ils subissent la baisse des prix de produits de base, la baisse de la demande à l’exportation, la baisse du tourisme et la baisse des transferts de fonds en provenance de l’étranger, a-t-il ajouté.

Situation “précaire”

La situation est particulièrement délicate pour les économies dépendant du tourisme et les besoins de financement restent importants.

“Nous sommes très préoccupés par le fait que cette crise est en train d’annuler les progrès en matière de réduction de la pauvreté qui ont été réalisés ces dernières années et fait reculer les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de développement durable”, a également réagi Gerry Rice.

Interrogé sur la situation des États-Unis, moteur traditionnel avec la Chine de la croissance mondiale, Gerry Rice a insisté sur la “situation difficile à laquelle sont confrontés les entreprises et les ménages américains”.

Il a en outre souligné que la position du FMI était inchangée: le fonds continue d’encourager le gouvernement à la mise en place rapide d’une “nouvelle série de mesures budgétaires” pour stimuler la demande, soutenir les plus vulnérables et améliorer la situation sanitaire.

Les négociations sur une nouvelle relance budgétaire aux États-Unis sont dans l’impasse et il est difficile d’envisager un accord entre républicains et démocrates avant l’élection présidentielle du 3 novembre.

Le FMI surveille par ailleurs de près l’endettement des pays, alors qu’il y a une “augmentation significative de la vulnérabilité de la dette” pour nombre d’entre eux.

Si le Fonds juge indispensable de maintenir les dépenses publiques pour soutenir l’économie, il exhorte aussi les gouvernements à prendre des mesures pour essayer de garantir que la dette reste soutenable, avec par exemple un assainissement budgétaire approprié.

La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva exhorte depuis le printemps les pays: “dépensez autant que vous pouvez, mais gardez les reçus”.

Vaccin anti-Covid19 : Des conventions signées avec deux laboratoires

LES CONVENTIONS SIGNÉES ENTRE LE MAROC ET DEUX LABORATOIRES PERMETTRONT DE BÉNÉFICIER DE LA VACCINATION CONTRE LA COVID-19 DÈS LA FIN DES ESSAIS CLINIQUES, A AFFIRMÉ, JEUDI, LE CHEF DU GOUVERNEMENT, SAAD DINE EL OTMANI.

S’exprimant à l’ouverture du Conseil de gouvernement, El Otmani a rappelé qu’il y a une forte concurrence internationale pour trouver un vaccin efficace, soulignant que le Royaume, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, a aussitôt signé des conventions avec deux laboratoire chinois et britanno-suédois pour que les Marocains puissent bénéficier de la vaccination dès la fin des essais cliniques, a indiqué le ministre l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, Saaid Amzazi, dans un communiqué lu lors d’un point de presse à l’issue du conseil.

Il a par ailleurs fait observer que le monde entier vit sous l’effet de la pandémie de la Covid-19, notant qu’un certain nombre de pays connaissent une hausse soutenue du nombre des contaminations, des cas critiques et des décès.

Le Maroc a mis en place des outils juridiques et institutionnels contre le blanchiment de capitaux

Le E MAROC A MIS EN PLACE, DEPUIS PLUS D’UNE DÉCENNIE, DE NOMBREUX OUTILS JURIDIQUES ET INSTITUTIONNELS CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME, EN HARMONIE AVEC LES ACQUIS DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DANS CE DOMAINE, A AFFIRMÉ, JEUDI À OUJDA, LE MINISTRE DE LA JUSTICE, MOHAMED BEN

Le Royaume a renforcé son système juridique national à travers l’adoption en 2007 de la loi 43.05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, qui a fait l’objet de révisions en vue de l’adapter aux recommandations successives du Groupe d’action financière (GAFI), a souligné le ministre lors d’une rencontre de communication organisée par le ministère de la Justice, en partenariat avec l’Ordre des avocats d’Oujda, autour du thème « Le rôle de l’avocat dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».

Le ministère de la Justice a d’ailleurs introduit de nouveaux amendements qui font l’objet d’un projet de loi soumis actuellement à la commission de la Justice, de la législation et des droits de l’Homme à la Chambre des Représentants en vue de son adoption, a indiqué M. Ben Abdelkader, notant que ce projet de loi est de nature à renforcer les mesures préventives et répressives contre ce genre de crimes et combler les lacunes relevées dans le rapport d’évaluation mutuelle.

Il s’agit de se conformer aux recommandations et normes du GAFI, notamment en ce qui concerne les règles juridiques en lien avec les professions juridiques et judiciaires, a ajouté le ministre, rappelant la création en 2009 de l’unité de traitement des informations financières et le renforcement des capacités de recherche et d’investigation au niveau central et régional.

Ces efforts ont permis de détecter de nombreuses infractions, puisque pour les seules années 2019 et 2020 un total de 390 affaires ont été enregistrées en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, a-t-il précisé.

Cette rencontre de communication, la quatrième du genre après des rencontres tenues autour du même thème avec les ordres des avocats de Rabat, Safi et Meknès, vise à sensibiliser sur l’importance de l’adhésion pleine et responsable de l’ensemble des ordres des avocats du Maroc dans le système de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.

Le but est de répondre favorablement aux remarques des experts du GAFI pour la région MENA, en particulier en ce qui concerne l’intégration des professions non financières dans la lutte contre ce genre de crimes, y compris les professions juridiques et judiciaires.

De son côté, le bâtonnier du barreau d’Oujda, El Houcine Ziani, a salué l’initiative de l’organisation de cette série de rencontres de communication à même de renforcer la collaboration entre le ministère de la Justice et les Ordres des avocats au service de la justice et des intérêts de la Nation.

Les avocats, par leur mission et leurs principes, ne peuvent que soutenir tous les efforts de lutte contre le blanchiment des capitaux, l’une des formes de corruption qui affaiblissent les sociétés, compte tenu du caractère transnational de ce phénomène et de ses liens avec le crime organisé, a-t-il affirmé.

Cette rencontre a été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente entre le ministère de la Justice et l’Ordre des avocats d’Oujda, portant sur la formation des formateurs pour la gestion des plateformes numériques des avocats, dans le cadre de la transformation numérique du système judiciaire.

Le Maroc lève finalement 1 milliard d’euros

Le Maroc vient tout juste de boucler son emprunt obligataire à l’international. Contre tout attente, le Trésor n’a émis ses obligations souveraines que pour 1 milliard d’euros, soit 500 millions d’euros sur la maturité 5 ans au taux de 1,90% et 500 millions sur la maturité 10 ans avec un spread de 2,40%.

Selon des sources du marché, les conditions de cette levée sont globalement “bonnes” même si “le royaume était plutôt attendu sur une sortie de 2 milliards d’euros”. Certains professionnels s’interrogent sur le recours à l’Eurobond estimant que le marché en dollars semblait être meilleur en terme de profondeur.

Cette levée servira à rembourser le milliard d’euros obtenu en 2010.

Budgets des collectivités territoriales: L’Intérieur serre la vis

  • Une circulaire adressée aux walis et gouverneurs précise les modalités
  • Efficience, rationalisation des dépenses, autofinancement… les maîtres-mots
  • Relance de la programmation triennale des budgets

Avant la session d’octobre des conseils des collectivités territoriales, le ministre de l’Intérieur a adressé une circulaire aux walis et aux gouverneurs. Le but est d’observer certaines règles pour la préparation et l’exécution des budgets de 2021. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la rationalisation de la gouvernance territoriale et des investissements dans le cadre de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et de la charte de déconcentration administrative. Cette circulaire intervient dans un contexte marqué par les défis de la propagation de la pandémie et ses effets négatifs sur les budgets des collectivités territoriales. C’est pour cette raison qu’elles doivent revoir leurs priorités. Ainsi, la circulaire insiste sur deux choses. La première vise à donner la priorité aux projets signés devant le Souverain et ceux en cours de réalisation. Idem pour les chantiers ayant fait l’objet de conventions avec des organismes nationaux ou internationaux. Il s’agit de s’assurer de l’engagement des entreprises pour la mobilisation des fonds.

Hausse de l’efficience des investissements

L’idée qui se dégage de la circulaire consiste à augmenter l’efficience des investissements. Et surtout, choisir les projets qui présentent une meilleure rentabilité sociale et économique, avec une amélioration des mécanismes de suivi d’exécution et de contrôle a posteriori. Autre priorité sur laquelle l’Intérieur insiste: les dépenses obligatoires, particulièrement celles relatives aux salaires et des indemnités permanentes des fonctionnaires, ainsi que les factures d’eau, d’électricité, de communication, les loyers et les mensualités des crédits. La circulaire rappelle la nécessité de régulariser préalablement le foncier destiné à abriter les projets d’investissement. Et cela, à travers le respect des dispositions réglementaires relatives à l’expropriation pour l’intérêt général.

■ Préparation des budgets

Les collectivités territoriales sont tenues de réactualiser leur programmation triennale pour les trois prochaines années, selon les modèles fixés par les décisions du ministre de l’Intérieur, publiés au BO en mars 2018. Cette programmation devra miser sur les possibilités d’autofinancement et des objectifs prioritaires fixés par les plans de développement économiques. Il s’agit aussi de prendre en compte la conformité des prévisions de ressources et de dépenses pour la première année budgétaire. Les estimations des deux années suivantes seront dans une logique de prospection. De même, pour la préparation des budgets de 2021, les présidents des régions doivent prévoir les mêmes dotations financières prévisionnelles en attendant la loi de finances de 2021.

■ Généralisation du système GIR

En partenariat avec la TGR, le ministère a mis les bases du système pour la gestion des ressources des collectivités territoriales, particulièrement celles en provenance de certains services publics comme les marchés de gros et les abattoirs. Et cela dans la perspective de la généralisation de ce système aux différentes communes d’ici la fin de 2020. Il est à signaler que 1.491 collectivités profitent des avantages de ce système, ce qui aide à la modernisation des principes de gestion des ressources et à l’amélioration des services aux citoyens. Cela passe à travers la notification du paiement électronique conformément aux dispositions d’une circulaire commune du ministère de l’Intérieur avec celui des Finances datée du 3 mars dernier. Du coup, les ordonnateurs des collectivités territoriales doivent intégrer les équipements publics comme les marchés de gros et les abattoirs dans le système du GIR, en mettant à leur disposition les moyens techniques et matériels pour réussir ce chantier important.

■ Budget selon le système GID

Le ministère a intégré toutes les opérations relatives à la programmation des budgets dans le système de la gestion intégrée des dépenses (GID). Les présidents des collectivités territoriales doivent travailler selon ce système dans les différentes étapes de la préparation, y compris les demandes de visa des budgets. Ils doivent y recourir pour préparer la mouture du budget avant le 30 septembre de cette année. Et tout changement doit passer par le même système. En outre, à partir de cette année, les ordonnateurs seront dans l’obligation de télécharger les documents accompagnant le projet de budget via ce système à partir du mois d’octobre 2020.  Pour faire réussir cette opération, les services de la province doivent les accompagner pour préparer le budget via GID, en coordination avec les services de la TGR.

LA CHASSE AUX COUTS

Les collectivités territoriales seront tenues de rationaliser la consommation d’eau et d’électricité, dans les bâtiments et en matière d’éclairage public. Le ministère appelle à ce que les crédits alloués soient traduits en indices reflétant le coût pour chaque habitant en matière de consommation d’eau, d’électricité, de télécommunication, d’éclairage public et autre assainissement et déchets ménagers. Il s’agit aussi de rationaliser les dépenses relatives aux déplacements et voyages à l’intérieur et à l’extérieur du pays. La circulaire recommande la rationalisation des dépenses à caractère non obligatoire pour les budgets enregistrant un déficit. Elle précise que toute demande d’allocation pour couvrir le déficit doit être motivée, avec des indications sur les causes ayant mené à cette situation. Par ailleurs, la circulaire rappelle, que dans le cadre de la mise en œuvre de la charte de déconcentration administrative, la gestion des subventions additives pour l’équilibre des budgets, relève des attributions des walis et gouverneurs. Idem pour les activités culturelles, sportives et artistiques.

Plan de relance: Le timing est primordial

  • L’opérationnalisation des fonds de soutien en fonds propres urge
  • Seulement 2 milliards de DH de crédits Damane Relance décaissés !
  • Les nouvelles restrictions et les frontières toujours fermées pour les voyageurs pèsent sur la reprise

Un exemple et puis patatras… Le Maroc était donné en exemple pour sa gestion de la crise. Depuis juin et la sortie du confinement, il fait plutôt face à des critiques. «La situation a été abordée de façon rationnelle. Les choix ne sont pas aussi simples qu’on l’imagine. Les équilibres sont toujours très difficiles lorsque vous êtes dans une dynamique de crise inédite comme celle-ci. Cela peut engendrer des hésitations. Mais la situation n’est pas facile», défend le wali de Bank Al-Maghrib lors de la conférence de presse suivant le Conseil de politique monétaire.

La reprise continuera de dépendre des développements de la situation sanitaire. Les choses se sont plutôt dégradées ces derniers mois avec la hausse des contaminations. Ce qui a entraîné la reconduction des restrictions de déplacement dans certaines localités et le maintien de la fermeture des frontières pour les voyageurs. Ce scénario mène vers une récession plus sévère et compromet la vigueur du rebond. Le PIB se contracterait de 6,3% cette année selon Bank Al-Maghrib, soit une dégradation de 1,1 point par rapport à la prévision de juin. Elle s’aligne sur les prévisions du Centre marocain de conjoncture qui, lui, prévoit une baisse de 6,2% du PIB. L’activité devrait rebondir de 4,7% en 2021, un rythme moins consistant qu’anticipé quelques mois plus tôt.

Le nouveau scénario de Bank Al-Maghrib prévoit une récession plus forte qu’anticipé en juin avec une baisse de 6,3% du PIB. Cette situation compromettrait la vigueur du rebond en 2021

Sur le plan de la politique monétaire, Bank Al-Maghrib a encore plusieurs munitions à sa disposition. Mais elle dégainera au moment opportun. Le conseil a décidé de maintenir le taux directeur à 1,5% après les baisses de mars et juin. Largement financée par la dette, la reprise de l’économie tarde à se dessiner. Au-delà de la situation sanitaire, les crédits relance connaissent quelques accrocs. Les accords dépassent 22 milliards de DH. Par contre, les tirages se limitent à 2 milliards de DH, selon Bank Al-Maghrib.

La lenteur des décaissements avait été dénoncée par la CGEM et ce point faisait partie de l’ordre du jour de la réunion avec le GPBM et la CCG le 7 août dernier. Les entreprises tarderaient à fournir les justificatifs pour le déblocage des fonds, soutiennent en partie les banques. Les délais d’instruction peuvent être très longs selon les établissements. Ceci figurait déjà parmi les principaux reproches adressés aux banques dans le cadre de Damane Oxygène. Certaines entreprises ont dû patienter plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour lever des fonds à cause de la lourdeur des process et du nombre de documents exigés. Par ailleurs, la faiblesse des montants décaissés s’expliquerait par le manque de visibilité des entreprises. En tout cas, la direction de la supervision bancaire a été chargée de faire la lumière sur la mise en œuvre des crédits Damane Relance.

En dehors des crédits garantis par l’Etat, le projet de loi de finances 2021 devrait apporter plus d’éclairages sur l’autre partie du plan de relance. Celle-ci consiste notamment en la création d’un fonds destiné à prendre des participations minoritaires dans les entreprises afin de soutenir leur haut de bilan. Plusieurs entreprises ne sont pas éligibles aux dispositifs actuels et ce nouveau mécanisme leur apporterait du cash mais aussi leur permettrait d’améliorer leurs ratios financiers, et s’ouvrir d’autres sources de financement.

«La dette ne peut pas être l’instrument approprié pour aider ces entreprises. D’où la proposition des fonds sectoriels pour soutenir ces entreprises en fonds propres», a estimé Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM lors de la rentrée économique de l’organisation patronale. Le montage du fonds devrait prendre quelque temps indique la Banque centrale. Le calendrier est très important, compte tenu du contexte et des difficultés des entreprises. Tout miser sur la loi de finances  reviendrait à repousser l’opérationnalisation des fonds à 2021. Ce qui pourrait être fatal pour certaines entreprises.

«Au-delà des facteurs conjoncturels, il y a des choses structurelles qui méritent d’être pensées en profondeur parce qu’elles doivent apporter des solutions à des problèmes sur le long terme et permettre de bâtir cette résilience et cette reprise sur des bases beaucoup plus solides. J’espère que la commission sur le modèle de développement sera en mesure de mettre l’accent sur ces points-là», espère le wali de Bank Al-Maghrib.

Impayés bancaires: Le bilan en novembre

Bank Al-Maghrib et le GPBM tiendront une réunion importante en novembre prochain pour faire le point sur le soutien aux entreprises notamment la prise en compte des deux baisses du taux directeur dans leur tarification. Les deux parties aborderont aussi l’impact de la crise sur les bilans des banques. A fin juillet, les créances en souffrance affichent une hausse de 7 milliards de DH par rapport à fin 2019.
«Nous suivons de très près la situation dans le secteur. Le taux d’impayé se situe autour de 8%. Je ne pense pas que la hausse de la sinistralité soit spécifique au Maroc», indique le wali. Les crédits Damane Oxygène et Relance qui représentent l’essentiel de la production ces derniers mois sont garantis par l’Etat, ce qui limite l’exposition des banques. En revanche, la détérioration de l’activité économique pourrait lourdement impacter les indicateurs de l’activité bancaire. «Nous aurons une meilleure appréciation de la situation après la réunion avec les banques en novembre», estime le gouverneur de la Banque centrale. Ce dernier se montre plutôt rassurant sur le comportement des impayés au niveau des banques. Par contre, la situation serait plus critique chez les sociétés de crédit à la consommation où le taux de défaut a sensiblement augmenté.

■ Compte courant: Le déficit moins lourd que prévu

Merci aux transferts des MRE qui résistent jusque-là malgré la violence de la crise en Europe. Ils devraient clôturer l’année à 61,5 milliards de DH en baisse de 5%. Cette bonne tenue participe largement à l’atténuation des prévisions de déficit du compte courant. Il s’établirait à 6% du PIB contre 10,3% anticipé en janvier. La résilience des transferts des Marocains de la diaspora permet d’atténuer le choc sur les recettes de voyage: – 55 milliards de DH. La crise sanitaire devrait faire passer les recettes de 79 milliards de DH en 2019 à 24 milliards de DH cette année. Ces dernières rebondiraient à seulement 49 milliards de DH en 2021. Les échanges de marchandises sont eux aussi fortement affectés. Mais les effets s’annulent presque.

■ Mobile banking: «Nous avons perdu trop de temps»

La forte hausse de la circulation fiduciaire ces derniers mois a mis en évidence la nécessité d’accélérer le développement du mobile banking. C’est un outil puissant d’inclusion financière mais aussi une arme pour réduire la circulation du cash. Sur les plans technique et institutionnel, le marché est quasiment prêt, relève la Banque centrale.
 En revanche, l’absence d’incitations ralentirait le développement de l’écosystème. Bank Al-Maghrib requiert notamment une incitation très forte sur le plan fiscal. «J’insisterai pour que le Parlement soit partie prenante des mesures de soutien à l’essor du mobile banking parce que nous avons perdu trop de temps», avance le wali. «Je veillerai à ce que l’écosystème se mette en place dans les meilleurs délais. S’il le faut, je vais taper à toutes les portes», poursuit-il. Aujourd’hui, plus de 1,5 million de wallet sont actifs.

LafargeHolcim Maroc : redressement de l’activité prévu avant fin 2020

Pour les analystes de CFG Bank qui recommandent désormais le titre à « l’achat », le cimentier devrait profiter de la reprise des chantiers durant les mois de juin, juillet et août pour contenir la baisse de ses résultats.

La pandémie COVID-19 a eu de ses vastes répercussions sur plusieurs secteurs de l’économie, en particulier celui du bâtiment. En effet, bon nombre de chantiers ont été contraints d’arrêter leurs activités entre le 20 mars et le 10 juin plombant ainsi la consommation nationale de ciment qui s’est affichée en retrait de 17,8% au terme du premier semestre. Évoluant dans ce contexte difficile, c’est sans surprise que LafargeHolcim Maroc a enregistré un repli de 18% de son chiffre d’affaires consolidé, qui s’établit à 3,185 MMDH.

Le résultat net s’est limité quant à lui à 431 MDH, plongeant de 55% par rapport à la même période de l’année précédente. Une tendance qui sera révolue au cours de la seconde moitié de l’année, selon les analystes de CFG Bank. «L’effet de saisonnalité résultant d’une période estivale généralement plus chargée, ainsi que d’une reprise du marché après la fin du confinement, pourrait entraîner une hausse des ventes au second semestre», expliquent-ils.

D’ailleurs, la banque d’affaires a revu ses estimations concernant la consommation nationale de ciment. Si sa mise à jour du 25 juin tablait sur une baisse de 18,2% à fin 2020, celle-ci pourrait être ramenée à 13,9% en raison de la reprise des ventes de ciment notée sur les mois de juin, juillet et août. Avec un total ventes de 11,8 MT estimé à fin 2020, la consommation nationale de ciment atteindra son plus bas niveau depuis quinze ans. «Selon notre scénario conservateur, la consommation nationale de ciment devrait retrouver son niveau de 2019 qu’à partie de 2022», prévoient les analystes de CFG Bank. Une situation qui a permis à la banque d’affaires de revoir ses prévisions concernant le cimentier. LafargeHolcim Maroc devrait ainsi afficher une baisse contenue à 13,7% de son chiffre d’affaires consolidé. Il s’établirait à 6,77 MMDH contre 7,8 MMDH enregistrés à fin 2019. Les revenus du groupe pourraient reprendre vigueur en 2021 et s’élever à 7,55 MMDH avant de s’accélérer en 2022 et grimper à 7,98 MMDH. Le résultat net consolidé, de son côté, devrait ressortir à 1,3 MMDH en 2020, contre 1,7 MMDH en 2019. Les bénéfices du groupe devraient se bonifier en 2021 pour atteindre 1,8 MMDH avant de grimper davantage en 2022 et dépasser la barre des 2 MMDH.

À la lumière des nouvelles prévisions, les analystes de CFG Bank pensent que la contre-performance annuelle de l’action établie à 26,2% n’est plus justifiée d’un point de vue fondamental. La banque d’affaire fixe le cours cible à 1.643 DH, alors que le titre s’échange actuellement à 1.365 DH. Ce qui traduit un potentiel de hausse de 20,4%
et en fait un titre à « acheter », selon CFG Bank.

L’inflation à 1% en 2021

“Dans un contexte marqué par de faibles pressions émanant de la demande, l’inflation continuerait d’évoluer à des niveaux bas, ressortant à 0,4% en moyenne en 2020 avant de s’accélérer modérément à 1% en 2021”, indique la banque centrale lors de la tenue de son conseil trimestriel ce mardi.

Le Conseil a noté qu’après une stagnation au deuxième trimestre et une légère baisse en glissement annuel en juillet, l’indice des prix à la consommation s’est accru de 0,9% en août sous l’effet d’une hausse des prix des produits alimentaires à prix volatils. Sa progression moyenne sur les huit premiers mois de l’année est ressortie ainsi à 0,7%.

Consommation d’eau: Urgence de nouvelles allocations

  • L’agriculture risque «d’étrangler» les autres productifs
  • La ressource doit guider les politiques économiques
  • Les conclusions d’une étude du HCP

Plus de 8 milliards de mètres cubes d’eau sont annuellement consommés par le secteur agricole. Et tous les autres secteurs se partagent 1,28 milliard de m3. Ces statistiques qui confirment la «voracité» de l’agriculture en termes de consommation de la ressource hydrique se basent sur une toute récente étude du HCP.

La nouveauté tient à l’élaboration d’un modèle basé sur les entrées et les sorties de l’utilisation de l’eau. Un modèle qui remonte aux années 1930 pour l’usage de l’énergie aux Etats-Unis. Néanmoins, il renseigne sur les évolutions futures et le risque d’éviction sur les autres secteurs productifs. Car le modèle procède également à la quantification des consommations directes et indirectes des différentes activités économiques et commerciales. A ce niveau, l’agriculture s’érige en véritable courroie de transmission. En particulier pour ce qui est de l’industrie alimentaire, le tabac et le commerce.      

L’étude a pour ambition de servir de base à la conception d’une politique économique. Une orientation qui tient compte non seulement des facteurs productifs mais aussi des variables environnementales. L’analyse des indicateurs fait ressortir que «l’économie marocaine entretient une structure intensive en eau  centrée sur l’agriculture, le commerce, l’alimentation et le tabac». Aussi la consommation d’eau doit-elle  être prise en compte dans la planification de l’économie productive du pays. Surtout que le pays reste confronté au déficit structurel de la ressource. De ce fait, certains secteurs risquent un étranglement si la priorité continue d’être accordée à l’agriculture.  

Mais l’étude «peut être complétée par une analyse plus approfondie de la pression des activités économiques sur les ressources en eau», concède le HCP.   En outre, il est également recommandé de procéder à une analyse du volume de l’eau virtuelle et de l’empreinte hydrique au Maroc, autrement dit le commerce de l’eau. Une perspective de poursuite à moyen terme consiste donc à la mise au point d’un modèle d’équilibre général calculable permettant la compréhension des mécanismes économiques en jeu.

Les résultats de cette analyse montrent que l’agriculture, l’industrie alimentaire, le tabac, le commerce, l’hôtellerie et la restauration sont les principaux moteurs  de la consommation d’eau. Ceci, suite à une augmentation de la demande finale correspondante à chaque secteur (effet de diffusion). Les effets d’absorption calculés révèlent que l’agriculture représente le principal distributeur d’eau pour le reste de l’économie en réponse à une demande finale dans tous les secteurs. Le secteur agricole peut générer la plus forte consommation si la demande finale de l’économie augmente.

Les secteurs, qui ont obtenu une faible consommation directe par unité produite, procèdent à une forte utilisation indirecte de l’eau. Il s’agit des industries alimentaires et tabac, du textile et du cuir, du secteur manufacturier, de l’hébergement, restauration, et les activités financières.

Cependant, l’analyse de l’indicateur de la consommation indirecte fait ressortir une forte hausse dans l’industrie et les services. Une situation «généralement ignorée dans les politiques qui se concentrent entièrement sur les valeurs mineures de la consommation directe d’eau par ces secteurs», relèvent les analystes du HCP.

Traits saillants de l’étude

Au cours des dernières décennies, le Maroc a connu une forte et rapide hausse de la demande globale en eau. L’explication tient à plusieurs facteurs, en particulier la croissance démographique, l’expansion de l’agriculture irriguée, et du commerce (national et international). Un modèle a été établi pour déterminer les relations entre les secteurs d’activité et la consommation d’eau au Maroc. L’approche a mis en évidence la hausse continue des besoins en eau intersectoriels. D’où la forte pression sur la ressource hydrique.

Au-delà, l’intérêt de l’étude réside dans cette question fondamentale: comment l’eau risque d’être un facteur limitant la marche des secteurs essentiellement productifs? Les résultats montrent que le secteur agricole et activités qui lui sont liées restent de gros consommateurs directs d’eau alors que l’industrie et les services ont une faible utilisation directe et une forte consommation indirecte de la ressource. Des exemples typiques d’activités à forte utilisation indirecte de l’eau sont l’industrie alimentaire et du tabac, le commerce, l’hôtellerie et la restauration. Dans ce contexte, l’étude du HCP recommande de prendre en compte l’aspect environnemental. Tout en s’écartant des critères de production. Il convient de prendre «une attitude plus prudente à l’égard de certains secteurs car leur soutien pourrait même étrangler l’économie nationale».

Économie marocaine: les prévisions de BAM pour 2021

L’économie marocaine devrait se contracter de 6,3% au cours de cette année, avant de rebondir de 4,7% en 2021, prévoit Bank Al-Maghrib (BAM).

« L’économie nationale devrait connaître, selon le scénario de base retenu par Bank Al-Maghrib, une contraction de 6,3% avec des reculs de 5,3% de la valeur ajoutée agricole et de 6,3% de celle des secteurs non agricoles », indique-t-on dans un communiqué sanctionnant les travaux de la troisième réunion trimestrielle du conseil de BAM.

Pour l’ensemble de l’année 2020, la prévision annoncée en juin a été ajustée à la baisse au regard du redémarrage plus lent que prévu de l’activité, de la mise en place de certaines restrictions locales ou sectorielles suite à la recrudescence des infections, ainsi que de la poursuite de la fermeture quasi-totale des frontières pour les voyageurs, fait savoir la même source.

En 2021, le PIB rebondirait de 4,7%, porté par une hausse de 12,6% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 75 millions de quintaux, et par une amélioration de 3,7% de celle non agricole. Ces perspectives, qui restent entourées d’un niveau exceptionnellement élevé d’incertitudes liées notamment à l’évolution de la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19), à l’ampleur de ses retombées ainsi qu’au rythme de la reprise, vont devoir être régulièrement actualisées, souligne Bank Al-Maghrib.

IDE : les estimations de BAM

Les exportations marocaines devraient augmenter de 22,4% au cours de l’année prochaine, après un repli de 16,6% en 2020, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib (BAM). « Pour l’ensemble de l’année, les exportations ressortiraient, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, en chute de 16,6% avant d’augmenter de 22,4% en 2021, portées en particulier par la progression prévue des expéditions du secteur automobile », indique-t-on dans un communiqué sanctionnant les travaux de la troisième réunion trimestrielle du conseil de BAM.

En parallèle, les importations de biens se contracteraient de 17,4% avant de s’accroître de 17% en 2021. S’agissant des recettes de voyage, elles ressortiraient en forte diminution, passant de 78,8 milliards de dirhams (MMDH) en 2019 à 23,9 MMDH en 2020 et rebondiraient à 49,1 MMDH en 2021. Plus résilients à la crise, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) accuseraient une baisse limitée de 5% à 61,5 MMDH avant de s’améliorer de 2,4% à 63 MMDH en 2021. Dans ces conditions, et tenant compte de rentrées de dons à hauteur de 7,2 MMDH en 2020 et de 2,6 MMDH en 2021, le déficit du compte courant devrait se creuser à 6% du PIB en 2020, au lieu de 10,3% prévu juin, et s’alléger à 5,2% du PIB en 2021.

Concernant les entrées d’investissements directs étrangers (IDE), elles reculeraient à l’équivalent de 1,5% du PIB cette année, avant de revenir en 2021 au niveau moyen observé avant la crise. Ainsi, tenant compte de la mobilisation exceptionnelle des financements extérieurs, l’encours des avoirs officiels de réserve avoisinerait 294,7 MMDH à fin 2020 et 289 MMDH à fin 2021, soit une couverture autour de 6 mois et 20 jours d’importations de biens et services.

Contrats spéciaux de formation : Délais supplémentaires pour les entreprises

Des mesures exceptionnelles viennent d’être prises en faveur des entreprises marocaines quant aux délais régissant les demandes de financement et de réalisation des actions de formation planifiées au titre de l’année 2020.

Il a été dans ce sens décidé de prolonger les délais de dépôt des demandes de financement des actions planifiées au 31octobre 2020 alors qu’ils étaient initialement fixés au 30 juin 2020. Il sera également procédé au report du délai de réalisation des actions de formation planifiées au 31mars 2021 au lieu du 31 décembre 2020.

Ces nouvelles dispositions promulguées conjointement par le ministère de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration et leurs partenaires socio-économiques visent à inciter les entreprises à bénéficier de la formation continue comme outil essentiel de développement de leur productivité et de leur compétitivité. Ces décisions s’inscrivent par ailleurs conformément au décret-loi n°2-20-292 du 24 mars 2020 décrétant la déclaration de l’état d’urgence sanitaire pour endiguer la pandémie de Covid-19.

Il est à noter que la formation professionnelle à travers le Comité central des contrats spéciaux de formation (CSF) mettra en place au sein de l’unité de gestion des CSF une plateforme digitale afin d’accélérer le traitement et le remboursement des demandes de financement des études et des actions de formation continue des entreprises.

Abdellatif Jouahri : « tant que c’est pour le financement sain de l’économie, je financerai toutes les demandes du secteur bancaire »

Incertitudes : c’est le mot qui caractérise le mieux les hypothèses de travail de Bank Al Maghrib. Après l’avoir ramené à 1,5% en juin dernier, à la suite de son conseil trimestriel, le taux directeur de Bank Al Maghrib restera inchangé, du moins pour les prochains mois. C’est ce qu’a décidé le conseil de ce mardi 22 septembre après réévaluation de la situation économique et sanitaire du pays. L’économie, quant à elle, devrait se contracter de 6,3%.

Le gouverneur de la banque centrale préfère parler de « scénarios », car les incertitudes entourant le reste de cette année et l’année prochaine rendent difficiles des prévisions comme on en avait l’habitude. Et la reprise prévue en juin dernier, au vu de la maîtrise de la pandémie par le Maroc durant les premiers mois, n’est aujourd’hui qu’un lointain souvenir. Le reprise sera plus lente que prévue et toutes les hypothèses précédemment émises ne tiennent plus. Malgré cela, la banque centrale n’a pas jugé nécessaire de revoir à la baisse son taux directeur. « Sur la base de ces évaluations (situation de l’économie et plans), le Conseil a jugé que les conditions de financement de l’économie restent adéquates et a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 1,5%, tout en continuant de suivre de très près l’ensemble de ces évolutions », explique le communiqué de Bank Al Magrhib. D’ailleurs, Jouahri a répété lors du point de presse qu’« une actualisation mensuelle sera faite pour suivre l’évolution de l’économie et des indicateurs ».

Aussi, le Wali de Bank Al Maghrib s’est catégoriquement opposé à une politique de la planche à billets. « Tant que j’aurai cette responsabilité, je n’accepterai pas qu’on cède à des solutions simples », déclarait-il avec force, citant l’exemple de pays comme le Vénézuela ou l’Argentine et la situation dans laquelle se trouvent ces pays. « Il ne faut pas précipiter le pays dans une situation d’insolvabilité ; cela va pénaliser en premier lieu que les couches les plus faibles de notre pays », a-t-il ajouté. À l’inverse, Abdellatif Jouahri s’est montré très volontariste pour ouvrir les vannes du financement aux banques, à condition que ce soit pour du financement       « sain » de l’économie. « Je financerai toutes les demandes du système bancaire si c’est pour un financement sain de l’économie », a martelé le Wali. Pourtant, celui-ci a reconnu qu’il y avait un problème de financement lorsque les crédits Damane Oxygène ont reçu pour 20 milliards de dirhams d’accord auprès des banques mais que 2 milliards de décaissements effectifs. Les raisons sont nombreuses selon les remontées, notamment celles des banques qui avancent soit la réserve de certaines entreprises ou des dossiers ne pouvant être financés, lorsque des entreprises rapportent des exigences de garanties allant même sur des biens privés.

Enfin, le Wali a reconnu la tâche difficile qui est aujourd’hui dévolue aux autorités dont les prises de décision sont de plus en plus décriées. « Une crise a sa propre dynamique. Cette crise est multiforme et a atteint le monde entier. C’est une crise sanitaire et la vie des gens est prioritaire. Si on fait le choix de sauver l’économie, on comptera les morts et la population s’offusquera du peu d’intérêt pour la vie des gens. Et si on met l’accent sur le fait de sauver des vies, l’économie risque de tomber. C’est donc une question d’équilibre entre les deux facteurs. Et les équilibres sont toujours difficiles dans une situation de crise pareille. Les décisions ne sont pas si simples que cela », a expliqué Abdellatif Jouahri.

Pour le reste, la banque centrale a noté la hausse de l’indice des prix en août, conséquemment à un relèvement des prix des produits alimentaires à prix volatils, après une stagnation au deuxième trimestre, et une légère baisse en glissement annuel en juillet. « Sa progression moyenne sur les huit premiers mois de l’année est ressortie ainsi à 0,7%. Dans un contexte marqué par de faibles pressions émanant de la demande, l’inflation continuerait d’évoluer à des niveaux bas, ressortant à 0,4% en moyenne en 2020 avant de s’accélérer modérément à 1% en 2021 », détaille le communiqué. 

Pour ce qui concerne le PIB, la croissance devrait chuter de 6,3%, « avec des reculs de 5,3% de la valeur ajoutée agricole et de 6,3% de celle des secteurs non agricoles », précise le communiqué. En 2021, le PIB devrait par contre rebondir de 4,7%, porté par une hausse de 12,6% de la valeur ajoutée agricole, « sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 75 millions de quintaux, et par une amélioration de 3,7% de celle non agricole. Ces perspectives qui restent entourées d’un niveau exceptionnellement élevé d’incertitudes liées notamment à l’évolution de la pandémie, à l’ampleur de ses retombées ainsi qu’au rythme de la reprise, vont devoir être régulièrement actualisées ». En effet, après des récoltes en 2020 “catastrophiques“ (32 millions de quintaux), Bank Al Maghrib table sur 75 millions de quintaux en 2021 (pourquoi ?) dans ses “scénarios“ de reprise.

Enfin, l’inflation continuera quant à elle d’être à des niveaux faibles, à 0,4% en moyenne sur l’année 2020. Selon les prévisions de Bank Al Maghrib, elle devrait s’accélérer modérément à 1% en 2021.

Maroc : L’économie se contracterait de 6,3% en 2020, avant de rebondir de 4,7% en 2021

L’ÉCONOMIE MAROCAINE DEVRAIT SE CONTRACTER DE 6,3% AU COURS DE CETTE ANNÉE, AVANT DE REBONDIR DE 4,7% EN 2021, PRÉVOIT BANK AL-MAGHRIB (BAM).

« L’économie nationale devrait connaître, selon le scénario de base retenu par Bank Al-Maghrib, une contraction de 6,3% avec des reculs de 5,3% de la valeur ajoutée agricole et de 6,3% de celle des secteurs non agricoles », indique-t-on dans un communiqué sanctionnant les travaux de la troisième réunion trimestrielle du conseil de BAM.

Pour l’ensemble de l’année 2020, la prévision annoncée en juin a été ajustée à la baisse au regard du redémarrage plus lent que prévu de l’activité, de la mise en place de certaines restrictions locales ou sectorielles suite à la recrudescence des infections, ainsi que de la poursuite de la fermeture quasi-totale des frontières pour les voyageurs, fait savoir la même source.

En 2021, le PIB rebondirait de 4,7%, porté par une hausse de 12,6% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 75 millions de quintaux, et par une amélioration de 3,7% de celle non agricole. Ces perspectives, qui restent entourées d’un niveau exceptionnellement élevé d’incertitudes liées notamment à l’évolution de la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19), à l’ampleur de ses retombées ainsi qu’au rythme de la reprise, vont devoir être régulièrement actualisées, souligne Bank Al-Maghrib.

Face à la Chine, un Occident impuissant

Ni la manière forte de Donald Trump, ni le partenariat souhaité par l’UE ne semblent pouvoir empêcher Pékin de devenir la première puissance mondiale.

Sans l’intervention in extremis d’un juge dimanche 20 septembre, il aurait fallu, pour utiliser la messagerie chinoise WeChat aux Etats-Unis, avoir au préalable téléchargé un VPN, cette connexion qui permettait jusqu’ici de contourner la censure dans des pays comme la Chine ou l’Iran. Le symbole est fort.

Au nom de la « sécurité nationale », les Etats-Unis veulent bloquer une des principales applications chinoises et tentent de prendre le contrôle d’une seconde, TikTok, extrêmement populaire auprès des jeunes. Comme l’avait déjà montré leur combat contre Huawei, vingt ans après être partis à la conquête du cyberespace, les Etats-Unis sont désormais sur la défensive.

En fait, ce n’est pas seulement la première puissance mondiale mais l’ensemble de l’Occident qui se trouve dans une impasse face à la Chine. Le Canada vient de renoncer à négocier un traité de libre-échange commercial avec elle. Pourtant, en 2016, le premier ministre, Justin Trudeau, s’était engagé la fleur au fusil, pas fâché de se démarquer de son puissant voisin. Mais les tensions liées à l’arrestation, à Vancouver, de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, fin 2018, puis la détention par Pékin de deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, devenus de véritables otages, ont rendu tout accord impossible. « La Chine de 2020 n’est plus celle de 2016 », constate Justin Trudeau. Un désamour comparable à celui de l’Australie. Hier résolument prochinoise, l’île-continent est aujourd’hui un de ses adversaires les plus farouches.

Et que dire de l’Europe ? Seul le fait qu’il se tienne par vidéoconférence a permis au sommet réunissant Xi Jinping et les dirigeants européens, le 14 septembre, de ne pas apparaître comme ce qu’il est : un échec retentissant. Lorsque Angela Merkel a eu l’idée, en 2019, d’inviter le président chinois à Leipzig à ce sommet, c’était pour enfin signer un accord sur les investissements, négocié depuis sept ans. En fait, « il y a encore beaucoup à faire », a constaté Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, en rendant compte des échanges.

 

Formation continue: Le dépôt des demandes de financement prolongé

Le département de la formation professionnelle incite les entreprises à bénéficier de la formation continue comme outil essentiel de développement de leur productivité et de leur compétitivité. Il annonce que des mesures exceptionnelles ont été prises en faveur des entreprises marocaines quant aux délais régissant les demandes de financement et de réalisation des actions de formation planifiées au titre de l’année 2020. Ainsi, les délais de dépôt des demandes de financement ont été prolongés au 31 octobre prochain. Pour sa part, le délai de réalisation des actions de formation planifiées a été prolongé au 31 mars 2021.

Le Département de la formation professionnelle à travers le Comité Central des Contrats Spéciaux de Formation (CSF) mettra en place au sein de l’unité de gestion des CSF une plateforme digitale afin d’accélérer le traitement et le remboursement des demandes de financement des études et des actions de formation continue des entreprises.

Dette intérieure du Trésor: L’encours en hausse de 41,9 milliards de DH

L’encours de la dette intérieure du Trésor s’est établi à 627,6 milliards DH à fin juillet 2020, en hausse de 41,9 milliards DH ou 7,2% par rapport à fin 2019 contre +10,2 milliards DH, soit +1,8% un an auparavant. Cette situation tient compte d’une baisse de 1,9 milliard de DH (-3,4%) des remboursements qui ont atteint 52,9 milliards DH, indique la Direction du Trésor et des finances extérieures (DTFE).

Au total, les souscriptions effectuées sur le marché des adjudications des valeurs du Trésor (MAVT) ont atteint, à fin juillet dernier, près de 95,1 milliards de DH, marquant une hausse de 39,1% en glissement annuel. Selon la DTFE, cette hausse a concerné principalement les maturités à court terme avec des levées qui ont atteint 44,7 milliards de DH contre 10,8 milliards de DH, soit 47% du total contre 15,8% un an auparavant. La DTFE note que le financement du Trésor sur le marché domestique à fin juillet 2020 s’est effectué dans “des conditions satisfaisantes” et ce, malgré la situation exceptionnelle induite par la crise sanitaire.

Concernant les souscriptions pour les maturités moyennes, elles atteignent 21,8 milliards de DH, soit une hausse de 15,7%. Elles représentent ainsi 23% des levées contre 27,6% un an auparavant. De leur côté, les volumes en maturités longues baissent de 26,1% pour s’établir à 28,6 milliards de DH. Elles constituent de ce fait 30% des levées contre 56,6% il y a un an.

Banques participatives : le timide lancement des produits de financement garantis par la CCG

• L’ACTIVITÉ COMMERCIALE SE PORTE BIEN AVEC UN ENCOURS DES DÉPÔTS ET DE FINANCEMENT EN AMÉLIORATION CONTINUE.
• LES BANQUES N’ONT PAS ENCORE TOUTES LANCÉ LES PRODUITS DE FINANCEMENT BÉNÉFICIANT DE LA COUVERTURE DE LA CCG.
• BANK AL YOUSR, PIONNIÈRE EN LA MATIÈRE, A DÉJÀ DÉBLOQUÉ QUELQUES DOSSIERS.

Les banques participatives se portent visiblement on ne peut mieux, du moins du côté de leur activité commerciale. Elle est en amélioration continue au point que le taux de croissance dépasse celui des banques conventionnelles. A fin juillet, les dépôts (comptes courants et dépôts d’investissement) ont cumulé 3,7 milliards de DH, s’inscrivant ainsi en hausse de 14,6% depuis le début de l’année.
L’encours du financement participatif, lui, a pointé à 11 milliards de DH, en progression de 21% depuis début 2020. Si l’octroi de financement s’est légèrement essoufflé pendant la période de confinement, soit entre mars et mai, il a bien repris les mois suivants. Un chargé de clientèle d’une agence bancaire participative confirme que «les visites en agence et les demandes de financement se sont certes estompées pendant cette période, mais en face l’intérêt envers les produits de financement ne s’est pas amoindri. Les intéressés continuent d’appeler pour avoir des renseignements…». Il ajoute: «Une fois le déconfinement annoncé, plusieurs personnes se sont ruées vers notre agence et celles de nos confrères pour concrétiser leur achat immobilier ou disposer d’un financement à l’équipement ou autres». D’où cette performance de l’activité. Sans surprise, le financement Mourabaha immobilier accapare la majeure partie du financement participatif, avec un poids de 86%, atteignant 9,5 milliards de DH, en augmentation de 20%. Le financement lié à l’équipement, lui, s’est établi à 624 MDH, en croissance de 41,5% et celui destiné à la consommation s’est apprécié de 20% à 850 MDH.
Par ailleurs, dans le cadre de la diversification de l’offre destinée au financement des entreprises, Bank Al Yousr s’est particulièrement démarquée, en lançant sur le marché une large gamme de produits. «Nous sommes en mesure d’accompagner l’entreprise dans ses projets de création, de modernisation, d’extension. Nous répondons tant aux besoins d’investissement que d’exploitation, dans le respect des convictions et des principes qui animent la finance participative» précise Mouna Lebnioury, directrice générale de Bank Al Yousr. La banque a ainsi été le précurseur dans le lancement du produit «Salam», adressé aux entreprises qui expriment le besoin d’un financement à court terme destiné généralement à soulager les besoins en fonds de roulement. «Nous avons débloqué avec succès nos premiers dossiers Salam et nous nous attendons à un plus grand flux avec la vulgarisation du produit auprès du public», explique Mme Lebnioury.
De plus, la banque est également la première à lancer les contrats Mourabaha permettant de proposer une solution de financement globale, intégrant toutes les composantes d’un programme d’investissement, y compris les services annexes. Notons que ces produits rentrent dans le cadre des financements garantis par la CCG à travers sa fenêtre participative «Sanad Tamwil». D’ailleurs, la banque est la pionnière en la matière et aurait accordé les premiers financements assortis de cette garantie.
Umnia Bank a également déployé des produits de financement autant pour le particulier que pour l’entreprise. En effet, la banque a déjà lancé le produit «Fogaloge» destiné au financement du logement pour la classe moyenne et les MRE. Parallèlement, l’offre de financement destinée aux entreprises, permettant le financement de l’investissement est lancée aussi. Si certaines banques se sont lancées dans la commercialisation de ces produits, d’autres optent pour le wait and see. Il faut dire aussi que le contexte général ne s’y prête pas. Le contexte général n’offre pas assez de visibilité sur l’évolution de la situation, encore moins sur les perspectives économiques. Même en présence de tous les produits de financement, la clientèle devrait se montrer réticente à tout investissement futur. L’un des directeurs explique: «Nous sommes fin prêts et avons préparé une panoplie de produits dédiés à la clientèle corporate. Nous attendons juste le bon moment pour les commercialiser».
Il faut dire que la réticence des banques participatives à lancer ces produits pourrait être due aussi au manque de produits de refinancement. Toutefois, Mme Lebnioury assure que «la dernière baisse du taux directeur avec un élargissement des conditions aux banques participatives est une véritable bouffée d’oxygène pour nous». Dans la continuité de ces innovations, Bank Al Yousr accompagne également les entreprises qui opèrent dans les marchés publics. Elle est enfin en site pilote pour accompagner les entreprises qui opèrent à l’international.
Par ailleurs, la banque participative du groupe BCP intervient pour des mises en relation entre ses entreprises clientes ayant manifesté le besoin d’un accompagnement poussé et des cabinets d’experts. Il est à noter que ce service est optionnel et ne génère pas de commissions pour la banque. «Pour un redémarrage efficient de leur activité, nous invitons nos entreprises clientes à s’entourer des bonnes expertises et à se poser les bonnes questions autour de leur Business model», conclut Mme Lebnioury.

PLF 2021 : la communauté des affaires nourrit de grands espoirs !

CE TEXTE EST ATTENDU POUR JETER LES BASES D’UNE ÉCONOMIE PLUS RÉSILIENTE ET COMPÉTITIVE ET QUI REDONNE CONFIANCE AUX CHEFS D’ENTREPRISES.
• QUATRE GRANDS AXES CONSTITUENT L’OSSATURE DU PLF : RÉVISER LES DÉMARCHES ET DISPOSITIFS FISCAUX OU DOUANIERS QUI ENTRAVENT LE DÉVELOPPEMENT ET LA COMPÉTITIVITÉ DE L’ENTREPRISE MAROCAINE ; ENCOURAGER LA PRÉFÉRENCE NATIONALE ; ORIENTER NOTRE SYSTÈME DE TAXATION SUR L’ACTE DE CONSOMMER ET ALLÉGER LES TAXES QUI PORTENT SUR LA VALEUR CRÉÉE PAR L’ENTREPRISE ET, ENFIN, INTÉGRER LA DIMENSION SOCIALE DANS LES MESURES À ADOPTER.
• LA COHÉRENCE ENTRE LES MESURES SANITAIRES ET ÉCONOMIQUES DOIT ÊTRE ASSURÉE EN CONTINU.

Grand chantier de la rentrée économique, le projet de Loi de finances 2021 concentre toutes les attentions ! Le texte qui constituera la trame de fond pour insuffler la reprise à l’économie est structurant à plus d’un titre.
Le patronat a travaillé sur plusieurs axes pour en faire un texte cohérent et à fort impact économique qui instaure les bases d’une économie plus résiliente et compétitive et qui redonne confiance aux chefs d’entreprises. Le premier, c’est de faire en sorte de préserver le tissu productif et d’améliorer la compétitivité de l’entreprise marocaine, en révisant les démarches et dispositifs fiscaux ou douaniers qui entravent son développement et sa compétitivité. Le second, c’est d’encourager la préférence nationale, en donnant un corps aux démarches techniques et commerciales. Le troisième, c’est d’orienter le système de taxation sur l’acte de consommer, en allégeant, voire en supprimant toute taxation qui porte sur la valeur créée par l’entreprise. Le quatrième concerne l’intégration de la dimension sociale dans ce PLF. Alors que le cinquième et dernier a trait à la mise en place d’une écotaxe pour pousser les entreprises à contribuer à l’effort de transition écologique du pays. Tous ces axes seront traduits en mesures concrètes pour faciliter leur intégration dans le PLF 2021. «Nous avons déjà engagé le travail dans ce sens», apprend-on auprès de la Confédération patronale.
Par ailleurs, la CGEM a émis 12 recommandations (voir encadré). Sa priorité majeure est toutefois de batailler pour préserver les emplois. C’ engagements majeurs dans le cadre du Pacte pour la relance économique et l’emploi. Pour sauver les TPME qui composent majoritairement le tissu entrepreneurial, le patronat propose la mise en place d’une Indemnité perte d’emploi (IPE) de 6 mois pour tous les secteurs. Il s’agit, également, selon le président du patronat, «d’encourager la préférence nationale en donnant un corps aux démarches techniques et commerciales, d’orienter notre système de taxation sur l’acte de consommer en allégeant, voire en supprimant, toute taxation qui porte sur la valeur créée par l’entreprise et d’intégrer la dimension sociale dans ce PLF».
«Il y a un changement d’état d’esprit à opérer. Il faut passer d’une stratégie défensive à une stratégie offensive, en gardant notre optimisme et une vigilance accrue, malgré le peu de recul et le manque de visibilité que nous avons», ajoute M.Alj. Devant une urgence sociale qui se fait de plus en plus pressante, les responsables de la CGEM appellent à «libérer l’économie pour qu’elle reparte, au mieux, à minima lorsque les freins sont de notre ressort, tout en assurant un revenu minimum à ceux ayant perdu leurs emplois dans la limite de nos moyens».
Aussi, un programme très structurant tel que Intelaka se doit-il d’être redynamisé et pourra contribuer fortement à la relance tout en promouvant l’auto-emploi et l’acte d’entreprendre.
«Nous sommes dans l’attente du déploiement des mesures de soutien par les fonds propres et des plans de relance sectoriels» relève M.Alj qui fait notamment référence à l’annonce du Souverain, lors de son dernier discours du Trône, sur la mise en place d’un «plan ambitieux de relance économique pour permettre aux secteurs de production de se remettre d’aplomb, d’accroître leur capacité à créer des emplois et à préserver les sources de revenus».
En dehors des axes du PLF, il est recommandé l’accélération des réponses sectorielles (au-delà du tourisme) et mesures d’appui pour tous les secteurs clairement en souffrance. Aussi, le patronat recommande d’opérer un choc de demande nationale (Marchés publics et réduction de la TVA à considérer sérieusement devant une déflation qui semble se confirmer. Il est également conseillé de mettre en place une indemnité perte d’emploi pendant 6 mois pour les chômeurs issus de la crise, au-delà des procédures négociées.
Cela dit, la Confédération patron nouvelle stratégie de gestion des établissements et entreprises publics (EEP), l’orientation royale vers les Partenariats public-privé (PPP) ainsi que le Fonds d’investissement stratégique annoncés à la même occasion joueront un rôle déterminant dans cette relance. «Seul le secteur du tourisme a eu son plan de relance, alors que plusieurs secteurs sont en grande difficulté, notamment le textile, la restauration, l’événementiel, l’enseignement privé, le commerce, etc.», note M.Alj avec regret. C’est dire que la rentrée économique 2020-2021 fait l’objet de beaucoup de chantiers que la CGEM et ses partenaires doivent lancer et mener à bien avec cohérence, célérité, en donnant confiance par de la visibilité et en renforçant le contrôle de l’application des décisions. «Tout ceci en mobilisant les compétences pour sortir de cette crise avec le moins de dégât», conclut-on auprès de la Confédération.

Immobilier : Les promoteurs mènent l’offensive !

Afin d’organiser le secteur et assurer la relance

La Fédération nationale de la promotion immobilière (FNPI) a dévoilé jeudi dernier lors d’une conférence de presse les principaux axes de relance du secteur. Lourdement impacté par la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19, le secteur de l’immobilier se trouve dans l’impasse et accuse un repli de 65% de son chiffre d’affaires. Sans parler du fait que le secteur dépend de plusieurs secteurs d’activités (services, aérien, tourisme, transport) et paramètres pour retrouver son rythme de croissance. Les professionnels estiment qu’il faudra 5 ans pour que cette dynamique reprenne. Une situation qui s’ajoute aux problématiques auxquelles est confrontée l’activité depuis un moment déjà. Législation désuète, lenteur des procédures administratives, obstacles au financement pour l’acquisition des biens immobiliers… au cours de cet échange avec la presse, les professionnels du secteur ont pointé du doigt les maux qui fragilisent l’activité et empêchent son redémarrage. Cette rencontre intervient quelques semaines avant la présentation du projet de loi de Finances 2021 et l’approche de la fin de la convention établie avec l’Etat sur l’habitat social.

Pour se relever de la crise, la FNPI propose trois chantiers majeurs de relance. L’enjeu est de taille. En termes de chiffres de l’immobilier, les professionnels n’ont pas manqué de souligner le poids de ce secteur pour l’économie nationale. Il représente 6,8% du PIB et assure un emploi pour plus d’1 million de personnes, soit 10% de la population active. Il génère 107,3 MMDH de valeur ajoutée et constitue 27% des recettes de la TVA. Les détails.

Législation désuète et inadaptée

Pour la FNPI, les textes législatifs sont dépassés et ne permettent pas au secteur de prendre de l’élan. Il s’agit notamment de la loi n° 25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements en vigueur depuis le 17 juin 1992 et dont certaines dispositions ne sont plus adaptées à la situation actuelle du secteur de l’immobilier dont notamment l’article 11 relatif à la durée de validité de l’autorisation de lotir. Sur ce point précisément, les professionnels se plaignent de l’échéance de 3 ans jugée trop courte. L’article 11 précise en effet que l’autorisation de lotir est périmée si le lotisseur n’a pas réalisé les travaux d’équipement, à l’expiration d’un délai de trois ans qui court à partir de la date de la délivrance de l’autorisation. Les promoteurs estiment que cette disposition ne correspond plus à la réalité actuelle des choses. Et pour cause : la taille des lotissements qu’on construit aujourd’hui est plus conséquente, ce qui nécessite une marge de temps plus importante pour la réalisation du projet. Si le promoteur dépasse ce délai il se retrouve bloqué. Autre texte à revoir : la loi 66-12 en date du 25 août 2016 relative au contrôle et à la répression des infractions en matière de construction et d’urbanisme qui renforce le caractère coercitif des sanctions pécuniaires voire privatives de liberté est en déphasage avec la réalité du terrain. A cela s’ajoute la nécessité de mettre à jour la loi 107-12 en date du 3 février 2016 relative à la vente d’immeubles en l’état futur d’achèvement (VEFA) dans un sens qui renforce encore plus les droits des acquéreurs.

Léthargie administrative et processus de dématérialisation inachevé

Au niveau administratif, les professionnels du secteur dénoncent la lenteur des procédures qui jouent par ricochet en défaveur de l’accès du citoyen au logement. Ils appellent à cet effet à faciliter et simplifier des procédures de délivrance des autorisations et d’accélérer les phases de réception : permis d’habiter, certificat de conformité. Dans ce sens, la FNPI rappelle l’étude datée du mois de juin dernier effectuée par le Conseil professionnel du cadre bâti (CPCB) sur le délai minimal pour la réalisation d’un projet immobilier. Ce délai est passé de 440 jours (avant Rokhas.ma) à 409 jours (après la mise en place de Rokhas.ma) n’ayant ainsi été réduit que de 31 jours. Pour les professionnels il reste encore du chemin à faire au niveau de la dématérialisation des procédures qui n’a donc pas encore atteint les objectifs attendus et ne donne pas satisfaction dans la pratique.

Financement : le talon d’Achille

L’accès de tout citoyen au logement dépend de l’obtention d’un crédit bancaire pour financer ce projet de vie. Or, il existe actuellement plusieurs obstacles à cette démarche sur lesquels les promoteurs immobiliers veulent agir. A commencer par les taux d’intérêt bancaires qui ne s’alignent pas sur la baisse du taux directeur annoncé par Bank Al-Maghrib. Les acteurs du secteur de l’immobilier demandent 3% (HT) pour les acquéreurs au lieu des taux pratiqués actuellement.

FinCen Files : LE MAROC SOUS LES RADARS DU CONTROLE FINANCIER AMERICAIN

Pendant plus d’un an, des centaines de journalistes ont enquêté surles milliards de dollars de fonds suspects qui circulent à travers le système bancaire mondial sûr la base de documents confidentiels du FinCEN américain obtenus par BuzzFeedNews. L’enquête menée par le Consortium International des journalistes d’investigation (ICIJ), auquel le Desk a été associé, montre qu’au Maroc, zone grise du contrôle des flux financiers, très rares sont les banques impliquées dans ce système de contrôle.

« FinCEN Files » : de grandes banques mises en cause dans la circulation d’argent sale

Au moins 2000 milliards de dollars de transactions suspectes auraient été réalisées entre 2000 et 2017, selon les révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Après les Panama Papers, les FinCEN Files. Une nouvelle enquête internationale du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) révèle que des montants astronomiques d’argent sale auraient transité durant des années par les plus grandes institutions bancaires du monde. L’enquête, qui dénonce les carences de la régulation du secteur bancaire, se fonde sur des milliers de «rapports d’activité suspecte» (SAR en anglais) adressés aux services de la police financière du Trésor américain, FinCen, par des banques du monde entier.

«Ces documents, compilés par les banques, partagés avec le gouvernement, mais gardés hors de la vue du public, exposent le gouffre béant des garanties bancaires, et la facilité avec laquelle les criminels les ont exploitées», assure le média américain Buzzfeed News en préambule de son enquête. Les documents portent sur 2000 milliards de dollars de transactions, qui ont circulé entre 1999 et 2017.

2000 milliards de dollars de transaction

L’investigation pointe notamment du doigt cinq grandes banques – JPMorgan Chase, HSBC, Standard Chartered, Deutsche Bank, et Bank of New York Mellon – accusées d’avoir continué à faire transiter des capitaux de criminels présumés, et ce même après avoir été poursuivies ou condamnées pour faute financière. Au terme de ses recherches, Buzzfeed News affirme que «les réseaux par lesquels l’argent sale transite dans le monde sont devenus des artères vitales à l’économie mondiale».

«Les profits des guerres meurtrières contre la drogue, des fortunes détournées des pays en développement et des économies durement gagnées volées dans le cadre d’une pyramide de Ponzi ont tous pu entrer et sortir de ces institutions financières, malgré les avertissements des propres employés des banques», détaille l’investigation menée par 108 médias internationaux de 88 pays, dont le quotidien français Le Monde et la cellule investigation de Radio France.

Des informations «bien connues» selon la Deutsche Bank, HSBC se défend

Citée dans cette enquête, la banque HSBC, dont l’action a connu son plus bas niveau depuis 25 ans, s’est défendue en répondant aux journalistes qu’elle avait toujours respecté ses obligations légales sur le signalement des activités suspectes. Dans un communiqué, elle présente les accusations de l’ICIJ comme anciennes et antérieures à un accord conclu sur le sujet en 2012 avec le département américain de la Justice. La banque dit avoir depuis lors revu ses capacités à lutter contre la criminalité financière dans plus de 60 juridictions. «HSBC est une institution beaucoup plus sûre qu’elle ne l’était en 2012», assure l’entreprise alors que l’ICIJ affirme que la banque a «continué de faire des bénéfices grâce à des acteurs puissants et dangereux» ces deux dernières décennies.

Autre groupe bancaire cité dans l’enquête, la Deutsche Bank a assuré que les révélations du Consortium étaient en fait des informations «bien connues» de ses régulateurs. Dans un communiqué la banque dit avoir «consacré d’importantes ressources au renforcement de ses contrôles» et «être extrêmement attentive au respect de (ses) responsabilités et de (ses) obligations».

L’investigation pointe aussi l’impuissance des autorités américaines dans la régulation de ces transactions. Dans un communiqué publié avant la diffusion de cette enquête, la police financière du Trésor américain a averti que la diffusion des rapports d’activité suspecte était un «crime» qui «peut avoir un impact sur la sécurité nationale des États-Unis».